Outils chamaniques – Le psilo et la cérémonie

 

Une « aînée » et guérisseuse Mazatèque (Mexique), Natalia Martinez, présentée dans le documentaire The Little Saints, par Oliver Quintanilla (source de l’image: Mycotopia).

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De l’utilisation du champignon ou de la truffe psilocybe dans un cadre chamanique.

Il y a 4 ans 1/2, c’est par Claude Traks et Laurène Dartillah, et leurs vidéos, que j’ai entendu parler pour la première fois de l’utilisation des psilo dans le cadre d’une cérémonie. Ils affirmaient que les « médecines sacrées » sont indispensables à la croissance spirituelle. Cela m’avait d’abord laissée très sceptique, puis j’avais réalisé que je ne savais réellement rien sur le sujet, et j’avais alors commencé à me documenter… Depuis, j’ai beaucoup appris… Et désappris!

Quelques uns des préjugés abordés dans l’article, en vidéo:

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Mise en garde :

La consommation, la récolte, la culture, la vente et l’achat de champignons (ou de truffes) psilocybe sont interdits en France. Bien qu’il soit illégal d’en consommer, certaines personnes en consomment pourtant et la nature continue éhontément à en faire pousser
Beaucoup de gens « croient » savoir tout ce qu’il y a à savoir sur les psilo sans avoir jamais lu un livre sur le sujet. J’ai longtemps fait parti de ces gens-là! Et vous, comment savez-vous ce que vous croyez savoir sur les psilo ? Sur les psychédéliques en général, sur les « médecines sacrées » en général ? Quels livres ou articles avez-vous lus ? Quels personnes vous en ont parlé ?
Cet article a une visée éducative et informative, afin de contribuer à réduire les préjugés sur ces substances, ainsi que les risques liés à leur consommation. Comme avec l’alcool, la voiture ou l’aspirine, c’est en s’informant qu’on réduit les risques d’utilisation, pas en se voilant la face !
J’inclus des références (scientifiques et autres) tout au long de l’article.

Plan de l’article :
Introduction
Législation
Précaution d’emploi, contre-indications
Le psilo, c’est quoi ?
Le psilo, qu’est-ce que ça fait ?
Pourquoi l’utiliser?
Les cadre d’utilisations récréatif, thérapeutique, chamanique
Comment utiliser les psilo dans un cadre chamanique, comment faire une cérémonie ?
Conclusion

 

 

Mes autres articles consacrés aux psychédéliques et/ou au chamanisme:
Psychédéliques et immunologie
Le bad trip ou comment travailler avec des psychédéliques
Manifeste pour la bonne santé des autistes (et des non-autistes) (page 150 à 163)
Les piliers de la vie
Seidr – le chamane et la punk
Ma vidéo « Outil chamanique – Seidr – le bâton »
Bonus, une nouvelle : Bubulle, l’oeuf cosmique

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Introduction

Aux grands maux les grands remèdes !
Les « médecines sacrées », dont font parti les psilocybe (et autres champignons à psilocybine), sont les armes lourdes de la boîte à outil chamanique, des « armes de création massive ».
La Vie sur Terre est entrée dans une grande extinction de masse (la 6ème en 500 millions d’années) et cet effondrement de la Vie sur Terre est provoquée par l’être humain, qui tend à faire passer son plaisir personnel avant la protection de la Vie.
Il serait temps de prendre des mesures drastiques pour tenter de sauver ce qui peut l’être, et que faisons nous ? En France, par exemple, notre Président, son gouvernement, les députés de son parti, refusent d’interdire sans plus attendre l’utilisation et la production de tous les pesticides, la fermeture des centrales nucléaires est sans cesse repoussée, on préfère promouvoir la voiture électrique/nucléaire plutôt que de développer les transports en commun, etc… Près de chez moi, je vois des gens courir pour aller nulle part : ils font du « trail », des marathons ou du « running », ils cultivent leurs muscles et changent de baskets tous les ans, au lieu de boycotter la pétrochimie (dont sont issues leurs baskets), au lieu de ramasser les déchets qu’on voit partout.
Si nous pouvions interviewer tous les chamanes du monde entier et leur demander quoi faire pour se sortir de là, un certain nombre d’entre eux répondraient probablement qu’il faudrait demander conseil et guidance aux médecines sacrées, ces substances appelées « psychédéliques » par les occidentaux : Ayahuasca en Amazonie, Iboga en Afrique, Peyotl dans certaines régions d’Amérique du Nord…, ou encore champignons psilocybe et autres champignons à psilocybine, utilisés dans un cadre chamanique dans certaines régions du Mexique, et qui poussent un peu partout ailleurs.
Ils nous conseilleraient peut-être aussi d’arrêter de prendre l’avion et de polluer l’atmosphère pour aller prendre de l’Ayahuasca en Amazonie, et d’arrêter de piller les ressources d’Amérique du Sud, d’arrêter de faire venir de l’Ayahuasca en Europe. Ils nous conseilleraient peut-être bien d’utiliser plutôt nos propres médecines sacrées locales : en Europe, le psilo.
Qu’on soit un djihadiste, un banquier comme Mr Marcon, ou un mr ou mme tout le monde, les médecines sacrées utilisées dans un cadre thérapeutique et/ou chamanique peuvent contribuer à nous rendre moins aveugles, moins égocentriques, plus empathiques, plus écolo, plus conscients.


Législation :

La consommation, la récolte, la culture, l’achat et la vente de psilo sont interdits en France. Il est interdit d’en faire la promotion, aussi, qu’il soit bien clair que cet article se veut uniquement informatif.
Je n’encourage personne à consommer quoi que ce soit d’illégal, je souhaite seulement contribuer à réduire les préjugés à l’encontre de ces substances, et à réduire les risques que prennent les personnes décidées à en consommer en dépit de la loi.

Ceci dit, il y a un soucis avec cette loi relative aux psychédéliques, tels que les psilo. Les scientifiques le disent eux-même : cette loi est obsolète, basée sur des préjugés et non sur des données scientifiques.
Les psychédéliques sont considérés par la loi comme représentant un fort risque pour la santé publique et comme n’ayant aucun intérêt thérapeutique, alors que les scientifiques ont démontré qu’ils sont faiblement dangereux (pour soi et pour autrui) et qu’ils ont un fort potentiel thérapeutique, lorsqu’ils sont utilisés dans un cadre thérapeutique. Ils sont faiblement toxiques, et ils ne sont pas addictifs, contrairement par exemple à l’alcool, qui est une drogue fortement toxique, fortement addictive, qui est de toutes les « drogues », la plus dangereuse pour soi et pour autrui, et qui est dépourvue de valeur thérapeutique.

Illustration issue de la publication scientifique « Drug harm in the UK, a multicriteria decision analysis », publiée dans le très sérieux Lancet. Les drogues sont classées par ordre de dangerosité pour les autres (« others ») en bleu clair, pour les utilisateurs (« users ») en bleu foncé.

Il existe aussi en France ce qu’on appelle la liberté d’expression, dont a fait usage par exemple le Dr Olivier Chambon, psychiatre français, qui a publié en 2007 un excellent livre sur le sujet : « La médecine psychédélique ». En France il est donc autorisé de parler des psychédéliques et de les présenter sous leur meilleur jour (thérapeutique). Si la chose était interdite, l’Etat devrait bloquer l’accès à toute information sur le sujet, que ce soit dans les librairies ou sur internet, et le livre du Dr Chambon serait condamné au pilon !

La problématique de l’utilisation des psychédéliques est aussi en lien avec le droit à disposer de notre corps et de notre conscience. En France, nous avons le droit de faire de l’alpinisme ou de boire un litre de vin tous les jours si ça nous chante, nous sommes sensés pouvoir disposer de notre corps, même pour faire des choses dangereuses, tant que cela ne nuit pas à autrui, ou du moins nous serions sensés pouvoir le faire dans une démocratie digne de ce nom.

En Europe, au Pays-Bas, il est possible d’acheter et de consommer des truffes psilocybe en toute légalité, il est aussi possible d’y faire des retraites « psychédéliques » : voir le site web de la Psychedelic Society.

Références :  Drug harm in the UK, a multicriteria decision analysis  ; article: Ayahuasca, dimethyltryptamine and psychosis, a systematic review of human ; livre : La médecine Psychédélique, du Dr Olivier Chambon.


Précautions d’emploi, contre-indications :

Comme pour tout médicament (aspirine, vaccin…), comme pour toute substance psychoactive (alcool, café…), il y a une « notice » à respecter pour réduire les risques liés à la consommation de psychédéliques/médecines sacrées. Ce sont des substances puissantes, à manier avec grande précaution.

– Contre-indications : éviter les mélanges avec d’autres substances, en particulier avec des médicaments, de l’alcool et d’autres substances psychoactives (à l’exception du chocolat noir bio ou du cacao bio).
On doit éviter de consommer ces substances quand on a des antécédents de psychose ou de troubles bipolaire (« mania », maniaco-dépression).

– Risques d’effets adverses: en particulier lorsqu’on néglige de respecter la « notice », les contre-indications, les bonnes conditions d’utilisation…: risque de « bad trip » (expérience difficile) et de stress post-traumatique. Risque de déclenchement d’épisode psychotique pour les personnes ayant des antécédents de psychose ou de troubles bipolaires.
Un bad trip peut être effrayant ou désorientant au point de générer également un comportement dangereux ou inapproprié: risque de défenestration, exhibitionnisme sur la voie publique…
Les psychédéliques sont susceptibles d’agir un peu à la façon d’un thérapeute qui nous confronte aux pires traumatismes psycho-émotionnels que nous ayons vécus, à tous ce que nous avons échoué à « digérer » par le passé (deuils, ruptures, échecs…), ce qui va avoir le même effet qu’une séance de psychothérapie intense et douloureuse, pendant laquelle on va beaucoup pleurer. Si un utilisateur vit un tel challenge émotionnel dans un cadre thérapeutique, il comprendra que c’est un mal pour un bien, que cela est sensé être transformateur, cathartique, comme une psychothérapie, alors que dans un cadre récréatif, l’utilisateur risque de ne rien comprendre du tout et de rester en détresse, plus ou moins traumatisé par l’expérience.

– Conditions d’utilisation, le « set & setting » :
il faut porter une grande attention à ce que les psychonautes (utilisateurs expérimentés) appellent en anglais le « set and setting », c’est à dire l’état d’esprit et le cadre d’utilisation dans lequel on utilise ces substances. Dans l’idéal, ces substances devraient être utilisées le plus près possible de la nature, soit en pleine nature, soit dans un logement à la campagne ou dans les bois, de plein pied, à bonne distance de la « civilisation », loin des pollutions électromagnétiques, au minimum dans un but thérapeutique, au calme, le soir, par une température clémente, dans un lieu silencieux, sans électricité ou avec l’électricité disjonctée et tous les objets connectés éteints ou mis en mode « avion », dans l’obscurité ou une certaine pénombre, ou avec un masque sur les yeux, dans un lieu sécurisé et familier, à jeun, sur des sols ou matériaux naturels: coton, tomettes en terre cuite, carrelage, laine, paillasse d’herbe, peau de mouton ou cuir, chaussures plein cuir (pas sur du synthétique: tapis de yoga ou de camping plastique, tapis de tente en plastique, lino, plancher flottant, matelas en polyester, baskets…!)…
Les psychédéliques fonctionnent en synergie avec les champs électromagnétiques natifs/naturels (ceux générés par la planète), donc ils fonctionnent au mieux lorsque le corps est 1° loin des pollutions électromagnétiques humaines, 2° à la terre sur le plan électrique, d’où l’importance de bien choisir des sols qui permettent la connexion à la terre (avec ou sans « substance », sur le plan énergétique, notre chakra « racine » a besoin de la mise à la terre pour pouvoir se développer!).
Voir d’autres recommandations dans mon article sur  « Le bad trip », le livre « The psychedelic explorer’s guide », de James Fadiman ; les interviews/conférence de Terence et Dennis McKenna sur youtube, les vidéos de Claude Traks et Laruène Dartillah , le site web et la chaîne youtube du Zendo Project https://www.zendoproject.org/

Certains chercheurs pensent qu’il faudrait réguler l’usage des psychédéliques et le restreindre drastiquement à un usage purement « clinique », dans les hôpitaux ou les cabinets de thérapeutes. Cela reviendrait à vouloir interdire l’usage traditionnel chamanique en Amazonie, au Mexique… Cela irait à l’encontre de nos libertés fondamentales : liberté religieuse et droit à disposer de notre corps et de notre conscience. Par ailleurs, les hôpitaux et cabinets de thérapeutes n’ont rien de « naturels », alors que le contact avec la nature est connu des utilisateurs expérimentés (comme les chamanes) pour fonctionner en synergie avec les psychédéliques : leur utilisation en immersion dans la nature tend à maximiser leurs effets thérapeutiques. Inversement, leur utilisation dans un cadre anti-naturel, en appartement, en ville, à un concert…, tendra à maximiser les risques d’effets adverses.

Ref: livre La médecine Psychédélique, du Dr Olivier Chambon, article: Potential Therapeutic Effects of Psilocybin…; chaussures plein cuir; vêtements en matières naturelles; literie en matières naturelles.


Le psilo, c’est quoi ?

Beaucoup de gens, même parmi les personnes passionnées de chamanisme, considèrent le psilo comme une substance purement récréative.
Pourtant, pour résumer, prendre des psilo à des fins récréatives, cela revient à prendre de l’ayahuasca à des fins récréatives !

Le champignon, ou la truffe, psilocybe contient de la psilocybine qui se dégrade en psilocine dans le corps. Nom chimique de la psilocine : 4-phosphoryloxy-N,N dimethyltryptamine. Ce « dymethyltryptamine » est plus communément appeler « DMT ».
La psilocybine appartient à la famille des tryptamines. C’est une forme oralement active de « DMT ». L’Ayahuasca appartient aussi à la famille des tryptamines, mais c’est un mélange de deux plantes: la Psychotria viridis, qui contient une forme oralement inactive de DMT, et le Banisteriopsis caapi, qui contient un inhibiteur de la mono-amine oxydase (IMAO), et qui rend le DMT oralement actif. L’ayahusaca est purgative, contrairement au psilocybe, qui aura tendance à ne générer des nausées, voir des vomissements, que s’il est mélangé à d’autres substances ou s’il est consommé en grande quantité.

La psilocybine, comme l’ayahuasca, fait parti des psychédéliques « sérotonergiques » : elle est un agoniste (activateur) de certains récepteurs à la sérotonine (entre autres). La sérotonine est immunomodulante, et elle est synthétisée et utilisée majoritairement dans les intestins, aussi il serait intéressant que des scientifiques se penchent sur les effets des psychédéliques sérotonergiques sur le système digestif et sur le système immunitaire !

Références : Classical hallucinogens as antidepressant ? A review of pharmacodynamics and putative roles ; Multiple receptors contribute to the behavioral effects of indolamine hallucinogenHypothesis: the psychedelic ayahuasca heals traumatic memories via Sigma 1 receptors-mediated epigenetic mnemonic process ;  A possibly sigma-1 receptor mediated role of dimethyltryptamine in tissue protection, regeneration, and immunity ; Psychedelics and immunomodulation: novel approaches and therapeutic opportunities  ;  Psychosomatic Medicine, Psychoneuroimmunology and Psychedelics ; livre :  Manifesting Minds (collectif d’auteurs) ; Vidéo : Joe Rogan – Mushrooms vs. DMT (avec Dennis McKenna)


Le psilo, qu’est-ce que ça fait ?

Comme tout psychédélique, il modifie les perceptions, l’humeur et le fonctionnement de la sphère cognitive.
L’effet d’une dose est transitoire, il dure en moyenne 4H. Savoir que l’effet est temporaire peut aider à mieux vivre l’expérience. Comme avec toute substance active, la puissance des effets dépend évidement de la dose.
Les personnes qui connaissent mal les psychédéliques ont tendance à parler de perceptions « altérées », d’altération de l’état de conscience. Les scientifiques spécialisés et les psychonautes préfèrent en général parler d’état de conscience modifié ou élargi, et de perceptions modifiées ou amplifiées.
La modification des perceptions entraîne la modification de l’état de conscience.
La conscience est une affaire de perceptions : nous sommes conscients de ce que nous percevons.
Les perceptions de la réalité sont modifiées, ce qui va être plus ou moins « dépaysant » (d’où l’idée de « voyage » chamanique), voir effrayant, en fonction de ce qu’on perçoit et de la façon dont on interprète ce qu’on perçoit.

La façon dont on interprète ce qu’on perçoit est une question de culture, de connaissances, d’expérience. Une personne qui prend des psilo pour la première fois pourra avoir la sensation qu’elle est attaquée par un mauvais esprit démoniaque, alors qu’un utilisateur averti comprendra que ce « mauvais esprit » qui le perturbe est le smartphone qu’il a dans sa poche ! Il suffira d’éteindre le smartphone et de le mettre à bonne distance pour faire disparaître le « mauvais esprit » ! Question d’interprétation !
Un catholique qui visualise un « serpent » pourra croire qu’il voit un démon, alors qu’un praticien de médecine ayurvédique interprétera ce serpent comme étant un « nadi » ou la kundalini.

Ce que les utilisateurs (ou médecins) appellent « hallucinations », générées par les psilo, est un terme souvent impropre. Les psilo provoquent moins des hallucinations au sens strict du terme, que des « visuels » et des modifications perceptives qui sont interprétées comme des « hallucinations ».
En réalité, les « visuels » se perçoivent beaucoup mieux les yeux fermés, ils sont intérieurs, « dans » la tête ! Ce sont des images de l’ordre de la visualisation, du rêve éveillé. C’est pour cette raison que, dans les études cliniques sur les psychédéliques, les expérimentateurs doivent souvent mettre un masque sur les yeux, pour être dans le noir total.
Quand vous vous souvenez du visage de quelqu’un que vous connaissez bien, que son visage « apparaît » dans votre tête, ce n’est pas une hallucination, c’est une « visualisation », et dans ce cas précis, un souvenir !
De la même façon, une mouche a des perceptions très différentes des vôtres, ce n’est pas pour autant qu’elle « hallucine » !
Stephan Beyer (PhD) raconte qu’il a bien eu ce qu’on appelle des « hallucinations » sous ayahuasca, mais il explique aussi que ce qu’une personne considère comme une hallucination dépend beaucoup de sa culture, de ce qu’elle considère comme « réel » ou pas. C’est en parti notre culture, nos croyances, nos connaissances qui déterminent la frontière entre « réel » et « irréel ».
Si vous considérez que les esprits des ancêtres existent, vous ne serez pas trop dépaysé si vous les « voyez » quand vous êtes sous l’effet d’un psychédélique. Vous considérez que le psychédélique vous permet de voir quelque chose qui existe mais que vous ne pouvez pas voir en temps normal, comme un microscope vous permet de voir des bactéries qu’on ne voit pas à l’œil nu en temps normal. Si vous considérez que la vie après la mort n’existe pas, que les défunts n’existent que sous la forme d’ossements dans les cimetières, alors leur apparition sera pour vous une « hallucination ».

Théorie personnelle actuelle : pour employer des termes de physique quantique, il se pourrait que les psychédéliques rendent plus sensible à l’onde qu’à la particule.
Il semblent élargir la portion du spectre électromagnétique et des ondes sonores que nous sommes capables de capter (ils rendent plus sensible au bruit, à la musique, à la lumière…).
Ils pourraient augmenter la puissance et modifier la fréquence de l’antenne-émetteur-récepteur que nous sommes (le corps est un semi-conducteur, autant biochimique que bioélectromagnétique: il émet un champ électromagnétique, des infrarouges, des biophotons…).
Ils pourraient accentuer le sens électromagnétique (qui pourrait être le 6ème sens).
Ils pourraient nous mettre dans une sorte d’état « quantique » : à la fois ici et « ailleurs ».
Ce qui serait cohérent avec l’importance de l’intention dans le cadre de l’utilisation des psychédéliques : en physique quantique, l’intention de l’observateur ou de l’expérimentateur influe sur le résultat de l’expérience.
En chamanisme, l’intention est ce qu’on appelle la prière.
Le monde des esprits avec lequel les chamanes entrent en contact pendant la transe (avec ou sans substance) est un monde interactif, « subtile» (électromagnétique plus que matériel/palpable), où l’intention et le son (chant, tambour, parole…), autrement dit les « vibrations » ou les « ondes » deviennent des leviers d’action plus puissants que des outils palpables.

Références : voir des articles/conférences sur la biologie quantique (quantum biology) par Jim Al Khalili, les conférences du Dr Jack Kruse sur youtube… ; articles: Psilocybine ; Humans may have a « magnetic » sixth sense  ; Fields in Electromagnetic Spectrum Emitted from Human Body. Applications in Medicine ; vidéo : Stephan Beyer, Ph.D. – “Ayahuasca, Cognitive Psychology, and the Ontology of Hallucination”


Pourquoi l’utiliser?

– D’après les scientifiques : pour traiter l’anxiété des personnes ayant une maladie en phase terminale (cancer…), la dépression, l’addiction au tabac et à l’alcool, pour accroître l’empathie, la conscience environnementale, le sens écologique, pour avoir des expériences spirituellement significatives, pour booster la créativité…

– D’après les chamanes : pour apprendre et pour guérir !
Les psilo, comme l’ayahuasca et les autres plantes sacrées, sont autant considérées comme des médecines que comme des enseignants, des esprits à part entière, avec leur personnalité, leur compétences (qui peuvent varier légèrement d’une variété à l’autre), qui permettent d’accéder à des informations auxquelles on ne peut pas accéder en temps normal : information sur le passé, le présent, le futur, échange d’informations avec les « esprits »…
Le chamane commerce avec les esprits dans l’intérêt de sa communauté, pour résoudre toutes sortes de problématiques (médicales, relationnelles…), pour apprendre, pour faire un travail d’harmonisation des corps, des lieux, des relations entre les vivants ou entre les vivants et les autres esprits, il se sert de certaines substances pour accéder à des perceptions/un état de conscience auquel il ne pourrait accéder autrement, pour faire un travail qu’il ne pourrait pas faire autrement, tout comme un chirurgien se sert d’un scalpel pour faire des choses qu’il ne pourrait pas faire sans scalpel.
En fonction des types de chamanisme, et en fonction des talents/aptitudes de chaque praticien, l’état de transe propice au travail avec les esprits peut être atteint de différentes façons, avec ou sans substance (voir l’exemple de Corine Sombrun, qui a appris à accéder à la transe via le tambour, puis sans tambour).
Toute fois, quand des personnes qui n’ont jamais essayé de travailler avec des médecines sacrées disent qu’elles font sans médecine le même travail qu’avec médecine, comment peuvent-elles être sûres qu’il s’agit du même travail, si elles n’ont pas d’éléments de comparaison ?!
Ce serait comme si un médecin affirmait que, sans scalpel, il fait le même travail qu’un chirurgien. Ca pourrait laisser sceptique !

Pour ce qui est du « sens écologique » – au cœur de la crise environnementale que l’humanité est en train de traverser, le psilo a tendance à rendre d’avantage « connecté », réceptif à l’environnement : il modifie les perceptions si bien qu’en fonction de la dose il peut, par exemple:
– rendre beaucoup plus sensible à la beauté de la nature,
– aider à ressentir « pour de vrai » que tout est vivant, que tous les éléments de la nature sont en relation (arbre, sol, atmosphère, rochers, animaux…), qu’ils communiquent entre eux de différentes façons à chaque instant, émettent et reçoivent de l’information (voir l’exemple des arbres qui communiquent entre eux et avec le mycelium),
– dissoudre momentanément les frontières de l’égo.
Dans le milieu des psychonautes, les fortes doses de psychédéliques ont la réputation de pouvoir générer une expérience appelée en anglais « ego death », la mort de l’égo, qui consiste à devenir « un » avec l’univers, avec la nature. Il n’y a plus de séparation entre nous et l’environnement : tout devient « un », uni, nous devenons la rivière, le ciel, la terre… Nous nous dissolvons dans le flot de la Vie, nous devenons le flot de la Vie. Il devient alors impossible de polluer une rivière, de jeter un déchet dans la nature sans avoir conscience que c’est notre propre corps que nous salissons.
Certains affirment que les psilo favorisent la déconnexion d’avec la réalité, qu’ils s’opposent à l’ancrage, à l’enracinement. Il se pourrait que ces personnes se laissent trop influencer par ce que les utilisateurs récréatifs disent des psilo: que cela les fait « tripper », ou « planer » ou « délirer ». Il faut alors se rappeler que l’intention avec laquelle les psilo sont consommés influe sur le résultat de l’expérience : si un utilisateur a l’intention de « tripper » ou de « s’envoyer en l’air » ou de « délirer » en prenant des champi, alors cette intention est bien susceptible de mener l’expérience vers « l’éclate », plutôt que vers le développement personnel/spirituel (qui inclut le développement de notre chakra « racine » et donc de notre enracinement). Les chamanes Mazatèques qui utilisent les champignons psilocybe de façon traditionnelle, eux, cherchent la guérison et des réponses à leurs questions – souvent des questions très terre à terre, ils vivent dans les montagnes, loin des villes, ils cultivent la terre, ils vivent dans des maisons très rudimentaires, en immersion dans la nature, au cœur des éléments. Dans ce genre d’environnement, si quelqu’un « plane », il ne survit pas longtemps ! Il est essentiel de travailler la terre pour pouvoir se nourrir, il faut savoir prendre soin de la nature et vivre à son rythme si l’on veut pouvoir manger. C’est un mode de vie extrêmement « enraciné », les deux pieds dans la terre. Ce sont les occidentaux qui ont tendance à « planer » loin des réalités de la nature, même sans substances, puisqu’ils n’ont jamais à se soucier de la façon dont on fait pousser une salade, dont on fabrique une chaussure et il leur suffit d’entrer dans un magasin à Paris pour pouvoir acheter une banane qui a poussé à 10 000km de là. C’est ce genre de mode de vie qui nourrit le « déracinement », la déconnexion d’avec la réalité, le manque d’ancrage et de pragmatisme. Pas besoin de substances pour « planer » et manquer d’ancrage et de sens des réalités, il suffit de vivre en ville !
Certains auteurs/chercheurs, comme Terence McKenna (célèbre ethnobotaniste et psychonaute américain, auteur du livre « la Nourriture des Dieux »), postulent que c’est parce que les occidentaux n’utilisent pas les médecines sacrées qu’ils sont autant anti-écologiques, déconnectés de la nature, de leur nature.
Un bon exemple des effets que peuvent produire les psilo se retrouve dans le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, avec l’amour des Hobbits et des Elfes pour leur terre, la nature, la beauté des montagnes, des arbres ou des étoiles, etc… Dans une certaine mesure, on peut dire que les psilo peuvent « transformer » l’utilisateur en Hobbit ou en Elfe, en amoureux des clairs de lune, des jardins, des bêtes, en poète pour qui la nature est une source infinie d’inspiration et d’émerveillement, en païen ou en animiste pour qui les arbres ont un esprit, une personnalité et sont aussi vivants que les papillons ou les montagnes… Et c’est une drôle de coïncidence que les Hobbits soient de grands amateurs de… champignons!

Références: livres: Le serpent cosmique, de Jeremy Narby; La nourriture des Dieux, de Terence McKenna ; La médecine psychédélique, du Dr Olivier Chambon, voir aussi toutes les publications scientifiques qu’on peut trouver sur pubmed ou google scholar avec les termes « psilocybin depression » ou « psilocybin empathy », ou « psilocybin addiction » ou « psilocybin environment »… Exemple : Lifetime experience with (classic) psychedelics predicts pro-environmental behavior through an increase in nature relatedness ; articles: « le traitement trippant« , « Médecine psychédélique »: des résultats « stupéfiants », vidéo: The purpose of ayahuasca may not be what you think; site web: maps.org.

 

Les cadre d’utilisations : récréatif, thérapeutique, chamanique

Comme on l’a déjà vu, les effets des psychédéliques dépendent non seulement de l’environnement dans lequel ils sont utilisés mais aussi de l’intention de l’utilisateur.
Il existe trois grandes catégories de cadre d’utilisation des psilo:

– cadre récréatif, égo-centré : Pour le fun, pour « tripper », « planer », à une fête, à un concert, etc… C’est un cadre qui maximise les risques d’effets adverses. D’un point de vue chamanique, ce cadre d’utilisation est une offense à la médecine sacrée. C’est comme d’essayer de monter sur un cheval sauvage « pour le fun ». Ça expose à de mauvaises surprises, à des retours de bâtons.

– cadre thérapeutique, égo-centré : c’est le cadre des études cliniques qui visent à étudier l’efficacité des psychédéliques pour le traitement de la dépression, de l’anxiété, des addictions…

Une session thérapeutique à la John Hopkins University: l’utilisateur est allongé, avec des écouteurs sur les oreilles, un masque de sommeil sur les yeux, et deux thérapeutes veillent à ce que tout se passe bien.

Qu’on participe à une étude clinique ou bien que l’on soit un utilisateur autonome, autodidacte, seul chez soi, l’intention est alors dirigée sur un problème de santé précis (problème psychologique ou physiologique), sur la volonté de guérir, sur la guérison au sens très large du terme (physique, psychologique, spirituel).
Dans ce cadre, certains utilisent des micro-doses de psychédéliques (une micro-dose 2 ou 3 fois par semaine, dose sans effets « psychédéliques ») pour traiter leur dépression, leur anxiété sociale, leur algie vasculaire de la face/céphalée de Horton…
On peut considérer que ce cadre inclue l’amélioration de la créativité des artistes, des scientifiques…, à la quête de solutions pratiques à un problème donné et qui utilisent les psilo (ou d’autres psychédéliques) à diverses doses pour booster leur créativité.
On pourrait ainsi par exemple imaginer que des politiciens utilisent des psychédéliques dans ce cadre pour trouver des solutions innovantes à la crise environnementale actuelle !
C’est aussi un cadre d’utilisation proche du cadre « McKennien », celui rendu populaire par Terence McKenna : « in silent darkness » (« dans l’obscurité silencieuse »), qui consiste à utiliser les psilo dans un lieu familier et sécurisé, dans l’obscurité, le silence et la solitude, à des fins d’auto-analyse, d’exploration psycho-spirituelles…

– cadre chamanique, centré sur la Vie : La frontière entre le cadre thérapeutique et le cadre chamanique peut être assez floue. Dans une certaine mesure, il est possible de « chamaniser » le cadre thérapeutique, afin de maximiser les effets spirituels de l’expérience psychédélique et de la sécuriser au maximum (purification des lieux, prière de protection, demande de guidance aux esprits bienveillants…).
Mais le cadre chamanique implique en principe de tourner l’intention et l’attention vers la communauté au sens large, vers la Vie: l’utilisateur cesse de travailler uniquement pour lui-même, il passe au travail au service de son environnement au sens large, à un travail d’harmonisation de sa relation aux choses, aux êtres, aux « esprits » qui l’entourent (ancêtres, arbres, plantes, animaux, matériaux…), puis à terme à un travail au service de sa communauté à proprement parlé.
Il est probable que pour pouvoir travailler avec les psychédéliques dans ce cadre, il soit nécessaire de les avoir d’abord utilisés dans un cadre thérapeutique. Avant de devenir un chamane à part entière, un apprenti va d’abord utiliser les médecines sacrées pour se soigner lui-même, pour harmoniser, optimiser son propre fonctionnement, son corps et son esprit.
Ensuite, il pourra « chamaniser » à proprement parlé, et commencer à travailler pour sa communauté.
Un psychonaute qui aurait déjà une bonne expérience du cadre thérapeutique pourrait explorer les diverses possibilités de travail avec les psychédéliques dans le cadre chamanique, en commençant par exemple par tourner son attention sur son environnement immédiat, pour aller à la rencontre des « esprits » qui l’entourent : les plantes, les matériaux (synthétiques/naturels), les esprits des lieux, les esprits des ancêtres, le sol (le « vrai » sol naturel, la terre, pas le lino ni le plancher flottant!!), les phénomènes cosmo-telluriques, les arbres, les animaux familiers…
A mon sens, la géobiologie offre de bons exemples du travail qu’il pourrait être possible de réaliser avec les psychédéliques.
Ce cadre d’utilisation nécessite la mise en place d’une « cérémonie », d’un rituel à part entière. Une cérémonie peut être relativement simple, mais elle se doit d’être un minimum construite, organisée.

 

Comment utiliser les psilo dans un cadre chamanique, comment faire une cérémonie ?

Pour se faire une idée sur le sujet, avant tout, il faut lire, lire, et lire encore !!! Écouter des conférences et des documentaires sur youtube fonctionne aussi ! Mais avant tout, c’est à chacun de se s’informer, via les références mentionnées dans cet article et bien d’autres encore !

Les chamanes Mazatèques, au Mexique, font parti de ceux qui travaillent avec les champignons (surnommés « enfants » ou les « saints-enfants »  : « children », ou « holy children »), et il est possible de trouver des articles ou des conférences et documentaires sur le sujet sur internet. Gordon et Valentina Wasson ont rendu célèbre la chamane Mazatèque Maria Sabina dans les années 1950. Une des meilleures sources d’information sur sa façon de travailler est le documentaire ci-dessous :

Elle purifiait les champignons en les passant dans la fumée d’un encens (copal) avant de les consommer, les personnes qui la consultaient en consommaient aussi. Les cérémonies se tenaient le soir, à la lumière des bougies, à même le sol, devant un petit autel, chez Maria Sabina, qui vivait dans les montagnes mexicaines, dans une maison rudimentaire avec un sol en terre battue.
1H00’21 : « Quand les enfants travaillent à l’intérieur de mon corps, je prie et je demande à dieu qu’ils m’aident à soigner. Je me rapproche de la personne malade. Les saints [les champignons] guident mes mains pour appuyer et masser là où il y a de la douleur. »
On notera, entre autre, que le copal est un encens local pour les mexicains, un européen pourrait aussi bien utiliser un autre encens européen, comme de la sauge ou de la résine de sapin. Sur l’autel de Maria Sabina, on trouvait des images religieuses catholiques (les Mazatèques ont appris à déguiser et protéger leur foi traditionnelle pré-chrétienne, en échangeant les noms de leurs anciens dieux contre les noms des saints chrétiens). Un européen pourrait préférer utiliser des images d’autres religions plus anciennes (mythologie celtique, scandinave…), ou simplement des objets évoquant la nature (cristaux, fleurs…).
Quand les psychonautes expérimentés recommandent de consommer les psilo au plus près possible de la nature, une telle maison, avec un sol en terre battue, dans les montagnes, loin des villes, sans électricité, est une bonne illustration de ce que cela peut signifier.
Une autre guérisseuse Mazatèque, Natalia Martinez (photo en tête d’article), est présentée dans le documentaire The Little Saints, par Oliver Quintanilla. D’après elle, la technique occidentale consistant à prendre les champignons puis à s’allonger dans le noir, en fermant les yeux et en se laissant guider par de la musique, est la méthode « feignante » qui ne permet pas au plein potentiel des champignons de se manifester. Elle conseille à ses élèves de maintenir leur attention sur l’autel (bougies et images religieuses) pendant toute la durée de la « velada » (cérémonie). C’est un entraînement de l’attention nécessaire à l’apprentissage de l’art de diriger l’expérience et de travailler avec ce que les champignons présentent à l’esprit focalisé (source: Mycotopia).

Un praticien pourrait souhaiter étoffer ou personnaliser un tel « set and setting », et tenter l’expérience de la création d’une cérémonie « européenne », plus personnelle.
Pour cela, plusieurs pistes pourraient être explorées :

Puisque l’ayhuasca et la psilocybine appartiennent toutes deux à la famille des tryptamines, il pourrait être envisageable, dans une certaine mesure, de transposer les méthodes de travail avec l’ayahuasca, au travail avec le psilo.
Comme le chamane Mazatèque, le chamane amazonien fait un travail, pas un « voyage » tous frais payés ! Il ne se contente pas de prendre une substance et d’attendre que tout arrive.
Pendant une cérémonie d’Ayahuasca, pendant qu’un touriste occidental reste à vomir ses tripes, puis allongé par terre, incapable de faire quoi que ce soit, submergé par l’expérience, le chamane, qui lui aussi a pris de l’ayahusca, reste actif et alerte. Il va de l’un à l’autre de ses « patients », il chante…, il veille au bon déroulement de la cérémonie. Il n’accède pas à un tel niveau de maîtrise du jour au lendemain. Cela lui demande de longues années d’entraînement, d’apprentissage, cela nécessite de considérer la substance comme un esprit à part entière, un enseignant, un esprit-allié, comme une sorte de coéquipier très puissant avec lequel il faut tisser une relation respectueuse pour que le praticien et la substance puissent faire ensemble un travail correct, de la même façon que le travail avec un cheval de trait, par exemple pour débarder du bois en forêt, nécessite une fine entente entre l’être humain qui mène le travail, et le cheval qui fournit la force motrice. Il s’agit d’une coopération. Prendre un psychédélique sans aucune intention, ou en pensant qu’il suffit de lui laisser faire tout le travail, cela revient à monter sur un cheval sans avoir aucune intention, en le laissant libre d’aller ou bon lui chante. Si le cheval est relativement placide, vous pourrez peut-être rester sur son dos toute la journée, alors qu’il déambulera dans son champs pour brouter ici ou là, ou bien il s’agira d’un cheval qui n’aime guère être monté pour rien, et vous vous retrouverez vite par terre.

Il est aussi intéressant d’observer le cadre dans lequel est utilisée l’ayahuasca de façon traditionnelle : au fin fond de la jungle, loin de la civilisation, en contact direct avec la nature, au calme, le soir, dans l’obscurité de la nuit, sous un climat tropical dont la température est toujours relativement douce, dans des constructions réalisées en matériaux naturels, dont le sol est en terre battue ou en simple plancher en bois, dans des lieux où il n’y a souvent pas d’électricité… On peut aussi observer l’alimentation proposée dans les centres de retraite d’ayahuasca : souvent de type « anti-inflammatoire » (proche du régime paléolithique), à base de riz, de légumes, d’un peu de poisson, sans graisses ni condiments, ni sucre… Cela permet d’affiner les recommandations de bases qui sont faites aux utilisateurs de psychédéliques et d’aller un peu plus loin que « les prendre à jeun, aussi près de la nature que possible ».

La question de l’apprentissage de la maîtrise de l’expérience afin de la transformer en véritable travail nécessite forcément d’apprendre à doser la substance, d’apprendre à choisir soigneusement le « set and setting », le lieu, l’état d’esprit, l’intention à mettre au cœur de la cérémonie. Pour le praticien, il s’agit d’apprendre à se connaître, à connaître sa sensibilité à la substance, d’apprendre à connaître son corps autant que l’environnement, avec l’aide de la substance.
Certaines personnes peuvent avoir peur de consommer des psilo parce qu’elles ont « peur de perdre le contrôle », c’est la même chose que d’avoir peur de boire de l’alcool par peur de « perdre le contrôle », alors qu’un consommateur d’alcool expérimenté, non-alcoolique, peut avoir la maîtrise de sa consommation : il connaît ses limites pour les avoir éprouvées, il sait bien quelle quantité d’alcool il peut boire, quels effets en attendre, et dans quelles circonstances il peut en boire, si bien qu’il évitera de boire 1L de vin en compagnie de son patron, et que s’il partage parfois une bouteille de vin en compagnie d’un ami, il ne boira probablement jamais la même quantité de rhum, même avec un ami. La maîtrise de l’effet des psilo est tout autant possible, c’est une question d’apprentissage.

Il s’agit aussi d’apprendre à interpréter correctement ce qui est perçu grâce aux médecines. Il ne s’agit pas de prendre tout ce qui passe par la tête pour argent comptant. Il faut être conscient que c’est la sphère cognitive qui traduit un stimuli sensoriel en image, au mieux de ses possibilités, avec le stock d’images qu’elle a à disposition dans sa « bibliothèque » de connaissances. Plus le praticien a des connaissances étendues et variées, plus il peut gagner en finesse d’interprétation.
Les médecines traditionnelles à travers le monde, comme l’Ayurveda et la médecine traditionnelle chinoise, qui plongent leurs racines dans des traditions chamaniques très anciennes, pourraient fort bien avoir été crées avec l’aide des psychédéliques. Dans le cas de l’Ayurveda, c’est ce que laisse supposer par exemple la mention d’un mystérieux « soma », un breuvage aux propriétés extraordinaires, dans les Veda hindoues. Ces médecines traditionnelles, qui mettent une forte emphase sur le fonctionnement énergétique/électromagnétique du corps humain, pourraient à présent fournir des informations utiles à la bonne interprétation des phénomènes « subtiles » perçus grâce aux médecines sacrées (notions de méridiens, de nadis, de point d’acupuncture, d’énergétique, de chakras, de « chi » céleste et de chi terrestre, etc….).
Les médecines traditionnelles sont associées à des pratiques telles que le yoga ou le qi-gong, le feng shui et le vastu sastra, qui faisaient peut-être parti à l’origine d’une grande pratique chamanique très complexe (connaissances anatomiques et spirituelles, utilisation de plantes médicinales, activités physiques, respiratoires, méditation, arts martiaux, massage, harmonisation des lieux, travail avec les phénomènes cosmo-telluriques…). Ainsi, le yoga ou le qi-gong pourraient fonctionner en synergie avec les psychédéliques et les psychédéliques pourraient permettre de mieux en comprendre l’utilité (en amplifiant les effets générées par ces pratiques). C’est du moins ce que suggèrent certains témoignages de psychonautes qui associent la consommation de psychédéliques à la pratique des mudras, du yoga, du taï-chi… En France, la géobiologie est l’équivalent du feng shui asiatique et du vastu sastra hindou, elle pourrait aussi donner des pistes de compréhension et des exemples du travail qui peut être fait dans un état de conscience élargi (harmonisation des lieux, purification, bénédiction…).
Dans le milieu de la spiritualité et de « l’énergétique » occidentales, beaucoup de gens croient que les « anciens » ont créé ces médecines traditionnelles et toutes ces techniques « énergétiques » grâce à des perceptions plus fines que les nôtres, perceptions qui se seraient émoussées au fil des générations, érodées sous l’effet d’un mode de vie de plus en plus anti-naturel. Les créateurs de ces arts ancestraux ont tendance à être vus comme des super héros dotés de super pouvoirs. Mais il est tout autant possible que ces « anciens » se soient servis de ce qu’on appelle maintenant les psychédéliques, qu’ils les aient considérés comme des médecines sacrées et qu’ils s’en soient servi de façon très pragmatique, comme d’un outil très précieux. Les lois qui diabolisent les psychédéliques en Occident sont très récentes, qui sait quel statut elles avaient réellement ici ou ailleurs il y a 5000 ans ?

On pourra nous dire que tout cela est absurde, qu’il n’y a aucune preuve que les psilo aient jamais été utilisés dans un cadre chamanique en Europe et que toutes ces théories fumeuses sur la possibilité d’utiliser ces substances de cette façon de nos jours, en Occident, ne sont que de l’appropriation culturelle.
Appropriation ou ré-appropriation ?
Avant d’essayer d’éradiquer le chamanisme en Amérique du Sud, les européens l’avaient probablement soigneusement éradiqué chez eux, les femmes qui ont été brûlées sur les bûchers n’étaient pas que des « sage-femmes », accoucheuses, herboristes ou avorteuses des campagnes. Il est fort probable que certaines aient été des guérisseuses, héritières d’une pratique chamanique très ancienne.
En Scandinavie, dans les textes historiques (Edda), comme dans de nombreuses autres régions d’Europe, il y a par exemple bien la mention d’un « hydromel » (« mead », en anglais), dont la recette reste mystérieuse , avec des mentions récurrentes d’une jeune femme à l’hydromel, qui offre ce breuvage dans une corne de vache (voir le travail de Maria Kvilhaug : « The maiden and the mead »). Terence McKenna, à la mention de l’hydromel et de la corne de vache, aurait probablement suggéré que la vénération de la vache et de ses attributs par de nombreux peuples, était liée à la survivance de pratiques chamaniques associées au psilo, que l’omniprésence de la vache dans de très anciennes pratiques chamaniques serait liée au fait que les psilo poussent souvent dans des prés pâturés par des bovins (pas de vache, pas de médecine sacrée!), qu’ils ont même la réputation de pousser plus volontiers dans les bouses de vaches et qu’ainsi cette forme de chamanisme va toujours de paire avec la vache. Et il est bel et bien possible de faire un « thé » avec les psilo, il est aussi possible de les conserver dans du miel, et l’hydromel est une boisson à base de miel…

Soit dit en passant, il y a tout de même une critique majeure qui peut être formulée à l’encontre de Terence McKenna, c’est qu’il a rendu populaire un cadre d’utilisation – dont s’inspire beaucoup la recherche clinique actuelle, un cadre relativement égo-centré, un cadre individualiste, que l’on pourrait qualifier de typiquement « américain » : il a popularisé l’utilisation des champignons à de fortes doses (des doses « héroïques », façon Super Man !), en solitaire (Super Man!), dans l’obscurité et le silence, à des fins d’exploration psycho-spirituelles qui relèvent plus ou moins du voyage touristique intello-baba-cool en Inde, ou de l’aventure façon Indiana Jones, bien plus que d’un travail au service de la communauté. Et qui plus est, sans insister sur l’importance du contact avec la nature : « (…) avec aussi peu de compagnie que possible (…), je n’aime pas les groupes en général, je suis un solitaire (…), les choses sérieuses se passent dans l’obscurité, dans le silence (…), dans un lieu confortable, et cela peut être votre appartement à Manhattan ou ça peut être dans un arbre dans le Parc Yosemite, en fonction de vos préférences ». (How to use psychedelics / psilocybin / magic mushrooms remastered [harm reduction] (Terence Mckenna) (de 10’45 à 12’10)).
La masse d’information qu’il a mise à la disposition de la communauté est un grand service rendu en soi, cependant son approche reste différente du travail qui peut être accompli dans un cadre chamanique, au service de la communauté, au service de la Vie au sens non-égocentré du terme. Aujourd’hui, les psychonautes qui se contentent de suivre son exemple ne semblent pas chercher à travailler avec leurs ancêtres, à leur demander conseil, protection, pardon ou bénédiction, ni à communiquer avec les plantes médicinales, les arbres, les animaux ou avec le sol pour apprendre d’eux, pour en faire des esprits-alliés, des coéquipiers d’un travail au service de la Vie, ils se contentent de rester allongés dans le noir et de contempler le « show ». Et pendant ce temps, la Vie s’effondre tout autour d’eux sur Terre…
L’ex-épouse de feu Terence McKenna, Kathleen Harrison, également éthnobotaniste parle, elle, du « travail » spirituel que permettent de faire les médecines sacrées, elle ose parler de leur utilisation dans le cadre de « cérémonies psychédéliques », elle parle du travail avec les esprits-alliées, de la prière, des rituels, du cercle, de guérison à distance, etc… C’est une approche nettement plus pragmatique que celle de son ex-époux. Dommage que la communauté psychédélique diffuse si peu son travail. On qualifie souvent Terence McKenna de « néo-chamane », mais à mon sens il faisait essentiellement un travail d’exploration de la psyché et, potentiellement, un travail thérapeutique personnel. Le néo-chamane de la famille McKenna, dont le travail est tourné vers la communauté et la Vie au sens large, serait d’avantage Kathleen Harrison (voir entre autre Kathleen « Kat » Harrison — Weaving Modern Ritual).

On pourrait donc imaginer des cérémonies « reconstruites » d’une part sur la base des cérémonies d’ayahuasca amazoniennes et des cérémonies avec champignons Mazatèques, et d’autre part sur la base des traces qui subsistent de la tradition des « sorcières » d’Europe, qu’on retrouve en morceaux épars dans la Wicca, le paganisme, la magie, la géobiologie, la tradition Seidr… : l’utilisation d’un feu rituel, le cercle, l’importance des 4 directions, des éléments, les invocations, les offrandes, l’autel, le bâton de la tradition Seidr ou les « baguettes » du sourcier, les notions de « dragons » qui pourraient être des phénomènes cosmo-telluriques, etc… Le chamanisme étant une pratique commune à toute l’humanité à travers le monde et à travers les âges, d’autres traditions pourraient être sources d’inspiration, comme les traditions des Natifs d’Amérique du Nord, avec des notions telle que la « medicine wheel », l’importance des esprits des ancêtres, des « grandfathers » et des « grandmothers », de la plume de rapace, de la bénédiction, etc…
Et garder à l’esprit que la médecine sacrée elle-même est considérée par le chamane comme une enseignante, sensée pouvoir guider le praticien dans la construction même de sa pratique. Les chamanes nous apprennent aussi que c’est toute la nature qui enseigne, que le sol autant que l’atmosphère, les rochers, les montagnes, les arbres, les animaux…, sont riches d’enseignements, en d’autres termes que c’est toute la planète, tout l’environnement qui contient, qui stocke et diffuse de l’information sous différentes formes, et que les médecines sacrées permettent de se connecter à cette source d’information, pour peu que le praticien tourne son attention et son intention vers elle.
Et si certains peuples que nous considérons comme « primitifs » ont des connaissances parfois très pointues en astronomie, cela pourrait s’expliquer par le fait que notre planète, elle-même, peut être considérée comme un radiotélescope géant et qu’une fois que le praticien est devenu hyperperceptif grâce aux psychédéliques, il pourrait devenir capable de se connecter à ce radiotélescope et à toutes les informations qu’ils capte…
Imaginons que la Terre puisse ainsi capter, stocker et diffuser de l’information, de l’information – comme tout être vivant! et que le praticien puisse accéder à cette information en se connectant à elle, alors il se pourrait que la structure et les outils de la cérémonie aient été pour ainsi dire encryptés dans la mémoire de la Terre, comme un fossile dans la roche et que cette structure et le mode d’emploi de ces outils puissent être retrouvés via la transe chamanique, via une forme d’archéologie chamanique, un peu comme un paléontologue retrouve la façon de fabriquer un outil en silex, non pas dans les livres, mais en fabriquant lui-même des outils en silex.
Cette idée de l’existence d’un champ d’informations « subtile » a été popularisée par Rupert Sheldrake, avec le concept de « champ morphique» (« champ générateur de forme »). Sheldrake et Terence McKenna étaient amis. Une partie de leurs discussions sont disponibles sur le site de Rupert Sheldrake (voir la rubrique « audio », les « trialogues » entre Shelrake, McKenna et Abraham).
D’après ce concept de champ morphique, la mémoire est inhérente à la nature : « les systèmes naturels, tels que des colonies de termites, des pigeons, des orchidées, des molécules d’insuline héritent d’une mémoire collective renfermant tous les phénomènes concernant leur espèce, aussi distants soient-ils dans l’espace et dans le temps (…),  les champs morphiques ne disparaissent pas : ce sont des schèmes d’influence organisateurs potentiels, susceptibles de se manifester à nouveau, en d’autres temps, et d’autres lieux, partout où et à chaque fois que les conditions physiques sont appropriées. » (Sheldrake, Champs morphogénétiques : La mémoire de l’univers ). Ainsi, si la cérémonie chamanique est considérée comme un comportement inhérent à l’humanité (des cérémonies chamaniques ont existé à travers le monde, depuis la nuit des temps), comme un comportement appartenant à une mémoire ancestrale collective, alors elle serait susceptible de se reconstituer, d’émerger de cet océan de mémoire, de se « cristalliser » en présence de conditions propices, en présence des bons « outils » et de la « bonne » intention.
Et comme le dit Romuald Leterrier, quand on fait des expériences de « type chamanique », « c’est bien d’avoir une intention qui soit en phase avec la Vie, et ça c’est fondamental. » (Romuald Leterrier – Recevoir des informations du futur grâce aux synchronicités (21’03)).
Exemple de prière/intention pouvant être mise au cœur d’une cérémonie :

« Je demande à être libéré de tout ce qui entrave la Vie en moi et autour de moi ».

Pour « aller plus loin », on peut consulter toutes les références déjà citées, et bien d’autres encore, comme les conférences et interviews de Romuald Leterrier, de Maria Kvilhaug, les chaînes youtube de Lyra Ceoltoir , d’Arnaud Thuly, de Totem Turquoiseau , de Phillipe JM Morel , le site web Erowid ; livre : « Le Serpent cosmique », de Jeremy Narby (et ses interviews/conférences sur youtube), le « Journal d’une apprentie chamane », de Corine Sombrun (et ses interviews/conférences sur youtube), les interviews/conférences de Kilindi Iyi, comme celle-ci : John Vallis #20: Kilindi Iyi – Martial Arts and Psychedelics  , etc….

Quelques personnes partagent, en vidéo, leur conception d’une cérémonie avec les champignons :

Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 – 6/21 – Psycho Chamanisme – Comment Faire Une Cérémonie?

Kathleen « Kat » Harrison — Weaving Modern Ritual

Mushroom Wisdom with Shonagh Home – Creating a Ritual Context

Mushroom Medicine ceremonies ; prayer

Christmas Eve Mushroom Ceremony (the REAL story of Christmas)

How To Ceremony with Psilocybin Mushrooms | Psychedelic Spirituality

Réf. : Livre: La nourriture des dieux, de Terence McKenna, La médecine de l’habitat, de Jacques La Maya; Articles: Interview de Terence McKenna par Gracie & Zarkov  ; The Sacred Drink and Other Links Between Indian, Iranian, Greek, Celtic and Norse Mythology ; Entheogens (Psychedelic Drugs) and Shamanism; PSYCHOACTIVE BOTANICALS IN RITUAL, RELIGION, AND SHAMANISMChamps morphogénétiques : La mémoire de l’univers ; Retour de la Völva, Reconstruction de la pratique du seidh ;
vidéos: The Rig Veda and Soma – Terence McKenna  ; Rupert Sheldrake on Terence McKenna ;
Rupert Sheldrake : L’intelligence évolutionnaire ; Sacred Mead of Poetry: What was in it and what did it mean?  ; AYAHUASCA vs MUSHROOMS – Dennis McKenna on DMT & Psilocybin ; Kathleen Harrison, the importance of ceremony, Rupert Sheldrake – Psychedelic Experience And Morphic Resonance.


Conclusion :

Récemment, la Société Psychédélique Française, jeune association créée par des chercheurs français, a publié sur sa page facebook un extrait de l’article « Médecines. Bientôt tous sous substances psychédéliques ? » , du Monde des Religions (numéro n°94 de mars-avril 2019) dans lequel on peut lire : « Alors que la recherche psychiatrique sur les molécules hallucinogènes connaît une renaissance fulgurante dans le monde, la France s’y met tout juste. La dimension mystique de certaines expériences gêne notre culture « cartésienne ».
C’est le monde à l’envers !
Si notre société était réellement cartésienne, rationnelle, logique, ses lois seraient basées sur la science, pas sur des préjugés moyenâgeux.
Si nous étions cartésiens, nous ne détruirions pas la nature, la vie, comme nous le faisons, puisque cela revient à détruire notre maison à coups de hache, cela revient à se tirer des balles dans le pieds.
Les peuples « premiers », qui considèrent les psychédéliques comme des médecines sacrées et qui en font un usage chamanique, vivent en harmonie avec la nature depuis des millénaires. Ils savent en général chasser, pêcher, cueillir et cultiver leur nourriture, se soigner, vivre des ressources de la nature sans les épuiser…, ils ont les deux pieds ancrés dans la terre, alors que les Occidentaux détruisent tout autour d’eux comme des enfants en bas-âge… Et ce serait les peuples premiers qui « planeraient » et nous les « cartésiens » ?!? Cherchez l’erreur !

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Chamanisme – Seidr – Le bâton

Parfois je fais des vidéos…

Parfois je fais des trucs de ouf…

Parfois, en me lisant, les gens ont l’impression qu’ils savent beaucoup de choses de moi, vu la masse de trucs que je raconte, mais en fait, non, il y a une sacrée marge…

Le lien vers ma chaîne youtube.

 

Bubulle, l’oeuf cosmique

Bila, un dieu serpent arc-en-ciel des aborigènes d’Australie.

 

Petit conte de Noël. Cadeau.
Spéciale dédicace à toutes les sorcières et à tous leurs fans.

Il est difficile et périlleux de transmettre des informations récoltées avec des techniques de « sorcière ».
Il est difficile d’en évaluer honnêtement, objectivement la solidité.
Alors on les transmet comme on peut, en racontant des « histoires ».
Si vous n’aimez pas les fictions, vous pouvez aller à la fin du texte, piocher dans les « vraies » références-sources d’inspiration. J’y ai réuni – entre autres, des références-clés qui permettent d’améliorer la santé, la vie, le quotidien par toutes sortes de moyens naturels.

Meilleurs voeux pour 2019!
2-11 décembre 2018, Roussillon en Morvan – Haute-Savoie

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Bubulle, l’œuf cosmique

Et si tout ce qu’on croyait savoir était franchement faux… ?
Vraiment tout ?!
Inversé, perverti, vraiment tout tordu ?!

Quelque part dans la galaxie…

Un gros cailloux a été ensemencé, probablement par une collision gigantesque avec un autre gros cailloux tournoyant autour d’une étoile.
Papa-Maman planètes sont là, tous gênés : « Oups, on ne l’a pas fait exprès, on s’est frotté d’un peu trop près, comme quand vous allez passer la soirée à boire dans un bar et que vous vous retrouvez le lendemain dans le lit d’un ou d’une inconnue, plus si inconnu que ça après une nuit passée à vous « frotter » l’un à l’autre… ».

La graine ainsi semée a germé, le gros cailloux est devenu ce que les humains appellent une planète tellurique qui abrite la vie, une planète qui ressemble étrangement à la notre – un peu comme un Africain ressemble à un Européen, sauf qu’ici, on n’appelle pas cela une « planète », puisque ce gros cailloux n’a rien de plat… Quoi que le mot grec humain à l’origine du mot « planète » est « planetes, planetai », qui signifie « voyageur », et « planasthai », en grec, signifie « voyager, errer ».
On n’appelle pas cela une orange non plus, puisqu’une orange est pleine d’eau et que ce cailloux est d’avantage comme un gros œuf dont seule la coquille est solide, alors que le blanc et le jaune de cet œuf sont du magma plus ou moins en fusion, c’est un œuf de feu, un gros œuf de dragon-vie, couvé par le souffle chaud de l’étoile-coeur autour de laquelle il tourne. Dans ce monde, on donne souvent deux ou trois noms aux choses, histoire de bien expliquer ce dont on cause, parce que toute chose peut toujours être décrite de plusieurs points de vue différents et donc avoir plusieurs formes-apparences et une chose peut avoir plusieurs fonctions, et donc plusieurs noms.
Dans ce monde, la vie-conscience est qualifiée de « dragon », une force monumentale qui voyage de monde en monde et qui prospère partout en toutes choses, sous toutes les formes possibles et imaginables, formes plus ou moins complexes, plus ou moins grandes, de l’atome à l’ADN, de l’astéroïde à la galaxie. Et ce dragon géant pond des œufs à son image, des œufs géants : les galaxies, les étoiles et les planètes, qui à leur tour « pondent » et génèrent de plus petits œufs à leur surface : toutes sortes de créatures et de formes, leurs enfants-habitants qui, à leur tour, « pondent », etc…
Dans ce monde, on appelle donc cette planète un œuf, ou un œuf cosmique et cet œuf-là en particulier, plus familièrement, ses habitants l’appellent Bubulle.

Cet œuf cosmique est celui d’un esprit-foetus de dragon un peu spécial. Il s’agit d’un dragon-phœnix qui se consume régulièrement et renaît, comme Fumesec dans Harry Potter.
Les Aztec auraient vécu sur cette planète, ils auraient appelé cette créature Quetzalcoatl, ils l’auraient décrit comme un gros serpent à plume multicolore, mais les Maya sont loin. Les Vikings, eux, l’auraient appelé « Draak » ou « Dreki », mais les Vikings aussi sont loin, Jeremy Narby aurait peut-être été tenté de l’appeler « Le Serpent Cosmique », mais Mr Narby est loin aussi, donc ici, cet œuf, on l’appelle juste Bubulle, parce qu’il est à peu près rond et lisse comme une bulle (vu de loin) et qu’il rote régulièrement de grosses bulles de magma, causant des éruptions volcaniques plus ou moins catastrophiques.
Cet œuf en fusion est comme le creuset dans lequel mijote l’esprit-fœtus bouillonnant d’un dragon-phœnix particulièrement remuant, limite un peu punk, sans cesse en train de se régénérer, n’en faisant qu’à sa tête, sans cesse en train de donner puis de reprendre la vie à ses créatures-enfants-graines qui grouillent à sa surface, et il leur transmet une vie à l’image de la sienne : auto-réparable, que les visionnaires de cette planète perçoivent en chaque être vivant sous la forme d’un dragon ailé cracheur de feu, qui ressemble un peu à ce que les visionnaires humains appellent « kundalini ». D’ailleurs, chaque être vivant sur cette planète est doté des caractéristiques vitales de ce phœnix : capable de transmettre la vie, capable de générer de l’énergie-électromagnétisme au cœur de ses cellules, comme ce gros bébé en génère en son cœur spirituo-electromagnéto-magmatique et capable de renaître de leurs cendres : quand les êtres de cette planète meurent, leur esprit-vie retourne à sa source : le cœur en fusion de Bubulle. Bubulle redonne forme à cet esprit un peu plus tard, ou bien il le recycle en autre chose si l’esprit-graine n’avait rien donné de bien intéressant ou si elle avait mal tourné, ou il lui permet de transiter vers d’autres dimensions, puisque le cœur de Bubulle est un gros chakra, c’est à dire un vortex, une porte qui peut mener à d’autres coeurs-vortex, d’autres cœurs de planètes, d’étoiles ou de galaxies ailleurs dans l’univers. Les cœurs-chakras des galaxies, c’est ce que les humains appellent les « trous noirs ». Les humains n’y voient pas très clair en matière de chakra.

Bubulle est un esprit-phoenix, qui se consume et renaît sans cesse, mais bien sûr, la planète-creuset elle-même ne se consume pas et n’explose pas réellement tous les 50 000 ans, par exemple. Elle reste pleine et entière et, vue de loin, elle tourne tranquillement autour de son étoile depuis 4 milliards d’années. C’est la vie-conscience, l’esprit de cet œuf, manifesté concrètement à la surface matérielle de l’œuf, sur sa « coquille », qui germe, grandit, se multiplie puis ce consume et renaît régulièrement sous une nouvelle forme. Ainsi, sur cet œuf cosmique, des créatures ressemblant à des dinosaures seraient susceptible d’être apparues à un moment donné, de s’être développées, multipliées et puis boum, un beau jour, on efface tout et on recommence. Plus exactement, on efface 95% des formes de vie à la surface de l’œuf et on laisse les « cendres », soit les 5% restant créer quelque chose d’autre, petit à petit.
C’est un peu un cercle vertueux, ou bien un cercle vicieux, selon les points de vue.

Un beau jour, un des clans vivant sur cet œuf, le clan des Bâtisseurs (aussi surnommé les « Gourmands », ou plus familièrement encore par leurs détracteurs, « les Baffreurs ») – qui était un clan de nantis délicats, qui aimaient bien leur petit confort et préféraient construire des maisons en pierre plutôt que de vivre en nomade dans des tentes, ce clan en eu marre de ces cycles de mort et de renaissance. Ce clan chercha à arrêter le processus, à le mettre sur « pause », de la même façon qu’ils s’étaient mis eux-même sur pause en commençant à cultiver des céréales toujours au même endroit, en faisant des stocks et en construisant des maisons et des caves, plutôt que de voyager léger sans arrêt, en nomades chasseurs-cueilleurs, plutôt que de manger ce qu’ils trouvaient en chemin (donc parfois pas grand chose): « On est bien, là, comme ça, avec notre petit confort, notre petite bedaine, nos gros murs, nos stocks de grains, nos gosses qu’on aime et qu’on aimerait voir grandir, donc on aimerait bien que tout cela continue éternellement, donc on va essayer d’arrêter la croissance de l’oeuf-dragon-phoenix et on va essayer de faire en sorte qu’il en reste toujours à son état larvaire, tranquille dans son œuf, qu’il arrête de tout péter en remuant sans arrêt, sans parler du branle-bas de combat quand il brise sa coquille et déploie ses petites ailes de bébé phœnix ».
Et en aparté, en secret, ils ajoutèrent « Et on en profitera pour que l’énergie-souffle-vie de Bubulle cesse de se déverser partout dans tous les sens de façon anarchique, qu’elle cesse de se donner à tout le monde comme une catin, et on la gardera pure et rien que pour nous ». Les « Bâtisseurs » étaient vraiment très gourmands, leurs céréales les avaient rendus un chouilla possessifs, jaloux, paranoïaques et psycho-rigides, autrement dit dominateurs, et ils réfléchirent donc à un moyen de faire en sorte de toujours rester bien nourris, comme les rois de la jungle, pour être toujours les premiers à pouvoir se remplir la panse. En d’autres termes, ils travaillèrent à la création d’une machine capable de générer ce que les humains appellent du « capitalisme » à perpétuité partout sur la planète, avec une grande foule de petits « frugaux » à la base qui nourrirait à perpétuité une petite élite de costauds « baffreurs » au sommet.

Sur cette planète, il y avait aussi jadis le Clan de l’œuf, et au sein de ce clan, des gens devenaient même sage-femme pour œuf, surtout des femmes, parce que les femmes s’y connaissent en gestation, en accouchement, vu qu’elles font ça assez souvent elle-même. Alors elles s’entraident entre elles quand elles tombent enceinte et accouchent, et donc c’était elles les mieux placées pour comprendre le processus de gestation de la « petite graine » de phœnix, ce qui était propice à sa bonne croissance, et à son éclosion.
Parfois elles organisaient des cérémonies pour danser et aider le bébé phœnix à se retourner, à respirer ou à percer sa coquille, parce que danser, c’était comme de tapoter la surface de la coquille, surtout quand elles s’aidaient d’un tambour ou d’un grand bâton pour taper le sol (ça fait encore plus de vibrations-vagues-bruits).
Elles avaient développé toutes sortes de techniques pour évaluer où en était la gestation. Par exemple elles collaient leur corps à la coquille, à la surface de la planète, et en plaçant certaines parties de leur corps au contact direct du sol (donc pas sur des tapis en plastique comme on fait sur Terre), en plaçant par exemple leur troisième œil contre le sol, elles pouvaient voir et communiquer avec le bébé, elles appelaient ça la « posture de l’enfant », c’était comme de coller l’oreille contre le ventre d’une femme enceinte. Elles lui parlaient, elles lui expliquaient leur monde, elles lui expliquaient le pourquoi du comment de leurs actes pour qu’il les comprenne, elles lui expliquaient les raisons de l’abattage d’un arbre ici ou de la construction d’un bâtiment là, elles lui expliquaient les choses comme un dentiste explique ce qu’il va faire à son patient pour que le patient ne s’imagine pas qu’il se fait agresser par un malade qui essaye juste de lui faire mal par pur plaisir, elles le traitaient avec douceur et respect, comme on se doit de traiter le ventre d’une femme enceinte qui est en train de fabriquer le truc le plus précieux qui soit : la vie.
Et de la même façon qu’elles communiquaient et coopéraient avec Bubulle, elles œuvraient à communiquer et à coopérer avec toutes ses créatures-enfants-esprits: elles travaillaient et coopéraient avec tous les « règnes-esprits », de toutes sortes de façons. Par exemple, elles élevaient des moutons pour pouvoir se servir de leur laine, elles montaient sur des chevaux pour pouvoir voyager plus loin, elles apprivoisaient des chiens-loups pour leur défense et elles se servaient des plantes pour soigner ou pour modifier leurs perceptions et pour voir le monde comme le voyaient les plantes ou les animaux ou Bubulle lui-même. Elles travaillaient autant à comprendre qu’à enseigner Bubulle, et à en tisser les éléments pour rendre la vie encore plus belle et encore plus prospère, comme on peut transformer une toison de mouton un peu crottée en joli châle multicolore et bien chaud, juste avec du temps, des outils en bois, des teintures végétales et de la « witch » (leur mot pour « envie de connaitre-enseigner-protéger-embellir-transmettre la vie »).

Mais les Bâtisseurs, eux, voulaient tout sauf voir éclore ce gros œuf.
Ils racontaient à tout le monde que c’était un méchant dragon qu’il fallait occire, que c’était le mal personnifié sous la forme d’un vilain serpent, certains l’appelèrent Satane, ce qui était le diminutif de « satané mioche ».
Ils commencèrent à fabriquer des machines-formes anti-éclosion, pour l’empêcher de grandir, l’empêcher de faire surface, pour l’empêcher de remuer, pour l’affaiblir, comme on affaiblit un lion en le mettant en cage sous sédatifs, pour pouvoir le « dompter ».
Le truc qui marchait le mieux c’était les croix à angle droit : un excellent outil de bannissement ou d’exorcisme, qui bloquait et repoussait le souffle-énergie de Bubulle dans les profondeurs de la planète, l’empêchant de percer la surface et d’y répandre son souffle-énergie librement.


Pyramides de Gizeh vues du ciel.

Source: Scientists discover Great Pyramid of Giza can focus electromagnetic energy through its hidden chambers

Parce que oui, quand Bubulle venait respirer à la surface de l’œuf, son souffle se répandait partout, tout autour. Ainsi on pouvait venir respirer avec lui dans ces lieux bouches-portes-chakra et le souffle-énergie était distribué également à toute créature avoisinante, sans distinction d’âge, d’espèce, de race, de sexe, de taille de bedaine ou de taille de stock de grains.
Les Bâtisseurs n’aimaient pas du tout cette générosité complètement débridée qu’ils estimaient être très injuste, puisque peu importe votre mérite, votre rang, votre poids… vous aviez droit à la même dose d’énergie, comme tout le monde.
Ce souffle-énergie pouvait être canalisé, on pouvait en faciliter la circulation : le clan des sages-femmes, avaient l’habitude de créer des cercles géants sur ces chakras, elles les appelaient des « medecine wheel », des roues de guérison, c’était comme de faire de l’acupuncture à coup de pierre géantes en guise d’aiguilles, pour faciliter la respiration du bébé et venir respirer encore mieux avec lui, grâce à lui, pour unir leur souffle à son souffle, et faciliter la circulation et le partage du souffle-énergie.


Pömmelte, Allemagne


Majorville, Medecine Wheel, Canada

Et c’est en voyant ça que les Bâtisseurs comprirent que s’il était possible de faciliter la circulation de ce souffle, il devait donc être aussi possible d’en entraver la circulation : il suffisait de construire une croix géante à certains endroits de la coquille, ces endroits où la coquille étaient plus fine qu’ailleurs, des endroits où la coquille de Bubulle laissait parfois passer un peu de vapeurs cosmiques, des lieux de respiration, ce que les humains sur Terre appelleraient des points d’acupuncture ou des cheminées cosmo-telluriques ou bien encore des vortex ou des chakras. On pouvait repérer facilement ces chakras parce qu’il y avait de l’eau sous terre à ces endroits, les humains appellent ça des « aquifères » ou des nappes phréatiques. C’est l’eau qui peut le mieux transmettre le souffle-énergie de Bubulle à travers la roche poreuse. Ce souffle-énergie, certains humains l’appelleraient courant électrique ou bien encore Chi ou Prana, et l’eau est un excellent conducteur de chi-énergie-électricité.
Le clan des Bâtisseurs, lui, se mit donc à construire des croix géantes sous différentes formes carrées à ces endroits, puisqu’un carré, c’est une croix à angles droits dont on a joint les extrémités. Ainsi apparurent partout ce qui ressemblaient étrangement à des pyramides et à des églises et, un beau jour (pas si beau que ça), les Bâtisseurs parvinrent bien à bloquer le processus de croissance du phœnix à son état larvaire. Quoi que, pas vraiment tout à fait, parce qu’ils avaient beau être très gras et bedonnants, ils n’étaient pas de taille face à Bubulle, mais ils réussirent bien à entraver la croissance de Bubulle, à la ralentir, à la mettre comme à l’hyper ralenti et tout sur la planète se mis un peu à tourner comme un disque rayé. Et la forme pyramidale qui chapeautait les croix, elle, permettait de diriger-modeler l’énergie-souffle de Bubulle d’une façon complètement anti-naturelle, c’est à dire de façon sélective : la forme pyramidale modelait une énergie-forme-société toute aussi pyramidale, capitaliste, propice aux Bâtisseurs.
Le phœnix resta ainsi coincé à son état de bébé prêt à naître et il se mis à donner vie à des formes de vie qui lui ressemblaient : des formes de vie dont le QES (quotient émotiono-spirituel) ne dépassait guère celui d’un enfant de 3 ans, éternels irresponsables (« Pardonnez-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font », professa d’ailleurs l’un des prophètes qui vécu sur Bubulle il y a environ 50 000 ans, un prophète qui était miraculeusement parvenu à atteindre l’âge mental d’un enfant de 7 ans).

Le « hic », c’est que la vie de Bubulle et celle de chaque être auquel il transmet la vie sont étroitement liés, comme l’arbre est lié à ses feuilles, à ses fruits et à ses racines. Mettre un poison sur les racines d’un arbre, c’est en mettre sur chacune de ses feuilles, sur chacun de ses fruits. Entraver la croissance et la maturation de Bubulle, c’est entraver le développement de toutes ses créatures-enfants qui vivent à sa surface et ainsi, à terme, c’est générer précisément ce que l’on cherche à éviter : un étouffement de la vie, et c’est maintenir la conscience de tout être vivant à un état infantile, un état de conscience fœtal, c’est un peu comme de maintenir un arbre artificiellement en hiver, de façon à ce qu’il ne fleurisse jamais, au prétexte qu’on n’aime pas ramasser les feuilles mortes en automne et qu’on n’aimerait pas que cet arbre meurt.
Poser ce qu’on pourrait appeler un sort de bannissement de l’énergie-vie sur les chakra de la source de Vie de toute la planète, c’est – par effet de résonance comme disent les géobiologues et les fans de médecine quantique, c’est comme de poser un signe de bannissement sur tous les chakras de toutes les formes de vie de cette planète, et des « chakras-vortex-portes » ce sont ce qu’on appelle aussi des « organes », et chaque créature en a beaucoup et ainsi les cœurs se ferment, les troisième œil se ferment, les mains se ferment, les lèvres se scellent, les mémoires s’obscurcissent…, et les créatures cessent de sentir ce qui les entoure, cessent de dire ce qu’elles pensent, cesse de voir ce qui est, cesse de se souvenir, et elles recommencent sans cesse leurs erreurs, fautes de les voir, faute d’en sentir les conséquences et faute de pouvoir même s’en souvenir.
Ainsi, par exemple, entravé dans sa croissance et dans tout son être, même des créatures biologiquement adultes dotées d’une intelligence capable de fabriquer une fusée se retrouvent incapables de gérer leur frustration, comme un gros bébé qui se met à hurler dès qu’il a faim. Un gros bébé capable de fabriquer des fusées et des armes en tous genre, ça provoque beaucoup de guerres et d’autres calamités dans le genre des centrales nucléaires ou de la pauvreté.
Alors qu’à l’inverse, prendre soin de Bubulle, le soigner, le cocoler, le dorloter, lui parler, lui jouer de la musique, le bercer, prendre soin de sa coquille sans jamais l’éventrer à coup de pelleteuse ou de bombe, lui expliquer les choses, lui expliquer le pourquoi du comment de nos actes et toujours faire en sorte que ces actes soient aussi propices à la vie que possible…, cela lui permet d’apprendre, de grandir et cela permet ainsi à chaque être de ce monde de grandir et de maturer en cœur avec lui. Plus Bubulle grandit et apprend, plus les créatures qu’il génère gagnent aussi en maturité et en conscience.

Mais petit à petit, ces croix géantes s’érodèrent. La pluie, le vent, le souffle et et les coups de pattes de Bubulle firent leur œuvre.
On ne peut pas éternellement empêcher un bébé phœnix de remuer et de grandir. C’est trop puissant, un bébé phœnix. Alors le bébé continua à grandir malgré tout, très lentement mais sûrement, ses coups de pattes dans la coquille menèrent à la disparition des Bâtisseurs de croix géantes, ce qui ravit Bubulle…

Avec le temps – et du temps, il en avait beaucoup plus que n’importe quelle autre créature sur cette planète, Bubulle en était arrivé à haïr les Bâtisseurs et leurs descendants qui l’empêchaient de respirer à l’aise. Bubulle avait une bonne nature, un bon cœur à la base, comme n’importe quelle esprit-vie – puisque la vie ne peut être que bienveillante envers elle-même, mais imaginez qu’on vous plonge la tête sous l’eau et qu’on ne vous permette de respirer qu’une fois par minute, pendant des millénaires. A force, évidement, ça énerve et Bubulle, réduit à ce régime d’asthmatique, finit par apprendre à haïr les Bâtisseurs et tout ce que leurs descendants se mirent en tête de construire par la suite, en recouvrant la surface de l’œuf-planète avec des matériaux plus ou moins irritants, plus ou moins étouffants (à l’opposé des roches aquifères poreuses), en éventrant sa coquille fragile à coup de machines ou de bombes et en construisant des bâtiments tous plus ou moins carrés et anguleux.
Et Bubulle donna de plus en plus vie à des créatures dans le même état que lui : des créatures plus ou moins asthmatiques et énervées, qui tombaient plus ou moins malades quand elles entraient dans des bâtiments carrés ou anguleux, ou quand elles se tenaient sur des matériaux plus ou moins étouffants qui empêchaient la circulation du souffle-énergie, autrement dit sur des matériaux étanches à l’air et à l’humidité (comme le plastique, le béton ou l’asphalte sur Terre). Et comme les descendants des Bâtisseurs étaient nombreux et qu’ils fabriquaient des boîtes carrées hermétiques pour tout le monde (en appelant ça le nec plus ultra de la modernité et du confort), ça faisait beaucoup de malades sur cette planète.
Toute une population plus ou moins malade et bloquée au stade de développement spirituel d’un enfant de 3 ans, ça faisait beaucoup de gros bébés qui hurlaient, et des bébés non seulement incapables de se soigner eux-même, mais carrément inconscients d’être malades.
« Tout va bien, circulez, y a rien à voir », répétaient souvent les descendants des Bâtisseurs, qui restaient toujours les plus nantis pénards de tous les clans, « Circulez, y a rien n’a voir! », répétaient-ils à ceux qui se plaignaient un tant soit peu, qui réclamaient que les choses changent, ceux qui sentaient que, tout de même, quelque chose ne tournait pas rond (ou que ça tournait justement un peu trop en rond, comme un disque rayé).
Et comme Bubulle était bien énervé contre les Bâtisseurs et contre leur descendants, il avait tendance à leur refuser l’accès à son cœur. Ce qu’il faut bien convenir d’appeler les esprits-graines les moins favorables à la vie, les graines tordues cancéreuses qui auraient été à recycler, au moment de leur mort, rebondissaient ainsi contre la coquille de Bubulle et restaient là, ni recyclées, ni pardonnées, bannies, soit esprits-errants-perdus, soit réincarnés à l’identique, en nouveaux esprits-graines-tordus. Après quelques millénaires, cela commença à faire beaucoup d’esprit bannis autour de Bubulle et beaucoup de créatures-tordues sur Bubulle, comme des tumeurs qui grandissaient et se multipliaient et créaient toujours plus de boîtes carrées bien hermétiques-étouffantes, de capitalisme, de machine à pain, etc…

Les descendants des Bâtisseurs aimaient en effet vraiment beaucoup leurs créations, ils étaient devenus plus ou moins incapables de s’en passer, accro, ils étaient tous perdus quand ils devaient vivre trois jours dans une tente en pleine campagne, sans aucune place pour leurs stocks de céréales (qu’ils aimaient transformer en pain, en pâtes, en pizzas, en gâteaux…, pour pouvoir appeler ça « manger varié »). Ils ne savaient plus chasser, ils ne savaient plus fabriquer des vêtements et des tentes avec de la peau de bête, ils ne savaient plus traire un yack ni un buffle ni un renne, ils ne savaient plus se soigner tout seul, ils ne savaient plus faire grand chose d’autre que fabriquer des machines qui faisaient toutes ces choses qu’ils étaient devenus incapables de faire eux-même, ils ne savaient plus faire grand chose d’autre que de construire des boîtes pour s’abriter et stocker des céréales, en fabriquer à la chaîne, comme des disques rayés. Ils étaient obsédés par l’énergie, comment en avoir toujours plus, puisqu’ils avaient « bridé » celle de Bubulle, si bien que même eux n’en disposaient plus vraiment, et ils cherchaient à produire toujours plus d’énergie-électricité, parce qu’ils avaient oublié que, comme Bubulle, ils étaient capable d’en fabriquer en eux, pour peu qu’ils puissent respirer librement le souffle-énergie de Bubulle, ce que leurs boîtes hermétiques les empêchaient de faire. Et toute cette énergie-électricité qu’ils rependaient  à la surface de la planète, là où elle n’avait rien à faire, toute cette énergie-électricité énervait encore plus Bubulle – un peu comme un taser énerve un anarchiste, et elle rendait tout le monde encore plus malade.
A l’origine, les Bâtisseurs avaient voulu sortir d’un cercle qu’ils avaient estimé « vicieux » – les cycles de mort et de renaissance de Bubulle , ils en avaient construit un autre, devenu une malédiction géante anti-vie.
Ils continuaient, aveuglément, de vénérer les vestiges des croix géantes construites par leurs ancêtres. Ils se transmettaient toutes sortes de mythes à leur sujet, certains racontaient par exemple qu’il s’agissait de vestiges de merveilleuses machines magiques qui généraient de l’énergie gratuite pour tout le monde, un peu comme ce qui se passera sur Terre dans 10.000 ans : dans 10.000 ans, sur Terre, les survivants de notre humanité (s’il y en a) raconteront que ce qu’on appelle aujourd’hui des centrales nucléaires étaient de merveilleuses machines magiques qui généraient de l’énergie gratuite pour tous (Lol).

Mais les croix géantes, petit à petit, s’effritèrent, disais-je. Le vent, la pluie, les tremblements de terre, tout ça… Parfois même les descendants des Bâtisseurs eux-même démantelaient ces machines-formes en leur enlevant certains de leurs éléments-rouages-renforceurs pendant des fouilles archéologiques (ils enlevaient des squelettes-esprits de sacrifiés, des statuettes-formes-esprits…) ou en se servant des pierres des croix pour construire autre chose. Bubulle, à force de se débattre, finit aussi tout simplement par aller respirer plus loin, comme un bébé peut bouger dans le ventre de sa mère : il changea l’emplacement de ses « chakra », il alla respirer plus loin et il commença à reprendre des forces.
Ainsi, nourries par son regain d’énergie, des descendantes du Clan de l’Oeuf retrouvèrent aussi du souffle et du cœur et des mains pour donner et de la mémoire pour se souvenir, elles reprirent les danses et les soins à l’œuf cosmique. Les descendants des Bâtisseurs les appelaient des hippies, parfois des « réacs », des « ésotéro-flyés », des « gourous », des « néo-ruraux » ou juste des « hystéro bobo écolo », c’était un clan disséminé un peu partout sur la planète, un clan qui aimait marcher pieds nus dans l’herbe, faire ce que les humains appelleraient du « yoga » ou du « qi-gong », c’était un clan qui aimait apprendre à faire plein de trucs archaïques comme cultiver un potager, faire sécher des fruits, de la viande et des plantes médicinales, pêcher, chasser, coudre des vêtements, tanner des peaux, transformer de la laine de mouton en pulls, en matelas et en bonnets et ce clan aimait vivre au grand air en pleine nature dans des tentes ou des maisons rondes avec des sols en matériaux poreux (comme les tomettes en terre cuite), qui laissaient passer le souffle-énergie de Bubulle.


Source de l’image: BBC Maison

Petit à petit, donc, Bubulle reprit de plus en plus de forces, il commença à se sentir à l’étroit dans sa coquille et il advint ce qui devait arriver.

Morale de l’histoire : si vous avez des pyramides chez vous, maintenant vous savez ce qu’il vous reste à en faire ! Si vous avez des pyramides en pierre naturelle, brisez-les en demandant pardon à la pierre-esprit qui la constituait et libérez cette pierre-esprit en la rendant à la terre (faites d’abord tremper les morceaux dans de l’eau salée, puis smudgez-les avec de l’encens en grain ou de la sauge blanche, puis enterrez-les très respectueusement, et placez des cailloux en spirale sur la « tombe » ou bien, après les avoir ainsi purifiés, dispersez les morceaux dans des rivières), ou bien transformez la forme de la pyramide en autre chose d’arrondi (sans vous blesser!!), ou, au minimum, gravez des spirales sur ses faces et sa base !!

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Quelques vraies références-sources-inspirations (non-fictives) :

Livres :
Le Serpent Cosmique – Jeremy Narby
La nourriture des dieux – Terence McKenna
La médecine Psychédélique – Dr Olivier Chambon
Gluten, comment le blé moderne nous intoxique – Julien Venesson
Paléo Nutrition – Julien Venesson
Comment se protéger des ondes électromagnétiques – David Bruno
Plantes et encens de purification – Arnaud Thuly
Connectez-vous à la terre – Ober, Sinatra, Zucker
Médecine de l’habitat – Jacques La Maya
L’agriculture énergétique – Eric Petiot

Web-sites-pdf :
Pour que la roue tourne
Vivre! 
Naturopatypique 
Mission Sacrée (pdf) – Matteo Tavera
Geotellurique 
Navoti 
The Earthing Institute
Old Norse mythology, The mermaid and the Mead (pdf) – Maria Kvilhaug
The Legacy of Seiðr
MAPS 
Online Etymology Dictionary
Cours de géophysique de l’université de Lausanne

Videos-interviews-podcasts :
En français :
Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 -2/21- Le Psycho Chamanisme INTRO-L’Alchimie de l’Evolution
Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 – 6/21 – Psycho Chamanisme – Comment Faire Une Cérémonie?
Down to Earth (documentaire sous-titré en français, 15mn)
Les Sentiers du Réel – Jérôme Maury – L’eau de la Pyramide
Un esprit sain dans un corps sain avec Alain Djouad Guibert Hygiéniste
Thierry Casasnovas – Régénère
Nicolas Pezeril – Guide du Néo Rural – et Permaculture
Chaîne youtube de Jacob Karhu
Lynx Vilden, une femme bushcraft

En anglais :
Life changing magic mushroom (psilocybin) experience – Paul Stamets
051: Water, Light, Magnetism, Mitochondria & Biohacking Podcast with Dr. Jack Kruse
Dr. Jack Kruse – Blue Light Toxicity, Mitigating 5G & Mitochondrial Health
Master Kai Ying Tung performing Tai Chi Chuan
Signs out of time, the story of archeologist Marija Gimbutas
PBS Documentary 2016 ~ Teotihuacan’s Lost Kings Secrets of the Dead Weekend Special Documentary
Food is not the only source of nourishment – How To Nourish Yourself Energetically
Shiva Rea on yoga and Juil earthing footwear
Hands on history

 

Seidr – Le chamane et la punk


Cheers! A la bonne votre!
Croquis d’une amulette, femme avec une corne à boire, via le site de Maria Kvilhaug.

 

Extrait d’un échange avec un correspondant:

Moi: (…) « De mon côté mon déménagement/emménagement dans le Morvan est plein de surprises et de rebondissements et de retards en tous genres.
C’est « compliqué » de faire remettre le téléphone, c’est « compliqué » de trouver un plombier, etc…. Je vais finir par m’auto-nommer chamane rien que pour pouvoir me désenvoûter moi-même, parce que ça finit par être un peu pénible, « lol »! »

Lui:  » On ne peut se proclamer soi même chaman… »

Moi: « Je sais bien qu’on ne se proclame pas soi-même « chamane », c’était une boutade! 😉

Quoi qu’à vrai dire, entre ce que je lis de la tradition chamanique scandinave (le Seidr, qui remonte à une époque pré-Viking) depuis quelques mois, et les informations sur lesquelles je tombe dans le cadre de ma pratique, je commence à me poser des questions.
Après tout, c’est potentiellement très occidental (donc biaisé), très propre au patriarcat, de décréter qu’une fonction ne peut s’acquérir et se pratiquer que si elle a été dûment transmise et validée par une autorité. Ex: on est médecin uniquement si l’on a fait des études de médecine et obtenu le diplôme. Mon opinion en matière de médecine sera considérée comme nulle et non avenue, parce que je n’ai pas le bon diplôme.
Récemment un psychiatre spécialisé en autisme (le Dr N., à E.) m’a écrit pour me complimenter sur mon mémoire de naturo, que j’ai consacré à l’autisme, en me demandant s’il peut le partager sur son site pro. De la part d’un médecin, c’est une démarche extrêmement inhabituelle, atypique (qui fait chaud au coeur) et qui me conforte dans l’idée qu’on peut acquérir des connaissances (et compétences) très valables, hors cursus « académique », sans avoir eu le « bon » prof, sans avoir obtenu la bonne « validation ».
D’après les informations qu’on a sur le Seidr (textes historiques appuyés par quelques découvertes archéologiques, ex: http://freya.theladyofthelabyrinth.com/?page_id=258 ), certains pensent que la praticienne du Seidr (pas toujours une femme mais souvent) était considérée comme une sorte de réincarnation de la praticienne originelle, ou bien comme une émanation d’elle. On pourrait dire que la fonction était considérée comme pré-existante à tout apprentissage et qu’elle se transmettait un peu comme un gêne ou un virus se transmet, mais en se dupliquant autrement que les gênes et virus, d’une façon qui échappe à nos perceptions ordinaires, à travers l’espace-temps. Par exemple, les textes (les Edda) racontent que la praticienne (völva) se « souvient » de temps immémoriaux. Elle pouvait avoir 50 ans et se « souvenir » de choses qui s’était produites des centaines d’années auparavant. Elle pouvait  « voir » le passé comme l’avenir, comme si elle y avait été, sans y avoir été, et après tout, parait que le temps est un truc « relatif »…
Après tout, la fonction chamanique n’est absolument pas propre à une culture, elle semble propre à l’humanité, un peu comme si elle n’avait demandé à personne la permission de se créer, de se perfectionner au fil du temps et de se transmettre, comme si elle n’avait absolument pas besoin de diplôme ni de professeur humain pour exister et pour se transmettre à travers les âges et par delà les océans.
Dans la tradition Seidr, c’est la déesse Freyja qui fait office de première praticienne, d’aïeule universelle à toutes les praticiennes humaines. Une déesse n’a pas besoin de la permission de quelqu’un pour créer quelque chose ni pour le transmettre à qui bon lui chante. Elle ne délivre pas de diplôme. Elle est un peu une punk, du point de vue du patriarcat.
Et je commence à avoir la nette sensation que des choses préexistent, encryptées quelque part, peut-être dans la « mémoire « de la Terre, dans son champ électromagnétique, que sais-je…, de l’information est là à disposition, pour qui sait y accéder (via la transe et les différentes méthodes pour y accéder).
Et dans la société patriarcale actuelle, c’est pile poil ton rôle de mec diplômé de me dire « nan, t’as pas le droit de… »! (re-boutade).
Alors que d’après mon expérience de femme punk non-diplômée, la cérémonie chamanique (autant que la fonction, forcément) semble bel et bien préexister, exister à travers l’espace-temps, sans l’autorisation de personne, et elle est pour ainsi dire en licence « creative commons » (sans copyrights). On la retrouve façon puzzle dans l’imaginaire collectif (l’inconscient collectif de Jung), avec le bâton de sorcier de Gandalf ou le « haut siège » de l’Amon Hen sur lequel s’assoit Frodon à la fin de la Communauté de l’Anneau, dans le Seigneur des Anneaux (Tolkien était un grand fan des Edda, des langues et de la mythologie scandinave) , la baguette magique d’Harry Potter, les fantômes des films fantastique…
Et c’est bien embêtant quand on tombe sur certaines « informations » (ou information potentielle, en fonction de l’interprétation qu’on en fait) pendant une cérémonie et qu’on ne peut pas la vérifier parce que poser certaines questions par email serait franchement inconvenant.
Aux USA (entre autre), il y a des études cliniques qui sont menées sur le potentiel thérapeutique des psychédéliques, entre autre dans le cadre de la fin de vie, particulièrement en cas de cancer en phase terminale. Les patients qui ont participé aux essais cliniques racontent que c’est comme de faire 20 ans de thérapie en l’espace de 2 ou 3 sessions (dans un cadre thérapeutique bien défini, non récréatif!). L’étude en question a été menée avec de la psilocybine: http://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0269881116675513
J’ai cru remarquer que, en occident, les gens qui se consacrent à « l’esprit » ont tendance à laisser leur corps en arrière, à considérer que ce n’est qu’un vaisseau, une coquille de noix, et même quand ils s’intéressent aux médecines traditionnelles, ils vont s’intéresser à l’acupuncture sans prêter aucune attention à la nutrition préconisée par la médecine chinoise, s’ils se passionnent pour le massage ayurvédique, ils négligeront la pharmacopée, etc… L’approche reste marquée par l’esprit capitaliste et patriarcal, c’est à dire foncièrement individualiste, réfractaire à la notion de coopération inter-espèces: coopération entre les humains et les autres « esprits », comme les plantes (et les champi), entre autre. A la rigueur, on coopère entre humains (massage, apprentissage au près d’une « autorité »…) mais pas avec d’autres espèces considérées comme « inférieures ». On doit tout obtenir tout seul à la force du poignet, sans jamais prendre une plante, uniquement via la pratique de ceci cela (méditation, qigong…). On peut manger bio ou du mcdo, ce sera plus ou moins comme du pareil au même, ça ne nous impactera que si on y « croit », ce n’est pas réellement important, ce qui compte c’est bien d’avantage la pratique de ceci cela… Et puis on est très influencé (contaminé) par la psychanalyse et l’on considère nos ancêtres comme d’éternels sources de trauma, plutôt que de chercher à obtenir leur bénédiction… On se coupe ainsi de nombreux alliés, de nombreuses « réponses » à force d’individualisme et de méfiance vis à vis des trucs et des gens non validés par les « autorités », non-validés par des autorisations de mise sur le marché ou par des diplômes!! »

L’arnaque du « féminin sacré »

 

Dans les milieux « alternatifs » du « développement personnel », du « New-Age », ou du « néo-chamanisme », on parle beaucoup de « féminin sacré », ou en anglais « sacred feminine » ou « divine feminine ».
Trouver une définition précise et universelle de ce concept, c’est compliqué. Il pourrait s’agir d’une « énergie », de ce qu’on appelle le « yin » en Taoïsme, d’une « voie », peut-être de ce que Jung appelait l’anima…, on ne sait pas trop, ça change toujours un peu d’un article à l’autre.

En français, « féminin » est un adjectif ; « le féminin » fait aussi référence à un genre grammatical (le féminin/le masculin).
En anglais, « feminine » est aussi un simple adjectif.
En grammaire, un adjectif n’a pas de genre, pas de sexe.
Un adjectif est sensé servir à définir quelque chose et, en français, il s’accorde ensuite à cette chose (masculin/féminin-singulier/pluriel).
Ici, qu’est-ce qui est défini par cet adjectif, qu’est-ce qui est « féminin »?
Rien, rien de spécifiquement nommé.
Ici l’adjectif est utilisé comme un nom (en mettant « le » devant), c’est un « néologisme » qui, quand on y réfléchit, ne désigne rien de spécifique, juste un vague concept très nébuleux.
Un quelque chose d’indéfinissable, d’insaisissable, de mystérieux… Et pour les francophones, il s’agit d’un quelque chose de masculin, puisqu’il s’agit d’un truc « féminin », pas d’une chose « féminine », puisqu’on parle de « féminin sacré », pas de « féminine sacrée ».
Ajouter un second adjectif, « sacré », à ce premier adjectif « féminin », ne fait toujours rien de sacré, rien de féminin, puisque ce qui est défini est… « rien ».

Ecrire des articles ou des livres, ou faire des conférences, sur « le féminin sacré » revient à faire des conférences sur « le grand sacré » ou « le petit sacré ».
Le grand quoi? Le petit quoi?!
On ne sait pas trop.
Bref, ça ne veut rien dire!
Quand on dit « le féminin sacré », on ne dit « rien »! Quand on parle de féminin sacré, on ne parle de rien.

Car il ne suffit pas d’aligner des mots au hasard pour faire des phrases, comme il ne s’agit pas d’aligner des sons au hasard pour faire des mots, ou des notes de musique pour faire une chanson.

Apposer un adjectif à « rien » revient à ne parler que de ce rien.
Pourtant, tout ceux qui parlent de « féminin sacré » cherchent bel et bien à parler de quelque chose.
Ils ont pourtant bel et bien une idée, une pensée, une chose à coeur, une chose qu’ils cherchent à verbaliser. Visiblement, ils ne savent pas trop quoi, ou bien ils n’osent pas? Ils sont timides, peut-être?
Et ils sentent qu’il s’agit d’une chose femelle, qui a trait à la féminité, d’une chose qui n’est pas mâle.
Mais nous vivons dans une société patriarcale qui sanctifie Le Père, le Fils, le Saint Esprit, Jésus, Allah, Yahvé, Mahomet, Bouddha, Lao Tseu… Ce sont eux les « Dieux », les prophètes, les êtres les plus sacrés, les plus vénérables. La Sainte Vierge, elle est bien gentille, mais elle passe très en second.
Après des millénaires de monothéisme patriarcal, l’intellect humain a tant de mal à conceptualiser qu’une femme, qu’un être femelle puisse être un être suprême, qu’il s’interdit même de conceptualiser qu’une simple chose « femelle » puisse être « sacrée ».

Les êtres « suprêmes » femelles, ça existe au cinéma, comme dans le « 5ème Élément » de Luc Besson, dans « Lucie » de Luc Besson, dans Alien… Quoi qu’on notera que ces films ont, somme toute, été réalisés par des hommes.
Un être suprême femelle au cinéma, ok, à la rigueur, mais alors uniquement conçu par des mecs, ok? Sinon, c’est le souk.
Ainsi, les historiens ont baptisé « déesse de la fertilité » ou « Vénus » les sculptures du néolithique représentant des figures féminines (comme celle en tête d’article). Ils ne les ont pas appelées « Déesse Suprême », ni « La Déesse », non, pour eux il ne pouvait s’agir que d’une déesse parmi d’autres. Envisager qu’un peuple puisse avoir eu une déesse unique plutôt qu’un dieu unique, c’était impossible dans leur tête d’hommes de culture judéo-chrétienne (sur le sujet de la « great goddess », voir les interviews de Maria Gimbutas sur youtube, comme celle postée plus bas).

Et la langue française est encore plus restrictive que l’anglaise, en matière de genre, puisque, en matière de « féminin sacré », le français qualifie ce truc sacré de « féminin ». S’il est « féminin », c’est qu’il est de genre masculin, donc mâle!
En anglais, quand on dit « sacred feminine », ou « divine feminine », cela reste grammaticalement « agenre », neutre, ni mâle ni femelle, contrairement au français qui masculinise le truc.
Parce qu’en français, si cela est « féminin », alors c’est qu’il s’agit d’un truc, d’un machin, d’un bidule, d’un être, d’un shmilblick mâle « féminin », mais pas d’une chose ni d’une fleur ni d’une maison ni d’une déesse ni d’une chose femelle « féminine ».
Ainsi on pourrait dire de Dieu qu’il est ce « féminin sacré », par contre il serait impossible de dire que Vénus ou Gaia incarnent ce « féminin sacré ». Puisque, elles, en français, sont « fémininEs » et « sacréEs », pas « féminin » (vous me suivez?).
Mais un être femelle ET sacré, au sein d’une société patriarcale, ça ne se peut pas, ça ne se conceptualise même pas, alors ça ne se dit pas, « ça ne se fait pas », et le blocage socio-psycho-spirituo-culturel se manifeste – autant qu’il s’enracine, dans la langue et jusque dans l’esprit des personnes à la spiritualité soit-disant « alternative », des « newageux » qui parlent en boucle de ce vague « truc » qui serait féminin et sacré, sans oser le personnifier, sans oser le nommer, par exemple en parlant franchement de « la Grande Déesse », de « la Déesse Mère », de « Gaïa » ou de « La Vie ».

Déjà, parce que personnifier quelque chose de sacré, de fil en aiguille, ça fait trop animiste, païen, primitif, inculte, ignare, stupide, passéiste, réac, facho (oui, de fil en aiguille, de nos jours, on va vite très loin!).
Et puis, personnifier quelque chose de sacré, c’est avoir une démarche religieuse et, c’est bien connu, de nos jours, il ne faut surtout pas être « religieux », parce qu’être religieux, c’est devenu synonyme d' »extrémiste » et puis « extrémiste » est quasi devenu synonyme de « terroriste ».
Alors non, il ne faut surtout « rien » personnifier et il faut se contenter de parler d’un « truc » indéterminé, d’un machin sacré, voir d’un rien sacré.
En matière de spiritualité, certains athées un peu plus aventureux que d’autres, comme Onfray, daignent parler de l’existence en eux d’un « sentiment océanique » qui ressemble un peu à ce que les religieux appellent « la foi » (le terme « sentiment océanique » vient d’une lettre de Romain Rolland à Freud). Mais les athées préfèrent éviter cette chose femelle – la foi, et préfèrent des concepts, des trucs masculins bien plus indéterminés.
Du point de vue de l’intellectuel Occidental moderne, un nihilisme qui ne dit pas son nom, qui se cache derrière un athéisme vaguement laïque, ça fait toujours plus cool et pacifiste qu’une vague spiritualité plus ou moins religieuse.
Et dans le domaine de la spiritualité « moderne », au final on ne va guère plus loin que les athées: il faut parler d’un truc qui serait « féminin », mais ce truc n’est ni personnifié, ni femelle. On parle à la rigueur d’énergie féminine, comme Onfray parle de « sentiment océanique ». Au final, personne ne sait vraiment de quoi on parle, personne ne met le doigt dessus et s’exclame « ah mais c’est bien sûr, c’est la…! ». Non, on tourne autour, on fait de longs discours (encore plus long que cet article) et blablabla, dans 5000 ans on y sera encore, à ce compte-là, à tourner autour et on ne sera toujours pas plus avancé (si on a survécu à la 6ème grande extinction de masse qui est en cours).
Au final,  ce féminin sacré reste un truc féminin très évanescent, autrement dit ça reste un « pas grand chose », surtout dans un système patriarcal.

On se refuse à franchir le pas de donner un nom au truc, un nom propre, à le personnifier. C’est qu’il y a aussi le problème du genre, aujourd’hui, qui se rajoute au reste. Un être sacré, une déesse femelle, de nos jours serait peut-être carrément perçue comme une déesse transphobe. De nos jours, pour être « cool », une « grande » déesse se devrait au minimum d’être hermaphrodite, androgyne, agenre, voir franchement asexuée, et non éhontément purement femelle, sans cela, elle serait politiquement incorrecte, réac, fasciste, nazi. Aujourd’hui il est de bon ton de dire qu’on est tous un peu homme, un peu femme, un peu autiste, un peu handicapé, un peu hétéro, un peu bi « dans le fonds », « quelque part »… Mais affirmer « je suis une femme » ou « je suis un homme », et juste cela, et seulement cela, ouha la la!! C’est déjà limite sexiste, passéiste, réac, facho, nazi…
Bientôt les gens en arriveront à traiter la Nature de facho, puisqu’elle a créé des sexes, donc de l’inégalité. La Nature est souvent cis-genre: elle attribue des rôles, des fonctions biologiques très précis aux mâles et aux femelles, des rôles non-interchangeables, elle attribue certaines compétences aux uns et pas autres, elle est donc promotrice d’inégalités, la méchante, et puisque la nature rend impossible l’échange d’un chromosome X en Y ou vice versa, c’est qu’elle est transphobe, la vilaine méchante pas belle!!

De nos jours, une grande déesse femelle qui affirmerait que son corps/yoni/sexe/utérus est sacré, n’aurait aucun droit de citer. Elle serait traitée avec autant de mépris que les pires néo-nazi.
Vous n’y pensez pas?! Une femelle sacrée?! Dans un monde d’homme! Dans un monde ou rien ni personne ne doit être religieux, puisqu’un religieux c’est méchant et puisque rien de sacré ne doit être personnifié sinon c’est primitif, ringard, passéiste, réac, donc facho et puis une femelle cis-genre fière de son yoni/sexe c’est encore pire, une sorte de point culminant du néo-fascisme!!

Et voilà comment on en arrive à ce que le « système » annihile la Grande Déesse Mère, la Vie, Gaïa, la planète… Puisqu’elles n’ont pas le droit de citer, elles n’existent pas, du moins pas vraiment en tant qu’être, même la Planète Terre ou la Vie ne sont que des choses dont on dispose plus ou moins bien. L’hypothèse Gaïa de Lovelock n’est que cela: une hypothèse, pas un être pour de vrai.
Dieu, ça va, on peut en parler en tant qu’être déterminé. Et d’ailleurs on ne peut qu’en parler, on ne peut ni le voir ni le sentir ni le polluer, ça va, il est tout là-haut dans les nuages (ou bien « partout », mais pourtant jamais visible), au-delà de l’atmosphère et des gaz à effet de serre, loin, et puis c’est un mec, un vrai, alors il endure tout…
On peut vénérer un truc inconsistant, mais surtout pas un truc matériel. On peut vénérer un truc mâle mais, une chose qui serait à la fois femelle et vénérable: ça, ça n’existe tout simplement pas.
Il n’y rien de femelle qui puisse être vénéré, « sacré ». Dans l’esprit des humains occidentaux « moderne », il ne peut exister qu’un vague truc mâle « féminin sacré », même pour les humains soit-disant « alternatifs » qui veulent sortir du système patriarcal.
Après tout, de nos jours, un homme a le droit de dire qu’il est « femme », même quand il a un pénis, une prostate et des testicules, comme une femme a le droit de dire qu’elle est un homme, même quand elle n’a aucun pénis, prostate, testicule, pas le moindre petit bout de spermatozoïde…
Donc si un homme peut être femme et vice versa, alors un « rien » peut bien être féminin et sacré, tant qu’on y est.

Dans l’esprit de l’humain spirituel moderne, pacifiste et donc anti-réac, « anti-fa », anti-transphobe, etc… Seul un truc mâle peut être à la fois féminin et sacré. Même des féministes auront du mal à dire qu’ils vénèrent « la grande déesse » ou au minimum « la Vie », parce que de nos jours, être « pro-Vie », c’est être considéré comme anti-avortement, n’est-ce pas, donc, de fil en aiguille: passéiste, réac, facho, nazi… Donc on s’interdit de dire qu’on vénère la Vie et on s’interdit de le faire, à moins d’être vraiment très courageux et de ne pas craindre d’être traités de païen facho.
Voilà où l’on en est.

Donc, d’un point de vue pratico-pratique, si la notion de « féminin sacré » vous « parle », s’iou plaît, arrêtez de parler de « féminin sacré »!!
Mettez-vous franchement à dire « la Vie » ou « Mère Nature »!
Ce que veut dire le « féminin sacré » c’est que la Vie est sacrée. En vous, en moi, autour de vous, la vie qui grouille sous vos pas quand vous marchez en forêt… Elle est sacrée.
Quand vous marchez sur la terre, que vous êtes assis dans l’herbe, vous êtes assis à même la peau d’une « Big Mama », sur une « Bonne Mère ».
Pensez-y la prochaine fois que vous faites du yoga ou du qigong: est-ce que vous avez vraiment besoin de vous protéger de votre mère en mettant des chaussures ou en utilisant un tapis en plastique? Il est possible de trouver des endroits dans la nature propices à ces pratiques pieds-nus. Un sol un peu moussu, de l’humus, une prairie, un bord de rivière sablonneux…, sont naturellement « élastiques » et amortissant.
Un bébé ne cherche pas à se protéger de sa mère en s’emmitouflant dans du plastique pour éviter de toucher la peau de l’être qui lui a donné la vie.
Un bébé ne déclare pas que sa mère est « sale », il n’a pas peur de la toucher peau à peau. Avoir un peu de terre sur nos pieds, ce n’est pas être « sale », c’est être vivant, enfant de la terre, à notre place, incarné!
Les astronomes racontent que nous sommes des poussières d’étoiles, et, certes, si l’on remonte suffisamment loin dans le temps, ok, nous sommes des poussières d’étoiles. Ça, ça plait bien au mental, à l’intellect, là-haut dans les hautes sphères, ce concept de « poussière d’étoile », c’est poétique, céleste, pur…, et très désincarné.
Mais, avant d’être des poussières d’étoiles nous sommes d’abord le fruit de la planète Terre, son enfant, nous sommes de la glaise qu’elle anime de son propre souffle, cet air qu’elle fabrique et que nous respirons, nous sommes fait de sa substance, de son carbone, de son azote…, et nous avons beaucoup d’ADN en commun avec l’herbe que nous foulons. Il n’y a pas à s’en « protéger », tant que la météo est clémente et les cailloux pas trop nombreux!

Marija Gimbutas, citée plus haut, raconte que lorsqu’elle était enfant, dans les coins reculés de Lituanie, subsistait un vieux rituel que certaines personnes âgées pratiquaient encore avant la seconde guerre mondiale: tous les matins, ces personnes âgées sortaient embrasser la terre (voir la vidéo postée ci-dessous, à partir de 4’45). Cela évoque la prière des musulmans ou la posture de l’enfant en yoga. Pratiquer la posture de « l’enfant », à même la peau de « la Grande Mère », ça a quand même plus de gueule que de faire ça sur un bout de plastique!
En yoga, on pourrait aussi dire qu’embrasser la terre est une forme de mudra. Un mudra n’est pas un symbole, c’est une façon de connecter un méridien, un nadi à un autre, de façon à modifier la circulation de l’énergie dans ces méridiens/nadi et au final dans tout le corps (ce qui peut modifier aussi l’état de conscience, soit dit en passant).
Embrasser la terre c’est se connecter à elle. Embrasser un tapis en plastique, c’est embrasser du plastique, un « pas grand chose » sur le plan énergétique. C’est peut-être parce que les « alternatifs » passent trop de temps sur des tapis de yoga en plastique et sur des coussins de méditation rembourrés de synthétique, qu’ils ne font plus la différence entre matière synthétique et matière vivante, matière naturelle, matière tissée par la Vie? Ils ne sentent plus la différence parce que, comme tout le monde, ils passent le plus clair de leur temps sur du synthétique (chaussures, asphalte, tapis de yoga, matelas, béton, carrelage, etc…), et qu’ils ne prennent même plus la peine de comparer entre synthétique et naturel, ils ne prennent pas la peine d’envisager qu’il puisse y avoir une différence.
Entre parenthèse, plastique et éthique sont juste anti-nomique à la base. Du plastique, même recyclé et vegan ne pourra jamais être éthique, c’est trop toxique pour l’environnement, ce n’est pas du tout recyclable à l’infini, ce n’est ni réellement biodégradable, ni renouvelable, sans parler des coûts environnementaux de production, avec un bilan carbone forcément déplorable.
Bref, avoir une telle pratique: embrasser la terre tous les jours, ou ne serait-ce qu’une fois de temps en temps, l’embrasser pour de vrai comme on embrasserait une bonne « grand-mère gâteau » ne peut que rendre écolo: on ne peut pas souiller quelque chose qu’on embrasse tous les jours. On ne peut pas se sentir séparé de quelque chose qu’on embrasse tous les jours. On ne peut pas embrasser « rien ». On embrasse quelque chose qui existe, quelque chose de réel, de vibrant, ce qu’on aime, ce qui est sacré pour nous.
La Vie est sacrée, la Terre est sacrée, la Vie en vous et moi est sacrée, voilà ce que veut dire « le féminin sacré ».
La Vie est sacrée, et ça, ça veut dire quelque chose. Cela veut dire même beaucoup de choses, les implications sont infinies… Mais cet article est déjà assez long comme ça!

 

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Ce texte a été développé à partir d’une page de mon journal intime (sur un cahier, pas sur ordi!), datée du 19 juillet 2018:

« Faire de chaque journée, de chaque minute, une cérémonie.
Une courbe et une durée, sacrées, vivantes, vibrantes, ordonnées, joyeuses, pleines d’amour, de paix, d’harmonie, de joie.
Le « féminin sacré » doit être aussi dans la parole, et donc cela ne peut être « féminin », cela ne peut être « le », cela ne peut être masculin!
La femme, « ça crée ». La femme est féminine. « Female » (en anglais). Elle contient le « mâle », comme la croûte terrestre contient la flamme.
Parler de « féminin sacré » est déjà une offense faite à la femme. La femme ne peut être « féminin ».
Elle est féminine, ou plutôt femelle, pas du tout « mini », minime, mais créatrice, puissante étoile, planète, galaxie. Elle contient, elle trace courbe et durée et porte la flamme, sacrée, en elle, sous sa croûte, sa peau, jusque dans sa moelle.
Elle se réapproprie la parole, sacrée, qui est à tous. Elle se réapproprie la langue, libère la voix. La parole dite résonne et se propage, sonne comme la cloche dans la vallée que toute la communauté entend, toute la famille, ensemble.
Aini j’écris avec une « plume » d’aujourd’hui, avec une encre qui ancre ma pensée sur la page qui traverse les époques, qui tient la durée. Et je rêve de pouvoir écrire assise sur une chaise dont la fibre n’aurait été traitée qu’à l’huile de lin et à la térébenthine, avec une huile et une essence. Une huile de plante, de graine, de fleur, de prairie, une essence d’une autre plante venant de la forêt.
Il est plus facile d’écrire en usant de la langue anglaise, qui ne scinde pas tant les choses en genre, en mâles et femelles… »


 

Yoga

Il y a environ 4 mois, j’ai commencé à avoir envie de progresser un peu en yoga. J’ai commencé à avoir envie de me mettre aux postures sur la tête et sur les mains. Jusque là, ça m’avait toujours semblé trop impressionnant. Je me demande si ce ne serait pas la dépose des amalgames (plombages) début octobre, en me rendant un peu de mobilité et de souplesse entre autre au niveau de la nuque, qui aurait contribuer à débloquer mes capacités à avancer dans les « inversions ».

Je m’y suis mise très doucement, très progressivement, en collectant des conseils sur youtube.

Mes chaînes de yoga préférées sont celle de Kino MacGregor et Esther Eckart. J’aime aussi beaucoup les vidéos de Shiva Rea.

J’ai commencé par le tripode, le bon vieux poirier, non loin du mur… Tête sur le tapis de connexion à la terre…

… puis, plus récemment, toujours près du mur, Sirsasana, avec des appuis sur la tête et les avant-bras.

Je commence à me sentir presque à l’aise dans la posture, assez pour pouvoir la prendre en 10 secondes, de façon à pouvoir prendre la photo avec le retardateur!

Je travaille aussi la posture sur les mains seules, toujours contre le mur, mais je n’y arrive pas encore.

Je vais continuer à les travailler pour pouvoir les tenir quelques minutes d’affilées, de façon à pouvoir à en tirer tous les bénéfices: parait que Sirsasana permet au système nerveux sympathique de se mettre en veille et au système parasympathique de s’activer (système nerveux sympathique = système lutte ou fuite ; parasympathique = système de repos et régénération). Les inversions permettent aussi simplement une meilleure oxygénation du cerveau.

Je commence aussi à me frotter à Bakasana, ou plus exactement à Kakasana dans un premier temps, beaucoup plus accessible. Bakasana: posture de la grue, Kakasana: posture du corbeau.

La leçon existentielle du truc: lentement mais sûrement!!

Les « énergies »

Du temps où j’étais en formation en naturopathie (2013-2015), pendant les pauses, il arrivait que des camarades de formation parlent d’énergies (une formation en naturopathie n’est pas du tout une formation en « énergétique »!). L’une de mes camarades de promo sentait des choses en approchant ses mains de quelqu’un. Des blocages, des je-ne-sais-pas-trop-quoi.
Ca me laissait affreusement dubitative.
Pourtant, j’avais fait du taï-chi 10 ans auparavant. J’étais sensibilisée au « chi », aux méridiens, je m’étais un peu intéressée à la Wicca, à l’ésotérisme en général dès l’adolescence. Les énergies des plantes, des minéraux, des lieux, tout ça…, j’en avais entendu parler mais cela restait parfaitement fumeux pour moi.

Maintenant, j’y viens.
Le fait de prendre conscience de mon électrohypersensibilité m’a forcée à farfouiller du côté de la médecine chinoise, de la géobiologie, de l’ayurvéda, du feng-shui, de l’agriculture « énergétique » (le livre d’Eric Petiot est une bible) pour essayer de comprendre quelque chose à tout ce que je ressens, ça m’a permis d’acquérir des clés de compréhension, et petit à petit j’arrive à démêler un peu ce gros écheveau de perceptions « bizarres ».
Je suis loin d’avoir une sensibilité hyper fine, je pense que je ressens uniquement des trucs « basiques », mais disons que ça aide à conceptualiser d’autres choses.


Extrait du livre « L’agriculture énergétique » d’Eric Petiot.

Maintenant j’en arrive à aller dans les églises pour y chercher non seulement un refuge, protégé des pollutions électromagnétiques extérieures par les gros murs de pierre, mais aussi pour y chercher les endroits où je respire mieux qu’ailleurs, les endroits où ce que j’identifie comme la connexion à la terre est meilleure qu’ailleurs (connexion à la terre = mise à la terre sur le plan électrique).
Dans l’église des Cordeliers, à Lyon, dans l’allée centrale, surtout devant l’autel, il y a un endroit comme ça où je respire particulièrement bien.
Je comprends que la respiration, son amplitude, l’envie de respirer soudain à fond comme si on venait de passer un moment sous l’eau, les musceles qui se détendent… est un signe de bonne « connexion ».
Ca m’étonnerait beaucoup que ça puisse arriver sur un trottoir en asphalte (asphalte = isolant électrique).

Dehors dans la nature, autour de chez moi, je commence aussi à repérer des endroits où, sans que je puisse dire ce qui s’y passe, je suis prise de l’envie de tourner en rond sur moi-même. Ca tourne. Ce sont des endroits où l’herbe pousse plus drue, en cercle. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il peut y avoir là, je n’ai pas encore les outils, les connaissances pour comprendre, mais je sens qu’il se passe un truc.

Je commence à comprendre que ce qu’on appelle « énergie » en ésotérisme, ce n’est rien d’ésotérique mais probablement, tout simplement, au moins en partie des forces électromagnétiques.
L’énergie d’un être ou d’un objet, c’est ainsi sa « signature » électromagnétique, son champ électromagnétique, sa structure et ses propriétés électromagnétiques.

Des chercheurs comparent le brin d’ADN à une antenne, à un émetteur-récepteur d’information électromagnétique.

J’aime bien dire « champ électromagnétique » en pensant « chant électromagnétique », musique, chanson, symphonie électromagnétique.

Le « chant » d’un smartphone ou du contre-plaqué, c’est une grosse perversion, un mauvais « esprit », de la matière morte.
Un joli tapis en « jonc de mer » peut être complètement perverti par son revêtement anti-dérapant en caoutchouc.

Le chant électromagnétique d’un objet peut être plus ou moins harmonieux ou dissonant. Le liseret synthétique d’une couverture 100% laine peut perturber son « fonctionnement », sa signature, son chant électromagnétique et le simple fait d’enlever le liseret « harmonise » la couverture, comme on « harmonise » un piano en l’accordant.

Il y a un an, mon prof de taï-chi, en me voyant enlever mon gilet pendant le cours m’avait dit « non non, faut le garder, on stock de l’énergie dans nos vêtements pendant la pratique ».
Ca m’avait laissé extrêmement sceptique.
Maintenant j’ai envie de lui dire que ça m’étonnerait beaucoup qu’on puisse stocker quoi que ce soit dans des vêtements synthétiques (ce gilet en question était en laine et polyester). Un vêtement 100% laine, oui, ok, ça je confirme. Par contre un gilet fait avec un mélange de fibres naturelles et synthétiques, ça m’étonnerait. Une matière « morte » comme le polyester ne stock rien du tout, elle repousse la vie, le Chi, l’énergie, le Prana, tout ça… Une matière « morte » est bio-incompatible.
Mais je n’ose pas trop lui dire, à mon prof.
Un vêtement synthétique peut générer de l’électricité statique au contact de la peau, il peut peut-être faire « sauna » en retenant l’énergie générée par le corps, comme la vapeur d’eau reste dans un sauna, en stagnant, mais à mon sens, d’une part notre énergie (chi) n’est pas faite pour stagner comme ça, entre le vêtement et la peau, et d’autre part l’électricité statique générée de cette façon n’a rien d’une énergie biocompatible.
Mais de l’électricité statique pourrait être confondue avec l’énergie naturelle du corps. Elle est un stress pour le corps, en cas de stress le corps réagit, il est « stimulé » (synthèse de cortisol, adrenaline…) et du coup on se sent comme dynamisé par le phénomène, comme si notre énergie était augmentée… Enfin, ça c’est quand on a des glandes surrénales en bon état, comme on se sent dynamisé par du café. Mais le café n’apporte pas de l’énergie, il ne fait que mobiliser nos propres réserves… Et quand, à force de stimulation, à force d’être sans arrêt mobilisées, les réserves viennent à manquer… On se retrouve à plat, et ces matériaux « morts » ne font plus que nous affaiblir toujours plus.

Bref, j’apprends beaucoup.

Pour ceux qui cherchent des vêtements et chaussures en matières naturelles:
Chaussures: https://naturopatypique.com/2017/10/06/connexion-a-la-terre-chaussures-ehs/
Vêtements: https://naturopatypique.com/2017/12/06/vetements-matieres-naturelles-ehs/

Voir tous mes articles qui mentionnent la connexion à la terre.