Etre le feu d’artifice

Avoir été pensée, rêvée, finir en cendres.
Fasciner la plupart, en effrayer quelques uns.
Etre rare.
Fabriquée, artificielle, tout un art très ancien.
Poudre et fusées, artifice.
Futile et très très chère.
Colorée, brillante.
Bruyante.
Explosive.
Inflammable.
Nocturne.
Scintillante.
Un événement, repère dans la nuit, dans le temps.
Le centre d’attraction.
Éphémère.
Causer parfois quelques dégâts, en toute innocence.

Quand on s’ennuie devant un feu d’artifice, se dilater pour l’avaler, le prendre en soi et devenir – le temps d’un instant, les flammèches, les scintillements, tout le ciel et le vacarme.

Journal de transition – Juin

Thèmes majeurs :

augmentation des perceptions
diète naturopathique/chamanique
électrosensibilité
connexion à la terre (voir aussi un article sur le sujet sur mon site pro)
matières nobles et naturelles / matières synthétiques et perverties
travail du bois

 

Mardi 6 juin 2107, 8h30, Haute-Savoie.
Journée relâche, ou à peu près.

Thème du jour : l’augmentation des perceptions sensorielles et comment les gérer.

Mercredi dernier, le 31 mai, en fin de journée, j’ai été prise d’une sorte de rage anti-plastique qui m’a conduite à user d’un cuter pour taillader le lino du chalet, pour l’enlever. J’ai découvert, dessous, du moisi. On sentait bien que le sol avait pourri à certains endroits, sous le lino, ça gondolait, mais on ne se doutait pas du moisi.

Impossible de reculer, faut faire dégager tout ça. La moisissure noire, c’est vraiment mauvais pour la santé.

Et comme le moisi empestait dans le chalet et que la brume montait dehors et que la température chutait partout, j’ai réalisé que ce ne serait pas le soir idéal pour inaugurer le camping sous le haut-vent. Donc je suis partie, un peu plus tôt que prévu (j’avais prévu de partir le jeudi, surtout pour m’occuper de mes impôts, avant la date limite). Je suis partie plus tôt que prévu, aussi un peu poussée par le bobo que je m’étais fait le matin même et qui nécessitait quelques soins et précautions.

Je me suis écrasé et bien abîmé l’ongle du petit doigt gauche en remuant une très grosse pierre : l’ongle est fendu dans la longueur, et décollé, un bout de peau a été comme cisaillé, et un bout de la matrice est à vif, du coup je ne peux pas faire ce que je veux avec mes mains. C’est handicapant, ça fragilise.


Le doigt, le 21 juin, après 3 semaines de soins (onction quotidienne d’huile essentielles de lavande ou immortelle mélangée à de l’huile végétale ou application d’une huile de massage maison avec ciste et vétiver, because why not).

Je me suis attelée au démantèlement de ce sol avant-hier et hier (4-5 juin) : c’est très laborieux. Les visses, qui tiennent les plaques de contreplaqué sur des lambournes sont soit rouillées, soit quand elles tournent encore, elles tournent dans le « vide » et ne se dévissent pas, elles restent dans leur trou. Soit j’arrive à soulever la plaque au pied de biche (avec l’aide d’un gros marteau qui peut aussi faire levier au besoin), les visses avec, soit faut un peu creuser au ciseau à bois autour de la visse pour ensuite l’extraire avec une pince, ou du moins essayer. Et à force, j’ai réussi à enlever une grande plaque de contreplaqué.
Une.
Un peu moins de 2m2 de dégagé, isolant à la con par en-dessous en prime, en 3H de temps et d’efforts laborieux.
Ca va peut-être devenir plus rapide après, une fois que j’aurai pris le coup de main, où bien ce sera encore plus laborieux, vu que la plaque enlevée fait partie des plus abîmées, donc des plus faciles à arracher.

 

J’appelle ça du travail de sagouin, ce sol. Quand on fait quelque chose, on devrait le faire en pensant à la façon dont on va pouvoir s’en débarrasser une fois que ce sera usé, une fois que ça aura fait sa vie (les centrales nucléaires, le plastique…). On devrait penser non seulement à l’impact environnemental du matériau mais aussi à son démontage. Là, le démontage à la main est franchement dur. Ou alors faudrait des outils électriques. Ou être un homme costaud. Ou avoir des potes costauds et dévoués. Mais ça ne devrait pas être comme ça. De la belle ouvrage, ça devrait être beau même dans son démantèlement.

J’apprends donc à manier le pied de biche et le ciseau à bois. J’aime bien apprendre, heureusement.

 

La rage anti-plastique, je ne peux pas vraiment expliquer comment elle m’est venue, exactement. Je ne peux pas dans le détail, en tout cas. C’est en partie privé !

Disons que, depuis longtemps, j’ai horreur des matériaux « modernes ». Je déteste le synthétique.

Déjà quand j’étais gosse je préférais les mouchoirs en coton aux mouchoirs en synthétique (oui, à l’époque il n’y avait pas de mouchoirs en papier! mon dieu, je suis vieille !). J’aime la laine, la soie, le cuir, le coton, la pierre… Sans savoir pourquoi, je les aime, c’est tout.

On va dire simplement que, depuis des années, je suis très activement occupée à améliorer mes perceptions. La qualité de nos perceptions dépend de l’état de fonctionnement de notre corps.
A la base, je ne cherchais pas spécialement l’augmentation des perceptions, je cherchais juste à aller mieux. Maintenant, j’ai compris que c’est difficile d’aller vraiment mieux, de se diriger vers ce qu’il y a de bon pour nous, sans perceptions au taquet, du moins sans un minimum d’instinct fonctionnel.

Mieux le corps fonctionne…
– … mieux il élimine ce qu’il a besoin d’éliminer (via les poumons, les intestins, les reins, la peau, le foie), c’est à dire les déchets que son métabolisme génère naturellement ainsi que les déchets contenus dans la nourriture, l’air, l’eau… (pollution, pesticides, additifs, « « « médocs » » », métaux lourds…),
– … mieux il fonctionne (cercle vertueux),
– … mieux les « énergies » circulent (impulsions électriques, hormones, neurotransmetteurs, sang, oxygène, nutriments…),
– … mieux on perçoit : mieux on se perçoit soi-même (envies, besoins, valeurs…), mieux on perçoit notre environnement (ce qui est bon pour nous ou pas, les goûts, les couleurs, les gens et qui ils sont vraiment…).

C’est ce que mon prof de taï-chi m’a dit en septembre dernier. J’ai repris les cours avec lui après 8 ans de hiatus. Huit ans que je n’avais pas pratiqué (4 ans de pratique entre 2004 et 2008).
« Maintenant, tu es là pour travailler la circulation des énergies », m’a-t-il dit.
Bah voilà.
Les conséquences.

J’en suis arrivée à percevoir le synthétique comme une matière morte, fausse, comme une note qui sonne faux, comme un bout de bois pourri qui sonne creux, comme une cloche fêlée qui ne tinte plus, comme un corps sans vie ou gravement malade.
J’en suis arrivée à percevoir les matières naturelles comme des matières « vraies », vivantes, qui portent, transmettent, protègent la vie (autrement dit le Qi/Chi). Ca respire, ça vibre, c’est chaud, c’est doux, ça ronronne au coin du feu.
Non seulement je perçois la qualité de ces matières, mais en plus, je commence à percevoir l’effet qu’elles ont sur mon corps. Parce que oui, se tenir sur un sol plastique, ou se tenir pieds nus dans l’herbe, ça a un effet sur le corps, et ce n’est pas du tout pareil.

Les sols isolants électrique pourrissent l’énergie du corps (fatigue, déprime, esprit brumeux, confusion, troubles de la mémoire, sensation d’oppression, irritabilité, hyperactivité, troubles du sommeil… l’effet dépend des forces et fragilités de chacun).
Les sols « conducteurs » préserve l’énergie du corps.

Ca s’explique sur le plan électro-magnétique. Le synthétique (et le caoutchouc) est un isolant électrique. Les matières naturelles ne le sont pas ou peu ou moins. Le cuir est relativement isolant s’il est parfaitement sec mais il est rarement parfaitement sec vu qu’il peut faire éponge et capter l’humidité de l’air, ou du sol ou de la peau, et s’il est légèrement humide, il devient un peu conducteur.
Un corps humain et son champs électro-magnétique vont se comporter différemment, selon que le corps est isolé, ou pas, de l’environnement, de la terre, qui a elle aussi son propre champ électro-magnétique.
Sur le plan électro-magnétique, le corps humain est fait pour interagir avec son environnement. C’est comme ça qu’il a été créé et qu’il a évolué : au contact du sol.
Il est adapté à l’interaction électro-magnétique avec la terre. Il n’est pas fait pour en être isolé. Il souffre quand il en est isolé. Il fonctionne moins bien. Il souffre sur un sol plastique, il souffre dans des chaussures aux semelles plastique/caoutchouc. Il respire à l’aise quand il est pieds nus sur la terre.

Et c’est assez terrible de sentir ces différents effets de l’interaction « électrique » (ou absence d’interaction) entre le corps et le sol, c’est comme d’être électro-sensible. Et les électro-sensibles semblent plébisciter la mise à la terre : ça réduit l’impact nocif des ondes.

Tout le monde est électro-sensible, à vrai dire. Tous nos organes sont des organes qui fonctionnent à l’énergie électrique (énergie du système nerveux) et tous ont un champ électro-magnétique, et le corps entier a son propre champ électro-magnétique, comme la planète.

Par exemple, la barrière hémato-encéphalique, cette barrière sensée protéger notre cerveau des substances néfastes, est bien influencée par les téléphones portables et le wifi : elle s’ouvre d’avantage et elle laisse passer d’avantage de choses pas catholiques quand elles s’ouvre de façon anormale. C’est comme ça pour tout le monde, sauf que tout le monde n’en perçoit pas les conséquences. La plupart des gens sont comme anesthésiés sous le poids des toxiques qui empêchent le bon fonctionnement de leur corps et de leurs perceptions. Seuls les plus « sensibles » sont capables de sentir les conséquences néfastes des « ondes » et s’en plaignent. Et on les prend pour des fous. Les anesthésiés les prennent pour des fous. Merci bien.

Le bon côté de cette augmentation des perceptions, pour moi, c’est que ça me permet donc de comprendre les gens qui parlent d’électro-sensibilité, comme des énergies d’un lieu : « je me sens bien ici, je respire ! » ou « il y a de mauvaises énergies ici, j’étouffe ! ».

Comment est-ce que j’en suis arrivée là ?

Beaucoup d’alimentation vivante (aliments crus, séchés, fermentés…), aliments bio, alimentation hypotoxiques et anti-inflammatoire (paléo, quasi sans céréales, quasi sans laitages…), activité physique douce (adaptée à mon état de santé), bains au sel d’epsom et nigari, plantes médicinales (adaptogènes, plantes hépatiques, rénales…), lavements, yoga, taï-chi, prière, beaucoup de temps passé seule dans la nature.
En Occident, on peut appeler ça une cure naturopathique.
Ailleurs, on peut appeler ça une diète chamanique.

Je précise que je ne mentionne pas tout ce qui figure au programme de ma cure perso. C’est en partie privé, mais j’accepte dans discuter « en vrai » avec les gens bienveillants et curieux d’esprits.

Chez un autiste asperger, les perceptions sensorielles sont en général déjà accentuées naturellement par rapport à la moyenne (les psy appellent ça des « troubles » de la perception sensorielle).

Un aspie bien au fait de ses particularités sensorielles me dira « mais t’es fou ! Tu cherches à augmenter tes perceptions ??!!! Mais je ne peux déjà pas supporter le moindre bruit, j’ai aucune envie que ça empire ! Je vais aller me goinfrer de hamburgers, je veux m’anesthésier !! ».
Lol.
Sauf que non, ça ne marche pas comme ça.

On peut devenir capable de « gérer » nos perceptions. Entre autre en prenant du magnésium glycinate. On reste sensible mais on gère mieux, on supporte mieux, on est beaucoup plus zen, sans efforts.
Le magnésium, c’est magique (par exemple celui en poudre de chez Doctor’s Best, le magnesium « chelate »).
Tout le monde est obsédé par le calcium pour les os.
Tout le monde ferait mieux de prendre du magnésium pour les nerfs, il y aurait moins de guerre et d’attentats et d’agressivité en général !!!
Le repos, aussi, a de merveilleux effets anti-stress. Plus on est reposé, plus on supporte le bruit, les gens, l’agitation.

L’alimentation paléo, anti-inflammatoire, hypotoxique a aussi de merveilleux effets apaisants, via son apports en micronutriments essentiels et en favorisant le bon fonctionnement des fonctions éliminatives (via les fibres des fruits et légumes, les anti-oxydants, les micro-nutriments…).

Donc oui les perceptions peuvent augmenter, s’affiner, et on peut réussir à « gérer », à vivre avec.

Avec l’augmentation des perceptions, on devient bien plus conscient de plein de choses.
D’avantage de perceptions, c’est d’avantage de conscience et de responsabilités.
On parle beaucoup de l’augmentation du « niveau de conscience », dans le milieu new age, comme dans le milieu « alternatif »/hors système (naturo, écolo, permaculture, etc…).
L’augmentation du niveau de conscience passe donc par l’augmentation des perceptions.

Cleansing the doors of perceptions…

– – –

Jeudi 8 juin 2017, 16h10 ; Haute-Savoie.

Passage à la MDPH ce matin : mon dossier de demande d’AAH est aux mains d’une équipe, pas moyen d’avoir ne serait-ce qu’une évaluation du temps d’attente restant. Au moins, il n’est plus au fond d’une pile, mais toujours pas de date de passage en commission (10 mois ½ après avoir déposé la demande, hein, faut être sacrément patient, quand on est handicapé en France, et surtout pas dans une situation d’urgence vitale, hein). La date de clôture des inscriptions en fac de psycho est le 20 juin. Je ne sais pas si je vais m’inscrire au culot et advienne que pourra, ou attendre d’avoir la réponse de la MDPH…

Hier, au chalet pour la journée, j’ai été rejointe l’après-midi par un artisan du coin et son apprenti.

Ils ont fait en 2 heures, avec les mêmes outils que moi, le boulot qui m’aurait pris 4 ou 5 jours seule.
D’après l’artisan, le plancher était très bien fait.
On n’a décidément pas le même point de vue…

La dalle est merveilleusement nue quasi partout, il ne reste plus de contreplaqué que dans le WC-cagibis. J’étais époustouflée et très admirative et reconnaissante, ils ont été appelé le matin et ils se sont décidés au pied levé. Chance qu’ils aient été dispo.

Ensuite La Pessière est passé, et là c’est moins bon, il sont très réticents à l’idée de faire des travaux (garantie de résultat impossible), trop à faire, trop pourri, ça s’affaisse déjà, ça ne pourrait être que conservatoire et non pérenne… A la limite, à les entendre j’avais l’impression que le chalet allait s’écrouler demain.

En tout cas, ce n’est donc pas habitable à l’année. Il reste à demander un 2ème avis, on doit bien pouvoir faire faire 2-3 choses pour que ça ne s’écroule pas tout de suite.

J’ai fini par me demander si ce ne serait pas ce plancher en contreplaqué, au contact des madriers, qui aurait contribué au pourrissement de la structure ? Les madriers prenaient l’eau, le contreplaqué faisait éponge à l’intérieur, bien isolé entre l’isolant mousse et le lino, et comme il était à l’intérieur à l’ombre, il retenait cette humidité longtemps, plus longtemps que les madriers ne l’auraient retenue s’ils avaient été uniquement au contact de l’air.
Bon, au moins, les gars de La Pessière m’ont dit que j’avais eu une bonne idée d’avoir « décaissé » autour du chalet (rabaissé le sol). C’est déjà ça.

Mardi, je suis partie en quête de chaussures à semelles en cuir. J’ai trouvé des Tropéziennes qui me plaisent bien. Portées ce matin en ville, le cuir frotte un peu ici et là mais ça reste relativement confortable, j’en ai pris un modèle qui tient plutôt bien au pied, sans être affublé d’une lanière entre les orteils. Le talon est recouvert d’un morceau de caoutchouc, mais ça va, c’est juste le talon et ça permet d’éviter de glisser.

Ce matin à Annecy, partie en quête de chaussures pour temps humide/froid, également à semelles en cuir, j’ai visé le magasin de vêtements d’occasion un peu chic près de l’Hôtel de Ville, j’ai eu la chance d’y trouver une paire de bottes Mexicana à ma taille (presque 4 fois moins chères que des neuves, pour une paire en bon état, essayée avant achat, nickel). La aussi, talon caoutchouc antidérapant mais vaut mieux ça que de risquer de se vautrer toutes les 5 minutes.

Dire que j’ai mis 3 jours à découvrir que les chaussures à semelles en cuir existent toujours… Ca me donne la sensation d’avoir une mentalité de pauvre : habituée que je suis à acheter mes chaussures dans des grands magasins qui respirent le plastique, faute de pouvoir m’offrir mieux… Bon, chez Besson, à Epagny, j’ai quand même trouvé des babouches sympas… Mais 2 fois plus chères qu’en ligne et peut-être avec un molleton synthétique à l’intérieur de la semelle cuir.

Je suis soulagée d’avoir récupéré cette dalle béton. C’est mille fois plus sain comme ça. Va falloir que je trouve des tapis, un minimum sains et épais, comme à Maison du Monde : tapis en jute ou lanières de cuir, ou encore des peaux de moutons, ce genre de choses, parce que c’est sûr que ça rafraîchit bien les pieds ! Dans un Bricomachin, j’en ai trouvé un en jute, mais recouvert d’un antidérapant en caoutchouc côté sol. J’ai gratté 2-3 millimètre carrés de ce revêtement à la con, pour voir, ça doit être enlevable.


Mes chaussons en laine, sur la dalle en béton. Je les ai acheté en décembre, pas encore lavés depuis, donc forcément ils commencent à avoir un peu la même couleur que la dalle.


Cadeau pour ma mère.

Je pense regrouper dans un article quelques publications scientifiques sur la réalité des bienfaits de la connexion à la terre —> Mon 1er article sur le sujet ici . Je me rends compte que j’ai l’air d’une hystérique, à vouloir revoir ma garde-robe des pieds à la tête (cuir au pied, fibres 100% naturelles aussi pour les fringues, peut-être manteau imperméable en cuir, etc…)…


Couverture 100% laine…


Pull d’occasion 100% laine (vive ebay!)

… à préférer une dalle béton nue toute froide plutôt qu’un plancher isolant thermique, mais voilà, le plastique/synthétique c’est juste plus possible et j’ai envie de cultiver ma sensibilité et mes capacités à reconnaître ce qui est bon pour moi (instinct) plutôt que de les anesthésier.

J’ai même déjà investi dans un kit pour voiture : pour réduire l’électricité statique qui s’accumule quand on roule : un tapis qu’on met sur le siège sous les fesses, en caoutchouc carbonisé (« carbonised », en anglais, j’ignore comment ça se traduit)… Comme quoi il y aurait donc du caoutchouc conducteur, j’avoue que j’ai du mal à comprendre, me faudrait un cours de physique-chimie, là… Bref, un tapis conducteur connecté par un fil et pince croco à la structure métallique du siège (donc de la voiture) et une bande de caoutchouc carbonisé sous la voiture, fixé à la structure métallique, et en contact avec le sol. Je suis toute fière d’avoir réussi la fixation de cette bande sous la voiture. J’avais tellement peur que ça se barre au bout de 100m ou de 2-3 kilomètres… Je me suis servie d’une pince à couper du fil de cuivre pour serrer les visses, par manque de tenaille ou de clé adaptée, mais ça tient. Va aussi falloir que je me confectionne une caisse à outil, décidément…
Et oui j’ai acheté du fil de cuivre tout fin dans un magasin de loisirs créatifs, avec une pince. Je vais essayer de me faire des bracelets en cuivre. J’hésite à acheter des semelles de cuivre, ou des chaussettes de cuivre (tissu « enrichi » d’ions cuivre, va savoir comment ils font ça…).

Une vraie hystérique…

Ca fait une semaine que je dors par terre ici en Haute-Savoie, sur un sol aux qualités conductrices douteuses mais meilleures que du plastique pur. Je dors sur un tapis en laine, deux nattes en paille, deux couvertures en pure laine pliées en 3, ça reste très « ferme » et pourtant en une semaine je n’ai fait qu’une insomnie et je me réveille plutôt bien reposée. Ca va. J’envisage quand même l’achat d’un futon de voyage. Ou de quelque chose de plus pratique, de plus léger, mais je ne sais pas trop quoi.

J’aimerais bien qu’il y ait des salons habitat bio tous les mois un peu partout, ce serait pratique !

J’ai aussi changé l’ordi de place pour éviter de stationner des heures dans le bureau, sur un parquet flottant synthétique, posé sur un isolant synthétique. Ca me donne la sensation d’être sous l’eau en apnée quand je suis sur ce genre de sol.

Ce matin à Annecy, rue de la République, j’ai lorgné une vitrine à laquelle je n’avais jamais trop prêté attention : un magasin de vente de peaux (moutons, vache…). Ca me fait sacrément envie.
De la matière vraie ! Ils avaient aussi un plaid en patchwork de peaux de lapin. Limite j’en bave d’envie. Je pense aussi à la peau de bison que j’ai vue dans l’entrée de l’auberge des Bisons, à la Pesse, limite j’ai envie d’aller les voir et de leur demander s’il font de la vente directe, comme pour la viande séchée.
Voilà, ma quête de « vrai » est lancé.

Si un jour je me fais construire un chalet, je saurai quoi demander, quoi bannir.

Vive le vrai !

Rue Perrière, j’ai aussi découvert un merveilleux magasin d’artisanat local de grande qualité : de la maroquinerie elfique (Terre de cuir), des pulls angora beaux à tomber par terre, de l’ébenisterie avec un petit côté steampunk… Et c’est du local, et c’est de la vraie matière et c’est du beau raffiné. Je devais avoir des étoiles dans les yeux, tellement j’étais au paradis.

Ca me donne envie de faire une formation en maroquinerie ou de travail de la laine ou de devenir bottière elficopunk ou quelque chose comme ça.

– – –

Lundi 12 juin 2107, 8h30, Haute-Savoie.

Hier matin, j’ai fini d’enlever le plancher dans le chalet. J’adore la dalle toute nue. Ca fait très propre.

Démarrer des travaux comme ça, ça nécessite de faire des allées-venues pour débarrasser les lieux des déchets et autres encombrants.

Du coup, parfois je doute de réussir à déménager un jour. Je constate que je dois me nomadiser au maximum, augmenter ma capacité à me déplacer en cas de besoin, à être autonome autant que possible, même en déplacement, que ce soit en terme de nourriture, d’habillage, de couchage…
Je dois être capable d’emmener plus ou moins tout ce dont j’ai besoin partout où je vais, ce qui implique de viser un certain minimalisme, peut-être une nouvelle voiture (d’occasion) de type fourgonnette aménagée.
Pour le couchage, le processus d’équipement est en cours. Natte ou tapis de sol en matière naturelle, couvertures laine. Impossible de me contenter de matières isolantes synthétiques modernes pas chères.


Natte en laine de chez Revolana

J’ai testé le couchage sur carton samedi soir : je me suis endormie à moitié, laborieusement, et j’ai émergée 1h après m’être couchée en ayant mal au dos et mal au ventre. Mix de sensations complètement inédit. Alors j’ai viré le carton et je l’ai remplacé par un sommier à latte : juste le cadre métallique du sommier, les lattes en bois, posés à même la dalle en béton du chalet, le tout recouvert de ce que j’avais mis sur le carton : un tapis 100% laine, mes 2 couvertures laines pliées en 3 et là je me suis endormie, sans plus aucune douleur. J’étais légèrement en suspension au-dessus du sol, mais pas séparée par quoi que ce soit d’autre que de la laine et un peu d’air. Impeccable.

Je cherche des matières « efficaces » naturelles, à la fois épaisses et aussi légères que possible. Pas facile avec la laine, qui a tendance à être assez lourde, mais je ne connais rien de naturel qui soit aussi chaud, sinon peut-être la fourrure, avec les peaux de bêtes ?

De mes travaux d’hier, j’en ai des courbatures partout. Il ne restait plus que le plancher dans les WC mais ça m’a donné du fil à retordre. En tout, rangement compris, ça m’a pris 3h30 pour une surface de 2m2 environ, dont environ 2h pour sortir la plus grosse des plaques de contre-plaqué (environ 1,5m2). J’ai utilisé le cric de la voiture pour la soulever. Ces plaques étaient non seulement vissées sur des lambournes, les visses ayant rouillé, mais les lambournes étaient vissées à la dalle (à travers le contre-plaqué), les pas de vis en plastique ayant été installé bien profond dans la dalle. Du coup j’en ai bien chié, le cric a été mon héro du jour, et après beaucoup de grognements et de maudissements, voilà, la belle sal$*perie a été virée du chalet.

Oui, pardon, ce fut pénible.

Après, j’ai fini par réaliser que ce n’est pas de la « saloperie », c’est de la belle matière noble (bois) don tl’esprit a été complètement perverti par l’homme (comme les Uruk-haï du Seigneur des Anneaux). Et là je dis bien l’homme, le mâle, qui est bien le responsable de la fabrication de matériaux aussi pervertis. Et c’est triste à pleurer, de la belle matière réduite à ça.

J’ai bien le côté minimaliste de l’installation du moment. Il manque juste des rangement pour la nourriture et les vêtements, des planches ou des barres où suspendre les tapis de sol et les couvertures pour leur éviter l’humidité.

Même pas envie de remettre le canapé. Je vais peut-être le ramener en Haute-Savoie. Ca encombre beaucoup et j’ai envie de place. Et maintenant j’aime bien dormir par terre, à la japonaise ou à la toungouse…, ce genre de couchage traditionnel. Et puis sur le sommier, faudrait un autre matelas que le matelas en mousse synthétique (ou pas de matelas du tout, si c’est juste pour moi). Faudrait un futon ou un matelas de tapissier de récupération/occasion. J’ai vu un vieux lit une personne en métal, avec un matelas comme ça, en vente pas loin sur leboncoin, pour 100 euros. C’est raisonnable.

Donc le canapé et la table de berger sont sous le haut-vent, avec les plaques de contre-plaqué, trop grandes pour ma voiture. Je commence à envisager la location d’une fourgonnette pour débarrasser, mais j’aurais besoin de quelqu’un pour m’aider à porter tout le bordel.

Vu la gymnastique que j’ai faite hier pour arracher ce putain de plancher, j’ai peut-être encore gagné un ou deux millimètres d’épaules, mais quand même, y a des limites.

J’aimerais bien récupérer le haut-vent pour en faire un espace camping. J’ai commencé à y enlever les pierres et les cailloux, pour que ce soit plus confortable d’y marcher pieds nus.

La chaleur fait un peu morfler mes plantations. Samedi midi quand je suis arrivée, un de mes rosiers commençait à piquer du nez. C’est pas normal, autant de sécheresse pendant aussi longtemps.

– – –

23 juin 2017, Haute-Savoie, 7h30.

J’ai bien réussi à remettre à l’intérieur du chalet les meubles qui étaient sous le haut-vent, toute seule comme une grande.

Avant:

Pendant:

J’ai traîné la table de berger sur un angle de sa longueur, sur l’herbe, soulevé, tiré, poussé. Le cadre du canapé était tout léger, je pouvais le porter en me mettant à l’intérieur du cadre.
J’ai trouvé un crapaud sous la plaque de contre-plaqué sur laquelle était posé le bordel.

Je voyais bien que le sol ne séchait pas après le gros orage de… euh, je ne sais plus quand, il y a deux semaines ? Le bordel faisait couvercle. L’esprit du lieu, si je puis dire, était devenu humide. J’ai emmené le crapaud ailleurs à l’ombre.

J’ai ratissé, encore enlevé pas mal de cailloux. Ca sèche très vite par ce temps, sans le bordel.

Dormi là pour la 2ème fois.

Il faisait 15° au réveil. Pas de problème d’humidité, grâce à mon merveilleux sommier en osier. Il a juste fallu que je m’équipe d’une deuxième couverture en cours de nuit et que je vire une couche d’osier, plutôt bien dormi.

La natte en laine entre le drap et la natte en paille, elle vient de chez La Chouette Couette.

J’ai été en vadrouille ces derniers jours : une nuit à Oyonnax, deux nuit à Bourg-En-Bresse, une nuit au chalet. Dormi sur ma natte en laine, posée sur une natte en paille. C’est raide mais je dors quand même. A Oyonnax, il y avait plein de couverture en laine dans la chambre, alors j’ai pu dormir sur du rembourré, sur un vieux sol en carrelage en rez-de-jardin, c’était limite du luxe.

J’ai découvert les abords du monastère royal de Brou, à Bourg en Bresse : l’allée de tilleuls qui borde la rue et le parking était en fleurs, dans le petit vent chaud, parfum divin.

Je n’ai toujours aucune nouvelle de la MDPH. Je vais peut-être écrire à la secrétaire d’Etat chargée des Personnes Handicapées, pour le plaisir de râler, puisque sur son profil facebook, elle invite les gens à lui écrire pour lui exposer leurs problèmes.

Journal de transition – Mai

Thèmes :

Approvisionnement
Eau
Hygiène
Travaux manuels
Connexion, déconnexion et isolement
Centrale solaire…

Mercredi 24 mai, 10h45. La Pesse. Grand beau temps.

Un peu la sensation d’avoir le cerveau d’une huître.
Est-ce que je mange assez ? Est-ce que je respire assez ? A 1200m d’altitude ?
C’est peut-être le stress, ou la surconsommation d’énergie pour s’adapter à la situation, ou les deux.
Je dois réfléchir à peu près à tout. Comment je fais pour m’approvisionner ? Je vais faire mes courses où et quand ? Oyonnax ? Saint-Claude ? La petite épicerie du village ? La fruitière ? Au mini-marché des Bouchoux le dimanche matin à 9H (sans savoir à l’avance ce que j’y trouverai ou pas)? Je ne peux pas trouver tout ce que j’aime, ici, tout ce que j’ai l’habitude de manger, tout ce qui est facile à préparer, puisque je sais comment le préparer, puisque je le prépare tout le temps en Haute-Savoie. Habitude/routine efficace = gain de temps et d’énergie. Ce que j’aime le plus, c’est à dire ce que je digère le mieux et ce qui est le plus facile à préparer ou qui ne nécessite pas de préparation, une bonne partie de tout ça, faut l’acheter à l’avance à Annecy, prévoir, s’organiser. Ici je peux trouver certaines choses, à certains endroits. Faut faire 25km pour trouver un supermarché avec un chouilla de produits bio. Le magasin bio le plus proche, à Oyonnax, est plus petit et donc plus cher que les plus grands d’Annecy.

Exemple, en Haute-Savoie, j’aime bien manger de la salade verte, beaucoup de salade verte avec beaucoup de sauce moutarde. Ici, rien que de penser à un éventuel lavage de salade, ça me fatigue. Faudrait au minimum 1L d’eau dans une bassine pour faire un lavage minimaliste de la salade tête en bas dans la bassine. Comme au stage « Vivre Cru » de l’asso Régénère, on lavait les salades en les laissant entières, et en les plongeant et en les secouant énergiquement, tête en bas, dans un seau plein d’eau. Donc ici pas de salade.
Et quand je mange quelque chose d’inhabituel, qu’est-ce qui se passe ? Il y a quelques jours, j’ai mangé des abricots au petit-déjeuner (je voulais petit-déjeuner léger pour pouvoir déjeuner tôt, pour pouvoir partir tôt de Haute-Savoie donc voilà). J’ai douillé pendant 24h, tellement mes dents ne supportent plus l’acidité. Donc faut que je me reconstitue une collection de routines alimentaires compatibles avec mes dents et mes intestins, pour m’assurer un apport calorique suffisant, sans avoir à y réfléchir à chaque repas. Donc c’est compliqué.

Pour simplifier et remplacer la verdure fraîche, comme la salade, il y a la verdure crue séchée:

Faut réfléchir à l’eau. Quand est-ce que je descends au village ? Qu’est-ce que j’arrose ? Est-il vraiment nécessaire de faire la vaisselle aujourd’hui ou est-ce que ça peut attendre demain ? Et la toilette ? Je me lave quelle partie du corps, quand, et est-ce qu’il me reste assez d’eau ? Est-ce que je sors la douche solaire qu’on m’a prêtée et dont le robinet est super dur à manier ?

Je lèche mes assiettes et mes bols pour pouvoir les réutiliser au repas suivant, pour économiser la peine de la vaisselle et donc 1L d’eau, et donc le portage d’un kilo superflu en côte.

Je veux me faire un cacao. J’allume le gaz sous la casserole dédiée au rituel du café et du cacao, casserole coiffée d’un couvercle. 5 minutes plus tard, je trouve que ça sent le chaud. Je n’avais pas vérifié s’il y avait de l’eau dans la casserole. Il n’y en avait pas.

Je viens de changer le sucre de place. Il était dans la table de berger, dans un tupperware, je l’ai mis dans un pot en verre (récupération d’un bocal à haricot verts), dans le placard sous la gazinière, du coup à chaque fois que j’en ai besoin, je me demande où il est. Les rangements manquent. Il faudrait rajouter des étagères à la table de berger, entre autre pleins d’autres solutions à envisager. Un homme bricoleur ferait ça en 10 minutes. Moi, je vais y réfléchir pendant quelques semaines.

Je me sens gourde des doigts. Je découvre à quel point je suis bête des doigts. Les connexions neuronales entre mes doigts et mon cerveau semblent plus ou moins inexistantes. Pour taper à l’ordi, là ça va, mais pour manier un râteau ou juste faire des nœuds avec une ficelle, ça devient compliqué. Je me savais déjà bête de doigts, vaguement, obscurément, là je le constate. Je constate à quel point ça m’handicape. A quelle point mon éducation en la matière est entièrement à faire. C’est humiliant.

Je constate à quel point je ne sais pas planter ceci cela. 5 ou 6 de mes 30 graines de courges ont commencé à lever. Beaucoup se sont fait bouffer aux vers. Pas assez d’eau au bon moment ? Trop d’eau trop tardivement? Trop de terreau (Or Brun spécial potager) ? Ou c’est juste tout le temps comme ça dans tous les jardins ?
Faut tout réapprendre, ou plutôt apprendre d’autres choses, plein, autrement.

Je me fais déjà du soucis pour les rosiers, l’absinthe, la menthe des montagnes et la sarriette plantés hier : est-ce que je vais avoir mis trop de terreau, pas assez de terre ? Est-ce que j’ai choisis des emplacement décents ?

Et les cassissiers qui restent à planter ? A quelle distance je les mets les uns des autres ? Avec quel dose de terreau ? Etc…

Je voudrais m’essayer au bouturage d’églantiers, entre autre. Faut attendre août-spetembre. Après faut attendre de voir si ça prend, ou pas, faut que ça reste au chaud tout l’hiver, donc pas ici, donc en Haute-Savoie, donc c’est compliqué. Vaudrait peut-être mieux que je tente d’en transplanter des tous jeunes, donc faudrait partir en chasse de bébés églantiers dans les bois…

Là en rentrant du point info du village, après ma 1/2h d’internet matinale, j’ai mis un coffre à vêtement en plastique par terre, sous le lit gigogne (lit en hauteur). Il était posé sur le lit gigogne depuis mon arrivée, donc pas du tout facile d’accès (fallait monter sur la petite échelle qui fait mal au pied pour trouver une fringue). J’ai viré un fauteuil pour faire de la place (le fauteuil est maintenant sous le haut-vent, dehors), et j’ai mis le coffre en plastique tout moche à couvercle bleu à la place, là, à 60 cm de ma tête de lit, rien que de faire ça, ça m’a mis en joie. Rendre plus accessible mes vêtements. Je n’ai pas de placard, pas de commode et je n’ai pas vraiment la place d’en amener pour le moment. Tout l’espace serait à réagencer d’un coup.

J’ai mis une ficelle en travers du lit gigogne, sous les lattes du matelas, pour pouvoir m’en servir comme penderie. Déjà rien que de trouver le bon endroit où l’accrocher, essayer plus ou moins de la tendre, pour ne pas que ça pendouille trop, ça m’a pris bien 15 minutes, minimum…

Mais avant de faire tout réagencer (par qui ? Quand ? Comment?), je me dis qu’il faudrait commencer par savoir s’il est raisonnable de mettre un chauffage au bois ici ou pas (savoir où le mettre et agencer l’espace en fonction, tout autour, pour ainsi dire). Un employé de La Pessière, l’entreprise de construction de chalet du coin, nous a dit que bof, non, pas trop, on risque un peu trop de tout faire cramer. Ca m’a un peu cassée. Comme quand le Maire qui nous dit que, en somme, le chalet n’existe pas.
Au magasin Bricomachin d’Oyonnax hier, un employé m’a renseignée vite fait sur les poêles à bois, mais son collègue spécialiste de la question est absent pendant une semaine, faudra repasser pour plus d’info, ou demander à l’accueil les adresses d’artisans qui se chargent de la pose de ces machins, et qui pourraient mieux répondre et… Bref, encore attendre.
Au magasin Bricomachin, j’ai quand même acheté un sécateur. J’allais en prendre un noir à 14 euros quand mes yeux sont tombés un peu plus bas dans le rayon, sur des sécateurs pour femmes, des sécateurs sexistes, misogynes à souhait, roses.

Ca m’a mis la banane, j’en ai pris un rose à 15 euros (le même que le noir à 14, mais rose, donc c’est forcément plus cher, hein). Et c’était un peu comme d’acheter un sécateur à paillettes. Ca m’a mis le sourire pendant bien 10-20 secondes et encore là en racontant le truc, je souris, bêtement, donc.

– – –

Jeudi 25 mai. 8H20. La Pesse. Grand ciel bleu, vent (d’est?).

On se demandera pourquoi je ne vais pas chercher mon eau en voiture. Pourquoi je n’installe pas un gros réservoir de 20L ou 40L ici, que je remplirai avec d’autres bidons plus petits, ramenés en voiture. Pourquoi je fais la corvée d’eau à pied ?

C’est l’orgueil.
L’eau est à environ 1km d’ici, aux WC publics. Je trouverai ça assez honteux de prendre un gros machin d’une demie tonne (la voiture) pour faire un kilomètre, pour ramener 20 ou même 40 litre d’eau, alors que je peux en ramener facile 10 sur mon dos.

Je peux en mettre environ 8 dans mon petit sac à dos à fleurs (un bidon de 5L + 3, voir 4 bouteilles de 1L), et je porte un bidon de 5L dans les bras, et voilà, je ramène facile 13 litres d’eau en 30 minutes. Je trouve ça plus valorisant, plus simple (les gros bidons, ça prend de la place dans 16 m2 ou sous un petit haut-vent et puis une fois arrivé en voiture, faut faire le demi tour pour repartir, et l’aire de retournement n’est pas très maniable).
Et puis je trouve ça plus écolo, non seulement de ne pas utiliser d’essence, mais aussi d’avoir peu d’eau, puisque ça force à l’économiser. Et puis ça fait économiser du plastique. J’ai déjà eu du mal à acheter un arrosoir en plastique, j’en voulais un en métal, mais j’ai pas trouvé, alors plein de bidons supplémentaires…
Je ferai quand même volontiers poser des chenaux raccordées à des réservoirs, pour récupérer l’eau de pluie, pour pouvoir arroser tranquille, mais ça s’arrête là. Même pas des gros réservoirs énormes.

Mais curieusement, quand je dis aux gens qu’ici il n’y a pas l’eau ni l’électricité, tout de suite ils posent la question de l’eau. Tout de suite ils n’ont que l’eau à la bouche, si je puis dire. La peur de la crasse, sans doute. « Comment elle fait pour se laver ? Et vaut peut-être mieux pas trop l’approcher, parce que sans eau courante, forcément on ne se lave pas, on pue, on est une souillon ! ».
Alors que j’ai une gazinière, des casseroles, des bassines, des gants de toilette et du savon. J’ai tout ce qu’il faut pour me laver et avec 3 litres d’eau je me fais un shampoing (alors que j’ai les cheveux longs, je précise, ça a son importance!) et qu’avec moins d’un litre je me lave « l’essentiel », au gant, comme quand j’étais gosse, comme mes parents quand ils étaient gosses et qu’il n’y avait même pas de salle de bain chez eux. Et je fais même bouillir mes gants de toilette pour qu’ils soient bien, bien propres (désinfectés).

La toilette au gant, ça se perd, mais c’est très pratique, très efficace. On ne se lave pas tout à la fois mais on s’en fout. Un genou ou un coude, ça se salit assez peu, au quotidien. Et comme ça, non seulement on économise de l’eau, et c’est bon pour la planète (et dans mon cas, bon pour mon dos) mais on économise aussi notre peau, notre petite couche de sébum qui protège la peau des agressions, de la déshydratation, et ça c’est bon pour la santé dermatologique. La peau n’est pas faite pour être décapée tous les jours.
Bref.

Donc les gens, tout de suite, quand je leur dis « chalet de 16m2, pas d’eau courante, pas d’électricité », ils psychotent sur l’eau.
Alors que moi, ce qui m’handicape le plus, ce qui me fait souffrir et m’empêche de pouvoir envisager une installation ici, en l’état, à l’année, c’est le froid : l’absence d’isolation et de chauffage correct. Mais quand on dit « chalet », on s’imagine peut-être forcément un petit chalet dans les alpages, parfaitement adapté à l’hiver et équipé pour résister aux frimas. Alors que non.

Alors je vais peut-être arrêter de dire chalet et opter pour le mot « cabane ».

Quand il fait 5° ici, je m’en fous sacrément d’avoir l’eau ou pas. J’ai froid et puis c’est tout. Et si j’allume le poêle à pétrole, je gagne au mieux un degré par heure, et il faut aérer toutes les heures, parce que sans ça, ça pue, on s’intoxique probablement un chouilla.

Donc voilà, je vais chercher l’eau à pied et je voudrais une isolation décente et un poêle à bois ou sinon, partir au sud, et surtout plus bas. Rien qu’à Oyonnax, à 25km d’ici, mais environ 600-700 mètres plus bas, c’est déjà moins rude…

Là depuis que je suis arrivée le dimanche 21, il fait très beau, j’ai 14-16 degrés dans le chalet, au réveil vers 7H, deux pulls suffisent, c’est royal. Et le soir il fait dans les 20-22° si je garde bien la porte-vitrée fermée, vu qu’elle est orientée au sud-ouest, elle prend très bien le soleil, ça chauffe impeccable, royal.

– – –

Vendredi 26 mai, 7h15, La Pesse. Grand ciel bleu.
Week-end de l’Ascension. grand ciel bleu, donc moins de calme que d’habitude, forcément. Plein de monde au gîte en contre-bas, du monde arrivé hier après-midi dans la maison d’à côté. Concert de tondeuse l’après-midi, puis de tronçonneuse jusqu’à 19h30 hier soir, jour de l’Ascension. Tout le monde semble s’agiter sous le soleil.
De mon côté j’ai fait du terrassement. J’ai creusé au pied de la dalle. Ca change du pied de la butte.

Le chalet est construit sur une dalle en béton assez haute (posée ? sur les moellons, ou encadrée ? de moellons, je sais pas…, pour une hauteur d’environ 50cm ? J’ai pas cherché la base).

Pour rendre la porte d’entrée plus accessible, on a remblayé au pied de la dalle, on n’aurait sans doute pas dû. Ramener le sol près du bois, ça a ramené la terre humide et la neige contre le bois en hiver, d’où des problèmes d’humidité et de pourrissement du bois aux angles du chalet. Comme on ne peut pas surélever le chalet, je me suis dit qu’on pouvait peut-être rabaisser le sol. Alors j’ai essayé, avec ma serfouette à pointe tordue, et ça a bien marché.

La veille j’ai tordu ma serfouette en faisant je ne sais quoi, peut-être en allant chercher des bébés églantiers dans la pente au-dessus du chalet. J’ai ainsi appris que les bébés églantiers sont des « gourmands », comme pour certains lilas ou les pruniers : se sont les racines d’un grand églantier qui donne des bébés. Alors j’ai ramené des bouts de racines d’églantiers, pas sûre que ça prenne, forcément. J’ai mis ça dans des pots, à l’ombre, dans un mix moitié terreau, moitié terre de forêt, bien arrosé.


Avec mon bermuda, mes pieds nus, mes fringues qui rétrécissent avec mes épaules qui s’élargissent, et ma serfouette tordue, j’avoue je me fais un peu penser à Hulk, j’avoue.

Pour mon terrassement, j’ai passé bien 2-3 heures à creuser, à déterrer des pierres, des petites, des moyennes, des très grosses. J’ai fait un cairn. Et ça, c’est seulement pour le côté sud. Reste le côté ouest et nord. Le côté est, sous le haut-vent, ça va, ça reste sec tout le temps.

Et vers 16-17h, je suis allée chercher de l’eau en VOITURE !

Un de mes rosiers commençait à tortiller ses feuilles, ça a été le signal d’alarme.

Vu que le matin j’avais écrit que c’était surtout l’orgueil qui me faisait aller à l’eau à pied, et vu que c’est pas beau l’orgueil, je lui ai donné un coup de pied où je pense à mon orgueil, surtout qu’il risquait de mettre mes plantations en périls, mon orgueil, avec un soleil pareil, vu que je n’ai pas encore « paillé » mon sol au pied de mes plantations, ça se dessèche vite et faut arroser tant que ça ne s’est pas bien enraciné.
Et j’avais un bidon de pétrole de 20L vide qui attendait d’être emmené à la déchetterie. Je l’ai lavé vite fait et voilà, un bidon de plus.

Je crois que j’ai attrapé un léger coup de soleil sur les épaules.
J’ai travaillé pied nus. J’adore être pieds nus ici. Je vais finir par me transformer en hobbit, les poils en moins, j’espère.
Je rentre je sors pieds nus, quand la température et l’état du sol le permet (je doute que je le ferais après une averse sur de la terre boueuse).

Je me suis fait un bermuda, avec un vieux jean troué, parce que terrasser en pantalon au soleil, ça tape. Du coup je me suis un peu salie les genoux.

Alors après le terrassement, avant dîner, j’ai pris une « douche » avec environ 1L d’eau.

Juste 1L, oui.
Je suis fière (l’orgueil est décidément un bouffe-tout).

Ca faisait 6 jours depuis la dernière douche.

Le matin j’avais vidé mes WC (vidé dans les WC publics du village, pas dans la nature!), et je les avais lavé avec environ 1L (eau bouillante + savon liquide). J’avais fait un shampoing, avec environ 3L… Donc oui il ne me restait pas grand chose pour arroser mes rosiers…

Et oui, c’est possible de prendre une douche avec 1L d’eau, enfin de se laver de la tête au pied (sauf les cheveux). Je me suis concocté un coin douche à l’arrière du haut-vent, avec un pare-vue d’1,5m de haut et 5m de long, en joncs, et avec 2 rondins. Je suis quand même restée accroupie sur un rocher qui affleure à cet endroit, pour pas risquer de finir dans une flaque de boue.

Le coin douche (provisoire, plus tard en juin je découperai le pare-vue pour en faire un sommier):

Pour la « douche », faut juste une bassine, dans laquelle on met l’eau chaude, un gant, du savon liquide. L’astuce c’est de mouiller le gant pour se savonner : on le trempe dans la bassine, on l’essore un peu, on met 2-3 gouttes de savon, on commence à se laver (en frottant bien), et on remet un chouilla d’eau et de savon au fur et à mesure de l’opération sur le gant, pas sur la peau, et on fait bien attention d’utiliser juste le strict minimum de savon, pour pas se retrouver tout moussu. Et on se rince en prenant l’eau dans la bassine avec les deux mains en coupe, plutôt que de se la verser dessus au petit bonheur.

J’avais l’impression d’être une africaine au Sahel.
J’ai fignolé les pieds une fois rhabillée, assise au soleil devant le chalet. Va falloir que je me concocte un bac de douche et se sera nickel… Ou très casse-gueule.

– – –

Mardi 30 mai, La Pesse, 8h25, 18° dans le chalet.
Je suis là depuis le dimanche 21, quasi pas une goutte de pluie en 9 jours (juste 2 ou 3 samedi en fin d’après-midi, avec un temps un chouilla orageux). Je vais m’absenter à partir de jeudi, pour m’occuper de mes impôts et aller au cours de taï-chi vendredi soir, j’espère qu’il pleuvra un peu, sinon va falloir que je revienne très vite pour arroser mes petites courges.
Les rosiers, les cassis, le framboisier et la sarriette semblent bien implantés maintenant. Les boutons de fleurs d’un des deux rosiers se sont décidées à s’épanouir.

L’absinthe, la menthe et bien sûr les semis restent fragiles.

Donc quelques courges ont levées. Je me suis dit que c’est aussi la température qui a dû jouer : il faisait peut-être encore trop frais quand je les ai semées, j’aurais pu attendre 4-5 jours de plus.

Hier au village, il y avait panne d’internet : pas de web au Point Information, pas à la mairie…

J’irai peut-être me connecter à la médiathèque de Saint-Claude, si ça ne revient pas aujourd’hui…

Dimanche dernier, en stationnement chez un cousin d’Oyonnax, j’ai commencé à poster ce journal sur mon blog perso, toute la partie écrite en avril et j’ai déjà envie d’y faire une ou deux corrections.

Hier j’ai acheté des bébés courges à Agrichose, à Oyonnax, et puis à Casino je me suis équipée de lunettes de soleil et d’espadrilles. J’étais en manque de godillots vite enfilés pour traîner autour du chalet.
Donc ambiance plage, avec les lunettes catégorie 3 et les espadrilles rose fushia….

Par un temps pareil, on est forcément pris d’envie de se baigner, et il y a le lac Genin, pas loin… Faudra aussi que je finisse par aller jeter un œil à celui de l’Embouteilleux, nettement plus proche.

Hier, une copine aspie m’a envoyé un petit sms pour me demander si on n’organiserait pas un nouveau café-aspie cette année. On en avait fait un mini en 2015, un en 2016, à Annecy. Là, on va voir, je ne ne peux guère gérer la création d’un « événement » sur facebook. On va voir… Peut-être juste une rencontre à deux !

Je trouve assez fascinant qu’on arrive à me joindre comme ça, ici. J’ai un peu la sensation de vivre dans une dimension parallèle à celle de « avant », comme la sensation d’avoir été effacée de quelque part. Je suis pourtant bien toujours « connectée », mais, en même temps, ailleurs, comme très très loin, avec des préoccupations très différentes de celles que j’ai/avais en Haute-Savoie. Ici je me préoccupe de la pluie, de la direction du vent, de ma réserve d’eau, du chargement solaire de mes outils de connexion…, ah tant que j’y pense ce soir à 19h, il y a une réunion publique aux Bouchoux pour la création d’une centrale solaire coopérative. Je suis tentée. Je crois que ce serait même bête que je n’y aille pas.

Et donc je trouve ça fascinant, que, en somme, on se souvienne encore de moi, qu’on arrive à me « trouver » ici, que j’existe encore « pour de vrai » dans la tête des gens. C’est un peu bête, j’ai quasi mis une annonce sur facebook pour dire que je suis là…, sans parler de ce journal sur mon blog.

Que j’existe donc « sur le réseau », bon, normal, mais « en vrai », et que des gens (hors famille) se servent de mon numéro et que ma compagnie de téléphone arrive à faire parvenir le sms jusque là… J’ai un peu de mal à expliciter la sensation…

Bref.

C’est plus facile de se contenter de creuser.

 

– – –

31 mai, 5h45, La Pesse.
Nuit de merde. Merci période ovulatoire.
La grande différence entre un mec qui raconte sa vie et une nana qui raconte sa vie, c’est que, assurément, jamais un homme ne pourra mettre ses insomnies sur le dos de ses fluctuations hormonales, sauf peut-être en cas d’hyperthyroïdie ? Ce genre de fluctuations…

Une jeune nana insomniaque de 20 ans sera aussi susceptible de passer sous silence ses fluctuations hormonales, ignorante du fait qu’elles peuvent induire des perturbations du sommeil comme de l’humeur…

Faut un minimum d’expérience et de connaissance et de compréhension du cycle pour causer de la chose comme ça. Autrement dit, faut être un minimum vieille. Ou alors être très connectée à son cycle, être très à la page des méthodes de contraception naturelles (symptothermie…), avoir été briefée par des « vieilles » éclairées sur le sujet (pas sous hormones)…
Bref.

Nuit de merde.

J’ai mal aux mains, à force de piocher. Comme une sensation de peau brûlée, et puis des courbatures ?
Hier j’ai entamé un nouveau chantier : rabaisser le sol et creuser une « marche à l’envers » sous l’angle sud-est du toit du haut-vent, de façon à ce qu’une personne plus grande que moi puisse y passer sans craindre de s’y fendre le crâne.
Depuis la construction, on doit se pencher en passant là.

 

Là, on va voir combien je vais pouvoir gagner au total, au final, peut-être bien jusqu’à 15 cm. Ce sera compatible avec une personne de 1,75m, voir 1,80. Voir 1,82 ? Environ. On verra.

J’ai sorti de là une « grosse dondon » qui ressemble à la moitié d’une meule de comté. « Grosse dondon », c’est comme ça que j’appelle les grosses pierres. Celle-ci doit faire minimum 30kg, impossible de la porter. Je peux la soulever un peu, mais pour la déplacer faut la faire rouler. Je vais peut-être en faire un seuil pour la porte d’entrée.

Pour le moment j’ai mis là un vieux tiroir en bois, qui stagnait sous le haut-vent depuis des années (va comprendre pourquoi). Le vieux tiroir était déjà à moitié défoncé, il ne va pas faire de vieux os et puis il n’est guère présentable. Quelqu’un de plus lourd que moi risquerait de passer au travers.

Aujourd’hui, je prévois de finir cette « marche ». Je crois que j’ai à peu près fini de creuser autour de la dalle. Faut voir si je ne vais pas être prise de l’envie de fignoler, d’en enlever encore une couche, de perfectionner.

A l’arrière du chalet, je n’ai pas pu creuser beaucoup, le socle rocheux est tout de suite là. J’ai arraché quelques pieds de silène : c’est fou ce que leurs racines sont puissantes : elles semblent capables de s’insinuer dans les failles du rocher et de le faire péter. On ne dirait pas, comme ça, à voir leurs petites fleurs blanc-gris, toute frêles et évanescentes…

Celui-là, je n’ai pas eu le coeur de l’arracher:

Aujourd’hui, je vais aussi essayer de retourner en ligne. Pas d’internet hier matin ni avant-hier au Point Info. En principe ça devrait être réparé. Ca va peut-être finir par me décider à m’acheter un smartphone. Hier, je me disais que j’allais peut-être viser la médiathèque de Saint-Claude, mais j’ai vérifié les horaires et s’est fermé le mardi… Ouvert le lundi, mais pas le mardi… Et je n’allais pas retourner à Oyonnax pour la 3ème fois en 4 jours, quand même, faut pas abuser des bonnes choses, et puis la médiathèque d’Oyo est beaucoup moins jolie que celle de Saint-Claude. A Oyo c’est « moderne » (modernement moche), à St Claude, c’est l’ancienne Banque de France, c’est du vieux qui a de la gueule.

J’ai aussi des bébés courges à planter. J’en ai acheté 6 lundi.

Vu les prévisions météo, faudra que je m’absente le strict minimum pour vite revenir les arroser ce weekend. Là le ciel est principalement couvert mais la météo ne semble pas annoncer de pluie pour autant.

Hier soir j’ai vu le renard, de près.
Il devait être aux environs de 22h15, je me préparais à me coucher, je me massais les mains à l’huile et à la crème hydratante, devant la porte vitrée, toute lumière éteinte, en regardant le paysage dans le crépuscule et j’ai vu un animal, dans le champ, en train d’approcher de la butte. Je me suis demandée si c’était un chien, le renard, un très gros chat ? Et puis j’ai distingué la pointe blanche au bout de la queue. Ah ! Le renard ! Il est venu renifler la butte, renifler les pierres que j’y avais installées dans l’après-midi. Comme un inspecteur des travaux finis, ou en cours. Je m’en suis voulu de n’avoir rien mis dehors pour lui. La veille j’avais laissé quelques restes de sardines en boîte sur le composte, mais je ne mange pas de sardines tous les jours.

Oui, j’ai un composte. Pour le moment c’est juste un tout petit bout de terre mise à nue, surtout pour mes peaux de bananes et mon marc de café.

Ah et je suis bien allée à la réunion d’information sur la création d’une Centrale Solaire Villageoise, hier soir aux Bouchoux. J’avais loupé celle de La Pesse. Ca me fait halluciner de voir ce genre d’initiative ici, dans un trou paumé et pas en Haute-Savoie/Savoie. Dans le parc des Bauges, ils auraient pourtant sûrement une réserve suffisante de citoyens motivés. Voir www.centralesvilageoises.fr

Ca me semble de bon augure pour moi, la naturo. C’est le genre d’initiatives qui me laisse penser qu’une naturo pourrait avoir sa place ici, plus qu’ailleurs. Ca me donne envie d’investir dans quelques parts.

J’écoute France Inter en écrivant ça, on y annonce que le réseau Biocoop lance une campagne pour faire entendre ses 21 propositions pour une alimentation bio moins chère, dont une baisse de la TVA pour le bio local, et une augmentation de la TVA pour le non-bio/non-local, pour améliorer l’alimentation des français, réduire les coûts de santé liés à la malbouffe… Tout ça tout ça… Trop cool. J’avais mentionné une idée de ce genre dans la partie « Politique » de mon mémoire. Les grands esprits se rencontrent.

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Et puis le 31 mai, vers 11h, je me suis écrasé le petit doigt avec ma grosse dondon… J’avais décidément les mains fatiguées, la grosse dondon m’a échappée alors que j’essayais de l’installer bien « là » contre les moellons et elle m’a écrasé le doigt contre un moellon, pour m’apprendre que quand on est fatigué, on ferait mieux de s’arrêter (entre autre).

J’avais quand même bien avancé…

Du coup j’ai découvert le Relais Santé de La Pesse et l’une de ses internes, et puis le médecin « vieux de la vieille » qui te raconte comment il s’est jadis arraché un ongle en montant un mur en pierres sèches, quand toi tu t’es « juste » cisaillé un bout de peau, décollé et fendu l’ongle dans le sens de la longueur et mis un bout de matrice à nue…
Bref, c’est pas grave, faut juste attendre que ça cicatrise (3 semaines plus tard, ça cicatrise bien mais l’ongle ne s’est pas encore décidé: tombera, tombera pas?).

Et en vrac:

Quelques uns de mes voisins:

Mes ampoules éclatées:

Je ne le savais pas encore mais le plancher vivait ses derniers jours:

La suite au prochain numéro…

 

Tabac

Spéciale dédicace aux Chroniques Parisiennes du Petit Peuple, qui m’a mise sur la piste de la Semois…

Je crois que je commence une nouvelle collection:

Ca a commencé il y a 3 ans, par la petite boîte de « Miniaturas », tout à droite, boîte vide ramassée dans une « loge » du château de Clermont en Genevois, du temps où j’y travaillais, le lendemain du concert d’une chanteuse de jazz sud américaine.
Cette boîte, je la trouvais jolie et puis elle sentait bon.

En octobre dernier, une copine qui revenait d’Amérique du Sud m’a offert quelques mapachos de tabac d’Amazonie, roulés à la machine à rouler. Il m’ont servi à faire ma première purge au tabac (et peut-être la dernière parce que c’est vraiment pas agréable!). Ils rentrent pile dans la petite boîte en métal.
Dans les Ardennes, j’ai papoté tabac avec un de mes oncles qui fume des petits cigares de temps en temps, il a été tout content d’apprendre que je crapote aussi et du coup il m’a offert quelques petites choses et une boîte en prime, celle tout à gauche.
Et comme j’étais à deux pas de la frontière, j’en ai profité pour partir en quête de tabac de la Semois (on dit de la « s’moi »!). On a fait 3 tabacs avant de trouver cette boîte de petits cigares. J’aurais bien aimé du tabac à pipe, mais il n’y en avait plus.
La pipe, elle, m’a été offerte quand j’étais gosse. On allait se balader de temps en temps à Saint-Claude, donc forcément, une pipe à tête de cheval, pour une gosse qui aime bien les chevaux, c’était vachement logique.

Et puis à une époque, j’avais un blog consacré aux parfums naturels. J’y avais consacré un petit article sur l’un de mes parfums préféré: Tabac, de La Via Del Profumo.

Avec tout ça, et mes travaux de terrassement et de remuement de pierres et de terre autour du chalet qui m’ont fait me sentir comme quelqu’un qui se creuse un trou…, je vais finir par me transformer en Hobbit.

Journal de transition – Avril

Oyonnax, Ain, 28 mai 2017.

Depuis la fin mars 2017, je me suis installée à temps partiel dans un petit chalet-cabane dans le sud du Jura (France). 16m2 sans l’eau courante ni l’électricité. A temps partiel parce que lorsque la température tombe sous les 5° et qu’il pleut et/ou qu’il neige, ça devient trop dur, là haut à 1200m (environ) d’altitude (sans isolation décente, sans chauffage décent). Et puis j’envisage une installation plus définitive ailleurs, plus au sud, peut-être.
C’est une période de grande incertitude. Je devrais y voir plus clair lorsque la MDPH m’aura donné sa réponse: ai-je droit ou pas à l’Allocation Adulte Handicapé? J’en ai fait la demande en juillet 2016, et, depuis, la MDPH fait durer le suspens.

J’ai un ordinateur portable que je peux emmener pour écrire confortablement là-haut dans ma montagne, j’ai aussi un appareil photo et je donc je m’occupe, entre autre, en documentant un peu cette installation plus ou moins partielle, plus ou moins temporaire, ou pas…
J’appelle ça un « journal de transition »: transition d’une situation donnée à une autre, je ne sais pas encore laquelle exactement… Suspens…

 

Journal de transition

19 avril 2017, La Pesse, Jura, 1200m d’altitude, 17h.
Batterie d’ordinateur portable chargée à fond, en mode éco. J’ignore encore où je pourrai la recharger. Je vais commencer à prospecter pour essayer de trouver un chargeur solaire, au moins pour le téléphone portable, qui chargera peut-être aussi ma petite « tablette ».
Après le réveil-thermomètre à eau, la lampe solaire et à dynamo, la radio solaire et à dynamo…, un chargeur solaire compléterait bien mon attirail « autonome ».
Je pourrais peut-être aller trouver de l’électricité pour l’ordinateur au bar du gîte Burdet, ou au Point Information, ou plus probablement à la médiathèque de Saint-Claude, à un peu plus de 20km d’ici.

Sortir du nucléaire tout en restant « connectée » au réseau, ça demande une certaine organisation…

A la médiathèque de Saint-Claude, j’y suis passée m’inscrire en début d’après-midi : c’est gratuit pour accéder au wi-fi et consulter des documents sur place, mais j’ai oublié de demander s’ils ont des prises pour les ordinateurs portables. J’oublie toujours quelque chose.

Je suis passée à Emmaüs, pour le plaisir de fouiner, plus que par nécessité : trouvé un joli pull 50% laine mohair, une jolie veste quasi 100% laine, et je ramène un jeans trop petit, que je n’ai pas pu essayer sur place, tout ça pour 8 euros.
A Casino, le rayon bio est assez chiche. Je me suis offert une terrine végétale, pour essayer, en espèrent que je ne vais pas y réagir bizarrement.
Un peu envie de gourmandise et de gras. Le froid demande de manger gras, sinon on dépérit. Les habitants de Sibérie dirait que la meilleure graisse pour résister au froid, c’est la graisse de phoque, mais il y a peu de phoques par ici.

Je suis remontée de Saint-Claude sous une giboulée. La neige tourbillonnait sur la route. Je n’ai plus mes pneus d’hiver, mais la neige était trop légère pour tenir et le temps semble déjà vouloir un peu s’éclaircir… Ca devrait aller…

Je fais beaucoup plus attention à la météo, ici, c’est une préoccupation centrale, à cause de la température.

Le froid sec, je ne le crains pas. Ce que je redoute c’est le froid humide. A température égale, le froid humide est nettement pire, comme par grand vent : ça s’insinue, c’est vicieux.
De retour dans le chalet cet après-midi, la première chose que j’ai faite c’est de regarder mon réveil-thermomètre à eau : 8°. Ca m’a rendue toute contente. 8° ! Il fait presque chaud, enfin bien couverte, avec le bonnet, le gros manteau en cuir fourré, des collants sous le pantalon, une chemise en laine et soie, deux gros pulls, des gros chaussons de laine…

Je suis aussi passée à Mr Bricolage, mais je n’y ai vu aucun poêle à bois. Je suis très tentée par un poêle à bois en fonte, label flamme verte, à faire poser par un professionnel.

J’ai envie d’améliorer tout l’agencement intérieur, de faire poser des étagères partout, mais pour ça, faut déjà trouver et poser le poêle à bois, et aménager le « coin cuisine » autour, ou à côté. Le poêle à pétrole pu trop et il est d’une efficacité tout juste passable. Ce matin, la température est passée de 3° à 7° en 4 heures.
Il faudrait aussi améliorer l’isolation, enfin du moins  en créer une.

Il y a environ 3 semaines, un voisin du lotissement d’à côté a fait une grosse fête et, un peu avant 23h, je me suis réveillée avec les vibrations des basses dans tout le corps. Au bout de 3/4h, j’ai craqué, j’ai appelé la gendarmerie. Il vaut mieux ne pas être en train de se faire assassiner quand on les appelle : on tombe sur la brigade de Lons-Le-Saunier, qui se charge de transmettre à la patrouille la plus proche.

Une isolation phonique, ce ne serait pas du luxe, donc, surtout si La Pesse est devenu festive, avec toutes ces résidences secondaires qui ont fleuri de partout… Et puis on est pile sous un couloir aérien, non loin de Genève, et rien que les avions qui volent bas peuvent m’empêcher de m’endormir, donc même ici je mets des bouchons d’oreilles, qui ne peuvent malheureusement rien contre les basses de la grosse zic électro.
Les gendarmes, je ne sais même pas s’ils sont passés, au final. Mon taux de cortisol ou d’adrénaline a dû remettre 2h à retomber et à me laisser me rendormir.

Sorry les voisins mais faut pas me réveiller en pleine nuit avec de la grosse zic.

Le jour même, dans l’après-midi, je m’étais justement dit « qu’est-ce que c’est calme ! ». Si l’on fait abstraction des avions, c’est vraiment très calme, délicieusement calme.

Ah, revoilà déjà le soleil. 9°, mais le ciel semble encore bien bouché à l’ouest…

J’ai envie de planter des choses. Je crois que ça fait 4 ans que je me dis que j’ai envie de planter des choses et que je suis trop accaparée par d’autres choses pour le faire. Je pense haies vives, boutures d’églantiers (ça se bouture, un églantier?), aubépines, framboisiers, courges, pois de senteur et pavots, je rêve même d’un pommier ou deux. Il faudrait trouver des pommiers d’altitude, cultivés en pépinières d’altitude. Peut-être dans les Bauges ?! Je ne sais même pas si je pourrais creuser un trou assez profond pour un bébé pommier : si ça se trouve, le socle rocheux est trop près de la surface. Je pourrais peut-être aller demander au maçon qui a fait la dalle en béton, il y a 25 ans…
Ah et à la Ferme de Sainte Marthe (boutique en ligne), en plus du « Guide du potager bio en montagne », en plus des graines de courges et de pois de senteurs, j’ai aussi commandé des graines de tabac blond de Virginie. Je pourrais peut-être en faire une plante d’intérieur, ici ? Ou le semer chez ma mère ! C’est écrit sur le sachet: ce tabac se fume.

Le tabac est une plante sacrée pour les chamanes, elle aide à chasser les « mauvais esprits ». Par contre, si on en abuse, ils ne nous quittent plus, les mauvais esprits. Si on peut dire ça comme ça.

Quelques flocons virevoltent encore un peu, dans le soleil, sur les jonquilles.

Et voilà que quelques grêlons s’insinuent à l’intérieur… Le vent doit les chasser sous les tuiles, et il doit y avoir une fente quelque part… Va falloir améliorer ça aussi…, où bien partir.

On verra.

bota5

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20 avril 2017, La Pesse, 17h.

Un ami est venu me voir aujourd’hui. Il fait bon avoir des amis bricoleurs. Il a eu une bonne idée pour le chauffage : opter pour une cuisinière à bois d’occasion. Puisque je ne suis pas sûre de m’installer ici définitivement, opter pour de l’occasion est rationnel. Pas de label flamme verte, pas de système de double combustion super moderne, mais le principe de la récupération reste écolo au final.

Il m’a aussi offert un chargeur solaire pour téléphone portable, autrement dit c’était Noël. Le téléphone est chargé, la tablette est chargée, et il est question de m’équiper d’un adaptateur supplémentaire qui permettra aussi de charger l’ordinateur, ce qui serait juste parfait. Le grand luxe.

La tablette qui se charge à l’énergie solaire, la radio solaire/à dynamo, la lampe solaire/à dynamo:


Il est donc désormais prévu l’achat d’une cuisinière sur leboncoin, des travaux d’isolation et d’agencement, probablement par « tranches », la priorité allant au chauffage.

Il faisait 2° ce matin dans le chalet.

Aujourd’hui, grand soleil pour compenser, je crois que j’ai même la figure un peu cuite. On bronze vite à 1200m d’altitude.

Je crois que je j’aime bien dire « 1200m d’altitude ». Ca fait genre « moi je suis une montagnarde, une vraie, comme mes ancêtres du coin ! ».

En permaculture, on préconise de conserver les semences de notre jardin précieusement : ce sont les plus adaptées à notre terrain, à notre sol, à notre climat… De génération en génération, elles stockent de l’information épigénétique qui les rend plus résistantes, plus résilientes, du coup elles prospèrent mieux chez nous que chez quelqu’un qui habiterait un climat plus « propice », mais qui aurait justement un sol différent, une hygrométrie différente, un temps d’ensoleillement différent, etc…
Les 3/8ème de mes ancêtres de ces 2 derniers siècles sont de ce terroir jurassien (grosso modo, répartis d’un côté dans ce secteur de La Pesse, Les Bouchoux, et de l’autre dans celui de Mouthe). D’un point de vue épigénétique, ils m’ont probablement transmis une partie de l’information nécessaire à un bon enracinement sur ces terres.
Selon une telle logique, je pourrais aussi partir m’installer dans les Ardennes, puisque j’y ai la moitié de mes ancêtres, mais j’aime trop pouvoir dire « 1200m d’altitude ».
Bon, je ne resterai peut-être pas ici au final, ou bien je garderai cet endroit en guise d’estive…

Je suis encore dans l’incapacité de faire des projets à long terme (au-delà de 1-2 mois). Je peux rêver à beaucoup de choses, comme de reprendre mes études et d’entamer un cursus de psychologie à Chambéry, comme je l’envisageais déjà à 20 ans… Mais il me manque un élément majeur pour prendre une quelconque décision digne de ce nom.

Il y a 9 mois, j’ai fait une demande d’AAH et j’attends encore la réponse.
Faut-il en parler ou pas, de cette Allocation Adulte Handicapé ?
Le handicap est tellement stigmatisé, les personnes handicapées tellement discriminées… Dès qu’on annonce qu’on est « handicapé », ça y est, soit les gens nous considèrent comme de dangereux irresponsables, soit comme d’éternels enfants qui n’ont pas besoin de grand chose en dehors de quelques gentillesses polies très condescendantes, soit comme des gens qui finiront un beau jour par devenir « non-handicapés », à condition de se décider à se bouger enfin un peu le cul (surtout en cas de handicap « invisible »).

Les non-handicapés sont handicapés, dans leur relation aux handicapés, par leur incapacité à réaliser que c’est en partie à eux de faire un travail d’adaptation au handicap, que ce n’est pas à nous de faire tout le boulot, étant donné qu’on a déjà un boulet au pied au départ : notre handicap.

Devoir faire tout le boulot d’adaptation à la société, à la communauté, pour un handicapé, c’est se rajouter un second boulet au pied, pendant que les autres courent comme des lapins, sans traîner aucun boulet chronique indépendant de leur volonté (une dépression, c’est un boulet, mais ça se soigne, c’est une ex-dépressive qui vous le dit).

Et après on nous dit « c’est pour ton bien qu’on te laisse ramer, qu’on te laisse galérer, ça te fait le cuir. Regarde, moi, personne ne m’a jamais aidé »… Ce qui est souvent inexact, d’ailleurs, l’être humain étant un animal grégaire par nature, il est aidé ponctuellement par ses congénères, parfois même sans s’en rendre compte, sans qu’il l’ait demandé… Et comme il n’a rien demandé – puisqu’on ne lui a pas appris à le faire, il est convaincu qu’il ne doit jamais rien à personne… Bref.

Société individualiste mortifère.

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21 avril, 12h, La Pesse, grand ciel bleu, 5° à l’intérieur du chalet, 3° à l’ombre sur le seuil, 10° sous l’auvent, 12 au soleil (c’est l’été!).

Je commence à bûcheronner : je pars à la recherche de rondins dans la forêt derrière le chalet, pour mes futures plates bandes au pied de la butte. Il y a eu une coupe de bois l’année dernière. Il y a du « déchet » encore utilisable, recyclable, d’occasion. Reste juste à les trouver et à les ramener.

Repéré des gentianes bleues.

Pour cet après-midi, j’hésite entre aller jusqu’au lac de l’Embouteilleux à pied, ramener les premiers rondins repérés, ou faire les deux.

Ce matin, après la session de 30 minutes sur internet, au Point Information, j’ai fait bombance d’eau pour un shampoing. Bien 2 litres y sont passés, plus une cuillère à café de shampoing bio. Du coup j’ai aussi fait un bain de pied et un brin de vaisselle. Au final, bien 3 litres au total y sont passés.

Ce shampoing liquide, du bio à l’huile essentielle de lavandin, de chez L’Artisan Savonnier, du made in France, je l’utilise pour tout : vaisselle et toilette. Une à deux gouttes par ci, une à deux gouttes par là. J’économise aussi l’eau, vu que je vais encore la chercher à pied aux toilettes publiques du village, par bidon de 5l maximum, ou plusieurs bouteilles de 1L. Je pourrais acheter un bidon de 10L, que je remonterais en voiture, mais je préfère m’en tenir à cette solution pour le moment : ça fait les cuisses et ça force à l’économie, autant qu’à sortir de chez soi même quand je n’en ai pas trop envie.

Vu que je n’ai ni tout à l’égout, ni fosse sceptique, ni phytoépuration moderne, c’est la terre qui épure tel quel au fur et à mesure, surtout la butte. Donc autant ne pas la noyer.

Hier en début d’après-midi, on a vu un chamois sortir tranquillement du bois de l’autre côté de la route en contre-bas, traverser la route, remonter à notre droite dans le champ à l’ouest du terrain. Première fois que j’en voyais un ici.

J’en avais croisé un sur une route des Bauges, il y a plusieurs années, en revenant d’un concert punk, une nuit d’hiver. Aveuglé par la lumière de mes phares, il avait mis un peu de temps à traverser. Je croyais que ce genre d’animal ne sort que la nuit, ou bien reste cantonné en journée à des zones éloignées des habitations… Mais après tout, il y a plus d’un an, en plein hiver, j’avais observé une bande de biches en début d’après-midi aussi, à deux pas de la maison de ma mère, dans un champ entouré d’habitations…

J’écris cela à l’intérieur du chalet. Je porte juste ma chemise en laine et soie, un t-shirt en coton à manches longues, un gros gilet en laine et ça va. C’est que je me suis activée à traîner quelques rondins, un peu plus haut, il y a 30 minutes, ça réchauffe.

Avec ce temps sec et le vent, mes cheveux sèchent assez vite. Si j’avais les cheveux courts, on s’en foutrait, mais ils m’arrivent à mi-bras maintenant, et ils sont assez épais et il fait 5° dans ce chalet et cela m’émerveille de voir que je reste la tête encore un peu humide comme ça, sans grelotter.

Mercredi juste avant la fermeture de la fruitière, sous la giboulée de neige, les flocons dans la figure, je suis allée m’acheter une terrine de porc. Moi, l’ex-végétalienne qui rêve de le redevenir, je sens bien qu’ici, mon corps réclame du gras, du lourd, du dense, de la graisse d’animal costaud. L’huile de coco ne suffit pas à me contenter. Alors le porc, j’en mange peu mais j’en mange, et de bon cœur. Et c’est la seule viande qui me fasse envie.

Il y a une sorte de dicton que me ressort ma mère de temps en temps :

« – Qu’est-ce que tu préfères ? Le lard ou ta mère ?
– J’aime mieux le lard ! », en faisant bien traîner le a : « laaaard » !

Je suppose que ça contribue à aider à « tenir », ça et la maca (de Buywholefoodsonline), le magnésium (glycinate et lysinate, en poudre sans additifs, de Doctor’s Best, via iherb), la vitamine C en poudre sans additifs (de Now Foods, via iherb), les plantes pour le foie en ampoules buvables de chez Dietaroma, le cacao cru, le chocolat.

Bon je fais la maline mais mes petits doigts commencent à avoir froid et je commence à avoir faim, donc voilà, je vais pique-niquer au soleil, et bronzer encore un peu.

16h25 :

Trouvé des chenilles processionnaires !!!! Au secours !! Elles rampent par terre un peu plus haut dans la pente au-dessus du chalet, heureusement pas chez moi mais je l’ai ai trouvées en faisant ma chasse au crottin de cheval…


Elles tissent des espèces de cocons et puis se dessèchent… :


… C’est bien d’avoir des voisins qui ont des chevaux et qui les mettent souvent dans le champ d’à côté… C’est bon pour le futur jardin… Mais  ces chenilles processionnaires, par contre, je m’en passerais bien. Ce matin en faisant ma chasse aux rondins, je me demandais ce que c’était que ces espèces de grands voiles-cocons, comme des toiles d’araignées, ici et là, à même le sol… Bah voilà, j’ai la réponse.
Reste plus qu’à savoir quoi faire. Les laisser en paix, j’ai pas envie. Les éviter oui mais je les arroserais bien d’huiles essentielles, de loin, ou de xylophène.

J’ai donc commencé non seulement à ramener des rondins, mais aussi du vieux crottin bien desséché et quelques grosses pierres. J’ai commencé à créer une bande de terre cultivable, au pied de la butte. Ca fait les bras et la corne des mains. Je vais poser des pierres le long de la butte, histoire qu’elle ne s’affaisse pas, maintenant qu’elle est entamée. Les rondins feront la bordure du bas.

Enfin en tout cas, pour le moment c’est ça le « plan ».

Post scriptum : les chenilles ne sont probablement pas des « processionnaires » sticto-sensu, puisqu’elles sont cantonnées au sol, mais des cousines. En mai, on en trouve aussi à côté du chalet. Il vaut mieux se contenter de les laisser tranquille.

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22 avril 2017, La Pesse, 15h15, 11° à l’ombre dans le chalet, mais nettement plus quand on a le dos au soleil.

Le soleil est un merveilleux masseur.

C’est un peu un luxe ultime de pouvoir se faire bronzer en toute tranquillité chez soi. Je me passe volontiers de l’eau courante ou de l’électricité mais me passer de séances de bronzette, ça se serait dur.
A une autre époque – époque qui dura peut-être 15-20 ans, j’avais horreur de m’exposer au soleil, j’avais tout le temps des lunettes de soleil dans mon sac, même en hiver, je préservais mon teint de vampire avec soin.

Depuis fin 2012, et les importantes modifications alimentaires opérées cette année-là durant l’été (mise en place progressive d’un végétalisme à tendance crudivore/alimentation « vivante »), je suis devenue fan du soleil.

Je ne suis plus végétalienne, je garde juste une alimentation aussi « vivante » que possible (crue, fermentée, séchée, pressage à froid pour les huiles, etc.), mais le goût pour le soleil est resté.

Ce matin j’ai continué la création d’une bande de terre cultivable, ramené quelques rondins et grosses pierres supplémentaires trouvés dans le bois juste derrière.

Avant:

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Après (pas encore fini):

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C’est fou la quantité de bois que les bûcherons laissent sur place après une coupe.

J’ai bien éclaté mes ampoules faites hier en remaniant ma serfouette.

Je vais passer la fin de la journée chez un cousin qui habite non loin et qui pourra peut-être me donner sa vieille cuisinière à bois dont il n’a plus guère l’usage, si elle n’est pas trop large pour ma porte d’entrée…

A Oyonnax:

Je retourne voter dans mon ancienne commune de Haute-Savoie demain, vu que je m’y suis inscrite fin décembre in extremis, ce serait dommage de ne pas en profiter et je ne suis pas encore domiciliée ici. Ca devrait être fait prochainement. Mais, pour moi, les démarches administratives, c’est plus dur que de manier la serfouette avec des ampoules aux mains.

Bref, pour le chauffage, je vais donc peut-être opter pour une cuisinière à bois d’occasion. Reste juste à trouver la bonne taille.

Je pars demain passer quelques jours en Haute-Savoie, entre autre chez des amis qui me prêtent leur maison. Je prévoyais de revenir ici le 27, mais les prévisions météo sont franchement mauvaises, avec non seulement du froid, du gel, mais de la pluie, voir de la neige. Les prévisions à une semaine sont rarement parfaitement fiables, mais sans chauffage décent, c’est le genre de temps humide que je ne peux guère supporter.

Donc au programme ces prochains jours : orgie d’internet, farfouillage sur leboncoin.fr, peut-être publication d’un ou deux articles pour mon blog de naturo pro… Peut-être sur le cannabis thérapeutique, vu que j’ai entendu sur France Inter un débat sur la légalisation du cannabis, entre autre avec une psychiatre qui a écrit un bouquin sur le sujet, et ils ont discuté de ça pendant eufh, plus de 30 minutes, en décidant dès le départ de ne pas discuter des propriétés thérapeutiques de la plante… Comment débattre de la légalisation/dépénalisation, sans inclure les propriétés thérapeutiques, et donc l’une des raisons de la remise en question des croyances sur lesquelles sont fondées la pénalisation…. ?? Allô ? Autrement dit, comment dépenser du temps d’antenne public en négligeant un des arguments clés de la dépénalisation… Ou comment jeter l’argent public par les fenêtre… Un tel manque de logique, ça me choque franchement. Ah la la, Radio France et son culte de la bien-pensance… Pour rappel, même l’aspirine, en vente libre, est un médicament dont l’abus peut vous conduire aux urgences pour cause d’hémorragies, c’est pour ça qu’on a créé un truc qui s’appelle les « notices », vendues avec les médocs… Bref.

Ah et j’aimerais bien aussi trouver un vieux coffre-banc à serrure, avec sa clé, de façon à pouvoir prêter le chalet, sans craindre que mes affaires les plus personnelles ne tombent entre des mains indiscrètes. J’ai toute une grosse collection de journaux intimes à stocker.

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Vendredi 28 avril, 8h, Haute-Savoie.

En stationnement en Haute-Savoie pour quelques jours.

En Haute-Savoie, je retrouve les chats: la petite Pépette (officiellement « Lili »):

Et mon gros chat Nounou (officiellement Minou):

Évidemment, les prévisions météo pour la semaine prochaine ont changé. Pluie et froid pour le début de semaine. Aïe. J’y retourne ou pas ?
Attention, truc de fille : j’ai mes règles pour la seconde fois en 2 semaines. Soit c’est mon corps qui n’apprécie pas du tout une température inférieure à 5° au réveil et de multiples allées-retour entre le Jura, l’Ain, la Haute-Savoie, la Loire, avec un petit tour en nord-Ardèche pour faire bon poids, soit c’est le début de la « fin » : la ménopause.

Le petit tour en nord-Ardèche, entre autre à Annonay, m’a beaucoup plu: une ville de caractère, toute en relief, avec des lilas absolument partout, ville qui connu son heure de gloire et qu’on sent bien sinistrée, mais pas complètement morte du tout, voir en renaissance, entre autre avec son festival La bio dans les étoiles et puis…

… Le souvenir majeur d’Annonay, le parfum des lilas qui se mêle à celui des pins, au soleil:

Le joueur d’harmonica, dans les lilas du parc Mignot:

 

Bref… Demain une conférence sur l’autisme à côté d’Oyonnax. J’y vais j’y vais pas ? La météo annonce un temps sec jusqu’à dimanche soir…

Hier on est passé en même temps que la neige à La Pesse, pour rencontrer Mr le Maire et faire le point sur le statut du chalet. Un 16M2 construit sur un ex-terrain constructible, redevenu terrain agricole, construit il y a 25 ans (avec l’autorisation du Maire de l’époque), ça rend certaines choses mystérieuses.

20h. Le Maire (d’aujourd’hui) a appelé. Pour résumer, le chalet n’existe pas. Ma mère et le Maire de l’époque ont fait les punks, sans le savoir, en tout innocence… Ca rend certaines choses compliquées.

Déprimée, fatiguée, pas bouger.

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Installation

Titre ambitieux. Projet improbable. Disons que j’ai installé quelques petites choses et que je vais en installer quelques autres, comme des cassissiers, en haut de la butte.
Cassissiers, ça fait vraiment beaucoup de s.
J’ai commencé à creuser.
J’ai commencé à creuser, déjà rien que pour vérifier que c’était possible de creuser.

Et puis en bas de la butte:

J’ai « bûcheronné » pour ramener des rondins, et quelques grosses pierres, trouvés dans le bois au-dessus du terrain.
Je ne sais pas si c’est le pull taille 38 qui a été mal entretenu par son ancienne propriétaire (pull d’occasion, via Emmaüs), ou si c’est moi qui ai sérieusement pris des épaules, à force de gainage et de bûcheronnage.
Faut que j’arrête d’acheter du 38, ça devient ridicule.

Là, j’ai envie de mettre des rosiers (des rugosa, bien parfumés, trouvés dans les Bauges, dans une pépinière à 700m d’altitude, les Jardins de Flora, à Bellecombe en Bauges):

J’ai une 3ème plate bande, plus du côté Sud-Est, défrichée le jeudi 11, mais l’ordi a mangé les photos quand je les ai transférées. Sinon vous auriez pu voir ma vaillante serfouette…
Le jeudi 11 mai, en début de soirée, juste avant la pluie, jour de pleine lune, j’ai semé des courges dans les deux plates-bandes « principales », après y avoir mis une bonne dose d’Or Brun, acheté à Oyonnax.
Et comme c’était la pleine lune, j’en ai profité pour tester le Fluvermal, pas cher, le vermifuge chimique, en pharmacie, sans ordonnance. Faudra en reprendre une dose dans 3 jours, à la nouvelle lune. J’ai presque toujours vécu avec des chats, parait que les proprio de chats sont plus à risque d’avoir des vers que la moyenne. Bon appétit.

Alors j’ai fait ça à la serfouette, j’ai encore les traces des ampoules aux mains, je suis toute fière… Mais on voit que je ne suis pas encore experte en mur en pierres sèches… Je ne veux pas trop entamer la butte, de peur que ça s’affaisse. Mais si je savais monter un mur, j’entamerais probablement un peu plus la butte, pour abriter d’avantage les plantations (si ça germe, si ça pousse, si ça ne se fait pas bouffer par les mulots, etc…). Les pierres stockeraient la chaleur du soleil dans la journée, et la restitueraient la nuit, en tout cas c’est ce qu’explique mon « guide du potager bio en montagne ».

Et puis j’ai vu passer des chevreuils, le 8 mai, mais ça passe vraiment vite un chevreuil au crépuscule quand le ciel menace de faire tomber quelque chose.

Il y a quelques jours, j’étais chez mon paternel, dans les Ardennes.
Il a un gadget amusant.
J’ai joué avec après le dîner de mardi soir:

J’avais joué avec avant le dîner:

Il faisait un peu chaud, ça a pu jouer un chouilla, mais franchement je comprends que j’ai des affinités pour la forme « lente » du taï-chi et un peu de mal avec la forme « rapide », avec une tension aussi molle du genou.
Mon père m’a dit que sa « pile » pour le coeur se déclenche quand sa fréquence cardiaque tombe sous les 60.
… Ou alors je fais trop de yoga, je sais pas… Ou je prends trop d’ortie (diurétique, donc probablement hypotensive)… Je sais pas… Nan mais même sans ortie, quand je suis vraiment très très fatiguée, ça peut tomber à 8/6, donc bon… Parait que la tension normale des peuples « premiers »/racines  (aborigènes, etc…), quand ils vivent de façon traditionnelle, c’est 10/8.

En redescendant vers les montagnes, l’aire d’autoroute de Sommesous:

Et de passage en Haute-Savoie:

Des hiboux petits ducs ou bien des chouettes, je ne sais pas trop. Ils étaient posés de part et d’autres du saule, je suis allée chercher l’appareil, ils avaient bougé, et le temps que je vise… hop là.

 

 

 

 

 

 

 

 

Débuts jurassiens

Dans le sud du Jura, quasi à la frontière avec l’Ain, 1200m d’altitude.
Le petit chalet a 25 ans. Avec ses 16m2, c’est plus une cabane qu’un « chalet ». On l’avait quelque peu abandonné, faut dire. Depuis 2 ans, j’y reviens assez régulièrement, pour y passer 2-3 jours par ci, par là. J’ai assisté à sa construction, je vais contribuer à l’amélioration de l’aménagement intérieur et extérieur. Je vais m’y installer progressivement pendant quelques temps.
Quand j’y suis arrivée avec mes premiers cartons il y a une semaine, c’était la pleine saison des crocus et le début des jonquilles.

Une autre précoce, pas encore identifiée:

 

Il n’y a pas l’électricité, pas l’eau courante. Je suis contente de « sortir du nucléaire », pour de vrai, en tout cas lorsque je suis là-bas. Et pour le moment, je n’ai pas de gros réservoir d’eau, donc c’est moi qui « coure » pour aller chercher l’eau aux toilettes publiques du village, à 10 minutes à pied. Ca force à économiser l’eau, et ça aussi, c’est une bonne chose.

Je vais apprendre à vivre en respectant au mieux la Vie, la Nature, au plus près de mes valeurs de naturo hippie écolo petite punk à fleur, tout ça tout ça…

J’ai des WC chimiques dont je ne suis pas très contente et dont je me sers le moins possible. Faut que je trouve un produit adapté le plus écolo possible (à base d’huiles essentielles, ou de bactéries?).
J’ai aussi un poêle à pétrole dont je ne suis pas très contente non plus, j’ai envie de faire installer un poêle à bois.
Il y a encore une lampe à gaz, quand j’ai besoin de beaucoup de lumière, et puis la gazinière (le crudivorisme total en cet saison sous ce climat, c’est juste pas possible pour moi).

Pour le reste, je commence à tester des solutions alternatives:

Lampe à led, solaire et à dynamo.
Radio solaire et à dynamo.
Réveil à eau.

J’adore cette petite boule.

Le soir, quand le soleil donne, la température devient franchement agréable.

Le matin, fait encore frais, et puis on a le soleil tard (orientation sud-ouest). 12° au levé, ce fut la température matinale la plus douce de mon séjour. 8-9° au réveil, ça reste très vivable, même pour une grande frileuse, quand on est bien couvert et qu’on a de quoi boire chaud.

Politique de vie, politique de l’oignon.
Le manteau en cuir, c’est de la « récup ». Un don d’une amie de la famille. Il est fourré à je ne sais pas quoi, et il est trop grand pour moi, mais du coup je peux mettre plein de choses en-dessous. C’est un vrai manteau magique, qui tient divinement chaud. Quand je le porte, j’ai la sensation d’être une princesse mongole.
En plus de la double couche de pulls, j’ai aussi une chemise en laine et soie, et un caleçon en laine et soie. Très efficaces, surtout quand on les fait travailler comme ça en équipe.
Utiliser des matières animales pour se tenir chaud est cohérent, pour moi, ex-végétalienne. Maintenir en vie l’animal avec l’animal, c’est cohérent. Comme les Sami, les Toungouze, les Esquimaux, etc… Quand on a froid, nécessité fait loi et il y a très peu de vêtements en matière synthétique/plastique qui satisfassent à mes exigences sensorielles. J’ai bien un coupe-vent très efficace, qui retient aussi bien la chaleur qu’il me coupe du vent, mais il est insuffisant pour résister à des température basses sur le long terme, il ne « réchauffe » pas comme ce manteau. Et je n’ai aucune envie d’investir dans plus de plastique. Je veux du naturel. Et puis le plastique est un isolant sur le plan électrique. Je ne veux pas être isolée, je veux être connectée.

Et puis je commence à décorer:

La déco, ça m’est indispensable pour me sentir un minimum chez moi. Ce poster de Klimt, je le tiens d’une coloc grenobloise. Il présidait à nos soirées.

J’ai aussi eu envie de commencer les expérimentations culinaires, je vous présente ma galette Casimir:

Autrement dit, c’est une galette de sarrasin à la banane.
Mes 3 ans de mes végétalisme m’ont appris qu’on peut remplacer les oeufs par une banane écrasée.
La banane m’a fait penser à Casimir et à son gloubiboulga.
Donc on a:

1 banane mûre (pas verte ni jaune fluo) écrasée.
50g de farine de sarrasin.
Environ 2 cuillère à soupe d’huile d’olive.
Une pincée de bicarbonate de soude.
Le tout cuit à feu doux, à couvert, à la poêle.
J’aurais pu l’allonger avec de l’eau, mais j’ai eu envie d’essayer comme ça.

Ah, j’ai oublié de prendre en photo ma « douche de camping » de fortune: une bonne vieille poche à lavement.
On fait feu de tout bois.

Il y a un point wifi au village, donc je pourrai donner des nouvelles de temps en temps, en « live ».