Bubulle, l’oeuf cosmique

Bila, un dieu serpent arc-en-ciel des aborigènes d’Australie.

 

Petit conte de Noël. Cadeau.
Spéciale dédicace à toutes les sorcières et à tous leurs fans.

Il est difficile et périlleux de transmettre des informations récoltées avec des techniques de « sorcière ».
Il est difficile d’en évaluer honnêtement, objectivement la solidité.
Alors on les transmet comme on peut, en racontant des « histoires ».
Si vous n’aimez pas les fictions, vous pouvez aller à la fin du texte, piocher dans les « vraies » références-sources d’inspiration. J’y ai réuni – entre autres, des références-clés qui permettent d’améliorer la santé, la vie, le quotidien par toutes sortes de moyens naturels.

Meilleurs voeux pour 2019!
2-11 décembre 2018, Roussillon en Morvan – Haute-Savoie

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Bubulle, l’œuf cosmique

Et si tout ce qu’on croyait savoir était franchement faux… ?
Vraiment tout ?!
Inversé, perverti, vraiment tout tordu ?!

Quelque part dans la galaxie…

Un gros cailloux a été ensemencé, probablement par une collision gigantesque avec un autre gros cailloux tournoyant autour d’une étoile.
Papa-Maman planètes sont là, tous gênés : « Oups, on ne l’a pas fait exprès, on s’est frotté d’un peu trop près, comme quand vous allez passer la soirée à boire dans un bar et que vous vous retrouvez le lendemain dans le lit d’un ou d’une inconnue, plus si inconnu que ça après une nuit passée à vous « frotter » l’un à l’autre… ».

La graine ainsi semée a germé, le gros cailloux est devenu ce que les humains appellent une planète tellurique qui abrite la vie, une planète qui ressemble étrangement à la notre – un peu comme un Africain ressemble à un Européen, sauf qu’ici, on n’appelle pas cela une « planète », puisque ce gros cailloux n’a rien de plat… Quoi que le mot grec humain à l’origine du mot « planète » est « planetes, planetai », qui signifie « voyageur », et « planasthai », en grec, signifie « voyager, errer ».
On n’appelle pas cela une orange non plus, puisqu’une orange est pleine d’eau et que ce cailloux est d’avantage comme un gros œuf dont seule la coquille est solide, alors que le blanc et le jaune de cet œuf sont du magma plus ou moins en fusion, c’est un œuf de feu, un gros œuf de dragon-vie, couvé par le souffle chaud de l’étoile-coeur autour de laquelle il tourne. Dans ce monde, on donne souvent deux ou trois noms aux choses, histoire de bien expliquer ce dont on cause, parce que toute chose peut toujours être décrite de plusieurs points de vue différents et donc avoir plusieurs formes-apparences et une chose peut avoir plusieurs fonctions, et donc plusieurs noms.
Dans ce monde, la vie-conscience est qualifiée de « dragon », une force monumentale qui voyage de monde en monde et qui prospère partout en toutes choses, sous toutes les formes possibles et imaginables, formes plus ou moins complexes, plus ou moins grandes, de l’atome à l’ADN, de l’astéroïde à la galaxie. Et ce dragon géant pond des œufs à son image, des œufs géants : les galaxies, les étoiles et les planètes, qui à leur tour « pondent » et génèrent de plus petits œufs à leur surface : toutes sortes de créatures et de formes, leurs enfants-habitants qui, à leur tour, « pondent », etc…
Dans ce monde, on appelle donc cette planète un œuf, ou un œuf cosmique et cet œuf-là en particulier, plus familièrement, ses habitants l’appellent Bubulle.

Cet œuf cosmique est celui d’un esprit-foetus de dragon un peu spécial. Il s’agit d’un dragon-phœnix qui se consume régulièrement et renaît, comme Fumesec dans Harry Potter.
Les Aztec auraient vécu sur cette planète, ils auraient appelé cette créature Quetzalcoatl, ils l’auraient décrit comme un gros serpent à plume multicolore, mais les Maya sont loin. Les Vikings, eux, l’auraient appelé « Draak » ou « Dreki », mais les Vikings aussi sont loin, Jeremy Narby aurait peut-être été tenté de l’appeler « Le Serpent Cosmique », mais Mr Narby est loin aussi, donc ici, cet œuf, on l’appelle juste Bubulle, parce qu’il est à peu près rond et lisse comme une bulle (vu de loin) et qu’il rote régulièrement de grosses bulles de magma, causant des éruptions volcaniques plus ou moins catastrophiques.
Cet œuf en fusion est comme le creuset dans lequel mijote l’esprit-fœtus bouillonnant d’un dragon-phœnix particulièrement remuant, limite un peu punk, sans cesse en train de se régénérer, n’en faisant qu’à sa tête, sans cesse en train de donner puis de reprendre la vie à ses créatures-enfants-graines qui grouillent à sa surface, et il leur transmet une vie à l’image de la sienne : auto-réparable, que les visionnaires de cette planète perçoivent en chaque être vivant sous la forme d’un dragon ailé cracheur de feu, qui ressemble un peu à ce que les visionnaires humains appellent « kundalini ». D’ailleurs, chaque être vivant sur cette planète est doté des caractéristiques vitales de ce phœnix : capable de transmettre la vie, capable de générer de l’énergie-électromagnétisme au cœur de ses cellules, comme ce gros bébé en génère en son cœur spirituo-electromagnéto-magmatique et capable de renaître de leurs cendres : quand les êtres de cette planète meurent, leur esprit-vie retourne à sa source : le cœur en fusion de Bubulle. Bubulle redonne forme à cet esprit un peu plus tard, ou bien il le recycle en autre chose si l’esprit-graine n’avait rien donné de bien intéressant ou si elle avait mal tourné, ou il lui permet de transiter vers d’autres dimensions, puisque le cœur de Bubulle est un gros chakra, c’est à dire un vortex, une porte qui peut mener à d’autres coeurs-vortex, d’autres cœurs de planètes, d’étoiles ou de galaxies ailleurs dans l’univers. Les cœurs-chakras des galaxies, c’est ce que les humains appellent les « trous noirs ». Les humains n’y voient pas très clair en matière de chakra.

Bubulle est un esprit-phoenix, qui se consume et renaît sans cesse, mais bien sûr, la planète-creuset elle-même ne se consume pas et n’explose pas réellement tous les 50 000 ans, par exemple. Elle reste pleine et entière et, vue de loin, elle tourne tranquillement autour de son étoile depuis 4 milliards d’années. C’est la vie-conscience, l’esprit de cet œuf, manifesté concrètement à la surface matérielle de l’œuf, sur sa « coquille », qui germe, grandit, se multiplie puis ce consume et renaît régulièrement sous une nouvelle forme. Ainsi, sur cet œuf cosmique, des créatures ressemblant à des dinosaures seraient susceptible d’être apparues à un moment donné, de s’être développées, multipliées et puis boum, un beau jour, on efface tout et on recommence. Plus exactement, on efface 95% des formes de vie à la surface de l’œuf et on laisse les « cendres », soit les 5% restant créer quelque chose d’autre, petit à petit.
C’est un peu un cercle vertueux, ou bien un cercle vicieux, selon les points de vue.

Un beau jour, un des clans vivant sur cet œuf, le clan des Bâtisseurs (aussi surnommé les « Gourmands », ou plus familièrement encore par leurs détracteurs, « les Baffreurs ») – qui était un clan de nantis délicats, qui aimaient bien leur petit confort et préféraient construire des maisons en pierre plutôt que de vivre en nomade dans des tentes, ce clan en eu marre de ces cycles de mort et de renaissance. Ce clan chercha à arrêter le processus, à le mettre sur « pause », de la même façon qu’ils s’étaient mis eux-même sur pause en commençant à cultiver des céréales toujours au même endroit, en faisant des stocks et en construisant des maisons et des caves, plutôt que de voyager léger sans arrêt, en nomades chasseurs-cueilleurs, plutôt que de manger ce qu’ils trouvaient en chemin (donc parfois pas grand chose): « On est bien, là, comme ça, avec notre petit confort, notre petite bedaine, nos gros murs, nos stocks de grains, nos gosses qu’on aime et qu’on aimerait voir grandir, donc on aimerait bien que tout cela continue éternellement, donc on va essayer d’arrêter la croissance de l’oeuf-dragon-phoenix et on va essayer de faire en sorte qu’il en reste toujours à son état larvaire, tranquille dans son œuf, qu’il arrête de tout péter en remuant sans arrêt, sans parler du branle-bas de combat quand il brise sa coquille et déploie ses petites ailes de bébé phœnix ».
Et en aparté, en secret, ils ajoutèrent « Et on en profitera pour que l’énergie-souffle-vie de Bubulle cesse de se déverser partout dans tous les sens de façon anarchique, qu’elle cesse de se donner à tout le monde comme une catin, et on la gardera pure et rien que pour nous ». Les « Bâtisseurs » étaient vraiment très gourmands, leurs céréales les avaient rendus un chouilla possessifs, jaloux, paranoïaques et psycho-rigides, autrement dit dominateurs, et ils réfléchirent donc à un moyen de faire en sorte de toujours rester bien nourris, comme les rois de la jungle, pour être toujours les premiers à pouvoir se remplir la panse. En d’autres termes, ils travaillèrent à la création d’une machine capable de générer ce que les humains appellent du « capitalisme » à perpétuité partout sur la planète, avec une grande foule de petits « frugaux » à la base qui nourrirait à perpétuité une petite élite de costauds « baffreurs » au sommet.

Sur cette planète, il y avait aussi jadis le Clan de l’œuf, et au sein de ce clan, des gens devenaient même sage-femme pour œuf, surtout des femmes, parce que les femmes s’y connaissent en gestation, en accouchement, vu qu’elles font ça assez souvent elle-même. Alors elles s’entraident entre elles quand elles tombent enceinte et accouchent, et donc c’était elles les mieux placées pour comprendre le processus de gestation de la « petite graine » de phœnix, ce qui était propice à sa bonne croissance, et à son éclosion.
Parfois elles organisaient des cérémonies pour danser et aider le bébé phœnix à se retourner, à respirer ou à percer sa coquille, parce que danser, c’était comme de tapoter la surface de la coquille, surtout quand elles s’aidaient d’un tambour ou d’un grand bâton pour taper le sol (ça fait encore plus de vibrations-vagues-bruits).
Elles avaient développé toutes sortes de techniques pour évaluer où en était la gestation. Par exemple elles collaient leur corps à la coquille, à la surface de la planète, et en plaçant certaines parties de leur corps au contact direct du sol (donc pas sur des tapis en plastique comme on fait sur Terre), en plaçant par exemple leur troisième œil contre le sol, elles pouvaient voir et communiquer avec le bébé, elles appelaient ça la « posture de l’enfant », c’était comme de coller l’oreille contre le ventre d’une femme enceinte. Elles lui parlaient, elles lui expliquaient leur monde, elles lui expliquaient le pourquoi du comment de leurs actes pour qu’il les comprenne, elles lui expliquaient les raisons de l’abattage d’un arbre ici ou de la construction d’un bâtiment là, elles lui expliquaient les choses comme un dentiste explique ce qu’il va faire à son patient pour que le patient ne s’imagine pas qu’il se fait agresser par un malade qui essaye juste de lui faire mal par pur plaisir, elles le traitaient avec douceur et respect, comme on se doit de traiter le ventre d’une femme enceinte qui est en train de fabriquer le truc le plus précieux qui soit : la vie.
Et de la même façon qu’elles communiquaient et coopéraient avec Bubulle, elles œuvraient à communiquer et à coopérer avec toutes ses créatures-enfants-esprits: elles travaillaient et coopéraient avec tous les « règnes-esprits », de toutes sortes de façons. Par exemple, elles élevaient des moutons pour pouvoir se servir de leur laine, elles montaient sur des chevaux pour pouvoir voyager plus loin, elles apprivoisaient des chiens-loups pour leur défense et elles se servaient des plantes pour soigner ou pour modifier leurs perceptions et pour voir le monde comme le voyaient les plantes ou les animaux ou Bubulle lui-même. Elles travaillaient autant à comprendre qu’à enseigner Bubulle, et à en tisser les éléments pour rendre la vie encore plus belle et encore plus prospère, comme on peut transformer une toison de mouton un peu crottée en joli châle multicolore et bien chaud, juste avec du temps, des outils en bois, des teintures végétales et de la « witch » (leur mot pour « envie de connaitre-enseigner-protéger-embellir-transmettre la vie »).

Mais les Bâtisseurs, eux, voulaient tout sauf voir éclore ce gros œuf.
Ils racontaient à tout le monde que c’était un méchant dragon qu’il fallait occire, que c’était le mal personnifié sous la forme d’un vilain serpent, certains l’appelèrent Satane, ce qui était le diminutif de « satané mioche ».
Ils commencèrent à fabriquer des machines-formes anti-éclosion, pour l’empêcher de grandir, l’empêcher de faire surface, pour l’empêcher de remuer, pour l’affaiblir, comme on affaiblit un lion en le mettant en cage sous sédatifs, pour pouvoir le « dompter ».
Le truc qui marchait le mieux c’était les croix à angle droit : un excellent outil de bannissement ou d’exorcisme, qui bloquait et repoussait le souffle-énergie de Bubulle dans les profondeurs de la planète, l’empêchant de percer la surface et d’y répandre son souffle-énergie librement.


Pyramides de Gizeh vues du ciel.

Source: Scientists discover Great Pyramid of Giza can focus electromagnetic energy through its hidden chambers

Parce que oui, quand Bubulle venait respirer à la surface de l’œuf, son souffle se répandait partout, tout autour. Ainsi on pouvait venir respirer avec lui dans ces lieux bouches-portes-chakra et le souffle-énergie était distribué également à toute créature avoisinante, sans distinction d’âge, d’espèce, de race, de sexe, de taille de bedaine ou de taille de stock de grains.
Les Bâtisseurs n’aimaient pas du tout cette générosité complètement débridée qu’ils estimaient être très injuste, puisque peu importe votre mérite, votre rang, votre poids… vous aviez droit à la même dose d’énergie, comme tout le monde.
Ce souffle-énergie pouvait être canalisé, on pouvait en faciliter la circulation : le clan des sages-femmes, avaient l’habitude de créer des cercles géants sur ces chakras, elles les appelaient des « medecine wheel », des roues de guérison, c’était comme de faire de l’acupuncture à coup de pierre géantes en guise d’aiguilles, pour faciliter la respiration du bébé et venir respirer encore mieux avec lui, grâce à lui, pour unir leur souffle à son souffle, et faciliter la circulation et le partage du souffle-énergie.


Pömmelte, Allemagne


Majorville, Medecine Wheel, Canada

Et c’est en voyant ça que les Bâtisseurs comprirent que s’il était possible de faciliter la circulation de ce souffle, il devait donc être aussi possible d’en entraver la circulation : il suffisait de construire une croix géante à certains endroits de la coquille, ces endroits où la coquille étaient plus fine qu’ailleurs, des endroits où la coquille de Bubulle laissait parfois passer un peu de vapeurs cosmiques, des lieux de respiration, ce que les humains sur Terre appelleraient des points d’acupuncture ou des cheminées cosmo-telluriques ou bien encore des vortex ou des chakras. On pouvait repérer facilement ces chakras parce qu’il y avait de l’eau sous terre à ces endroits, les humains appellent ça des « aquifères » ou des nappes phréatiques. C’est l’eau qui peut le mieux transmettre le souffle-énergie de Bubulle à travers la roche poreuse. Ce souffle-énergie, certains humains l’appelleraient courant électrique ou bien encore Chi ou Prana, et l’eau est un excellent conducteur de chi-énergie-électricité.
Le clan des Bâtisseurs, lui, se mit donc à construire des croix géantes sous différentes formes carrées à ces endroits, puisqu’un carré, c’est une croix à angles droits dont on a joint les extrémités. Ainsi apparurent partout ce qui ressemblaient étrangement à des pyramides et à des églises et, un beau jour (pas si beau que ça), les Bâtisseurs parvinrent bien à bloquer le processus de croissance du phœnix à son état larvaire. Quoi que, pas vraiment tout à fait, parce qu’ils avaient beau être très gras et bedonnants, ils n’étaient pas de taille face à Bubulle, mais ils réussirent bien à entraver la croissance de Bubulle, à la ralentir, à la mettre comme à l’hyper ralenti et tout sur la planète se mis un peu à tourner comme un disque rayé. Et la forme pyramidale qui chapeautait les croix, elle, permettait de diriger-modeler l’énergie-souffle de Bubulle d’une façon complètement anti-naturelle, c’est à dire de façon sélective : la forme pyramidale modelait une énergie-forme-société toute aussi pyramidale, capitaliste, propice aux Bâtisseurs.
Le phœnix resta ainsi coincé à son état de bébé prêt à naître et il se mis à donner vie à des formes de vie qui lui ressemblaient : des formes de vie dont le QES (quotient émotiono-spirituel) ne dépassait guère celui d’un enfant de 3 ans, éternels irresponsables (« Pardonnez-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font », professa d’ailleurs l’un des prophètes qui vécu sur Bubulle il y a environ 50 000 ans, un prophète qui était miraculeusement parvenu à atteindre l’âge mental d’un enfant de 7 ans).

Le « hic », c’est que la vie de Bubulle et celle de chaque être auquel il transmet la vie sont étroitement liés, comme l’arbre est lié à ses feuilles, à ses fruits et à ses racines. Mettre un poison sur les racines d’un arbre, c’est en mettre sur chacune de ses feuilles, sur chacun de ses fruits. Entraver la croissance et la maturation de Bubulle, c’est entraver le développement de toutes ses créatures-enfants qui vivent à sa surface et ainsi, à terme, c’est générer précisément ce que l’on cherche à éviter : un étouffement de la vie, et c’est maintenir la conscience de tout être vivant à un état infantile, un état de conscience fœtal, c’est un peu comme de maintenir un arbre artificiellement en hiver, de façon à ce qu’il ne fleurisse jamais, au prétexte qu’on n’aime pas ramasser les feuilles mortes en automne et qu’on n’aimerait pas que cet arbre meurt.
Poser ce qu’on pourrait appeler un sort de bannissement de l’énergie-vie sur les chakra de la source de Vie de toute la planète, c’est – par effet de résonance comme disent les géobiologues et les fans de médecine quantique, c’est comme de poser un signe de bannissement sur tous les chakras de toutes les formes de vie de cette planète, et des « chakras-vortex-portes » ce sont ce qu’on appelle aussi des « organes », et chaque créature en a beaucoup et ainsi les cœurs se ferment, les troisième œil se ferment, les mains se ferment, les lèvres se scellent, les mémoires s’obscurcissent…, et les créatures cessent de sentir ce qui les entoure, cessent de dire ce qu’elles pensent, cesse de voir ce qui est, cesse de se souvenir, et elles recommencent sans cesse leurs erreurs, fautes de les voir, faute d’en sentir les conséquences et faute de pouvoir même s’en souvenir.
Ainsi, par exemple, entravé dans sa croissance et dans tout son être, même des créatures biologiquement adultes dotées d’une intelligence capable de fabriquer une fusée se retrouvent incapables de gérer leur frustration, comme un gros bébé qui se met à hurler dès qu’il a faim. Un gros bébé capable de fabriquer des fusées et des armes en tous genre, ça provoque beaucoup de guerres et d’autres calamités dans le genre des centrales nucléaires ou de la pauvreté.
Alors qu’à l’inverse, prendre soin de Bubulle, le soigner, le cocoler, le dorloter, lui parler, lui jouer de la musique, le bercer, prendre soin de sa coquille sans jamais l’éventrer à coup de pelleteuse ou de bombe, lui expliquer les choses, lui expliquer le pourquoi du comment de nos actes et toujours faire en sorte que ces actes soient aussi propices à la vie que possible…, cela lui permet d’apprendre, de grandir et cela permet ainsi à chaque être de ce monde de grandir et de maturer en cœur avec lui. Plus Bubulle grandit et apprend, plus les créatures qu’il génère gagnent aussi en maturité et en conscience.

Mais petit à petit, ces croix géantes s’érodèrent. La pluie, le vent, le souffle et et les coups de pattes de Bubulle firent leur œuvre.
On ne peut pas éternellement empêcher un bébé phœnix de remuer et de grandir. C’est trop puissant, un bébé phœnix. Alors le bébé continua à grandir malgré tout, très lentement mais sûrement, ses coups de pattes dans la coquille menèrent à la disparition des Bâtisseurs de croix géantes, ce qui ravit Bubulle…

Avec le temps – et du temps, il en avait beaucoup plus que n’importe quelle autre créature sur cette planète, Bubulle en était arrivé à haïr les Bâtisseurs et leurs descendants qui l’empêchaient de respirer à l’aise. Bubulle avait une bonne nature, un bon cœur à la base, comme n’importe quelle esprit-vie – puisque la vie ne peut être que bienveillante envers elle-même, mais imaginez qu’on vous plonge la tête sous l’eau et qu’on ne vous permette de respirer qu’une fois par minute, pendant des millénaires. A force, évidement, ça énerve et Bubulle, réduit à ce régime d’asthmatique, finit par apprendre à haïr les Bâtisseurs et tout ce que leurs descendants se mirent en tête de construire par la suite, en recouvrant la surface de l’œuf-planète avec des matériaux plus ou moins irritants, plus ou moins étouffants (à l’opposé des roches aquifères poreuses), en éventrant sa coquille fragile à coup de machines ou de bombes et en construisant des bâtiments tous plus ou moins carrés et anguleux.
Et Bubulle donna de plus en plus vie à des créatures dans le même état que lui : des créatures plus ou moins asthmatiques et énervées, qui tombaient plus ou moins malades quand elles entraient dans des bâtiments carrés ou anguleux, ou quand elles se tenaient sur des matériaux plus ou moins étouffants qui empêchaient la circulation du souffle-énergie, autrement dit sur des matériaux étanches à l’air et à l’humidité (comme le plastique, le béton ou l’asphalte sur Terre). Et comme les descendants des Bâtisseurs étaient nombreux et qu’ils fabriquaient des boîtes carrées hermétiques pour tout le monde (en appelant ça le nec plus ultra de la modernité et du confort), ça faisait beaucoup de malades sur cette planète.
Toute une population plus ou moins malade et bloquée au stade de développement spirituel d’un enfant de 3 ans, ça faisait beaucoup de gros bébés qui hurlaient, et des bébés non seulement incapables de se soigner eux-même, mais carrément inconscients d’être malades.
« Tout va bien, circulez, y a rien à voir », répétaient souvent les descendants des Bâtisseurs, qui restaient toujours les plus nantis pénards de tous les clans, « Circulez, y a rien n’a voir! », répétaient-ils à ceux qui se plaignaient un tant soit peu, qui réclamaient que les choses changent, ceux qui sentaient que, tout de même, quelque chose ne tournait pas rond (ou que ça tournait justement un peu trop en rond, comme un disque rayé).
Et comme Bubulle était bien énervé contre les Bâtisseurs et contre leur descendants, il avait tendance à leur refuser l’accès à son cœur. Ce qu’il faut bien convenir d’appeler les esprits-graines les moins favorables à la vie, les graines tordues cancéreuses qui auraient été à recycler, au moment de leur mort, rebondissaient ainsi contre la coquille de Bubulle et restaient là, ni recyclées, ni pardonnées, bannies, soit esprits-errants-perdus, soit réincarnés à l’identique, en nouveaux esprits-graines-tordus. Après quelques millénaires, cela commença à faire beaucoup d’esprit bannis autour de Bubulle et beaucoup de créatures-tordues sur Bubulle, comme des tumeurs qui grandissaient et se multipliaient et créaient toujours plus de boîtes carrées bien hermétiques-étouffantes, de capitalisme, de machine à pain, etc…

Les descendants des Bâtisseurs aimaient en effet vraiment beaucoup leurs créations, ils étaient devenus plus ou moins incapables de s’en passer, accro, ils étaient tous perdus quand ils devaient vivre trois jours dans une tente en pleine campagne, sans aucune place pour leurs stocks de céréales (qu’ils aimaient transformer en pain, en pâtes, en pizzas, en gâteaux…, pour pouvoir appeler ça « manger varié »). Ils ne savaient plus chasser, ils ne savaient plus fabriquer des vêtements et des tentes avec de la peau de bête, ils ne savaient plus traire un yack ni un buffle ni un renne, ils ne savaient plus se soigner tout seul, ils ne savaient plus faire grand chose d’autre que fabriquer des machines qui faisaient toutes ces choses qu’ils étaient devenus incapables de faire eux-même, ils ne savaient plus faire grand chose d’autre que de construire des boîtes pour s’abriter et stocker des céréales, en fabriquer à la chaîne, comme des disques rayés. Ils étaient obsédés par l’énergie, comment en avoir toujours plus, puisqu’ils avaient « bridé » celle de Bubulle, si bien que même eux n’en disposaient plus vraiment, et ils cherchaient à produire toujours plus d’énergie-électricité, parce qu’ils avaient oublié que, comme Bubulle, ils étaient capable d’en fabriquer en eux, pour peu qu’ils puissent respirer librement le souffle-énergie de Bubulle, ce que leurs boîtes hermétiques les empêchaient de faire. Et toute cette énergie-électricité qu’ils rependaient  à la surface de la planète, là où elle n’avait rien à faire, toute cette énergie-électricité énervait encore plus Bubulle – un peu comme un taser énerve un anarchiste, et elle rendait tout le monde encore plus malade.
A l’origine, les Bâtisseurs avaient voulu sortir d’un cercle qu’ils avaient estimé « vicieux » – les cycles de mort et de renaissance de Bubulle , ils en avaient construit un autre, devenu une malédiction géante anti-vie.
Ils continuaient, aveuglément, de vénérer les vestiges des croix géantes construites par leurs ancêtres. Ils se transmettaient toutes sortes de mythes à leur sujet, certains racontaient par exemple qu’il s’agissait de vestiges de merveilleuses machines magiques qui généraient de l’énergie gratuite pour tout le monde, un peu comme ce qui se passera sur Terre dans 10.000 ans : dans 10.000 ans, sur Terre, les survivants de notre humanité (s’il y en a) raconteront que ce qu’on appelle aujourd’hui des centrales nucléaires étaient de merveilleuses machines magiques qui généraient de l’énergie gratuite pour tous (Lol).

Mais les croix géantes, petit à petit, s’effritèrent, disais-je. Le vent, la pluie, les tremblements de terre, tout ça… Parfois même les descendants des Bâtisseurs eux-même démantelaient ces machines-formes en leur enlevant certains de leurs éléments-rouages-renforceurs pendant des fouilles archéologiques (ils enlevaient des squelettes-esprits de sacrifiés, des statuettes-formes-esprits…) ou en se servant des pierres des croix pour construire autre chose. Bubulle, à force de se débattre, finit aussi tout simplement par aller respirer plus loin, comme un bébé peut bouger dans le ventre de sa mère : il changea l’emplacement de ses « chakra », il alla respirer plus loin et il commença à reprendre des forces.
Ainsi, nourries par son regain d’énergie, des descendantes du Clan de l’Oeuf retrouvèrent aussi du souffle et du cœur et des mains pour donner et de la mémoire pour se souvenir, elles reprirent les danses et les soins à l’œuf cosmique. Les descendants des Bâtisseurs les appelaient des hippies, parfois des « réacs », des « ésotéro-flyés », des « gourous », des « néo-ruraux » ou juste des « hystéro bobo écolo », c’était un clan disséminé un peu partout sur la planète, un clan qui aimait marcher pieds nus dans l’herbe, faire ce que les humains appelleraient du « yoga » ou du « qi-gong », c’était un clan qui aimait apprendre à faire plein de trucs archaïques comme cultiver un potager, faire sécher des fruits, de la viande et des plantes médicinales, pêcher, chasser, coudre des vêtements, tanner des peaux, transformer de la laine de mouton en pulls, en matelas et en bonnets et ce clan aimait vivre au grand air en pleine nature dans des tentes ou des maisons rondes avec des sols en matériaux poreux (comme les tomettes en terre cuite), qui laissaient passer le souffle-énergie de Bubulle.


Source de l’image: BBC Maison

Petit à petit, donc, Bubulle reprit de plus en plus de forces, il commença à se sentir à l’étroit dans sa coquille et il advint ce qui devait arriver.

Morale de l’histoire : si vous avez des pyramides chez vous, maintenant vous savez ce qu’il vous reste à en faire ! Si vous avez des pyramides en pierre naturelle, brisez-les en demandant pardon à la pierre-esprit qui la constituait et libérez cette pierre-esprit en la rendant à la terre (faites d’abord tremper les morceaux dans de l’eau salée, puis smudgez-les avec de l’encens en grain ou de la sauge blanche, puis enterrez-les très respectueusement, et placez des cailloux en spirale sur la « tombe » ou bien, après les avoir ainsi purifiés, dispersez les morceaux dans des rivières), ou bien transformez la forme de la pyramide en autre chose d’arrondi (sans vous blesser!!), ou, au minimum, gravez des spirales sur ses faces et sa base !!

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Quelques vraies références-sources-inspirations (non-fictives) :

Livres :
Le Serpent Cosmique – Jeremy Narby
La nourriture des dieux – Terence McKenna
La médecine Psychédélique – Dr Olivier Chambon
Gluten, comment le blé moderne nous intoxique – Julien Venesson
Paléo Nutrition – Julien Venesson
Comment se protéger des ondes électromagnétiques – David Bruno
Plantes et encens de purification – Arnaud Thuly
Connectez-vous à la terre – Ober, Sinatra, Zucker
Médecine de l’habitat – Jacques La Maya
L’agriculture énergétique – Eric Petiot

Web-sites-pdf :
Pour que la roue tourne
Vivre! 
Naturopatypique 
Mission Sacrée (pdf) – Matteo Tavera
Geotellurique 
Navoti 
The Earthing Institute
Old Norse mythology, The mermaid and the Mead (pdf) – Maria Kvilhaug
The Legacy of Seiðr
MAPS 
Online Etymology Dictionary
Cours de géophysique de l’université de Lausanne

Videos-interviews-podcasts :
En français :
Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 -2/21- Le Psycho Chamanisme INTRO-L’Alchimie de l’Evolution
Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 – 6/21 – Psycho Chamanisme – Comment Faire Une Cérémonie?
Down to Earth (documentaire sous-titré en français, 15mn)
Les Sentiers du Réel – Jérôme Maury – L’eau de la Pyramide
Un esprit sain dans un corps sain avec Alain Djouad Guibert Hygiéniste
Thierry Casasnovas – Régénère
Nicolas Pezeril – Guide du Néo Rural – et Permaculture
Chaîne youtube de Jacob Karhu
Lynx Vilden, une femme bushcraft

En anglais :
Life changing magic mushroom (psilocybin) experience – Paul Stamets
051: Water, Light, Magnetism, Mitochondria & Biohacking Podcast with Dr. Jack Kruse
Dr. Jack Kruse – Blue Light Toxicity, Mitigating 5G & Mitochondrial Health
Master Kai Ying Tung performing Tai Chi Chuan
Signs out of time, the story of archeologist Marija Gimbutas
PBS Documentary 2016 ~ Teotihuacan’s Lost Kings Secrets of the Dead Weekend Special Documentary
Food is not the only source of nourishment – How To Nourish Yourself Energetically
Shiva Rea on yoga and Juil earthing footwear
Hands on history

 

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Le sentiment amoureux

dusk

En ce moment, je me relis. J’ai envie de remettre en ligne certaines nouvelles qui s’étaient perdues dans la disparition des blogs qui les hébergeaient. Je relis le pdf du recueil que je mettrai en ligne ici tout bientôt.
Là je suis dans « Dusk City, Arizona Bay », j’aime beaucoup ce passage:

Les gens font beaucoup trop cas de cela, le sentiment amoureux. Il fait l’objet d’une sorte d’idolâtrie bien mièvre. Avoir de la sympathie pour quelqu’un, voilà l’avant-garde de ce sentiment, le parfum qui en annonce la venue. Il suffit de se laisser aller, se laisser aller à ce penchant, cette pente bien naturelle et nous voilà tombé, au sol, ancré, attaché à l’autre, amoureux. Ce n’est pas bien grave On peut tomber bien des fois, encore et encore, et à chaque fois ne jamais s’en remettre, y rester, et pourtant tomber encore et encore. C’est une dégringolade sans fin, un cœur qui se fend toujours un peu plus à chaque fois, à l’infini, qui s’épanouit, en vérité, telle une fleur qui n’en finira jamais d’éclore.
[ici, le cœur de l’histoire, si l’on peut dire]
On peut vouloir l’occulter, ce sentiment; la douleur peut parfois nous faire croire qu’il s’en est allé, mais ce n’est qu’un nuage sombre qui nous le cache, comme une colère ou une peur, entre nous et l’être aimé. Ce n’est pas vraiment un sentiment, d’ailleurs, ou bien le seul qui existe, c’est d’avantage un état, une disposition naturelle que nous avons d’aimer, comme un petit mécanisme en nous, une petite boîte à musique qui tourne sans cesse en nous, en un mouvement perpétuel, acausal, qui s’entretient lui-même, qu’il n’y a pas à remonter, contrairement à tous ces foutus coucous, mais simplement à écouter. Telle ou telle personne nous en révélera un jour la mélodie, le rythme, puis telle autre personne… On pourra croire que ce sont elles qui nous jouent cette mélopée et que, si elles disparaissent ou nous enlèvent leur affection alors cessera la musique. Alors que non! Celle-ci continuera de couler de nous, en nous, toujours. Et alors un éclat de soleil dans l’œil d’un chat ou le grain de la peau d’un homme suffiront à nous faire à nouveau tendre l’oreille, entendre, écouter et chantonner en chœur… Nous chantonnons en chœur avec l’Amour quand nous aimons, avec l’Ordre des choses, le Divin… Ah! Vous devriez lire les stoïciens! Je vous recommande à Marc-Aurèle!
Parfois vous avez la sensation que c’est un tambour qui joue à votre oreille ou bien dans votre tête… Imaginez ce mécanisme, cette petite boîte à musique, imaginez que vous soyez minuscule, une fourmi égarée à l’intérieur même de la boîte : quel vacarme cela ferait!
Et parfois, la boîte est posée sagement sur une table devant vous ou bien dans la paume de votre main, ou encore dans un coffret de verre fermé à clef… Que de possibilités! Et toujours cette petite musique entêtée et légère, si entraînante! Mais que de façons de la percevoir, tantôt votre oreille collée contre elle qui emplit tout l’espace, tantôt lointaine, cachée dans une pièce secrète…
Souvent, la plupart du temps… On ne fait pas attention. On rencontre quelqu’un, on le trouve « sympathique » et puis on pense à autre chose, on fait autre chose, on ne fait pas attention mais si l’on fait preuve d’une véritable attention, d’une attention compatissante envers cette personne, qu’on se montre attentionné à son égard, alors il nous semblera soudain assister à l’éclosion d’une fleur. Cette personne ne changera pas, objectivement, mais la perception que nous aurons d’elle changera et nous la révélera, dans toute sa complexité, dans toute sa richesse. Nous serons amoureux. Et cela n’est vraiment pas grave car cela dure toujours. Nous avons tout le temps pour apprendre, apprendre à aimer, à chantonner en rythme…
Ah! Tout ce petit discours fait de moi une jolie péronnelle! Mais je peux me le permettre, après tout je suis un fantôme! »

Ps: « Dusk City, Arizona Bay » est à retrouver dans le receuil « Dix Torsions », ICI !

Les graines de prières

On m’a raconté une légende. Comme toute les légendes, elle n’est pas forcément « vraie », pas forcément « juste une histoire » non plus… En tout cas je la trouve jolie. Elle ressemble un peu à la légende des « rainbow warriors » ou des « starseeds »:

Pendant des siècles et des siècles, probablement même des millénaires, partout sur terre, les « anciens » ont prié pour que les humains cessent de souffrir. Les « anciens », c’est à dire les « peuples premiers », les « peuples racines », les tribus amérindiennes, les aborigènes, les Celtes, les Vikings, les Dogons, les Samis, les Inuits… Et plus particulièrement parmi eux, les anciens des anciens: les guérisseurs, druides, chamanes, rebouteux et autres « sorcières ».
Leurs prières, qui émanaient autant de leurs propres souffrances, de leurs peurs, de leurs colères que de leur amour, de leur sagesse et de leur compassion, siècle après siècle, finirent par tisser un réseau d’énergie tout autour de la planète et toute cette énergie finit par se condenser et par se matérialiser, un peu comme un nuage de poussière et de gaz finit un jour par se transformer en étoile, en planètes, en système solaire.
Les anciens avaient prié pour qu’on vienne les délivrer, pour que la terre et les humains soient guéris, pour que le chaos s’organise, pour que ce qui avait été détruit soit réparé, pour que les terres brûlées reverdissent, pour que les peuples en guerre redeviennent frères.
Leurs prières étaient toute teintées des couleurs des paysages où ils vivaient, elles étaient portées par les chants et les plumes des oiseaux qu’ils entendaient autour d’eux, colorées par les teintes des pelages et des écailles des animaux qu’ils chassaient et qu’ils vénéraient, elles avaient la force de toutes les bêtes et de tous les guerriers les plus puissants qu’ils connaissaient, elles étaient aussi inspirées par le goût, le parfum et les vertus des plantes et des champignons qu’ils connaissaient. Ces prières étaient inspirées par les étoiles, les rochers, le feu, l’eau, le vent et même par les légendes et les mythes transmis de génération en génération. Elles étaient tissées au quotidien, patiemment, encore et encore, inlassablement répétées, et montaient de partout comme de la fumée d’encens, pour former comme un nuage au-dessus de la terre, mais pas dans le ciel qu’on voit lorsqu’on lève la tête: dans un autre ciel, un ciel spirituel, le ciel d’un autre monde, le monde d’en haut.
Et c’est dans ce ciel que le tissu de prière prit forme, fil après fil, trame après trame, petit à petit, telle une canopée, il fructifia, se densifia. Il donna des graines et, comme la pluie, ces graines commencèrent à tomber un peu partout et ces graines étaient des êtres d’un genre nouveau, le fruit de toute la science et de toute la sagesse des plus anciens, des plus sages, des plus compatissants… En somme ils étaient les fruits d’une haute technologie spirituelle.
Ces « graines » tombèrent un peu partout, jamais « au petit bonheur », toujours au bon moment, au bon endroit, au moment et à l’endroit le plus propice à leur bon développement. Elles pouvaient rester « endormies » parfois pendant des années avant de se décider à germer. Elles se développaient parfois très vite, parfois très lentement, certaines poussaient humblement en surface comme de la mousse, d’autre s’enterraient profondément avant de se décider à germer, elle poussaient alors des racines profondes et montaient hauts comme des séquoias.
Mais ces graines n’étaient pas des plantes. C’étaient des êtres de chair et d’os: ils étaient comme des humains et pas tout à fait comme des humains. Ils ressemblaient à leur « créateurs », mais leur esprit était aussi tout teinté et formé de toutes les couleurs, de toutes les plantes, de toutes les créatures, de tous les éléments qui avaient inspirés les anciens, leur créateurs.
Ces êtres d’un genre particulier ne ressemblaient à rien de connu, à rien de familier et en même temps, ils étaient partout chez eux, ils étaient comme les frères de tous les humains, de toutes les plantes, de tous les animaux, de tous les éléments. Certains ressemblaient plus à l’orage qu’à l’océan, d’autres ressemblaient d’avantage aux tortues qu’aux aigles, mais tous étaient tissés de l’énergie de bien des choses et de bien des êtres.
Fruit d’une haute technologie spirituelle, ils savaient respecter le libre arbitre de chacun, ils savaient distinguer le bien du mal. Ils étaient un remède incarné et universel à toute souffrance, à toute peur, à toute colère. Ils n’avaient donc pas forcément un goût agréable, ils ne sentaient pas forcément bon, ils étaient parfois si puissants qu’il valaient mieux les approcher avec prudence et ne surtout pas abuser d’eux. Ils étaient là pour répondre à toute prière, mais pour y répondre avec sagesse: ils donnaient uniquement ce dont on avait vraiment besoin, et pas forcément ce qu’on souhaitait.
Et quand bien même ils germaient et fleurissaient à des époques différentes, en des lieux très éloignés, ils avaient l’intelligence du mycélium et œuvraient en réseau, à travers les âges, à travers l’espace. Ils formaient comme une armée dont les troupes communiquent par toutes les voies possible, ils avaient la volonté et la détermination d’armes de création massive.
Quand ils mouraient, ils libéraient d’autres graines, d’autres spores… Et petit à petit, ils se répandirent partout…
A présent, leurs créateurs sont tous « au ciel » et ils contemplent les fruits de leur prière, de leur création, en espérant qu’ils vont les pardonner de les avoir créés si étranges…
Et bien sûr, ces êtres nouveaux vont pardonner, puisqu’ils peuvent tout pardonner, ils sont ainsi fait… Mais ils vont vous aimer comme vous n’aller pas aimer…
Oui, vous aussi!
Préparez-vous, ils sont partout.

 

— Extrait du recueil de nouvelles « Dix torsions », à retrouver sur la page « Nouvelles ». —

La fille à la vouivre

Ceci est un texte de fiction, on s’en doutera, et toute ressemblance avec des personnes existantes n’est bien sûr pas un hasard.

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La fille à la vouivre

On voyait bien qu’elle ne comprenait pas tout, que des mots lui échappaient, qu’une simple phrase pouvait mettre un certain temps à « faire le tour ». On lui voyait des lenteurs, des hésitations, les bégaiements, elle s’embrouillait dans les mots, reprenait, rectifiait. Elle ne disait pas toujours exactement ce qu’elle pensait parce que ce qu’elle pensait lui apparaissait flou à elle-même, elle avait du mal à se conceptualiser, à nommer les choses qu’elles sentait passer dans son crâne, dans son coeur, dans son ventre. Elle tentait parfois de le décrire à une oreille bienveillante mais, même ce genre d’oreille-là finissait par ressentir plus de pitié que de réelle compassion pour cette pauvre petite chose errante, qui allait d’adresse en adresse, jamais tout à fait posée, toujours évanescente, on aurait volontiers dit « fuyante » mais la connaissant bien depuis longtemps, on savait qu’il s’agissait d’avantage d’une incapacité à se fixer, à pousser racine – à trouver un terrain propice à sa nature particulière, peut-être – que d’une volonté de dérouter.
On la disait sauvage et revêche, dure et froide alors qu’il suffisait de lui offrir l’hospitalité pour la voir sourire et s’arrêter. Il fallait un peu de science pour l’apprivoiser, ou bien un peu de ferme bon sens, d’une saine autorité, il suffisait de faire le poteau et voilà que l’oiseau se posait dessus.
Il n’y avait pas grand chose à attendre d’elle, elle n’offrait jamais ce qu’on aurait voulu. Si on s’aventurait à la toucher, ne serait-ce qu’un peu du bout des doigts, il fallait se préparer au pire comme au meilleur, et surtout à se faire mettre la tête à l’envers. Elle n’était pas bien méchante, on pouvait même la dire bonne âme, mais elle pouvait toujours griffer comme le plus affectueux des chats, au moment où l’on aurait bien eu besoin d’une caresse, ou bien coller comme la glu jusqu’à vous rendre fou, tant qu’elle estimait devoir vous faire comprendre quelque chose.
On la disait aussi un peu « magicienne », quoi que sans trop savoir ce que cela signifiait. Certains racontaient avoir été ensorcelés. Comment une si petite chose dont on pouvait si facilement faire façon se débrouillait donc pour vous obséder au point d’en oublier famille, amis, travail? A son contact, à commercer avec elle, on se rendait compte un beau jour qu’elle s’était faufilée jusque dans notre cervelle, on lui parlait un peu et la voilà qui apparaissait dans nos rêves et voilà qu’on se mettait à rêver tout éveillé, on lui souriait et voilà qu’on voulait soudain aller sentir de plus près le parfum qu’elle mettait dans son cou, elle vous disait une petite phrase, avec ses deux yeux plantés dans les vôtres ou au contraire perdus loin derrière votre épaule et ces quelques mots, le son de sa voix sonnaient encore à votre oreille bien des années plus tard.
Elle était comme un virus dont on ne se débarrasse jamais. On ignorait comment ce virus s’attrapait, il ne faisait guère de mal en vérité, mais il inquiétait car il n’existait aucun vaccin pour s’en prémunir et les symptômes qu’il provoquait ne ressemblaient à rien de connu. Le seul remède qui calmait les manifestations de ce « mal » était d’être en paix avec elle, mais peu parvenaient véritablement à cet exploit, exercice d’acrobate, de funambule, d’homme de foi.
On racontait qu’elle avait gagné son pouvoir en jouant avec les fées mais en vérité, elle n’avait pas de fée pour compagne de jeu.
Elle avait une vouivre.
Qu’est-ce qu’une vouivre? Une créature apparentée à la vipère et au scorpion, vilaine et puissante, qu’on préférerait savoir imaginaire et sans substance, mais qui reste après tout créature du « Bon Dieu », enfant de la Nature qui ne fait jamais rien sans raison.
Comme toutes ces bêtes qu’on ne veut pas voir s’approcher, la vouivre a besoin d’un nid, d’une tanière et celle-ci avait trouvé en cette fille son refuge. Et tout comme on ne peut blâmer le terrier du renard pour les larcins de l’animal, on ne pouvait blâmer la fille pour le dard de cette chose dangereuse.
La substance de la vouivre n’est pas des plus simples à saisir, à expliquer. Elle s’apparente à ces gaz liquides et froids qui rampent à terre, autant qu’à l’eau qui vous noie ou bien vous brûle. Il ne fait pas bon l’énerver et elle s’énerve facilement. Elle a le nerf vif, vite enflammé.
Comme toute bête sauvage, elle s’écarte des promeneurs qui font du bruit et protège sa tanière des intrus. Elle sait se faire tantôt amante jalouse et tendre, tantôt araignée qui accueille volontiers sa proie dans sa toile.
Pour ce qui est de son aspect, de sa forme, on l’appelle « la » vouivre comme on appelle « le » sphinx une chimère à la poitrine pourtant plantureuse. Le haut de son corps est semblable à celui d’un homme, un homme dont le squelette serait plus proche de celui du serpent que de l’humain et qui dans le bas se fait tout à fait reptilien. Le bout de ce corps se termine par ce qui est communément appelé « dard », qui peut se rétracter et ne pique pas toujours. Pour ce qui est de la rétractation, c’est à dire vrai tout le corps qui peut se tortiller, se contracter ou au contraire enfler. Elle peut ainsi se faufiler toute mince dans une faille de rocher et le faire éclater en y prenant ses aises.
A la manière du cobra elle peut se dresser à la verticale, tout à fait comme un homme ou bien comme le lézard courir sur les pierres chaudes et sauter pour franchir des obstacles. Elle peut s’agripper solidement même à des surfaces qui paraissent lisses, grâce à ses doigts fins qui se terminent par des ongles en forme de griffes tout aussi fines et délicates, tout à fait à la façon des lézards.
Enfin elle s’apparente aussi au caméléon, tant par sa langue que par sa peau écailleuse dont la couleur peut changer selon son environnement ou bien son humeur.
La manière dont ces deux créatures étranges en vinrent à s’unir est à leur image, incongrue. La vouivre est une chasseuse de fées, elle entre rarement en contact avec les humains, de même que les abeilles butinent les fleurs et non vos oreilles. Mais la nature de la fille, si étrange, la trompa, de même que parfois un requin croque dans un nageur, le prenant pour un phoque, avant de se rendre compte de son erreur.
Alors la vouivre, par un bel après-midi d’été, s’en prit à la fille alors qu’elle dormait à l’ombre d’un pin. D’abord la fille crut à un rêve. Les vouivres attaquent de préférence à la manière des boas: elles se coulent autour de leur proie, les emprisonnent et les étouffent. Elles ne piquent que lorsqu’elles y sont poussées, dans l’urgence. La fille crut à un rêve et dans son rêve elle perçut la nature de la vouivre, le chatoiement de sa peau, les replis coulants, le chuchotement d’une peau qui glisse contre une autre, la puissance musculeuse sous cette peau, comme une corne de bouquetin mouvante et souple et elle en tomba amoureuse. C’est alors que la vouivre se rendit compte de sa méprise, car les fées ne tombent pas amoureuses d’une vouivre, ni même seulement de sa peau et les vouivres sentent les émotions qu’elles inspirent, c’est d’ailleurs cela qui leur donne parfois envie d’attaquer ou de rester sage. Les fées haïssent les vouivres, elle en ont un profond dégoût, alors les vouivres les attaquent, non qu’elles puissent leur faire grand mal, mais elles les attaquent tout de même.
La vouivre desserra un peu son étreinte, précautionneusement car, n’ayant jamais eu de contact avec un humain, elle ignorait s’il convenait de s’énerver tout de même, ou pas.
Mais le sentiment de l’humaine ne varia pas ou plutôt il grandit, se tinta de fascination au fur et à mesure qu’elle émergeait du sommeil et comprenait qu’elle ne rêvait pas. Elle voulut comprendre la vouivre et apprendre à la connaitre et la vouivre se laissa apprivoiser. Elle succomba à l’attention affectueuse et tendre qu’elle suscitait, un phénomène nouveau pour elle et s’est ainsi que ces deux-là s’unir.