Outils chamaniques – Le psilo et la cérémonie

 

Une « aînée » et guérisseuse Mazatèque (Mexique), Natalia Martinez, présentée dans le documentaire The Little Saints, par Oliver Quintanilla (source de l’image: Mycotopia).

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De l’utilisation du champignon ou de la truffe psilocybe dans un cadre chamanique.

Il y a 4 ans 1/2, c’est par Claude Traks et Laurène Dartillah, et leurs vidéos, que j’ai entendu parler pour la première fois de l’utilisation des psilo dans le cadre d’une cérémonie. Ils affirmaient que les « médecines sacrées » sont indispensables à la croissance spirituelle. Cela m’avait d’abord laissée très sceptique, puis j’avais réalisé que je ne savais réellement rien sur le sujet, et j’avais alors commencé à me documenter… Depuis, j’ai beaucoup appris… Et désappris!

Quelques uns des préjugés abordés dans l’article, en vidéo:

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Mise en garde :

La consommation, la récolte, la culture, la vente et l’achat de champignons (ou de truffes) psilocybe sont interdits en France. Bien qu’il soit illégal d’en consommer, certaines personnes en consomment pourtant et la nature continue éhontément à en faire pousser
Beaucoup de gens « croient » savoir tout ce qu’il y a à savoir sur les psilo sans avoir jamais lu un livre sur le sujet. J’ai longtemps fait parti de ces gens-là! Et vous, comment savez-vous ce que vous croyez savoir sur les psilo ? Sur les psychédéliques en général, sur les « médecines sacrées » en général ? Quels livres ou articles avez-vous lus ? Quelles personnes vous en ont parlé ?
Cet article a une visée éducative et informative, afin de contribuer à réduire les préjugés sur ces substances, ainsi que les risques liés à leur consommation. Comme avec l’alcool, la voiture ou l’aspirine, c’est en s’informant qu’on réduit les risques d’utilisation, pas en se voilant la face !
J’inclus des références (scientifiques et autres) tout au long de l’article.

Plan de l’article :
Introduction
Législation
Précaution d’emploi, contre-indications
Le psilo, c’est quoi ?
Le psilo, qu’est-ce que ça fait ?
Pourquoi l’utiliser?
Les cadre d’utilisations récréatif, thérapeutique, chamanique
Comment utiliser les psilo dans un cadre chamanique, comment faire une cérémonie ?
Conclusion

 

 

Mes autres articles consacrés aux psychédéliques et/ou au chamanisme:
Psychédéliques et immunologie
Le bad trip ou comment travailler avec des psychédéliques
Manifeste pour la bonne santé des autistes (et des non-autistes) (page 150 à 163)
Les piliers de la vie
Seidr – le chamane et la punk
Ma vidéo « Outil chamanique – Seidr – le bâton »
Deux nouvelles:
Bubulle, l’oeuf cosmique
La sorcière du Morvan

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Introduction

Aux grands maux les grands remèdes !
Les « médecines sacrées », dont font parti les psilocybe (et autres champignons à psilocybine), sont les armes lourdes de la boîte à outil chamanique, des « armes de création massive ».
La Vie sur Terre est entrée dans une grande extinction de masse (la 6ème en 500 millions d’années) et cet effondrement de la Vie sur Terre est provoquée par l’être humain, qui tend à faire passer son plaisir personnel avant la protection de la Vie.
Il serait temps de prendre des mesures drastiques pour tenter de sauver ce qui peut l’être, et que faisons nous ? En France, par exemple, notre Président, son gouvernement, les députés de son parti, refusent d’interdire sans plus attendre l’utilisation et la production de tous les pesticides, la fermeture des centrales nucléaires est sans cesse repoussée, on préfère promouvoir la voiture électrique/nucléaire plutôt que de développer les transports en commun, etc… Près de chez moi, je vois des gens courir pour aller nulle part : ils font du « trail », des marathons ou du « running », ils cultivent leurs muscles et changent de baskets tous les ans, au lieu de boycotter la pétrochimie (dont sont issues leurs baskets), au lieu de ramasser les déchets qu’on voit partout.
Si nous pouvions interviewer tous les chamanes du monde entier et leur demander quoi faire pour se sortir de là, un certain nombre d’entre eux répondraient probablement qu’il faudrait demander conseil et guidance aux médecines sacrées, ces substances appelées « psychédéliques » par les occidentaux : Ayahuasca en Amazonie, Iboga en Afrique, Peyotl dans certaines régions d’Amérique du Nord…, ou encore champignons psilocybe et autres champignons à psilocybine, utilisés dans un cadre chamanique dans certaines régions du Mexique, et qui poussent un peu partout ailleurs.
Ils nous conseilleraient peut-être aussi d’arrêter de prendre l’avion et de polluer l’atmosphère pour aller prendre de l’Ayahuasca en Amazonie, et d’arrêter de piller les ressources d’Amérique du Sud, d’arrêter de faire venir de l’Ayahuasca en Europe. Ils nous conseilleraient peut-être bien d’utiliser plutôt nos propres médecines sacrées locales : en Europe, le psilo.
Qu’on soit un djihadiste, un banquier comme Mr Marcon, ou un mr ou mme tout le monde, les médecines sacrées utilisées dans un cadre thérapeutique et/ou chamanique peuvent contribuer à nous rendre moins aveugles, moins égocentriques, plus empathiques, plus écolo, plus conscients.


Législation :

La consommation, la récolte, la culture, l’achat et la vente de psilo sont interdits en France. Il est interdit d’en faire la promotion, aussi, qu’il soit bien clair que cet article se veut uniquement informatif.
Je n’encourage personne à consommer quoi que ce soit d’illégal, je souhaite seulement contribuer à réduire les préjugés à l’encontre de ces substances, et à réduire les risques que prennent les personnes décidées à en consommer en dépit de la loi.

Ceci dit, il y a un soucis avec cette loi relative aux psychédéliques, tels que les psilo. Les scientifiques le disent eux-même : cette loi est obsolète, basée sur des préjugés et non sur des données scientifiques.
Les psychédéliques sont considérés par la loi comme représentant un fort risque pour la santé publique et comme n’ayant aucun intérêt thérapeutique, alors que les scientifiques ont démontré qu’ils sont faiblement dangereux (pour soi et pour autrui) et qu’ils ont un fort potentiel thérapeutique, lorsqu’ils sont utilisés dans un cadre thérapeutique. Ils sont faiblement toxiques, et ils ne sont pas addictifs, contrairement par exemple à l’alcool, qui est une drogue fortement toxique, fortement addictive, qui est de toutes les « drogues », la plus dangereuse pour soi et pour autrui, et qui est dépourvue de valeur thérapeutique (à moins qu’il soit utilisé comme désinfectant ou pour faire des alcoolatures de plantes médicinales).

Illustration issue de la publication scientifique « Drug harm in the UK, a multicriteria decision analysis », publiée dans le très sérieux Lancet. Les drogues sont classées par ordre de dangerosité pour les autres (« others ») en bleu clair, pour les utilisateurs (« users ») en bleu foncé.

Il existe aussi en France ce qu’on appelle la liberté d’expression, dont a fait usage par exemple le Dr Olivier Chambon, psychiatre français, qui a publié en 2007 un excellent livre sur le sujet : « La médecine psychédélique ». En France il est donc autorisé de parler des psychédéliques et de les présenter sous leur meilleur jour (thérapeutique). Si la chose était interdite, l’Etat devrait bloquer l’accès à toute information sur le sujet, que ce soit dans les librairies ou sur internet, et le livre du Dr Chambon serait condamné au pilon !

La problématique de l’utilisation des psychédéliques est aussi en lien avec le droit à disposer de notre corps et de notre conscience. En France, nous avons le droit de faire de l’alpinisme ou de boire un litre de vin tous les jours si ça nous chante, nous sommes sensés pouvoir disposer de notre corps, même pour faire des choses dangereuses, tant que cela ne nuit pas à autrui, ou du moins nous serions sensés pouvoir le faire dans une démocratie digne de ce nom.

En Europe, au Pays-Bas, il est possible d’acheter et de consommer des truffes psilocybe en toute légalité, il est aussi possible d’y faire des retraites « psychédéliques » : voir le site web de la Psychedelic Society.

Références :  Drug harm in the UK, a multicriteria decision analysis  ; article: Ayahuasca, dimethyltryptamine and psychosis, a systematic review of human ; livre : La médecine Psychédélique, du Dr Olivier Chambon.


Précautions d’emploi, contre-indications :

Comme pour tout médicament (aspirine, vaccin…), comme pour toute substance psychoactive (alcool, café…), il y a une « notice » à respecter pour réduire les risques liés à la consommation de psychédéliques/médecines sacrées. Ce sont des substances puissantes, à manier avec grande précaution.

– Contre-indications : éviter les mélanges avec d’autres substances, en particulier avec des médicaments, de l’alcool et d’autres substances psychoactives (à l’exception du chocolat noir bio ou du cacao bio).
On doit éviter de consommer ces substances quand on a des antécédents de psychose ou de troubles bipolaire (« mania », maniaco-dépression).

– Risques d’effets adverses: en particulier lorsqu’on néglige de respecter la « notice », les contre-indications, les bonnes conditions d’utilisation…: risque de « bad trip » (expérience difficile) et de stress post-traumatique. Risque de déclenchement d’épisode psychotique pour les personnes ayant des antécédents de psychose ou de troubles bipolaires.
Un bad trip peut être effrayant ou désorientant au point de générer également un comportement dangereux ou inapproprié: risque de défenestration, exhibitionnisme sur la voie publique…
Les psychédéliques sont susceptibles d’agir un peu à la façon d’un thérapeute qui nous confronte aux pires traumatismes psycho-émotionnels que nous ayons vécus, à tous ce que nous avons échoué à « digérer » par le passé (deuils, ruptures, échecs…), ce qui va avoir le même effet qu’une séance de psychothérapie intense et douloureuse, pendant laquelle on va beaucoup pleurer. Si un utilisateur vit un tel challenge émotionnel dans un cadre thérapeutique, il comprendra que c’est un mal pour un bien, que cela est sensé être transformateur, cathartique, comme une psychothérapie, alors que dans un cadre récréatif, l’utilisateur risque de ne rien comprendre du tout et de rester en détresse, plus ou moins traumatisé par l’expérience.

– Conditions d’utilisation, le « set & setting » :
il faut porter une grande attention à ce que les psychonautes (utilisateurs expérimentés) appellent en anglais le « set and setting », c’est à dire l’état d’esprit et le cadre d’utilisation dans lequel on utilise ces substances. Dans l’idéal, ces substances devraient être utilisées le plus près possible de la nature, soit en pleine nature, soit dans un logement à la campagne ou dans les bois, de plein pied, à bonne distance de la « civilisation », loin des pollutions électromagnétiques, au minimum dans un but thérapeutique, au calme, le soir, par une température clémente, dans un lieu silencieux, sans électricité ou avec l’électricité disjonctée et tous les objets connectés éteints ou mis en mode « avion », dans l’obscurité ou une certaine pénombre, ou avec un masque sur les yeux, dans un lieu sécurisé et familier, à jeun, sur des sols ou matériaux naturels: coton, tomettes en terre cuite, carrelage, laine, paillasse d’herbe, peau de mouton ou cuir, chaussures plein cuir (pas sur du synthétique: tapis de yoga ou de camping plastique, tapis de tente en plastique, lino, plancher flottant, matelas en polyester, baskets…!)…
Les psychédéliques agissent pour ainsi dire en synergie avec les champs électromagnétiques natifs/naturels (ceux générés par la planète), donc ils fonctionnent au mieux lorsque le corps est 1° loin des pollutions électromagnétiques humaines, 2° « à la terre » sur le plan électrique, d’où l’importance de bien choisir des sols qui permettent la connexion à la terre (avec ou sans « substance », sur le plan énergétique, notre chakra « racine » a besoin de la mise à la terre pour pouvoir se développer!).
Voir d’autres recommandations dans mon article sur  « Le bad trip », le livre « The psychedelic explorer’s guide », de James Fadiman ; les interviews/conférence de Terence et Dennis McKenna sur youtube, les vidéos de Claude Traks et Laruène Dartillah , le site web et la chaîne youtube du Zendo Project https://www.zendoproject.org/, livre « Connectez-vous à la terre » de Ober, Sinatra et Zucker, documentaire « The Grounded » sur youtube …

Certains chercheurs pensent qu’il faudrait réguler l’usage des psychédéliques et le restreindre drastiquement à un usage purement « clinique », dans les hôpitaux ou les cabinets de thérapeutes. Cela reviendrait à vouloir interdire l’usage traditionnel chamanique en Amazonie, au Mexique… Cela irait à l’encontre de nos libertés fondamentales : liberté religieuse et droit à disposer de notre corps et de notre conscience. Par ailleurs, les hôpitaux et cabinets de thérapeutes n’ont rien de « naturels », alors que le contact avec la nature est connu des utilisateurs expérimentés (comme les chamanes) pour fonctionner en synergie avec les psychédéliques : leur utilisation en immersion dans la nature tend à maximiser leurs effets thérapeutiques. Inversement, leur utilisation dans un cadre anti-naturel, en appartement, en ville, à un concert…, tendra à maximiser les risques d’effets adverses.

Ref: livre La médecine Psychédélique, du Dr Olivier Chambon, article: Potential Therapeutic Effects of Psilocybin…; chaussures plein cuir; vêtements en matières naturelles; literie en matières naturelles.


Le psilo, c’est quoi ?

Beaucoup de gens, même parmi les personnes passionnées de chamanisme, considèrent le psilo comme une substance purement récréative.
Pourtant, pour résumer, prendre des psilo à des fins récréatives, cela revient à prendre de l’ayahuasca à des fins récréatives !

Le champignon, ou la truffe, psilocybe contient de la psilocybine qui se dégrade en psilocine dans le corps. Nom chimique de la psilocine : 4-phosphoryloxy-N,N dimethyltryptamine. Ce « dymethyltryptamine » est plus communément appeler « DMT ».
La psilocybine appartient à la famille des tryptamines. C’est une forme oralement active de « DMT ». L’Ayahuasca appartient aussi à la famille des tryptamines, mais c’est un mélange de deux plantes: la Psychotria viridis, qui contient une forme oralement inactive de DMT, et le Banisteriopsis caapi, qui contient un inhibiteur de la mono-amine oxydase (IMAO), et qui rend le DMT oralement actif. L’ayahusaca est purgative, contrairement au psilocybe, qui aura tendance à ne générer des nausées, voir des vomissements, que s’il est mélangé à d’autres substances ou s’il est consommé en grande quantité.

La psilocybine, comme l’ayahuasca, fait parti des psychédéliques « sérotonergiques » : elle est un agoniste (activateur) de certains récepteurs à la sérotonine (entre autres). La sérotonine est immunomodulante, et elle est synthétisée et utilisée majoritairement dans les intestins, aussi il serait intéressant que des scientifiques se penchent sur les effets des psychédéliques sérotonergiques sur le système digestif et sur le système immunitaire !

Références : Classical hallucinogens as antidepressant ? A review of pharmacodynamics and putative roles ; Multiple receptors contribute to the behavioral effects of indolamine hallucinogenHypothesis: the psychedelic ayahuasca heals traumatic memories via Sigma 1 receptors-mediated epigenetic mnemonic process ;  A possibly sigma-1 receptor mediated role of dimethyltryptamine in tissue protection, regeneration, and immunity ; Psychedelics and immunomodulation: novel approaches and therapeutic opportunities  ;  Psychosomatic Medicine, Psychoneuroimmunology and Psychedelics ; livre :  Manifesting Minds (collectif d’auteurs) ; Vidéo : Joe Rogan – Mushrooms vs. DMT (avec Dennis McKenna)


Le psilo, qu’est-ce que ça fait ?

Comme tout psychédélique, il modifie les perceptions, l’humeur et le fonctionnement de la sphère cognitive.
L’effet d’une dose est transitoire, il dure en moyenne 4H. Savoir que l’effet est temporaire peut aider à mieux vivre l’expérience. Comme avec toute substance active, la puissance des effets dépend évidement de la dose.
Les personnes qui connaissent mal les psychédéliques ont tendance à parler de perceptions « altérées », d’altération de l’état de conscience. Les scientifiques spécialisés et les psychonautes préfèrent en général parler d’état de conscience modifié ou élargi, et de perceptions modifiées ou amplifiées.
La modification des perceptions entraîne la modification de l’état de conscience.
La conscience est une affaire de perceptions : nous sommes conscients de ce que nous percevons.
Les perceptions de la réalité sont modifiées, ce qui va être plus ou moins « dépaysant » (d’où l’idée de « voyage » chamanique), voir effrayant, en fonction de ce qu’on perçoit et de la façon dont on interprète ce qu’on perçoit.

La façon dont on interprète ce qu’on perçoit est une question de culture, de connaissances, d’expérience. Une personne qui prend des psilo pour la première fois pourra avoir la sensation qu’elle est attaquée par un mauvais esprit démoniaque, alors qu’un utilisateur averti comprendra que ce « mauvais esprit » qui le perturbe est le smartphone qu’il a dans sa poche ! Il suffira d’éteindre le smartphone et de le mettre à bonne distance pour faire disparaître le « mauvais esprit » ! Question d’interprétation !
Un catholique qui visualise un « serpent » pourra croire qu’il voit un démon, alors qu’un praticien de médecine ayurvédique interprétera ce serpent comme étant un « nadi » ou la kundalini.

Ce que les utilisateurs (ou médecins) appellent « hallucinations », générées par les psilo, est un terme souvent impropre. Les psilo provoquent moins des hallucinations au sens strict du terme, que des « visuels » et des modifications perceptives qui sont interprétées comme des « hallucinations ».
En réalité, les « visuels » se perçoivent beaucoup mieux les yeux fermés, ils sont intérieurs, « dans » la tête ! Ce sont des images de l’ordre de la visualisation, du rêve éveillé. C’est pour cette raison que, dans les études cliniques sur les psychédéliques, les expérimentateurs doivent souvent mettre un masque sur les yeux, pour être dans le noir total.
Quand vous vous souvenez du visage de quelqu’un que vous connaissez bien, que son visage « apparaît » dans votre tête, ce n’est pas une hallucination, c’est une « visualisation », et dans ce cas précis, un souvenir !
De la même façon, une mouche a des perceptions très différentes des vôtres, ce n’est pas pour autant qu’elle « hallucine » !
Stephan Beyer (PhD) raconte qu’il a bien eu ce qu’on appelle des « hallucinations » sous ayahuasca, mais il explique aussi que ce qu’une personne considère comme une hallucination dépend beaucoup de sa culture, de ce qu’elle considère comme « réel » ou pas. C’est en parti notre culture, nos croyances, nos connaissances qui déterminent la frontière entre « réel » et « irréel ».
Si vous considérez que les esprits des ancêtres existent, vous ne serez pas trop dépaysé si vous les « voyez » quand vous êtes sous l’effet d’un psychédélique. Vous considérez que le psychédélique vous permet de voir quelque chose qui existe mais que vous ne pouvez pas voir en temps normal, comme un microscope vous permet de voir des bactéries qu’on ne voit pas à l’œil nu en temps normal. Si vous considérez que la vie après la mort n’existe pas, que les défunts n’existent que sous la forme d’ossements dans les cimetières, alors leur apparition sera pour vous une « hallucination ».

Théorie personnelle actuelle : pour employer des termes de physique quantique, il se pourrait que les psychédéliques rendent plus sensible à l’onde qu’à la particule.
Il semblent élargir la portion du spectre électromagnétique et des ondes sonores que nous sommes capables de capter (ils rendent plus sensible au bruit, à la musique, à la lumière…).
Ils pourraient augmenter la puissance et modifier la fréquence de l’antenne-émetteur-récepteur que nous sommes (le corps est un semi-conducteur, autant biochimique que bioélectromagnétique: il émet un champ électromagnétique, des infrarouges, des biophotons…).
Ils pourraient accentuer le sens électromagnétique (qui pourrait être le 6ème sens).
Ils pourraient nous mettre dans une sorte d’état « quantique » : à la fois ici et « ailleurs ».
Ce qui serait cohérent avec l’importance de l’intention dans le cadre de l’utilisation des psychédéliques : en physique quantique, l’intention de l’observateur ou de l’expérimentateur influe sur le résultat de l’expérience.
En chamanisme, l’intention est ce qu’on appelle la prière.
Le monde des esprits avec lequel les chamanes entrent en contact pendant la transe (avec ou sans substance) est un monde interactif, « subtile» (électromagnétique plus que matériel/palpable), où l’intention et le son (chant, tambour, parole…), autrement dit les « vibrations » ou les « ondes » deviennent des leviers d’action plus puissants que des outils palpables.

Références : voir des articles/conférences sur la biologie quantique (quantum biology) par Jim Al Khalili, les conférences du Dr Jack Kruse sur youtube… ; articles: Psilocybine ; Humans may have a « magnetic » sixth sense  ; Fields in Electromagnetic Spectrum Emitted from Human Body. Applications in Medicine ; vidéo : Stephan Beyer, Ph.D. – “Ayahuasca, Cognitive Psychology, and the Ontology of Hallucination”


Pourquoi l’utiliser?

– D’après les scientifiques : pour traiter l’anxiété des personnes ayant une maladie en phase terminale (cancer…), la dépression, le stress post-traumatique, l’addiction au tabac et à l’alcool, pour accroître l’empathie, la conscience environnementale, le sens écologique, pour avoir des expériences spirituellement significatives, pour booster la créativité…

– D’après les chamanes : pour apprendre et pour guérir !
Les psilo, comme l’ayahuasca et les autres plantes sacrées, sont autant considérées comme des médecines que comme des enseignants, des esprits à part entière, avec leur personnalité, leur compétences (qui peuvent varier légèrement d’une variété à l’autre), qui permettent d’accéder à des informations auxquelles on ne peut pas accéder en temps normal : information sur le passé, le présent, le futur, échange d’informations avec les « esprits »…
Le chamane commerce avec les esprits dans l’intérêt de sa communauté, pour résoudre toutes sortes de problématiques (médicales, relationnelles…), pour apprendre, pour faire un travail d’harmonisation des corps, des lieux, des relations entre les vivants ou entre les vivants et les autres esprits, il se sert de certaines substances pour accéder à des perceptions/un état de conscience auquel il ne pourrait accéder autrement, pour faire un travail qu’il ne pourrait pas faire autrement, tout comme un chirurgien se sert d’un scalpel pour faire des choses qu’il ne pourrait pas faire sans scalpel.
En fonction des types de chamanisme, et en fonction des talents/aptitudes de chaque praticien, l’état de transe propice au travail avec les esprits peut être atteint de différentes façons, avec ou sans substance (voir l’exemple de Corine Sombrun, qui a appris à accéder à la transe via le tambour, puis sans tambour).
Toute fois, quand des personnes qui n’ont jamais essayé de travailler avec des médecines sacrées disent qu’elles font sans médecine le même travail qu’avec médecine, comment peuvent-elles être sûres qu’il s’agit du même travail, si elles n’ont pas d’éléments de comparaison ?!
Ce serait comme si un médecin affirmait que, sans scalpel, il fait le même travail qu’un chirurgien. Ca pourrait laisser sceptique !

Pour ce qui est du « sens écologique » – au cœur de la crise environnementale que l’humanité est en train de traverser, le psilo a tendance à rendre d’avantage « connecté », réceptif à l’environnement : il modifie les perceptions si bien qu’en fonction de la dose il peut, par exemple:
– rendre beaucoup plus sensible à la beauté de la nature,
– aider à ressentir « pour de vrai » que tout est vivant, que tous les éléments de la nature sont en relation (arbre, sol, atmosphère, rochers, animaux…), qu’ils communiquent entre eux de différentes façons à chaque instant, émettent et reçoivent de l’information (voir l’exemple des arbres qui communiquent entre eux et avec le mycelium),
– dissoudre momentanément les frontières de l’égo.
Dans le milieu des psychonautes, les fortes doses de psychédéliques ont la réputation de pouvoir générer une expérience appelée en anglais « ego death », la mort de l’égo, qui consiste à devenir « un » avec l’univers, avec la nature. Il n’y a plus de séparation entre nous et l’environnement : tout devient « un », uni, nous devenons la rivière, le ciel, la terre… Nous nous dissolvons dans le flot de la Vie, nous devenons le flot de la Vie. Il devient alors impossible de polluer une rivière, de jeter un déchet dans la nature sans avoir conscience que c’est notre propre corps que nous salissons.
Certains affirment que les psilo favorisent la déconnexion d’avec la réalité, qu’ils s’opposent à l’ancrage, à l’enracinement. Il se pourrait que ces personnes se laissent trop influencer par ce que les utilisateurs récréatifs disent des psilo: que cela les fait « tripper », ou « planer » ou « délirer ». Il faut alors se rappeler que l’intention avec laquelle les psilo sont consommés influe sur le résultat de l’expérience : si un utilisateur a l’intention de « tripper » ou de « s’envoyer en l’air » ou de « délirer » en prenant des champi, alors cette intention est bien susceptible de mener l’expérience vers « l’éclate », plutôt que vers le développement personnel/spirituel (qui inclut le développement de notre chakra « racine » et donc de notre enracinement). Les chamanes Mazatèques qui utilisent les champignons psilocybe de façon traditionnelle, eux, cherchent la guérison et des réponses à leurs questions – souvent des questions très terre à terre, ils vivent dans les montagnes, loin des villes, ils cultivent la terre, ils vivent dans des maisons très rudimentaires, en immersion dans la nature, au cœur des éléments. Dans ce genre d’environnement, si quelqu’un « plane », il ne survit pas longtemps ! Il est essentiel de travailler la terre pour pouvoir se nourrir, il faut savoir prendre soin de la nature et vivre à son rythme si l’on veut pouvoir manger. C’est un mode de vie extrêmement « enraciné », les deux pieds dans la terre. Ce sont les occidentaux qui ont tendance à « planer » loin des réalités de la nature, même sans substances, puisqu’ils n’ont jamais à se soucier de la façon dont on fait pousser une salade, dont on fabrique une chaussure et il leur suffit d’entrer dans un magasin à Paris pour pouvoir acheter une banane qui a poussé à 10 000km de là. C’est ce genre de mode de vie qui nourrit le « déracinement », la déconnexion d’avec la réalité, le manque d’ancrage et de pragmatisme. Pas besoin de substances pour « planer » et manquer d’ancrage et de sens des réalités, il suffit de vivre en ville !
Certains auteurs/chercheurs, comme Terence McKenna (célèbre ethnobotaniste et psychonaute américain, auteur du livre « la Nourriture des Dieux »), postulent que c’est parce que les occidentaux n’utilisent pas les médecines sacrées qu’ils sont autant anti-écologiques, déconnectés de la nature, de leur nature.
Un bon exemple des effets que peuvent produire les psilo se retrouve dans le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, avec l’amour des Hobbits et des Elfes pour leur terre, la nature, la beauté des montagnes, des arbres ou des étoiles, etc… Dans une certaine mesure, on peut dire que les psilo peuvent « transformer » l’utilisateur en Hobbit ou en Elfe, en amoureux des clairs de lune, des jardins, des bêtes, en poète pour qui la nature est une source infinie d’inspiration et d’émerveillement, en païen ou en animiste pour qui les arbres ont un esprit, une personnalité et sont aussi vivants que les papillons ou les montagnes… Et c’est une drôle de coïncidence que les Hobbits soient de grands amateurs de… champignons!

Références: livres: Le serpent cosmique, de Jeremy Narby; La nourriture des Dieux, de Terence McKenna ; La médecine psychédélique, du Dr Olivier Chambon, voir aussi toutes les publications scientifiques qu’on peut trouver sur pubmed ou google scholar avec les termes « psilocybin depression » ou « psilocybin empathy », ou « psilocybin addiction » ou « psilocybin environment »… Exemple : Lifetime experience with (classic) psychedelics predicts pro-environmental behavior through an increase in nature relatedness ; articles: « le traitement trippant« , « Médecine psychédélique »: des résultats « stupéfiants », vidéo: The purpose of ayahuasca may not be what you think; site web: maps.org.

 

Les cadre d’utilisations : récréatif, thérapeutique, chamanique

Comme on l’a déjà vu, les effets des psychédéliques dépendent non seulement de l’environnement dans lequel ils sont utilisés mais aussi de l’intention de l’utilisateur.
Il existe trois grandes catégories de cadre d’utilisation des psilo:

– cadre récréatif, égo-centré : Pour le fun, pour « tripper », « planer », à une fête, à un concert, etc… C’est un cadre qui maximise les risques d’effets adverses. D’un point de vue chamanique, ce cadre d’utilisation est une offense à la médecine sacrée. C’est comme d’essayer de monter sur un cheval sauvage « pour le fun ». Ça expose à de mauvaises surprises, à des retours de bâtons.

– cadre thérapeutique, égo-centré : c’est le cadre des études cliniques qui visent à étudier l’efficacité des psychédéliques pour le traitement de la dépression, de l’anxiété, des addictions…

Une session thérapeutique à la John Hopkins University: l’utilisateur est allongé, avec des écouteurs sur les oreilles, un masque de sommeil sur les yeux, et deux thérapeutes veillent à ce que tout se passe bien.

Qu’on participe à une étude clinique ou bien que l’on soit un utilisateur autonome, autodidacte, seul chez soi, l’intention est alors dirigée sur un problème de santé précis (problème psychologique ou physiologique), sur la volonté de guérir, sur la guérison au sens très large du terme (physique, psychologique, spirituel).
Dans ce cadre, certains utilisent des micro-doses de psychédéliques (une micro-dose 2 ou 3 fois par semaine, dose sans effets « psychédéliques ») pour traiter leur dépression, leur anxiété sociale, leur algie vasculaire de la face/céphalée de Horton…
On peut considérer que ce cadre inclue l’amélioration de la créativité des artistes, des scientifiques…, à la quête de solutions pratiques à un problème donné et qui utilisent les psilo (ou d’autres psychédéliques) à diverses doses pour booster leur créativité.
On pourrait ainsi par exemple imaginer que des politiciens utilisent des psychédéliques dans ce cadre pour trouver des solutions innovantes à la crise environnementale actuelle !
C’est aussi un cadre d’utilisation proche du cadre « McKennien », celui rendu populaire par Terence McKenna : « in silent darkness » (« dans l’obscurité silencieuse »), qui consiste à utiliser les psilo dans un lieu familier et sécurisé, dans l’obscurité, le silence et la solitude, à des fins d’auto-analyse, d’exploration psycho-spirituelles…

– cadre chamanique, centré sur la Vie : La frontière entre le cadre thérapeutique et le cadre chamanique peut être assez floue. Dans une certaine mesure, il est possible de « chamaniser » le cadre thérapeutique, afin de maximiser les effets spirituels de l’expérience psychédélique et de la sécuriser au maximum (purification des lieux, prière de protection, demande de guidance aux esprits bienveillants…).
Mais le cadre chamanique implique en principe de tourner l’intention et l’attention vers la communauté au sens large, vers la Vie: l’utilisateur cesse de travailler uniquement pour lui-même, il passe au travail au service de son environnement au sens large, à un travail d’harmonisation de sa relation aux choses, aux êtres, aux « esprits » qui l’entourent (ancêtres, arbres, plantes, animaux, matériaux…), puis à terme à un travail au service de sa communauté à proprement parlé.
Il est probable que pour pouvoir travailler avec les psychédéliques dans ce cadre, il soit nécessaire de les avoir d’abord utilisés dans un cadre thérapeutique. Avant de devenir un chamane à part entière, un apprenti va d’abord utiliser les médecines sacrées pour se soigner lui-même, pour harmoniser, optimiser son propre fonctionnement, son corps et son esprit.
Ensuite, il pourra « chamaniser » à proprement parlé, et commencer à travailler pour sa communauté.
Un psychonaute qui aurait déjà une bonne expérience du cadre thérapeutique pourrait explorer les diverses possibilités de travail avec les psychédéliques dans le cadre chamanique, en commençant par exemple par tourner son attention sur son environnement immédiat, pour aller à la rencontre des « esprits » qui l’entourent : les plantes, les matériaux (synthétiques/naturels), les esprits des lieux, les esprits des ancêtres, le sol (le « vrai » sol naturel, la terre, pas le lino ni le plancher flottant!!), les phénomènes cosmo-telluriques, les arbres, les animaux familiers…
A mon sens, la géobiologie offre de bons exemples du travail qu’il pourrait être possible de réaliser avec les psychédéliques.
Ce cadre d’utilisation nécessite la mise en place d’une « cérémonie », d’un rituel à part entière. Une cérémonie peut être relativement simple, mais elle se doit d’être un minimum construite, organisée.

 

Comment utiliser les psilo dans un cadre chamanique, comment faire une cérémonie ?

Pour se faire une idée sur le sujet, avant tout, il faut lire, lire, et lire encore !!! Écouter des conférences et des documentaires sur youtube fonctionne aussi ! Mais avant tout, c’est à chacun de se s’informer, via les références mentionnées dans cet article et bien d’autres encore !

Les chamanes Mazatèques, au Mexique, font parti de ceux qui travaillent avec les champignons (surnommés « enfants » ou les « saints-enfants »  : « children », ou « holy children »), et il est possible de trouver des articles ou des conférences et documentaires sur le sujet sur internet. Gordon et Valentina Wasson ont rendu célèbre la chamane Mazatèque Maria Sabina dans les années 1950. Une des meilleures sources d’information sur sa façon de travailler est le documentaire ci-dessous :

Elle purifiait les champignons en les passant dans la fumée d’un encens (copal) avant de les consommer, les personnes qui la consultaient en consommaient aussi. Les cérémonies se tenaient le soir, à la lumière des bougies, à même le sol, devant un petit autel, chez Maria Sabina, qui vivait dans les montagnes mexicaines, dans une maison rudimentaire avec un sol en terre battue.
1H00’21 : « Quand les enfants travaillent à l’intérieur de mon corps, je prie et je demande à dieu qu’ils m’aident à soigner. Je me rapproche de la personne malade. Les saints [les champignons] guident mes mains pour appuyer et masser là où il y a de la douleur. »
On notera, entre autre, que le copal est un encens local pour les mexicains, un européen pourrait aussi bien utiliser un autre encens européen, comme de la sauge ou de la résine de sapin. Sur l’autel de Maria Sabina, on trouvait des images religieuses catholiques (les Mazatèques ont appris à déguiser et protéger leur foi traditionnelle pré-chrétienne, en échangeant les noms de leurs anciens dieux contre les noms des saints chrétiens). Un européen pourrait préférer utiliser des images d’autres religions plus anciennes (mythologie celtique, scandinave…), ou simplement des objets évoquant la nature (cristaux, fleurs…).
Quand les psychonautes expérimentés recommandent de consommer les psilo au plus près possible de la nature, une telle maison, avec un sol en terre battue, dans les montagnes, loin des villes, sans électricité, est une bonne illustration de ce que cela peut signifier.
Une autre guérisseuse Mazatèque, Natalia Martinez (photo en tête d’article), est présentée dans le documentaire The Little Saints, par Oliver Quintanilla. D’après elle, la technique occidentale consistant à prendre les champignons puis à s’allonger dans le noir, en fermant les yeux et en se laissant guider par de la musique, est la méthode « feignante » qui ne permet pas au plein potentiel des champignons de se manifester. Elle conseille à ses élèves de maintenir leur attention sur l’autel (bougies et images religieuses) pendant toute la durée de la « velada » (cérémonie). C’est un entraînement de l’attention nécessaire à l’apprentissage de l’art de diriger l’expérience et de travailler avec ce que les champignons présentent à l’esprit focalisé (source: Mycotopia).

Un praticien pourrait souhaiter étoffer ou personnaliser un tel « set and setting », et tenter l’expérience de la création d’une cérémonie « européenne », plus personnelle.
Pour cela, plusieurs pistes pourraient être explorées :

Puisque l’ayhuasca et la psilocybine appartiennent toutes deux à la famille des tryptamines, il pourrait être envisageable, dans une certaine mesure, de transposer les méthodes de travail avec l’ayahuasca, au travail avec le psilo.
Comme le chamane Mazatèque, le chamane amazonien fait un travail, pas un « voyage » tous frais payés ! Il ne se contente pas de prendre une substance et d’attendre que tout arrive.
Pendant une cérémonie d’Ayahuasca, pendant qu’un touriste occidental reste à vomir ses tripes, puis allongé par terre, incapable de faire quoi que ce soit, submergé par l’expérience, le chamane, qui lui aussi a pris de l’ayahusca, reste actif et alerte. Il va de l’un à l’autre de ses « patients », il chante…, il veille au bon déroulement de la cérémonie. Il n’accède pas à un tel niveau de maîtrise du jour au lendemain. Cela lui demande de longues années d’entraînement, d’apprentissage, cela nécessite de considérer la substance comme un esprit à part entière, un enseignant, un esprit-allié, comme une sorte de coéquipier très puissant avec lequel il faut tisser une relation respectueuse pour que le praticien et la substance puissent faire ensemble un travail correct, de la même façon que le travail avec un cheval de trait, par exemple pour débarder du bois en forêt, nécessite une fine entente entre l’être humain qui mène le travail, et le cheval qui fournit la force motrice. Il s’agit d’une coopération. Prendre un psychédélique sans aucune intention, ou en pensant qu’il suffit de lui laisser faire tout le travail, cela revient à monter sur un cheval sans avoir aucune intention, en le laissant libre d’aller ou bon lui chante. Si le cheval est relativement placide, vous pourrez peut-être rester sur son dos toute la journée, alors qu’il déambulera dans son champs pour brouter ici ou là, ou bien il s’agira d’un cheval qui n’aime guère être monté pour rien, et vous vous retrouverez vite par terre.

Il est aussi intéressant d’observer le cadre dans lequel est utilisée l’ayahuasca de façon traditionnelle : au fin fond de la jungle, loin de la civilisation, en contact direct avec la nature, au calme, le soir, dans l’obscurité de la nuit, sous un climat tropical dont la température est toujours relativement douce, dans des constructions réalisées en matériaux naturels, dont le sol est en terre battue ou en simple plancher en bois, dans des lieux où il n’y a souvent pas d’électricité… On peut aussi observer l’alimentation proposée dans les centres de retraite d’ayahuasca : souvent de type « anti-inflammatoire » (proche du régime paléolithique), à base de riz, de légumes, d’un peu de poisson, sans graisses ni condiments, ni sucre… Cela permet d’affiner les recommandations de bases qui sont faites aux utilisateurs de psychédéliques et d’aller un peu plus loin que « les prendre à jeun, aussi près de la nature que possible ».

La question de l’apprentissage de la maîtrise de l’expérience afin de la transformer en véritable travail nécessite forcément d’apprendre à doser la substance, d’apprendre à choisir soigneusement le « set and setting », le lieu, l’état d’esprit, l’intention à mettre au cœur de la cérémonie. Pour le praticien, il s’agit d’apprendre à se connaître, à connaître sa sensibilité à la substance, d’apprendre à connaître son corps autant que l’environnement, avec l’aide de la substance.
Certaines personnes peuvent avoir peur de consommer des psilo parce qu’elles ont « peur de perdre le contrôle », c’est la même chose que d’avoir peur de boire de l’alcool par peur de « perdre le contrôle », alors qu’un consommateur d’alcool expérimenté, non-alcoolique, peut avoir la maîtrise de sa consommation : il connaît ses limites pour les avoir éprouvées, il sait bien quelle quantité d’alcool il peut boire, quels effets en attendre, et dans quelles circonstances il peut en boire, si bien qu’il évitera de boire 1L de vin en compagnie de son patron, et que s’il partage parfois une bouteille de vin en compagnie d’un ami, il ne boira probablement jamais la même quantité de rhum, même avec un ami. La maîtrise de l’effet des psilo est tout autant possible, c’est une question d’apprentissage.

Il s’agit aussi d’apprendre à interpréter correctement ce qui est perçu grâce aux médecines. Il ne s’agit pas de prendre tout ce qui passe par la tête pour argent comptant. Il faut être conscient que c’est la sphère cognitive qui traduit un stimuli sensoriel en image, au mieux de ses possibilités, avec le stock d’images qu’elle a à disposition dans sa « bibliothèque » de connaissances. Plus le praticien a des connaissances étendues et variées, plus il peut gagner en finesse d’interprétation.
Les médecines traditionnelles à travers le monde, comme l’Ayurveda et la médecine traditionnelle chinoise, qui plongent leurs racines dans des traditions chamaniques très anciennes, pourraient fort bien avoir été crées avec l’aide des psychédéliques. Dans le cas de l’Ayurveda, c’est ce que laisse supposer par exemple la mention d’un mystérieux « soma », un breuvage aux propriétés extraordinaires, dans les Veda hindoues. Ces médecines traditionnelles, qui mettent une forte emphase sur le fonctionnement énergétique/électromagnétique du corps humain, pourraient à présent fournir des informations utiles à la bonne interprétation des phénomènes « subtiles » perçus grâce aux médecines sacrées (notions de méridiens, de nadis, de point d’acupuncture, d’énergétique, de chakras, de « chi » céleste et de chi terrestre, etc….).
Les médecines traditionnelles sont associées à des pratiques telles que le yoga ou le qi-gong, le feng shui et le vastu sastra, qui faisaient peut-être parti à l’origine d’une grande pratique chamanique très complexe (connaissances anatomiques et spirituelles, utilisation de plantes médicinales, activités physiques, respiratoires, méditation, arts martiaux, massage, harmonisation des lieux, travail avec les phénomènes cosmo-telluriques…). Ainsi, le yoga ou le qi-gong pourraient fonctionner en synergie avec les psychédéliques et les psychédéliques pourraient permettre de mieux en comprendre l’utilité (en amplifiant les effets générées par ces pratiques). C’est du moins ce que suggèrent certains témoignages de psychonautes qui associent la consommation de psychédéliques à la pratique des mudras, du yoga, du taï-chi… En France, la géobiologie est l’équivalent du feng shui asiatique et du vastu sastra hindou, elle pourrait aussi donner des pistes de compréhension et des exemples du travail qui peut être fait dans un état de conscience élargi (harmonisation des lieux, purification, bénédiction…).
Dans le milieu de la spiritualité et de « l’énergétique » occidentales, beaucoup de gens croient que les « anciens » ont créé ces médecines traditionnelles et toutes ces techniques « énergétiques » grâce à des perceptions plus fines que les nôtres, perceptions qui se seraient émoussées au fil des générations, érodées sous l’effet d’un mode de vie de plus en plus anti-naturel. Les créateurs de ces arts ancestraux ont tendance à être vus comme des super héros dotés de super pouvoirs. Mais il est tout autant possible que ces « anciens » se soient servis de ce qu’on appelle maintenant les psychédéliques, qu’ils les aient considérés comme des médecines sacrées et qu’ils s’en soient servi de façon très pragmatique, comme d’un outil très précieux. Les lois qui diabolisent les psychédéliques en Occident sont très récentes, qui sait quel statut ils avaient réellement ici ou ailleurs il y a 5000 ans ?

On pourra nous dire que tout cela est absurde, qu’il n’y a aucune preuve que les psilo aient jamais été utilisés dans un cadre chamanique en Europe et que toutes ces théories fumeuses sur la possibilité d’utiliser ces substances de cette façon de nos jours, en Occident, ne sont que de l’appropriation culturelle.
Appropriation ou ré-appropriation ?
Avant d’essayer d’éradiquer le chamanisme en Amérique du Sud, les européens l’avaient probablement soigneusement éradiqué chez eux, les femmes qui ont été brûlées sur les bûchers n’étaient pas que des « sage-femmes », accoucheuses, herboristes ou avorteuses des campagnes. Il est fort probable que certaines aient été des guérisseuses, héritières d’une pratique chamanique très ancienne.
En Scandinavie, dans les textes historiques (Edda), comme dans de nombreuses autres régions d’Europe, il y a par exemple bien la mention d’un « hydromel » (« mead », en anglais), dont la recette reste mystérieuse , avec des mentions récurrentes d’une jeune femme à l’hydromel, qui offre ce breuvage dans une corne de vache (voir le travail de Maria Kvilhaug : « The maiden and the mead »). Terence McKenna, à la mention de l’hydromel et de la corne de vache, aurait probablement suggéré que la vénération de la vache et de ses attributs par de nombreux peuples, était liée à la survivance de pratiques chamaniques associées au psilo, que l’omniprésence de la vache dans de très anciennes pratiques chamaniques serait liée au fait que les psilo poussent souvent dans des prés pâturés par des bovins (pas de vache, pas de médecine sacrée!), qu’ils ont même la réputation de pousser plus volontiers dans les bouses de vaches et qu’ainsi cette forme de chamanisme va toujours de paire avec la vache. Et il est bel et bien possible de faire un « thé » avec les psilo, il est aussi possible de les conserver dans du miel, et l’hydromel est une boisson à base de miel…

Soit dit en passant, il y a tout de même une critique majeure qui peut être formulée à l’encontre de Terence McKenna, c’est qu’il a rendu populaire un cadre d’utilisation – dont s’inspire beaucoup la recherche clinique actuelle, un cadre relativement égo-centré, un cadre individualiste, que l’on pourrait qualifier de typiquement « américain » : il a popularisé l’utilisation des champignons à de fortes doses (des doses « héroïques », façon Super Man !), en solitaire (Super Man!), dans l’obscurité et le silence, à des fins d’exploration psycho-spirituelles qui relèvent plus ou moins du voyage touristique intello-baba-cool en Inde, ou de l’aventure façon Indiana Jones, bien plus que d’un travail au service de la communauté. Et qui plus est, sans insister sur l’importance du contact avec la nature : « (…) avec aussi peu de compagnie que possible (…), je n’aime pas les groupes en général, je suis un solitaire (…), les choses sérieuses se passent dans l’obscurité, dans le silence (…), dans un lieu confortable, et cela peut être votre appartement à Manhattan ou ça peut être dans un arbre dans le Parc Yosemite, en fonction de vos préférences ». (How to use psychedelics / psilocybin / magic mushrooms remastered [harm reduction] (Terence Mckenna) (de 10’45 à 12’10)).
La masse d’information qu’il a mise à la disposition de la communauté est un grand service rendu en soi, cependant son approche reste différente du travail qui peut être accompli dans un cadre chamanique, au service de la communauté, au service de la Vie au sens non-égocentré du terme. Aujourd’hui, les psychonautes qui se contentent de suivre son exemple ne semblent pas chercher à travailler avec leurs ancêtres, à leur demander conseil, protection, pardon ou bénédiction, ni à communiquer avec les plantes médicinales, les arbres, les animaux ou avec le sol pour apprendre d’eux, pour en faire des esprits-alliés, des coéquipiers d’un travail au service de la Vie, ils se contentent de rester allongés dans le noir et de contempler le « show ». Et pendant ce temps, la Vie s’effondre tout autour d’eux sur Terre…
L’ex-compagne de feu Terence McKenna, Kathleen Harrison, également éthnobotaniste parle, elle, du « travail » spirituel que permettent de faire les médecines sacrées, elle ose parler de leur utilisation dans le cadre de « cérémonies psychédéliques », elle parle du travail avec les esprits-alliées, de la prière, des rituels, du cercle, de guérison à distance, etc… C’est une approche nettement plus pragmatique que celle de son ex-compagnon. Dommage que la communauté psychédélique diffuse si peu son travail. On qualifie souvent Terence McKenna de « néo-chamane », mais à mon sens il faisait essentiellement un travail d’exploration de la psyché et, potentiellement, un travail thérapeutique personnel. Le néo-chamane de la famille McKenna, dont le travail est tourné vers la communauté et la Vie au sens large, serait d’avantage Kathleen Harrison (voir entre autre Kathleen « Kat » Harrison — Weaving Modern Ritual).

On pourrait donc imaginer des cérémonies « reconstruites » d’une part sur la base des cérémonies d’ayahuasca amazoniennes et des cérémonies avec champignons Mazatèques, et d’autre part sur la base des traces qui subsistent de la tradition des « sorcières » d’Europe, qu’on retrouve en morceaux épars dans la Wicca, le paganisme, la magie, la géobiologie, la tradition Seidr… : l’utilisation d’un feu rituel, le cercle, l’importance des directions/angles, des éléments, les invocations, les offrandes, l’autel, le bâton de la tradition Seidr ou les « baguettes » du sourcier, les notions de « dragons » qui pourraient être des phénomènes cosmo-telluriques, etc… Le chamanisme étant une pratique commune à toute l’humanité à travers le monde et à travers les âges, d’autres traditions pourraient être sources d’inspiration, comme les traditions des Natifs d’Amérique du Nord, avec des notions telle que la « medicine wheel », l’importance des esprits des ancêtres, des « grandfathers » et des « grandmothers », de la plume de rapace, de la bénédiction, etc…
Et garder à l’esprit que la médecine sacrée elle-même est considérée par le chamane comme une enseignante, sensée pouvoir guider le praticien dans la construction même de sa pratique. Les chamanes nous apprennent aussi que c’est toute la nature qui enseigne, que le sol autant que l’atmosphère, les rochers, les montagnes, les arbres, les animaux…, sont riches d’enseignements, en d’autres termes que c’est toute la planète, tout l’environnement qui contient, qui stocke et diffuse de l’information sous différentes formes, et que les médecines sacrées permettent de se connecter à cette source d’information, pour peu que le praticien tourne son attention et son intention vers elle.
Et si certains peuples que nous considérons comme « primitifs » ont des connaissances parfois très pointues en astronomie, cela pourrait s’expliquer par le fait que notre planète, elle-même, peut être considérée comme un radiotélescope géant et qu’une fois que le praticien est devenu hyperperceptif grâce aux psychédéliques, il pourrait devenir capable de se connecter à ce radiotélescope et à toutes les informations qu’ils capte…
Imaginons que la Terre puisse ainsi capter, stocker et diffuser de l’information, de l’information – comme tout être vivant! et que le praticien puisse accéder à cette information en se connectant à elle, alors il se pourrait que la structure et les outils de la cérémonie aient été pour ainsi dire encryptés dans la mémoire de la Terre, comme un fossile dans la roche et que cette structure et le mode d’emploi de ces outils puissent être retrouvés via la transe chamanique, via une forme d’archéologie chamanique, un peu comme un paléontologue retrouve la façon de fabriquer un outil en silex, non pas dans les livres, mais en fabriquant lui-même des outils en silex.
Cette idée de l’existence d’un champ d’informations « subtile » a été popularisée par Rupert Sheldrake, avec le concept de « champ morphique» (« champ générateur de forme »). Sheldrake et Terence McKenna étaient amis. Une partie de leurs discussions sont disponibles sur le site de Rupert Sheldrake (voir la rubrique « audio », les « trialogues » entre Shelrake, McKenna et Abraham).
D’après ce concept de champ morphique, la mémoire est inhérente à la nature : « les systèmes naturels, tels que des colonies de termites, des pigeons, des orchidées, des molécules d’insuline héritent d’une mémoire collective renfermant tous les phénomènes concernant leur espèce, aussi distants soient-ils dans l’espace et dans le temps (…),  les champs morphiques ne disparaissent pas : ce sont des schèmes d’influence organisateurs potentiels, susceptibles de se manifester à nouveau, en d’autres temps, et d’autres lieux, partout où et à chaque fois que les conditions physiques sont appropriées. » (Sheldrake, Champs morphogénétiques : La mémoire de l’univers ). Ainsi, si la cérémonie chamanique est considérée comme un comportement inhérent à l’humanité (des cérémonies chamaniques ont existé à travers le monde, depuis la nuit des temps), comme un comportement appartenant à une mémoire ancestrale collective, alors elle serait susceptible de se reconstituer, d’émerger de cet océan de mémoire, de se « cristalliser » en présence de conditions propices, en présence des bons « outils » et de la « bonne » intention.
Et comme le dit Romuald Leterrier, quand on fait des expériences de « type chamanique », « c’est bien d’avoir une intention qui soit en phase avec la Vie, et ça c’est fondamental. » (Romuald Leterrier – Recevoir des informations du futur grâce aux synchronicités (21’03)).
Exemple de prière/intention pouvant être mise au cœur d’une cérémonie :

« Je demande à être libéré de tout ce qui entrave la Vie en moi et autour de moi ».

Pour « aller plus loin », on peut consulter toutes les références déjà citées, et bien d’autres encore, comme les conférences et interviews de Romuald Leterrier, de Maria Kvilhaug, les chaînes youtube de Lyra Ceoltoir , d’Arnaud Thuly, de Totem Turquoiseau , de Phillipe JM Morel , le site web Erowid ; livre : « Le Serpent cosmique », de Jeremy Narby (et ses interviews/conférences sur youtube), le « Journal d’une apprentie chamane », de Corine Sombrun (et ses interviews/conférences sur youtube), les interviews/conférences de Kilindi Iyi, comme celle-ci : John Vallis #20: Kilindi Iyi – Martial Arts and Psychedelics  , etc….

Quelques personnes partagent, en vidéo, leur conception d’une cérémonie avec les champignons :

Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 – 6/21 – Psycho Chamanisme – Comment Faire Une Cérémonie?

Kathleen « Kat » Harrison — Weaving Modern Ritual

Mushroom Wisdom with Shonagh Home – Creating a Ritual Context

Mushroom Medicine ceremonies ; prayer

Christmas Eve Mushroom Ceremony (the REAL story of Christmas)

How To Ceremony with Psilocybin Mushrooms | Psychedelic Spirituality

Réf. : Livre: La nourriture des dieux, de Terence McKenna, La médecine de l’habitat, de Jacques La Maya; Articles: Interview de Terence McKenna par Gracie & Zarkov  ; The Sacred Drink and Other Links Between Indian, Iranian, Greek, Celtic and Norse Mythology ; Entheogens (Psychedelic Drugs) and Shamanism; PSYCHOACTIVE BOTANICALS IN RITUAL, RELIGION, AND SHAMANISMChamps morphogénétiques : La mémoire de l’univers ; Retour de la Völva, Reconstruction de la pratique du seidh ;
vidéos: The Rig Veda and Soma – Terence McKenna  ; Rupert Sheldrake on Terence McKenna ;
Rupert Sheldrake : L’intelligence évolutionnaire ; Sacred Mead of Poetry: What was in it and what did it mean?  ; AYAHUASCA vs MUSHROOMS – Dennis McKenna on DMT & Psilocybin ; Kathleen Harrison, the importance of ceremony, Rupert Sheldrake – Psychedelic Experience And Morphic Resonance.


Conclusion :

Récemment, la Société Psychédélique Française, jeune association créée par des chercheurs français, a publié sur sa page facebook un extrait de l’article « Médecines. Bientôt tous sous substances psychédéliques ? » , du Monde des Religions (numéro n°94 de mars-avril 2019) dans lequel on peut lire : « Alors que la recherche psychiatrique sur les molécules hallucinogènes connaît une renaissance fulgurante dans le monde, la France s’y met tout juste. La dimension mystique de certaines expériences gêne notre culture « cartésienne ».
C’est le monde à l’envers !
Si notre société était réellement cartésienne, rationnelle, logique, ses lois seraient basées sur la science, pas sur des préjugés moyenâgeux.
Si nous étions cartésiens, nous ne détruirions pas la nature, la vie, comme nous le faisons, puisque cela revient à détruire notre maison à coups de hache, cela revient à se tirer des balles dans le pieds.
Les peuples « premiers », qui considèrent les psychédéliques comme des médecines sacrées et qui en font un usage chamanique, vivent en harmonie avec la nature depuis des millénaires. Ils savent en général chasser, pêcher, cueillir et cultiver leur nourriture, se soigner, vivre des ressources de la nature sans les épuiser…, ils ont les deux pieds ancrés dans la terre, alors que les Occidentaux détruisent tout autour d’eux comme des enfants en bas-âge… Et ce serait les peuples premiers qui « planeraient » et nous les « cartésiens » ?!? Cherchez l’erreur !

Journal de transition – 29 septembre 2019


Serrure niquée.

Hier, samedi, je suis arrivée chez moi vers 12h40, après 3h45 de route (après une escale à Oyonnax), pour trouver ma porte d’entrée forcée.
Ça ne se voyait pas de l’extérieur, les volets avaient été soigneusement remis en place, la porte avait été soigneusement laissée juste entrebâillée. Elle ne ferme plus complètement.

Maintenant, je comprends pourquoi il y a une alarme dans la maison.

J’ai donc dormi avec les volets fermés (ils ne ferment pas correctement de l’extérieur mais peuvent être fermés correctement depuis l’intérieur) et une porte juste entrebâillée.
Ouais, même pas peur.
Heureusement qu’on n’est pas en décembre.
Et oui, truc de fou, j’ai dormi, même plutôt bien dormi. Je me suis réveillée vers 6h45, d’attaque pour monter au front d’une nouvelle journée.

Je n’ai pas encore appelé de serrurier. Je ne vais pas appeler un serrurier un weekend. Je n’ai pas le budget pour les tarifs « weekend ».

J’ai de la chance dans mon malheur et ma négligence et ma naïveté de bisounours et mes troubles cognitifs de nana en périménopause: ils ont juste fouillé la maison. Rien saccagé, presque rien cassé.
La seule « perte » est un mini roll-on de 5ml de parfum (Rose, de Mona Di Orio), laissé ouvert au fond d’une de mes boîtes à parfums et qui s’est vidé au fond de la boîte (collection qui date du temps où j’avais des sous pour ce genre de choses!). Je n’ai aucun parfum de « grande » marque, juste des trucs de « niche » inconnus, qui doivent intéresser genre 5 personnes en France.
Je ne suis pas sûre qu’ils aient volé quoi que ce soit, je n’ai aucun inventaire précis et une mémoire douteuse, donc ils ont peut-être pris une vieille boîte chinoise en bois qui vaudrait 10 euros sur une brocante (emmenée en souvenir?), et dans laquelle il me semble que je gardais une mèche de cheveux. J’ai retrouvé la mèche de cheveux, pas la boîte, mais si ça se trouve, c’est juste ma mémoire qui est pourrie et la mèche de cheveux était dans une autre boîte, et ils n’ont peut-être vraiment rien emmené.
Dans la maison, autant que je puisse en juger jusque là, ils ont juste endommagé une des serrures de l’armoire à linge (il y avait la clé dessus mais ils ont été infoutu de l’ouvrir proprement, la clé a cassé dans la serrure) et ils ont aussi pété un gros couteau de cuisine en le projetant violemment contre un mur de la cuisine à deux reprises (éclats de plâtre, morceaux du manche par terre).


Couteau acheté 1,50euro à Bazar Sans Frontières, à Annecy. Manche pété.

J’ai appelé les gendarmes, et ils ont fait un prélèvement ADN sur le couteau, mais bon, je doute que ça donne quoi que ce soit. Je vais à la gendarmerie cet après-midi (signer une déposition, je suppose?).

Je ne comprends pas trop le sens du lancement de couteau contre le mur.
Expression de la frustration de ne pas avoir trouvé d’écran géant??
Expression de la colère qu’une « parisienne » achète la maison d’une vieille famille du coin?
Moment de « délire » (incohérence), comme disent les jeunes de nos jours?
Si c’était un acte genre vaudou, ils auraient emporté les cheveux en prime!!!!
Faudrait être couillon pour vouloir faire du vaudou, en manquant l’occasion de piquer des cheveux. Quoi que rien ne garantisse que ce sont les miens.

C’est quand même bizarre de fouiller une maison aussi soigneusement, pour finir par lancer un couteau contre un mur.
Peut-être l’oeuvre de deux personnes différentes? Un fouilleur soigneux et un complice déséquilibré?

Bref.

Hier, j’étais d’une humeur massacrante, j’ai pris double dose de plantes pour le foie, j’ai fait le ménage, je me disais « c’est bon, c’est la goutte d’eau, je vais vendre, c’est sûr. Quand est-ce que ce putain de notaire se décide à m’envoyer ce putain d’acte de propriété?! ».

Maintenant, après une bonne nuit de sommeil, bien emmitouflée dans une triple couche de laine (à défaut de serrure triple point, j’ai plein de trucs en laine)… Il reste essentiellement la blasitude et le début d’habitude de faire face à des merdes les unes à la suite des autres.
Je vais peut-être vraiment mettre en vente dès que possible, vraiment.
Ou pas, va savoir.
Le temps des prophéties est fini, parait-il.


Ouais, bon, je ne vais quand même pas vous faire un beau sourire pour l’occasion.
Il fait 16° dans la cuisine de bon matin.
Qui voudrait « squatter » une baraque où il fait au mieux 15° en hiver?!

Autres merdes de ces derniers jours:

– La prime à la conversion pour ma « nouvelle » voiture d’occasion en suspension, parce que le dossier est incomplet. Et va savoir s’il le sera un jour, complet, et si, même lorsqu’il sera complet, ils ne trouveront pas une excuse à la con pour que je l’ai dans l’os (genre: « Les caisses de l’Etat sont vides »??)?
– La taxe foncière sur la table, alors que les bénéficiaires de l’Allocation Adulte Handicapé sont sensés en être exonérés pour leur résidence principale (non???) mais je suppose que soit j’ai mal compris les conditions d’exonération, soit j’ai merdé dans le timing de mes démarches administratives de ma domiciliation ici et que la prise en considération de mon handicap par l’administration continue de toute façon à dépendre des justificatifs que je fournis ou pas et de quand je les fournis, ou pas (« vous avez tardé à déclarer votre changement de domicile parce que vous avez des troubles des fonctions exécutives et des petites lenteurs dues à votre handicap?? Tant pis pour vous!! Vous l’aurez dans le fion, handicap ou pas, diagnostic ou pas, na-na-na-na-nère!!! »).
– La nécessité de résilier mon abonnement téléphone/internet parce que je n’ai pas/plus les moyens de le garder, même avec un éventuel tarif réduit spécial pour personne bénéficiant de l’AAH.

PS: ils ont quand même volé un truc: la boîte à bijoux. What else? J’avais 2-3 babioles auxquelles je tenais, des pierres « naturelles » semi-précieuses (grenat, pierre de lune, moldavite…). Rien de très grande valeur, mais ça fait chier.

 

 

A quoi je pense pendant le sexe? Tantra et sexe sans consentement

Chinnamasta

« « Tantra » est synonyme d’extrême discipline. » – Sadhguru

Prologue :

Cet article est inspiré par celui-ci: « Ces hommes incapables d’entendre un « non » féminin, ou la culture de l’insistance ».
Si vous n’aimez pas lire les mots « pénis », « vagin », pénétration », l’article ci-dessous n’est pas pour vous !
C’est potentiellement l’article le plus trash que j’ai écrit.
Si vous êtes un « mec », un « vrai », que vous visez « toujours plus haut », comme Tina Arena, que vous cherchez à vous améliorer en permanence, alors l’effet de ce texte pourrait être stimulant.
Sinon je vous préviens, vous allez juste vous vexer.
Dans ce texte je m’adresse à « vous », les hommes. Non pas que je m’attende à ce que 12000 personnes lisent ce texte, mais l’écrire m’aide à réfléchir. Et oui, je m’adresse aux hommes en général : désolée, mais vous avez tendance à tous vous ressembler sur certains points. Il existe peut-être des exceptions…. Mais oui, je généralise éhontément. Je suis chez moi, je fais ce qui me plaît.
Et le plaisir, c’est important, n’est-ce pas ?
Si « vous » pouviez essayer de répondre à la question en fin d’article, de préférence après avoir lu au moins les deux derniers paragraphes, ce serait cool (y répondre, ne serait-ce qu’en votre fort intérieur).
« Je », ne fais bien sûr référence qu’à moi, femme hétéro de 42 ans, ça vaut ce que ça vaut, mais quelque chose me dit que beaucoup de femmes pourraient plus ou moins se reconnaître dans ce petit « je ».

– – –

J’ai souvent « consenti » à un rapport sexuel par pure gentillesse, par pure bonté d’âme, en bonne Mère Theresa du sexe, en ayant la sensation que je donnais le sein à un bébé famélique, parce qu’un homme avait beaucoup insisté, parce qu’il semblait que sa vie en dépendait – et la mienne peut-être aussi.
J’exagère à peine.
Je ne me suis jamais sentie franchement physiquement en danger avec mes amants, non, pas avec mes amants en particulier, juste avec les hommes en général. Face à un homme, je suis toujours extrêmement consciente d’être la moins forte physiquement. Je suis toujours extrêmement consciente qu’un « non » peut me valoir une réponse cinglante, un mépris anéantissant, une mise en disgrâce éternelle, une gifle, ou pire, même de la part d’un homme qui m’aime et que j’aime, je l’ai appris très tôt, et beaucoup d’hommes s’appliquent à le prouver à travers le monde entier, au quotidien, depuis des millénaires.
Et parfois, moi aussi je pète les plombs. Ca m’est arrivé de frapper l’un de mes chats à l’occasion d’une crise de rage, alors que j’aime mes chats et que je suis une personne plutôt douce en général (les crises de rage ont cessé de se produire depuis que j’ai arrêté le gluten en 2011, jdis ça, jdis rien). Je sais qu’un être humain peut péter les plombs et devenir violent – et pas seulement physiquement, devenir violent sans prévenir et que ça peut faire mal, et pas seulement physiquement.
Donc je synthétise ce paragraphe : même quand je n’ai aucune envie de sexe, je peux dire « oui », par générosité, par « gentillesse », par noblesse d’âme, de cœur, de cul, autant que par peur (peur à minima du rejet, de la gifle verbale, du mépris…). « Les deux mon capitaine ! », « en même temps », comme dirait Emmanuel Macron. Oui, l’âme humaine, c’est compliqué. Je peux même ajouter « par lassitude » (« Comme ça, il arrêtera de me soûler »), « par j’men foutisme, fatigue ou faiblesse de caractère » (« Hof, ça ou autre chose ») et/ou « par orgueil » (« Même pas peur, même pas mal! »), parfois tout cela vraiment plus ou moins « en même temps ».

Le sexe, et plus précisément l’accès à celui des femmes, vous semble toujours tellement crucial, à vous, les hommes hétéro (ou bi ou pan, du moins ceux que j’ai eu connu), comme si vos revenus en dépendaient. Vous ressemblez un peu tous à des geeks accro à un jeu vidéo qui ne pensent qu’à une chose : attendre le niveau suivant de leur jeu préféré. Le niveau suivant, c’est toujours le prochain vagin et/ou clitoris, et, si vous avez une partenaire régulière, alors vous avez besoin d’avoir accès à son vagin, ou au moins à sa vulve, aussi souvent que possible, de préférence plusieurs fois par jours, ou au moins plusieurs fois par semaine, comme un bébé le sein de sa mère, c’est véritablement la sensation que ça me donne.
A défaut du vagin ou de la vulve, vous vous contenterez éventuellement d’une bouche ou d’un rectum, et si tous ces organes vous restent inaccessibles pour une raison ou une autre, alors il vous faudra éjaculer quelque part sur le corps d’une femme, un peu comme un chien doit absolument marquer son territoire à chaque fois qu’il sort.
Même les hommes adeptes du « Tantra », j’ai très envie de dire « prétendument » adeptes du Tantra…. « Prétendument », parce qu’ils finiront par m’expliquer que finalement, dans le « Tantra », on y met ce qu’on veut, alors que non, c’est une pratique très ancienne qui vise uniquement à la pleine Réalisation de l’Être, et qui n’implique d’éventuels rapports sexuels qu’après de longues années de disciplines spirituelles diverses et assez arides, l’un des couples « tantriques » les plus célèbres ayant été Padmasambhava – le fondateur du bouddhisme tibétain et auteur du Bardo Todhol, et Yeshe Tsogial, rédactrice du Bardo Todhol, couple qui passa des années en ermites dans des grottes au Tibet.
Sérieusement, si les « stages » de Tantra consistaient à passer plusieurs années d’affilées à méditer dans une grotte en haute-montagne, sans rien du confort moderne et sans aucun rapport sexuel, qui y aurait-il pour en parler en Occident ?
Le Tantra, en vrai, est une ascèse, pas une baise-partie, une ascèse à visée transcendantale, qui ressemble assez, dans le fond, à ce que je m’efforce de faire de mon quotidien depuis que j’ai environ 16 ans… Bref, même les adeptes du pseudo-Tantra, en dépit de tous leurs beaux discours sur la sexualité soit-disant respectueuse de l’Être dans sa globalité et non-génito-centrée, semblent rester relativement obnubilés par l’accès a mon vagin ou bien à mon clitoris, ou bien à mon anus, « s’te plait ! ».

Pénétrer à tout prix semble être, encore et toujours, l’enjeu majeur. Pas le dérèglement climatique, pas la 6ème extinction de masse, pas l’autonomie alimentaire, pas la sécheresse qui devient chronique, non. L’accès au vagin, l’accès au corps de la femme, à la femme nue, et surtout à l’intérieur du corps de la femme.
Mettre au minimum le bout de vos doigts entre mes lèvres, celles du haut ou du bas, et votre langue dans ma bouche ou dans ma vulve, voilà l’essentiel en ce bas monde.
Pénétrer. Ca, ça vous fait planer, ça semble vous rassurer et vous mettre en joie autant qu’un compte en banque bien garni dans les îles Caïmans.

Une fois que c’est fait, vous êtes aussi rassurés sur votre sort que si vous veniez d’atteindre le sommet de l’Evrest. Ca y est, vous êtes les rois du monde. Vous pouvez souffler, vous êtes arrivés, et si vous avez atteint le fond de mon vagin en réussissant à me faire crier (parc que, oui, c’est con, mais en vrai ça peut faire mal! Et petite précision, pour votre érudition : quand une femme crie, ça ne veut pas forcément dire qu’elle a un orgasme, et inversement ! Un orgasme peut être parfaitement silencieux, et le clitoris n’est pas au fond du vagin ! ), alors là, plus rien ne vous arrête, d’ailleurs certains iront jusqu’à me le dire : « Je suis le meilleur » (« sic », comme on dit).

Moi, quand un homme cherche à me pénétrer de façon très insistante (ou l’air de rien : « Oups, j’avais pas vu ! »), je pense à ma vaginose chronique, à mes pertes vaginales pâteuses, occasionnellement verdâtres, qui sentent – au mieux, le plâtre frais.
Tu as faim ?
Tu aimes le fromage ?
Tu veux refaire tes murs?
Je pense transmission de Candida albican, de mycose, de sida, de syphilis, d’hépatite, de co-infections de la maladie de Lyme, je pense cystite et grossesse indésirée.
J’échoue à comprendre pourquoi un homme cherche à mettre son pénis dans mon vagin, et donc potentiellement son sperme, alors qu’ils ne veut pas d’enfants avec moi, « surtout pas ! ».
Je ne comprends pas comment un homme peut dire « Je sais me contrôler » quand on sait qu’une goutte de sperme suffit à féconder un ovule malencontreusement de passage, quand on sait qu’on peut être, en toute ignorance, porteur sain de tout un tas d’infections plus ou moins sévères non dépistées en routine par les médecins généralistes, quand on sait que même notre propre flot salivaire, non, on ne le maîtrise pas, tout comme je ne maîtrise absolument pas ma vaginose, ni ma cave à fromage.
Quand je constate qu’un homme est encore en train d’essayer de me pénétrer sans capote, alors que j’ai juste dit « oui » à un « massage », je me dis que je suis encore tombée sur un homme atteint du syndrome de Superman, qui se croit immunisé contre toutes les maladies sexuellement transmissibles, parce qu’il me baise avec « respect » (dit-il) et que le respect, c’est forcément plus efficace qu’une capote ou qu’un antibiotique.
C’est un Superman, il a pris une douche, il est parfaitement propre, aussi stérile qu’un scalpel dans un bloc chirurgical, il n’a pas de microbiote (flore microbienne) génital, non, ça c’est pour les autres, pour ceux qui ne connaissent pas le mot « Tantra », peut-être ?
Rétrospectivement, je réalise aussi que ces hommes qui se permettent de pénétrer une femme qui a juste dit « oui » à un « massage » confondent malencontreusement silence, immobilité (et, éventuellement, « mouille ») avec consentement et que c’est une des base de la culture du viol, et même de la définition du viol (« acte de pénétration sexuelle commis sur une victime avec violence, contrainte, menace ou surprise »), mais j’y reviendrai plus loin (oui, ça va être long, et plus c’est long, plus c’est bon, non?).

Quand j’accepte d’essayer de « pratiquer » avec un prétendu adepte du Tantra – tant qu’on n’a pas testé, on ne peut pas vraiment savoir s’il s’agit d’un « vrai » adepte ou pas, non ? – j’attends toujours de pouvoir entrer en méditation à deux, peau à peau, souffle à souffle, pour voir jusqu’où il est possible d’aller comme ça.
Peut-être jusqu’à l’activation pleine et entière de tous nos chakras, de notre « corps de lumière » ? Oui, le corps humain émet réellement des biophotons, soit dit en passant.
Pour le moment, j’ignore encore jusqu’où il est possible d’aller comme ça, puisque je n’ai jamais trouvé qui que ce soit pour aller dans cette direction là, puisque mes partenaires semblent toujours plus intéressés par mon vagin que par un quelconque état méditatif.
Alors que votre état méditatif ne se situe absolument pas là.
D’où l’idée que vous n’êtes que de prétendus adeptes du Tantra, au mieux des victimes du marketing des psy et autres thérapeutes psychanlysants modernes, qui vendent leur sexothérapie sous l’étiquette « tantra », parce que c’est vendeur, parce qu’ils ont tendance à pervertir tout ce qu’ils touchent (puisque l’ancêtre de leurs formateurs à tous, Freud, s’y connaissait bien en appropriation et perversion d’appropriation, le charlatan N°1 du 20ème siècle !)…
Parce que soit vous utilisez vous aussi le terme de « Tantra » alors que vous n’en avez rien à branler de la transcendance (quel est le titre de ce blog, déjà?), et vous l’utilisez sciemment pour faire du tantrawashing, et c’est malhonnête, soit en toute innocence vous ignorez de quoi vous parlez, même après avoir fait plein de stages hors de prix, mais si je dis ça, vous allez vous vexer.
Si vous êtes restés jusque là.
Puis vous me rétorquerez : « Et toi, qu’est-ce que tu en sais, de ce que c’est, le Tantra ? ».
Je vous répondrai que j’ai lu des livres, que je me suis initiée à 2-3 disciplines apparentées au Tantra ou qui en font parti intégrante (yoga, taï-chi…), et vous me rétorquerez que je suis vraiment trop crédule.

En effet.

En effet, je « crois » toujours que si un homme qui m’est sympathique insiste vraiment beaucoup pour avoir un rapport sexuel avec moi, c’est que je devrais peut-être accepter, que s’il dit qu’il s’y connaît en Tantra, c’est que c’est peut-être la vérité.
Trop curieuse, et trop crédule, en effet. Trop influençable, comme n’importe quel autre autiste (oui, pour info, j’ai un handicap, je suis autiste, pour de vrai! Et les autistes sont plus influençables que la moyenne). Trop gentille, trop souvent prête à accorder le bénéfice du doute.

Et puis l’homme « désirant » est toujours très doué pour me suggérer d’une façon ou d’une autre que si je refuse, c’est que je suis une coincée, une blessée, une gourde, une prude, une banquise, une méchante, une névrosée, une conne, une salope, une pute, une allumeuse, une fille qui ne sait pas ce qu’elle veut, une fille qui ne sait pas ce qu’elle loupe, etc, etc… Au choix, selon l’humeur.

C’en est un peu à se demander pourquoi vous me désirez, exactement, au final ?
Peut-être est-ce que, justement, ce n’est pas moi que vous désirez, c’est la pénétration, fourrer votre pénis ou au moins l’un de vos doigts quelque part dans un corps de femme.
Et puis à force, je finis parfois par en avoir marre de me faire basher : « Ah bon, si je dis « non » c’est que j’ai un problème ? Tu vas voir ça, si j’ai un problème ! ».
Eh oui, moi aussi, j’ai ma fierté. Comme les mecs, moi aussi j’aime montrer mes « muscles » et que je suis « cap » et même à moi, il m’arrive d’avoir envie de jouer à « qui pisse le plus loin ».
Un peu comme les gars, le samedi soir, qui jouent à celui qui boira le plus de shots d’alcools forts, sans rouler sous la table.
Après tout, moi aussi, je suis un mec comme les autres.
Le dénigrement fonctionne parfois, d’une façon ou d’une autre, qu’il actionne le levier de la peur, de la colère, de l’orgueil… Oui, il peut fonctionner.
Oui, vous pouvez prendre un autre verre, et puis un autre, et puis votre voiture après, même pas peur ! C’est crétin, mais ça peut marcher.

J’ai appris que si je ne vous donne pas ce que vous voulez, une fois que je suis en tête à tête avec vous, vous pouvez devenir extrêmement méprisant, blessant, et me traiter littéralement comme de la merde. Comme ça, tout à coup, ça va vous prendre comme une envie de pisser, ça partira sans prévenir, comme une paire de claques, par forcément à plein poumon, juste quelques mots bien incisifs qui me rabaisseront plus bas que terre. Pas sympa. Même franchement moche.
J’ai appris que, dans « l’intimité », même les hommes qui se prétendent intello de gauche – très propres sur eux, anti-FN et autres « votez utile », plus ou moins « esthètes », épicuriens (mot compte triple), avec un bon niveau socio-professionnel, qui vivent dans une maison où le ménage est toujours bien fait, eux aussi peuvent être aussi infectes qu’un facho (voir bien pire), quand je ne leur donne pas accès à mon vagin ou à ma bouche.
Moi, en 2012 : « Si je ne lui donne pas ce qu’il veut, je vais encore repartir de chez lui en chialant, le cœur brisé, et je resterai prostrée de chagrin pendant six mois. »
Moi, en 2022 : « Et puis peut-être que celui-là sera le bon, celui que je pourrai présenter à ma famille, qui restera à mes côtés même quand je serai vieille et que j’aurai une descente d’organe ? »

Et après tout, qu’est-ce que cela me coûte de vous laisser me doigter ? De vous laisser me pénétrer, à partir du moment où vous vous êtes lavé les mains, où vous avez mis une capote ?
Honnêtement, cela finit par me coûter autant qu’une auscultation par la doctoresse qui fait mon suivi gynéco.
Suffit de penser à autre chose, de respirer, de se détendre et d’attendre que ça passe. Ce n’est qu’un organe comme un autre, ce n’est guère plus qu’une poignée de main un peu gluante.
J’attends que ça passe, j’attends de voir si, peut-être, vous pourriez être « le bon », à la longue, à force de générosité, de magnanimité, de fierté, de je ne sais plus trop quoi….

Se laisser faire quand on n’a pas envie, certains appellent ça « se faire violer » (référence : Je suis un homme victime de viol conjugal — Témoignage), hein, tout de même, alors que moi j’appelle ça «céder pour avoir la paix». Peut-être ne devrais-je pas autant relativiser?
Parce que, de fil en aiguille, je lis que « céder n’est pas consentir » et que donc, oh my god, ce dont je parle, là, ce serait de viols à la chaîne ?!!!
Youpie !
Mais je vous rassure : si l’ont peut être victime de viol sans le savoir et commettre des viols sans le savoir non plus, c’est juste à cause de la culture du viol, et de la « zone grise » (un peu comme la Zone 51, où personne ne sait vraiment ce qui se passe), c’est juste à cause d’un biais culturel : « Les garçons apprennent qu’il est normal d’avoir l’initiative, les filles qu’il est normal d’y céder. Et là est le coeur du problème : céder n’est pas consentir. »
Autrement dit, dans cette zone grise pleine de non-dits, ou de pas-assez-dits, de pas-assez-écoutés, de trop-interprétés, tout le monde croit être en train de faire quelque chose de « normal », alors que non, du moins pas dans une relation réellement « respectueuse » (de l’autre et de soi).
Et moi qui ai toujours du mal à m’exprimer à l’oral, parce que je suis autiste (je vous l’ai déjà dit?), et que le langage oral n’est pas du tout ma langue natale, ça n’arrange pas mon cas (j’écris beaucoup plus et mieux que je ne parle).
(Référence : Culture du viol, consentement et « zone grise »).

« Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », aurait dit le Christ.
Je suppose que je vais chanter ça en chœur avec lui, hein, sur un petit air de Jimmy Sommerville, avec un petit pastis pour faire glisser.
C’est con, je n’ai plus de sous pour aller en parler à un psy.
Le consentement, c’est compliqué. A la question « est-ce que tu as envie de ceci cela ? », consentir devrait donc être uniquement un total enthousiasme : « Carrément, je suis à fond !! Qu’est-ce que tu attends ?! », alors que d’autres vous diront que, parfois, consentir c’est répondre mollement : « Bah non mais si ça te fait plaisir alors ok, parce que j’ai envie de te faire plaisir, mais vite fait, hein, parce que j’ai sommeil ».
Compliqué.

Pendant le « sexe », il m’est souvent arriver de penser au café que je préférerais être en train de prendre en terrasse.
Ca m’est souvent arrivé de penser aux parfums que j’ai senti récemment en parfumerie ou ailleurs.
Ca m’est arrivé de voir des fleurs dans ma tête, comme les films qu’on diffuse dans les avions pour que le voyage semble moins long.
Ca m’est arrivé de réfléchir à ce que j’aurai à faire après, de calculer le temps que j’aurai après pour faire ceci ou cela.
Ca m’est arrivé de calculer le nombre d’heure de sommeil que ça me coûte, le nombre de jours dont j’aurai besoin pour m’en remettre.
Ca m’est arrivé de penser à un autre homme que je préfère, que je trouve plus sexy, que je désire bien plus, juste histoire de pouvoir passer un meilleur moment.
Ca m’est arrivé d’essayer d’atteindre mon propre état méditatif, en moi, en mon cœur, de rester là, juste là, présente, ici et maintenant, de respirer, d’observer, comme on fait en cours de méditation pleine conscience ou en stage de shiatsu.
Observer, même les trucs pénibles et désagréables, cultiver mon self-control.
Toi aussi, tu aimes avoir des secrétions vaginales dans tes cheveux ?
Après tout, les vrais tantrika sont sensés pouvoir méditer sur des sites de crémation…
Chercher à atteindre un état méditatif, quand un cadavre brûle à côté de toi ou pendant un rapport sexuel avec un partenaire aussi excité qu’un gosse sur sa Switch, c’est peut-être un peu kif kif bourricot…
Sauf que pendant un rapport sexuel, le partenaire n’est pas sur une Switch, sur un objet, il est sur un être vivant qu’il est sensé « respecter », tout comme les rituels de crémation, en Inde, sont des rituels religieux pratiqués dans le plus grand respect de la vie et de ses cycles.
Être respectée comme une « Switch »… L’un des points culminants de la vie de l’enfant moderne, c’est lorsqu’on lui offre une Switch, qui devient « sa » Switch, sa possession la plus précieuse, source inépuisable d’excitation, de fascination, d’adrénaline et de fun.
Serait-ce là toute l’idée que les hommes se font du « respect » qu’ils doivent à une femme, à une partenaire sexuelle, à une femme dans le cadre d’une relation sexuelle vaguement « tantrique » ?
De la même façon qu’un gosse « respecte » sa Switch au point de ne jamais la jeter par terre, de ne jamais l’oublier dans le train ? Si vous m’accordez autant de respect qu’un ado en accorde à une Switch, alors devrais-je m’estimer comblée et n’aurais-je à me plaindre de rien ?

J’écris ce texte parce que j’en ai marre de me faire doigter comme si votre survie en dépendait, alors que non, vraiment non.
Je crois que les hommes ne savent même pas pourquoi le vagin des femmes les obsède autant.
Je pense que c’est un trouble obsessionnel compulsif, comme une tradition familiale qu’on se transmet de père en fils, sans savoir pourquoi ni à quoi ça sert.

A cela, vous me répondrez : « Mais le plaisir, ma petite chérie, c’est important, il faut savoir se lâcher dans la vie, blablabla ».
Et remarquez comment mon plaisir devrait toujours être celui d’assurer le votre, comment mon plaisir devrait toujours être identique au votre, sinon, c’est que j’ai un problème, vous en éternel « étalon » de ce qu’il convient de considérer comme plaisir ou déplaisir.
Comme si vous ignoriez, très naïvement, que je n’ai aucun besoin de vous pour avoir un orgasme.
Peut-être êtes vous réellement mal informés, au point de croire qu’une femme est incapable d’avoir un orgasme sans vous?
Et puis quel plaisir ?
Et si je n’en ai pas envie, du plaisir, du moins pas du même plaisir que vous? Ou plutôt, si votre conception du plaisir était à l’opposé de la mienne ? Si mon envie, mon plaisir à moi, c’est l’ascèse, la discipline et un petit coup de pastis de temps en temps, et un orgasme en toute autonomie de temps en temps, on fait quoi ?
Si mon plaisir, c’est justement la discipline, la frugalité, un corps et une sensorialité à la fois exaltés, maîtrisés et dépassés, telle un diamant dont l’intérêt est surtout dans la lumière qu’il magnifie, toutes ces choses propres au « vrai » Tantra, celles avec lesquelles je m’efforce de tisser mon quotidien, de plus en plus, depuis des années. Si c’est ça mon plaisir, on fait quoi ?
Si mon plaisir c’est la quête du « vrai » Tantra, de la transcendance à deux, on fait quoi ?
Le Meetic de la transcendance, de la Réalisation au sens réellement « tantrique » du terme, est-ce que ça existe ?

Bref, pourquoi chercher à « fourrer » à tout prix ?
Si seule la quête de plaisir vous anime, alors pourquoi être autant attaché à la pénétration (quelque soit le type d’organe pénétrant et pénétré) et à l’éjaculation, puisqu’en plus d’être des pratiques risquées (maladie, paternité non désirée…), elles n’ont techniquement rien d’indispensable à votre plaisir ?
Les journaux devraient peut-être en faire leur gros titre : un homme peut avoir un orgasme ailleurs qu’à l’intérieur d’un être vivant, et il peut même avoir un orgasme sans éjaculer ! Ca s’appelle être autonome sur le plan sexuel, c’est un peu comme de savoir se faire à manger, ça s’appelle aussi la « continence sexuelle », et c’est aussi de l’hygiène – éjaculer sous la douche plutôt que dans les gens, c’est comme de savoir pisser dans des WC plutôt que sur un trottoir.
Pourquoi considérer la pénétration et l’éjaculation comme aussi quintessencielle – ainsi qu’éventuellement me faire jouir (quand vous vous en préoccupez), comme si cela devait vous garantir une sorte d’immunité à vie de ma part, comme si cela devait vous rendre indispensable à mes côtés, comme si cela allait vous valoir un 13ème ou un 14ème ou un 15ème mois et une retraite aux Seychelles ?!

Alors que non. A chaque fois que vous me blessez, je prends quand même note, à chaque fois que vous exprimez une opinion à l’antipode des miennes, je prends quand même note et je vous présente l’addition lorsque j’en ai assez de vous faire crédit, ce qui arrive souvent, puisque plus je vous fais crédit, plus vous avez tendance à me traiter comme un open-bar… Et aucune cagnotte ne gonfle à chaque fois que vous me pénétrez ou que vous me faites jouir et, vu que je suis « grande fille », une femme qui s’assume (relativement), libérée (je pense que ce texte l’illustre largement), relativement « autonome » comme vous aimez (c’est à dire surtout pas à votre charge, financièrement) alors je sais me faire jouir moi-même, à l’infini si ça me chante (quand ma libido est d’humeur), je n’ai aucun besoin de vous pour ça, et plus vous « fourrez », plus vous fourrez, c’est tout, vous n’allez jamais « plus loin », ça ne vous rapporte strictement rien, cela soulage peut-être momentanément une petite angoisse existentielle passagère, mais ça ne vous mène à rien, à ma connaissance.
A force, pour moi, de mon point de vue, cela devient juste lassant, ennuyeux, rébarbatif, fatigant, voir douloureux.
Non, vraiment, cela ne va pas sauver le monde, cela ne vous rendra pas immortel, ni très riche, ni très célèbre, cela ne me mettra pas non plus à vos pieds jusqu’à la fin des temps.

Alors pourquoi diantre fourrer?
Je vous le demande vraiment : pourquoi ?

 

 

Quelques références :
SexNegative ?
Enthousiasme vs consentement
La « zone grise » du consentement, un concept « très dangereux »
Documentaire: Sexe sans consentement – Infrarouge
Qu’est-ce que le consentement féminin dans l’hétérosexualité ?
Consentement 2.0 = enthousiasme
Vidéo The unfinished story of yes

Dénoncer les violences sexuelles sur les femmes autistes: « Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch « leur difficulté à identifier les comportements violents, à comprendre la notion de consentement, à s’opposer et à se défendre, exposent les femmes autistes à un risque jusqu’à dix fois plus élevé ». (…) Chez les femmes autistes, sidération et dissociation sont particulièrement marquées, explique la psychiatre Muriel Simona : « Elles peuvent tomber dans un sentiment d’étrangeté, avec une impression d’être spectatrice. Cela peut aller jusqu’à l’amnésie traumatique ». »

Illustration de la culture du viol en politique: « « Qu’il avait beaucoup de maîtresses, qu’il consultait des sites, que des filles étaient amenées à l’hôtel à la fin de ses conférences, qu’il en invitait à se déshabiller, que certaines résistaient et qu’il pouvait devenir violent et agressif, ça oui. Mais je n’ai jamais entendu parler de viols. J’en suis abasourdi. » (…)
Que Bernard Godard se dise « abasourdi » par les accusations des victimes présumées en dit long sur l’aveuglement, y compris des autorités françaises, sur le personnage Ramadan. Mais aussi, plus généralement, sur l’absence criante de conscience face à ce qui ressemble à des agressions sexuelles avérées ». –   « Le « Monsieur islam » français savait tout d’un Tariq Ramadan « violent et agressif » sexuellement… et pourtant » – Marianne (oct. 2017).

Consent, it’s a piece of cake : « If you say, ‘Thanks, but I don’t think so’, and they convince you to change your mind, that’s also consent. It doesn’t matter how many times you said no. It doesn’t matter if your friend was being an obnoxious, guilt-tripping, sulky, passive-aggressive pest. (Well, it matters. It may be a reason to reconsider your friendship. But it’s certainly not a reason to go to the cops.) As long as you were free to refuse the cake without risking some tangible harm, it’s up to you to grow a spine. »

– – –

Quelques notes et références en désordre sur le Tantra :

tradition spirituelle, serait apparue il y a 7000 ans, fonctionne sur la base de la transmission d’enseignements, d’un maître à un disciple. C’est une pratique ésotérique qui vise à l’extension et à la libération de la conscience, à l’union avec « Dieu »/la pure conscience, à la réalisation de l’Etre, à être pleinement.
Mais quand on énonce tout cela, beaucoup entendent « l’exultation du petit moi moi moi », et non l’union du « petit moi » avec le Grand Esprit : la dissolution du petit moi dans la Totalité.
On entend aussi plus facilement « connaître tout » que « sentir tout », car être pleinement conscient, ce n’est pas « tout savoir », c’est plutôt sentir tout pleinement, le sentir et pourtant être capable de s’en détacher, comme une feuille morte se détache de l’arbre. Car tout passe.

« Tantra means extreme discipline »… learning to use the body and mind like an instrument… Tantra means a technic or a technology… learning to use the body and mind like a tool, like a computer… it takes enourmous discipline… it’s talking about the body, and because they’re talking about the body, they think sex, because they only think about a few body parts, they forget about the brain!… spiritual growth, reaching to its ultimate nature… no « tantra »/technology = no guru (guru: can do for us something we cannot do for ourself) – Sadhguru, Tantra is not about sex https://www.youtube.com/watch?v=DuVsPLOGz14

ascending of the Kundalini to the highest chakras, for the transformation of the crown chakra, so that it may become « enlightened », turned into a blazing light of illumination, awakening.
Awakening of the astral body – astral body: energy field, biofield (measurable), unconsious, Tantra aims at that field to become conscious, for humans to become fully aware of their whole being (and not just of a few organs)

Dr. Thomas Daffern https://www.youtube.com/watch?v=n8a7xY_flT4
Yoga is a form of practicing tantra
yoga : « to reunite » the soul essence with its devine source
embrace sexual extasy as a vehicle to enlightenment
druidery : celtic version of tantra, same for seidr and other old european traditions, alchemy…
tantra : weaving male/compassion and female/wisdom principles as One.
Use the mundane to achieve the super-mundane
requires a guru
not about sex,
about transcending sex
in hindouism focus on divine play of shakti/female & shiva/male deities, universe : manifestation of divinge energy
tantra seeks channeling that energy within the human realm and unifiy with cosmic consciousness
in bouddhism : no cosmic consciousness idea, buddhism focuses on union of male-compassion/female-wisdom principles
tantra rejected social normes of vedic traditions : rule about dress->go naked, no alcool, no drug->drink alcool, use drugs, no meat-> eat meat, sexual restriction-> sex part of the rituals = similarities with hippies, and the forest « anarchy ».

the divine feminine part 5 – tantra https://www.youtube.com/watch?v=nbCYAWjDKwc

Géobiologie, écho du passé


Roussillon en Morvan, Carte de l’Etat Major 1820-1866, site web Géoportail.

 

Depuis environ 2 ans, je m’initie à la géobiologie en autodidacte. C’est un vaste sujet qui va de la protection vis à vis des pollutions électromagnétiques à l’impact des phénomènes naturels et des matériaux sur la santé humaines (radon, sources, béton, terre cuite…), en passant par des sujets plus « ésotériques », comme la mémoire des lieux, que j’aborde ici. La maison que j’ai achetée en septembre 2018 est un bon lieu de « pratique » et d’expérimentation, alors bienvenue chez moi!

Mon petit « chez moi », vu du ciel, via le site web Géoportail :


Chez moi: les parcelles 804, 805, 806, 807. Environ 6.000m2, achetés 65 000 euros, quasi toutes mes « économies », frais de notaire inclus (tout le monde me demande le prix, je réponds volontiers, donc tant qu’à faire….).
Le petit triangle en 807, c’est ce qui est appelé « l’ancien potager ». La maison est hachurée en 806. La route passe tout près de l’angle sud-est du bâtiment.
Au sud de l’ancien potager, un ancien chemin figure encore sur le cadastre, dans le prolongement de la route qui vient de l’ouest. En « vrai », cet ancien « chemin » est un gros tas de pierre sur lequel poussent des ronces et des arbustes.

Quand j’ai visité ma maison, avant de l’acheter, à deux reprises, je n’ai pour ainsi dire pas « vu » la route qui passe devant, au raz de l’angle sud-est.
Je ne voulais pas acheter une maison à côté d’une route, je voulais une maison en bout de chemin, quelque chose comme ça, « au calme ». Le bord de route, c’était sensé être rédhibitoire. Je suis trop sensible au bruit pour avoir envie de vivre à côté d’une route, quand bien même une « petite » route du Morvan, bien moins passante qu’une départementale de Haute-Savoie.
Je vous rassure: j’arrive quand même à bien dormir la nuit, parce qu’il y a très, très peu de voitures qui passent la nuit, entre 22h et 7h du matin.

J’ai échoué à prendre en considération qu’il y a une route à moins de 10 mètres de mon perron, pourtant, j’ai une bonne vue. La route, je la voyais bien, mais j’ai échoué à la prendre pleinement en compte.
Il a fallu attendre la première nuit passée dans la maison pour que je réalise que les voitures passent à seulement 6-7 mètres de la chambre la plus proche de la route, ce qui est très proche, ce qui fait qu’on entend vraiment bien les voitures, d’autant plus avec du simple vitrage, dans une maison où il semble y avoir un problèmes de résonance (peut-être parce que des plaques de plâtre se désolidarisent des murs à certains endroits?! parce qu’une partie du plafond est creux, au-dessus des pièces les plus récentes? je ne sais pas trop…).

Aurais-je été victime d’un « ensorcellement »?!
Un coup de foudre pour une maison, après tout, c’est bien ce qu’on peut appeler un « ensorcellement ». C’est la « magie » du lieu, ses « énergies » qui vous « ravissent », et il n’y a rien à faire, vous êtes foutu!

Carte ci-dessous:
Au fil des mois, j’ai glané quelques informations sur le lieu. Une ancienne voie romaine orientée est-ouest descend du « Château », à 1km à l’ouest, jusque chez moi (maison encadrée d’un petit rectangle noir). Cette portion d’ancienne voie romaine est devenue une route goudronnée et, jadis, il y a très très longtemps, cette route continuait tout droit  sur plus de 500 mètres, au sud de « l’ancien potager ». Cette ancienne portion qui longe le mur sud de l’ancien potager a en partie disparu et subsiste plus loin à l’est, en partie, sous forme de chemin, en rose sur la carte actuelle ci-dessous: « ancienne voie… » (romaine).

Sur géoportail on trouve une ancienne carte de 1950. La configuration des lieux y est identique à aujourd’hui:

 

Sur géoportail, on trouve aussi une ancienne carte d’Etat Major de 1820-1866. L’emplacement de ma maison est figuré (grossièrement) par le rectangle noir. C’est du moins son emplacement actuel, autant que je puisse en juger. Le point rouge qui figure sur la carte, juste à droite de la maison actuelle, à l’intérieur de la « patte d’oie » formée par le chemin en noir et la « Route », pourrait peut-être être l’actuel « ancien potager »? L’ancien potager aurait-il été, à l’époque, une maison, ce qui expliquerait le gros tas de pierre qui subsiste à cet endroit?
Et donc c’est l’ancien chemin qui figure en noir, et qui rejoint Jeusot en ligne droite, qui aurait été transformé plus tard en « route » goudronnée.

 

Donc, pour récapituler, avant, la « route », c’est à dire l’ancienne voie romaine passait en rose là:

Pas du tout aussi près des chambres que maintenant!! Chambres, qui, à l’époque, bien sûr, n’existaient même pas encore!

On peut même aller plus loin…:
Voilà la carte du secteur, entre Roussillon en Morvan et La Celle En Morvan.

 

 

« Jadis », il y a 100-200 ans, les gens qui venaient d’Autun (du sud-est) et qui souhaitaient rejoindre les lieux-dits situés à l’Est de chez moi: Jeusot, Les Pécinnes, les Barbeaux (rectangles orange sur la carte ci-dessus) passaient plus probablement par l’ancienne voie romaine en rose pastel, au départ de la Celle en Morvan (rectangle jaune) et pas du tout par la voie en mauve, « devant chez moi » (petit rectangle vert). Si cette voie d’accès en rose existait encore en tant que « route », si elle avait été rendue carrossable, le trafic serait probablement moins dense aujourd’hui devant chez moi !

Le lieu garde-t-il la mémoire des anciennes routes, et échoue-t-il à « imprimer » les « nouvelles »? La « signature » énergétique/électromagnétique d’une route en pierre n’est pas du tout la même qu’une route en asphalte, l’asphalte pouvant être considéré comme un matériaux très « perverti » au niveau énergétique, c’est un pétrole très « trituré », très transformé, méconnaissable, un peu comme une sardine carbonisée n’a plus grand chose en commun avec une sardine qui nage dans l’océan!
On pourrait envisager que « l’esprit du lieu », « l’esprit de la maison » échoue à identifier ce ruban d’asphalte en tant que « route », tellement ce truc ne ressemble à rien d’identifiable, « énergétiquement » parlant.
Quelque chose me dit que ma maison trouve ça très bizarre, tous ces gens des Barbeaux, des Pécinnes et de Jeusot, qui passent sous son nez, au lieu de prendre une voie plus courte! Qui passent sur le chemin à moins de 10 mètres du perron, au lieu de passer sur la « bonne » route, à 30 mètres de là! Sans parler du fait qu’il y a 200 ans, on ne roulait pas en voiture, ni en quad, ni en tracteur…….

C’est donc ce genre de phénomène auquel s’intéresse, entre autre, la géobiologie: la « mémoire » des lieux,  peut-être mémoire sous forme d’information « quantique », qui fait fi du temps, écho du passé qui peut influencer le « jugement » des personnes les plus « sensibles », leur perception des choses, leur choix (pas toujours très cohérents) en matière d’immobilier.

Et moi, je fais « l’éponge quantique », je vois d’avantage le lieu tel qu’il était il y a 200 ans, que tel qu’il est aujourd’hui?
Ou je suis vraiment juste « bigleuse »?!
Ou bien je le vois tel qu’il sera devenu dans 10-20 ans, quand j’aurai fini de le rénover et que l’essence coûtera tellement cher que tout le monde se déplacera quasi silencieusement, à pied ou à cheval?!

Si vous avez des suggestions sur le sujet, sur ce qui peut causer un problème de résonance… N’hésitez pas à commenter ci-dessous!

La sorcière du Morvan

Cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé: j’ai écrit une nouvelle nouvelle!

C’est un pdf de 19 pages. C’est une histoire de sorcière des temps modernes, une nouvelle 100% locale, une histoire qui se passe dans le Morvan, écrite dans le Morvan, postée depuis le Morvan!

Ca parle de champignons, d’autisme, de psychédéliques, de climat, de Greta Thunberg, de Tolkien, de Jünger, de rock’n roll, de chamanisme, de pyramides, d’animisme et de fin du monde.

Je précise bien, au cas où, qu’il s’agit d’une FICTION!!!

Cliquez là pour télécharger le PDF (vous pouvez l’imprimer si ça vous chante):

La sorcière du Morvan

Si vous la lisez et que vous trouvez des « coquilles », n’hésitez pas à me les signaler!

Journal de transition – Avril

Au menu :
Plomberie, entraide, autisme, troubles de la communication et interprétation
Préménopause et troubles de la mémoire
Chauffage au bois, cuisinière ou poêle avec plaque de cuisson ?
Humeur, dépression post-achat immobilier
2 avril, journée de l’autisme, bienveillance, biomédical, Olivia Cattan
Feuilleton Orange (téléphone) et son gros cul gras
Indochine, musique, écriture et sexyness
Cheveux, coiffeur et communication
Emploi, argent
Carrosserie
Emploi, handicap, administration
Effondrement de la biodiversité – BOUGEZ VOUS LE CUL !!!!

Lundi 1er avril 2019, Roussillon, 8h30 :
Plomberie, entraide, autisme, troubles de la communication et interprétation: A y est, après un nouveau week-end spécial plomberie, grâce à l’un de mes contacts Internet, que je vais finir par appeler simplement un « ami », j’ai donc de l’eau dans la salle de bain, obtenue de haute lute avec l’un des murs de la maison (perçage d’un vieux mur en pierre de 60cm, vieux mais costaud, pour faire passer deux petits tuyaux pvc flexible).

Au programme, la prochaine fois : la pose d’un nouveau WC, pour remplacer celui qui fuit, et peut-être pose d’un chauffe-eau, si j’ai réussi à choisir entre tel et tel chauffe-eau d’ici là.

Le fait d’avoir eu de l’aide pendant deux gros week-ends a eu un bon effet anxiolytique, mais j’avoue que je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’on a beau dire « la prochaine fois », j’ai vu tellement de trucs tomber à l’eau ces 13 dernières années environ (avant 2006, je n’avais quasi aucune vie sociale), tellement de déconvenues, de gens qui disent « oui je serai là » et qui en fait ne viennent jamais, ou bien qui se montrent effectivement pendant un certain temps et puis, finalement, qui arrêtent d’être là un beau jour sans qu’on sache trop pourquoi, des gens qui promettent et qui ne tiennent pas, même pas parce qu’ils ne peuvent pas mais souvent parce qu’ils n’essayent même pas, parce qu’ils promettent en l’air, sans trop faire attention à ce qu’ils disent, par politesse, histoire de dire un truc sympa, histoire de faire bien, de se présenter sous leur meilleur jour et au final, en fait non, il n’y a personne, c’était du vent…

Ou bien c’est moi qui ne répond pas « comme il faut » à leurs offres d’aide, et ils interprètent ça comme du désintérêt ? Parce que personne ne prend franchement en considération mon handicap (autisme et, donc, des troubles des interactions sociales) – dans mon entourage, on a surtout tendance à faire l’autruche, vis à vis de cet autisme (si on l’ignore suffisamment, il finira peut-être par disparaître? Méthode couée à fond) : personne ne se dit jamais « ah si elle réagit comme ça, ça ne veut pas forcément dire qu’elle me jette! Si elle réagit comme ça, c’est peut-être juste à cause de ses difficultés de communication?! », non.
Ce qui se passe, c’est qu’on interprète ce que je fais ou pas, comme si j’étais une pro de la communication. On interprète sans se dire « attention c’est une autiste qui a des difficultés à interagir « normalement », donc si je ne comprends pas ce qu’elle veut, il vaudrait mieux lui demander des précisions plutôt que d’interpréter comme ça me chante ».
C’est pour ça que j’aime beaucoup les accords toltèques, entre autre : « NE JAMAIS FAIRE D’INTERPRETATION » !!!!!!!!

Quand quelqu’un est en fauteuil roulant, on voit bien qu’il y aura des adaptations à faire à un moment ou à un autre, pour permettre à la personne de faire ce qu’elle a à faire mais quand le handicap ne se voit pas, personne ne pense à faire d’adaptations.
C’est comme si en voyant une personne rester assise dans son fauteuil roulant, sans se lever pour vous dire bonjour, vous vous disiez « oh, quelle malotrue, elle ne se lève même pas pour me saluer ! ».
C’est comme si face à une personne qui n’a pas de bras, vous vous disiez « oh quelle malotrue, elle ne me sert même pas la main pour me dire bonjour ! ».
Face à un autiste qui a une attitude de « retrait », même quand on connaît l’autisme, on oublie souvent complètement de se dire « ah, là ce n’est peut-être pas du rejet ou une volonté de se mettre en « retrait », c’est peut-être juste une difficulté de communication que je vais peut-être avoir à compenser en encourageant la verbalisation, en demandant des précisions, des explications », non, on se dit juste « ah, c’est une attitude de retrait, donc ça veut dire qu’elle ne veut pas de moi ».

Quand on dit connaître l’autisme et d’autant plus quand on sait que je suis autiste, ce serait bien de faire cette petite adaptation, d’avance merci !

Bref, les déconvenues… Les gentillesses, les paroles bien comme il faut, c’est bien joli mais ça ne nourrit personne…
Donc on a beau dire « la prochaine fois », je m’attends quand même à ce que ça tombe à l’eau, à ce que même moi je gaffe au point qu’on se détourne.

Préménopause et troubles de la mémoire : Parce que visiblement, je gaffe, j’oublie des trucs que je ne devrais pas oublier et ça blesse. Ca rajoute une bonne raison de flipper quant à l’état de mes fonctions cognitives. Mon médecin a eu beau me dire « si c’était de la démence/Alzheimer, vous n’en auriez pas conscience », là on m’a raconté 2-3 trucs qui rajoutent un peu une couche de stress.
Et je pense non seulement que j’ai des problèmes de mémoire (dus à la préménopause) mais qu’en plus, quand quelque chose me fait trop stresser et dépasse mes compétences (plomberie, devis…), mon esprit tend à vouloir occulter le truc. Ca me déborde et c’est comme de l’eau qui déborde d’un verre : on a beau la verser dans le verre, le verre est plein et l’eau se barre. Je sature.
Ça, ce n’est pas du tout rassurant, de me dire que mon système cognitif, parfois, se met en rideau sans même que je m’en aperçoive.

Alors je prie pour que cette aide que j’ai reçue pendant deux week-ends ne soit que la première d’une longue liste et pour obtenir de l’aide, il faut non seulement en demander mais aussi être capable de la recevoir, et en l’occurrence, savoir identifier, mémoriser et accueillir chaque offre d’aide. Donc si mon système cognitif voulait bien se calibrer pour devenir pleinement compatible avec un mode de fonctionnement basé sur l’entraide (demander, offrir et échanger de l’aide), ce serait cool.

11h30 :
Bilan de la visite de Solution Bois, d’Etang-Sur-Arroux, pour un devis, finalement pour un gros poêle à bois, avec plaque de cuisson, puisque ça existe et que ce serait plus indiqué qu’une cuisinière pour faire office de chauffage.
J’aurai donc un devis pour un poêle Isotta con cerchi Evo de La Nordica et pour une VMC dans la salle de bain avec utilisation du vieux conduit d’évacuation des fumées de l’ancien chauffe-bain au gaz qui a été enlevé ce week-end.

Chauffage au bois : Le gars ma expliqué plein de trucs, que ce soit sur l’entretien du conduit de cheminé, sur le ramonage, sur le séchage du bois, l’aération… Quand on se chauffe au bois par ici, il faut compter environ 15 stères de bois par an, soit au mieux 600-700 euros si la stère est à 40-45 euros (elle est moins chère que dans d’autres régions). Dans le Morvan, les fournisseurs de bois sont à flux tendus, ils vendent du bois vert – surtout aux « parisiens » propriétaires de résidences secondaires, le bois vert ça bistre à fond. Les essences de bois à aubier doivent sécher plus longtemps que celles sans aubier et donc c’est mon chêne qui charbonne beaucoup (je croyais que c’était juste les résineux qui devaient sécher super longtemps, 5 ans, avant de pouvoir être brûlés), parce qu’il est moins sec que le charme ou le hêtre. Va falloir que je range mon bois contre ma façade sud, et j’achèterai de la tôle pour lui faire un chapeau. Je mettrai le charme, le bouleau, le hêtre… d’un côté, le chêne à part, et va falloir que je repasse commande de bois sous peu. La « myrte » qui chapeaute ma cheminée n’est pas top non plus, elle empêche d’avoir un tirage optimum.

[P.S. : en juillet, je n’ai toujours pas recommandé de bois, et j’ai juste rangé mon bois dans mon garage]

On m’a aussi expliqué que, bien sûr, je peux laisser la cheminée en l’état, poser un poêle ou une cuisinière d’occasion, sans tuber, mais que si le bistre prend feu et que ça fout le feu à la maison, évidement, l’assurance ne couvrira rien du tout et un appareil d’occasion, c’est aussi zéro garantie de l’état de l’appareil, aucun service après vente…
Bref, autant pour beaucoup de choses, je suis disposée à faire faire des choses par des amis, « woofers », voisins…, autant pour le chauffage, j’ai très envie de m’adresser à des pro, surtout s’ils sont pédagogues, qui plus est organisés en « Scoop », qu’ils cherchent juste à se garantir un salaire correct, sans se faire de marge sur le prix des appareils qu’ils vendent.

Humeur : Bon, sinon à part ça, j’ai quand même la sensation de faire une dépression post-partum, une dépression post-achat immobilier.
Acheter cette maison, c’est comme d’accoucher d’un gros bébé avec une grosse tête. Déjà tu le sens bien passer, l’accouchement est une horreur, et ensuite tu fais une dépression post-partum parce que pendant toute la grossesse ton fœtus t’a pompé tous tes stocks de minéraux, de vitamines, d’oméga 3 EPA/DHA…, quand ton gosse pleure tu as juste plus ou moins envie de le jeter par la fenêtre ou de l’abandonner aux loups – c’est couillon, on manque de loups dans nos campagnes de nos jours, ou bien tu voudrais juste pouvoir démissionner de ta propre vie et partir loin en vacances à tout jamais, mais tout le monde te dit « oh, tu as acheté une maison, c’est merveilleux, tu vas être bien et puis, vu son état, la superficie, tout ça, tu as fait une bonne affaire, blabla », et tous les gens qui me disent ça, j’ai l’impression que ce sont de gros sadiques ou bien juste des gros fous inconscients qui ne se rendent pas compte de ce que c’est.

Mardi 2 avril, 7H30 :
Journée de l’autisme:

De bon matin, j’entends quelqu’un de l’université de Toulouse (le président?) expliquer sur Europe 1 que, avec les autistes, quand on ne connaît rien à l’autisme, on est susceptible de faire de grosses erreurs, en dépit de toute la bienveillance qu’on peut avoir.
Exemple : quand un prof demande à ses élèves de se mettre par trois pour faire un travail de groupe, c’est le genre de chose qui demande beaucoup de compétences sociales et qui peut être très compliquée pour un autiste, ce qui va l’amener à se retrouver tout seul.

J’ajouterai que même les gens qui croient savoir ce qu’est l’autisme, même des gens qui seraient sensés savoir en quoi consiste l’autisme (parce qu’ils le sont eux-même, ou parce qu’ils ont lu des choses sur l’autisme, ou parce qu’ils ont un enfant autiste, etc…), ces personnes partent du principe qu’à partir du moment où elles sont bienveillantes avec un autiste, elles ont fait toutes les adaptations nécessaires. Si leur interlocuteur autiste continue à ramer pour communiquer, à avoir des « attitudes de retrait », eh bien tant pis pour lui, c’est qu’il y met vraiment beaucoup de mauvaise volonté ou qu’il a juste vraiment envie de rester tout seul.
Les gens qui disent connaître l’autisme semblent considérer que la seule « adaptation » à faire, c’est de traiter l’autiste comme tout le monde, et c’est tout, juste comme tout le monde, avec une pointe de gentillesse ou de bienveillance en plus, mais c’est tout.
C’est comme de s’imaginer que la bienveillance remplace facilement un fauteuil roulant pour un paraplégique.
Il faudrait que les autistes se déplacent en fauteuil roulant pour qu’on comprenne bien que, la bienveillance, c’est bien gentil, mais non, ce n’est pas une adaptation suffisante et non ce n’est pas à la personne en situation de handicap de faire toutes les adaptations, de se traîner sur les bras sans fauteuil, histoire de « se faire le cuir ». La bienveillance, c’est juste le truc qu’on doit à chaque être vivant, pas juste aux handicapés. Le handicap, lui, nécessite plus que de la bienveillance.

Ce matin, je teste l’allumage inversé, sur les conseils de l’employé de Solution Bois d’hier. J’en avais déjà entendu parler mais j’étais sceptique, et là je constate que, apparemment, ça ne fume pas à l’allumage!

15h30 :
Autisme et biomédical :
Vers 12h30, toujours sur Europe 1, entendu une brève interview « édifiante » d’Olivia Cattan (« édifiante », d’après le journaliste qui présente le journal), présidente de l’association SOS Autisme France et maman d’un enfant autiste et journaliste (je pense que ça aide à se faire entendre, d’être journaliste, d’avoir un « réseau » de contacts variés, tout ça…) : Mme Cattan, qui a co-écrit avec Mme Estelle Ast une tribune dithyrambique sur l’approche biomédicale de l’autisme l’été dernier, recommence de plus belle à taper sur le « biomed ». D’après elle, les omega 3, les antifongiques, le régime sans gluten, la vitamine B12, ça n’a rien à voir avec l’autisme, ça ne sert à rien…, au mieux, donner de la vitamine B12 « ne peut pas faire de mal ».

Pour beaucoup + de détails sur ce sujet, voir mon article « Les charlatans de l’autisme – Droit de réponse à Mme Cattan, de la part d’une autiste « charlatan »

Pourquoi est-ce que les présidents d’associations dédiées à l’autisme semblent ignorer royalement ce que préconisent les chercheurs spécialisés dans l’autisme en France et ailleurs ?
En France, nous avons la Fondation Fondamental, dirigée par le Pr Marion Leboyer, une des meilleures spécialistes de l’autisme en France, fondation spécialisée dans la recherche en immunopsychiatrie.
Le Pr Leboyer pourrait expliquer à Mme Cattan que le gluten est pro-inflammatoire, que l’autisme est un trouble inflammatoire – que les autistes ont en général tendance à avoir un système immunitaire atypique sujet à l’inflammation chronique dite « de bas grade » et qu’une alimentation anti-inflammatoire est donc très sensée en cas d’autisme, que l’inflammation chronique de bas grade peut affecter le système nerveux et se traduire par des troubles cognitifs, des troubles de l’humeur et des troubles du comportement, que le système immunitaire module le fonctionnement du système nerveux, qu’on ne peut pas avoir un système nerveux « atypique » sans que le système immunitaire soit impliqué.
Le Pr Leboyer pourrait expliquer à Mme Cattan que l’autisme est souvent concomitant de troubles digestifs, de dysbiose (déséquilibre du microbiote/flore intestinale), de troubles métaboliques variés incluant des problèmes de méthylation et d’assimilation de certaines vitamines comme la vitamine B12, de troubles du système immunitaire tels que des infections chroniques et que tout cela peut répondre positivement à des traitements à base d’antifongiques, d’antibiotiques ou de vitamine B12 (à condition que ce soit la bonne forme de B12, une forme inadaptée pouvant entre autre aggraver les troubles du comportement), que les omega 3 sont anti-inflammatoires et indispensables au développement et au fonctionnement du système nerveux (entre autre) et qu’un autiste qui a souvent une alimentation très limitée (de type pain et yaourt à chaque repas pendant des années !) peut avoir un vrai besoin d’une supplémentation en omega 3, vitamine C, magnésium ou B12 pour éviter des carences réellement graves.
Peut-être que Mme Cattan considère le Pr Leboyer comme un charlatan ? Que la nutrition, c’est du « charlatanisme » ?
Si Mme Clusel, en charge du handicap au gouvernement, pouvait elle aussi se faire briefer par le Pr Leboyer, ce serait cool, ça permettrait de tourner la page de la psychanalyse, une bonne fois pour toute, de mettre les deux pieds dans le 21ème siècle, une bonne fois pour toute.
Pourquoi est-ce qu’encore aujourd’hui, la plupart des présidents d’associations dédiées à l’autisme continue à croire que l’autisme n’a rien à voir avec le corps, avec la physiologie, que c’est juste un trouble du système nerveux et que, ma foi, le système nerveux c’est un truc tout là-haut dans les nuages qui fonctionne ex-nihilo, qui n’a aucun rapport avec la nutrition, le système immunitaire, la digestion, etc… ?
Comment est-ce qu’une présidente d’association dédiée à un trouble du développement semble ignorer que la nutrition est un facteur environnemental qui influence le développement d’un être humain ?
Pourquoi est-ce qu’au lieu de taper sur les compléments alimentaires, elle n’insiste pas plutôt sur l’importance cruciale de donner une alimentation saine à son enfant ? Sans pesticides, sans perturbateurs endocriniens, avec plein de vitamines et de minéraux ?
Pourquoi est-ce qu’elle ne tape pas plutôt sur l’État qui rechigne à donner des budgets corrects à la recherche ? Pourquoi est-ce qu’elle n’engueule pas ses potes journalistes de continuer à se gausser de psychanalyse sans jamais inviter des gens comme le Pr Leboyer ?
Pourquoi est-ce que Mme Cattan préfère taper sur les parents qui font le job qu’elle ne fait pas, c’est à dire lire des publications scientifiques sur la physiologie de l’autisme ?

18h :
Orange, téléphone : Le technicien de Scopelec, sous-traitant d’Orange, qui devait passer cet après-midi pour la remise en service de ma ligne téléphonique n’est pas venu.
J’ai appelé Scopelec, et après m’avoir raccroché au nez une première fois, on m’a dit « je vais faire remonter l’information et nous vous rappellerons ultérieurement ».
Je suis tentée d’aller gueuler dans une boutique Orange.
Genre, vraiment GUEULER, ressortir la voix que je m’étais un peu musclée il y a 20 ans en chantant du METALLICA (le Black Album), et que je vais peut-être recommencer à me muscler de la même façon en prévision (en chantant Devil Wind des Mother Superior, par exemple).
Quitte à y aller tous les jours, pour GUEULER 15 minutes, tous les jours, jusqu’à ce qu’ils se bougent leur GROS CUL GRAS pour me remettre ma ligne de téléphone en service.

Indochine, musique : A part ça, j’écoute beaucoup Alice & June d’Indochine, j’écris ma nouvelle nouvelle sur du Indochine, et la radio passe beaucoup d’Indochine aussi, je commence à avoir très envie d’acheter leur dernier album, je commence à trouver la voix de Nicolas Sirkis sexy (sa voix d’aujourd’hui, pas des années 80).
C’est grave, docteur ?
C’est un nouvel effet de la préménopause ?

Mercredi 3 avril, 11h :

Cheveux, coiffeur et communication : Nouvelle coupe de cheveux.

Le mystère reste entier, quant à mes difficultés de communication avec les coiffeurs. Au final, la coupe me convient, parce qu’après tout on s’en fout, mais, j’avoue, il y a 10 ans, je serais ressortie du salon en chialant.
Maintenant je me dis juste « bon de toute façon ça repousse et ce sera plus facile à entretenir et maintenant je suis tranquille pour 2 ans avant d’avoir à nouveau besoin d’un coup de ciseaux ».
Pourquoi est-ce qu’il y a si souvent environ 10cm de différence entre ce que je demande à un coiffeur et ce qu’il entend ?
Sauf quand je demande une coupe franchement courte, là ils entendent tout de suite mieux.
J’avais demandé à ce qu’on m’en coupe 20cm, je n’ai pas vérifié en ramassant des mèches par terre mais je pense qu’il y en a facile 30cm de parti.
Je n’avais pas particulièrement envie d’une coupe à la Terence Trent D’Arby.
J’ai demandé à ce que les épaules restent couvertes, je suppose que ma conception d’une épaule n’est pas la même que celle de tout le monde. Je suppose que j’aurais dû demander à ce que le haut du bras reste couvert… J’aurais dû me mettre un élastique au bras, pour indiquer le bon niveau…
Je suppose que quand on est autiste, faut pas se plaindre et mettre ça sur le dos des « troubles de la communication » inhérents à notre condition ?

J’ai encore envie de me soûler.

En 12 jours j’ai dû boire environ l’équivalent d’une bouteille de vin (50cl de vin + deux pastis).
12 jours sans internet, ça commence à me manquer.

17h15 :
Orange, téléphone : Nouvel épisode dans la série « Orange bougera-t-il son gros cul gras ou pas ? » : un employé de « Ambition Télécom et Réseau » a appelé et laissé un message sur la messagerie du fixe chez moi en Haute-Savoie – mon chez moi qui se trouve être celui de ma mère, et ma mère a eu la bonne idée d’écouter ses messages et d’appeler le gars et de me transmettre son numéro.
Ca faisait plusieurs jours/semaines/mois ? qu’il essayait de me joindre sur un numéro de portable qui n’est pas le mien !!!
C’est des flèches à Orange.
Et après il nous disent « vous n’êtes pas joignable gnagna ».
Bah tu m’étonnes.
Donc le gars m’a demandé les numéros des poteaux téléphoniques les plus proches de chez moi, dont un qui semble être raccordé à ma maison – parce qu’il y a bien eu le téléphone ici à une époque, bref, maintenant des techniciens vont peut-être réussir à trouver le lieu vu qu’ils ont des numéros de poteaux…. Mais si le coût des travaux de réactivation dépasse un certain plafond, mon dossier passera en « commission », parce qu’évidement, réactiver une ligne qui existe dans une maison située à 10m des poteaux de la ligne téléphonique, on ne sait jamais, ça pourrait coûter un bras. Et ils sont tenus de raccorder les gens mais seulement dans certaines limites de coûts financiers (genre quoi ? 2 euros?).
Le gars m’a aussi appris qu’il n’y a de toute façon pas de ligne disponible toute suite là maintenant, le réseau est « saturé », il va falloir qu’il « déssature ».
C’est sûr que le Morvan, c’est surpeuplé c’est bien connu.
Donc au final je saurai si j’aurai le téléphone d’ici 1 semaine ou 2 ou 3. Environ.
Peut-être, parce que vu comment on m’a baladée jusque là…
Je reste sceptique.

Et puis je me suis relavé les cheveux, le parfum synthétique du shampoing de le coiffeuse est juste insupportable.
Et après un shampoing, je le sens encore.
Mon shampoing bio n’est pas assez costaud pour en venir à bout en un seul lavage.

 

4 avril, 19h :
Rentrer du bois, ranger du bois, gratter des tomettes, faire un brin de ménage, de vaisselle…
Passer sonner à La Cafetière, se casser le nez.
Reste environ 4,7m2 de tomettes à gratter.

Vendredi 5 avril, 17h15 :

Aujourd’hui, encore gratté de la tomette. Reste 3,7m2 à gratter.

Cet après-midi, je suis allée à la déchetterie et j’ai fait des vidéos.
Maintenant, je suis un peu fatiguée, j’ai mal à la main droite et j’ai envie que ce soit le weekend et l’apéro.
La nouvelle commencée le 24 mars fait maintenant 16 pages.
Je me demande [bêtement] si du lierre, qui recouvrirait le muret du potager en face de la maison pourrait faire office d’isolant phonique, du moins de système anti-résonnance qui pourrait atténuer au moins un peu les vibrations des gros moteurs qui passent régulièrement devant chez moi (les gens se plaignent du prix de l’essence, bah s’ils avaient tous beaucoup moins de chevaux sous leur capot, ça arrangerait tout le monde, leur budget et mes oreilles).
Je pars demain.


17 avril, Haute-Savoie :

Quand mon neveu est en visite chez sa grand-mère…

Lundi 29 avril 2019, Roussillon, 7H :

Arrivée hier vers 14H30.
J’ai un trou dans ma carrosserie, une ardoise pendouille de mon toit.

Feuilleton Orange, téléphone :
Ce matin, en principe, un technicien d’un sous-traitant d’Orange devrait venir finaliser la réactivation de ma ligne téléphonique.
Ce qui change, par rapport à tous les autres « rendez-vous » que j’ai eu jusque là, c’est que j’ai réussi à joindre le technicien qui m’a expliqué qu’une partie du travail a déjà été fait (installation d’un « boîtier » à l’extérieur, en mon absence).

Emploi, argent :
Je vais peut-être bien me lancer à aller m’inscrire à Pôle Emploi incessamment sous peu.
Surtout si j’ai internet et que je peux faire des démarches administratives depuis chez moi, ça aiderait.
Il me faut des sous.
Tant pis si je finis en burn-out au bout de 3 mois, au moins j’aurai un peu plus de sous pour le toit et les fenêtres ou la voiture.
Je n’ai pas encore adhéré aux Castors. J’ai réalisé en farfouillant sur le site que l’adhésion n’est pas de 160 mais de 80 euros (160 c’est si on prend l’assurance, en même temps que l’adhésion).
J’ai peur de dépenser mes sous pour un autre truc qui ne servira à rien, alors je traîne.

Carrosserie : J’ai un rendez-vous le 14 mai chez mon garagiste pour voir s’il peut faire quelque chose pour mon trou dans ma carrosserie (au-dessus de la roue arrière gauche, dans le renfoncement de la roue, le trou donne sur le coffre, donc quand je roule sur route mouillée, le coffre prend l’eau).
J’ai mis des mois à comprendre quel était le problème. Le trou était dissimulé par un bout de moquette. Je voyais que c’était mouillé et je ne comprenais pas d’où ça pouvait venir.
Du coup j’imagine que ça a eu le temps de s’aggraver.
J’ai dû virer tout le revêtement du fond du coffre, c’était gorgé d’eau, ça commençait à sentir la marée (ou les huîtres).
Peut-être qu’un voisin saurait me recommander un bon carrossier honnête dans le coin qui pourrait faire quelque chose avant le 14 mai ?
En tout cas faudrait que ce soit réparé avant la cousinade Vigneron du 8 juin dans les Ardennes.

[ps : au final, ça n’a pas été réparé, c’était irréparable, je suis allée à la cousinade avec la voiture trouée et elle a fini à la casse début juillet]

Je trouve qu’il y a beaucoup moins de circulation que d’habitude sur « ma » route.
Le GAEC est peut-être en vacances ?

Emploi, handicap et administration :
Ma RQTH est périmée (Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé).
J’ai réalisé ça, justement en prenant des renseignements au près du Cap Emploi de Saône et Loire (Cap Emploi : le Pôle Emploi pour personnes en situation de handicap). Je me suis dit « tiens, je vais quand même vérifier si ma RQTH est encore valable ».
Elle est périmée depuis un an.
Peut-être qu’on peut avoir droit à un accompagnement Cap Emploi sans RQTH, à condition d’avoir une AAH (Allocation Adulte Handicapé)?
Si on touche l’AAH, c’est bien que ça atteste qu’on a un handicap, non ?
« Lol » (rire nerveux/sarcasme).
Je sens que ça va être fun.

C’est sûr que ça aurait été plus simple d’avoir un locataire.
Ou pas.
Une colocation aussi, ça peut être « compliqué »…

7h55 : Europe 1 parle de l’effondrement de la biodiversité.
Les experts de la biodiversité se rassemblent à Paris. Un million d’espèces risque de disparaître très rapidement dans les années à venir.
Bruno David explique que la biodiversité (c’est à dire la VIE – ce truc magique qui vous fait respirer depuis votre naissance) est très résiliente et qu’à partir du moment où l’on prend des mesures efficaces pour la protéger, elle se régénère très rapidement en l’espace de quelques années, parce qu’elle est comme ça, auto-régénérante [et la régénération de la biodiversité peut avoir un effet vertueux sur le climat parce que biodiversité et climat s’influencent l’un l’autre].
Ca me donne envie de pleurer, tellement c’est beau d’entendre ça à une heure de grande écoute sur une grande radio.
BOUGER VOUS LE CUL CA PEUT VRAIMENT FAIRE UNE GROSSE DIFFERENCE !!!
– Achetez bio et/ou local autant que possible. Éviter les aliments exotiques autant que possible (bananes, herbe d’orge de Mongolie, fruits à coques, etc…).
– Réduisez les déchets (emballages, gadgets, fast food, achetez des trucs d’occasion plutôt que des trucs neufs, faites la chasse au plastique/synthétique/polyester…)
– Arrêtez de prendre l’avion.
– Arrêtez de rouler « pour le plaisir ».
– Partez en vacances à 50km de chez vous au lieu de partir à l’autre bout du pays ou du monde.
– Faites des ballades à pieds autour de chez vous plutôt que de prendre la voiture pour aller faire des randonnées à l’autre bout du département. Et profitez-en pour ramasser les déchets partout dans la nature!!
– Pratiquez un couvre-feu thermique et lumineux, c’est à dire arrêter le chauffage, l’éclairage et les déplacements entre 22 et 6h, ce qui aura l’avantage de réduire les pollutions sonores et lumineuses et d’aider tout le monde à mieux dormir (animaux diurnes, les humains et non-humains), ce qui améliorera la santé et donc la motivation de tout le monde, et ce qui aidera les animaux nocturnes à manger et à se reproduire sans se faire écrabouiller sur les routes.

10h30 :
Orange, téléphone :
Le technicien qui doit passer chez moi vient de m’appeler. Il a été envoyé sur un autre chantier ce matin, à 1h30 de route d’ici. Il a pensé à appeler son chef pour lui demander qui d’autre avait été envoyé chez moi et son chef lui a expliqué que, oups, il m’avait oubliée !!
Oubliée !!! Non mais t’y crois ? (quand on sait que tout ces gens travaillent dans un gros électrosmog bien sénilisant, on y croit sans trop de difficultés).
J’ai remercié le technicien d’avoir pensé à moi.
Il devrait pouvoir venir cet après-midi.
(soupiiiiiirsssss).

11h30 : un autre technicien télécom est passé vers 11h. Apparemment son chef n’est pas aussi sénilisé qu’il le croit et ne m’avait pas oubliée au final ??
Mais le gars n’avait pas de nacelle, donc ce gars a passé quelques coups de fil et au bout du compte c’est bien son autre collègue qui va passer cet après-midi qui va faire les derniers travaux.

Et mon numéro, ce sera celui qu’on m’a attribué lors de ma première demande d’abonnement en septembre ?? demande qui n’a finalement pas été annulée ?? Et qui est associée à la box qu’on m’a envoyée en septembre ?? Et donc j’ai peut-être bien fait de ne pas en faire des confettis ?? Et j’ai peut-être aussi bien fait de négliger de la rendre à Orange ???
Vous suivez ???? Parce que moi……

19h45 : les techniciens sont passés. La ligne fonctionne mais il va falloir que j’attende encore demain que l’abonnement soit activé ou je ne sais quoi, pour que ça marche vraiment.

Oui, je ne cherche même plus à comprendre.

30 avril :
Un visiteur, devant le perron :

Journal de transition – Mars

Au menu :

Déplacement de la clôture électrique
Préménopause et humeur
Aide (ou arnaque?) ANAH ?
Bruit, journée du sommeil, les écrans, la mélatonine, la lumière… Que la nuit redevienne la nuit !
Feuilleton Orange (téléphone) et ses sous-traitants « télécom »
Bruit, circulation routière, transition écologique
Bruit et chélation des métaux lourds
Reprise de l’écriture de fictions ?
Candidature à l’ADMR d’Autun
Entraide, voisinage, « woofing », plomberie…
Humeur…

Vendredi 22 mars 2019, 19h10, Roussillon en Morvan :
La transition reprend son cours, un peu.
Je fais cuire des pommes de terre sur ma cuisinière, avec mon bois, dans ma maison.
Je suis arrivée à 13h, par un grand beau temps, ciel bleu et chaleur printanière.

La clôture électrique qui longe les façades Nord et Ouest n’a toujours pas été déplacée. Ca fait juste 6 mois que j’ai demandé à ce qu’elle soit déplacée.
(((Petit « bizutage » amical des campagnes ??!)))


Mais en septembre, à l’époque, c’était le moment de l’ensilage, alors pas le temps de déplacer une clôture, et puis il y a eu la sécheresse, alors enfoncer des pieux dans le sol dur comme de la pierre, c’est peut-être compliqué, et puis le froid, le gel, le sol toujours trop dur… ? Et puis les vêlages, une centaine de vaches qui vêlent en même temps (et autant de chèvres ?), forcément, ça occupe… Et maintenant ? Est-ce que je vais finir par avoir le droit de me balader sur un bout de mon terrain sans avoir à zigzaguer entre les bouses, sans risquer de me faire encorner ?
Quoi que j’ai été voir le magnifique arbre en fleur au fond de mon champ cet après-midi et les deux énormes taureaux qui squattent n’ont pas bronché. Le simple fait d’ouvrir les volets ou la fenêtre de la chambre nord les fait sursauter. Ils ont l’air un peu trop placides, ou nerveux, pour pouvoir ressembler à des bêtes féroces.

Préménopause et humeur : J’ai fait du ménage, passé la serpillière avec de l’eau bouillante, un chouilla de vinaigre blanc et d’huile essentielle de mandarine (pour la joie de vivre). Pour la joie de vivre, j’ai aussi amené du pastis bio et du vin rouge bio sans sulfite. Je me bagarre toujours avec de bonnes doses d’anxiété (pour ne pas dire de flippe pure et dure).

Vers 14h, j’ai passé l’apéro en compagnie des lézards et du pastis et du soleil, sur mon perron, pantalon retroussé au-dessus des genoux. C’est aussi comme ça que j’ai fait les 50 derniers kilomètres : pantalon retroussé au-dessus du genou (sans pastis, sans lézards).

J’ai fait mon deuil du dispositif ANAH « Habiter Mieux Sérénité », qui m’a bouffé dans les 450 euros (on m’en remboursera peut-être 150) et pas mal de nerfs, d’énergie, de temps et de patience, tout ça pour que je constate que je suis trop pauvre pour avoir droit aux aides les plus généreuses.
L’administration/l’État réserve les aides les plus généreuses aux pauvres qui ont assez de sous pour faire plein de travaux. Les plus pauvres qui n’ont pas ou peu d’économies peuvent continuer à avoir froid – magnifique « pseudo-logique » du fonctionnaire cadre de type « énarque »/diplômé d’une grande école scribouillard de l’administration, bien payé et bien au chaud bedonnant dans son bureau toute l’année.
J’opterai donc pour le dispositif « Habiter Mieux Agilité », pour obtenir – enfin tenter d’obtenir une subvention pour l’achat d’une nouvelle cuisinière [ou d’un poêle avec plaque de cuisson]. Je suis tentée par un modèle rouge brique, Rosa ou Rosetta, de La Nordica. La subvention me paiera peut-être une nouvelle porte d’entrée.
Reste à voir si l’ANAH acceptera bien de financer l’achat d’une cuisinière bois. Je garde un léger doute. L’aide à la transition énergétique est très conditionnelle, alors pour peu qu’ils me disent « nan mais une cuisinière bois, ça ne peut pas être un système de chauffage principal, par contre une chaudière fioul, pas de soucis ! »…

Ce qui est sûr, c’est que je vais bien finir pas adhérer à l’association des Castors.
Je rêve que des bénévoles compétents-« vieux de la vieille » en rénovation écolo viennent me faire un diagnostic de ma maison, qu’ils m’aident à déterminer ce qui est à faire, par ordre de priorité et qu’ensuite, peut-être, des gens viennent me donner un coup de main pour refaire les peintures, poser de l’isolant phonique, faire des petites consolidation de maçonnerie et de charpente par-ci par-là… que sais-je…

Sur France Inter, au Téléphone Sonne, ils parlent du sommeil et du déficit de sommeil des français, c’est la journée du sommeil. Ils parlent des problèmes de pollutions sonores et lumineuses.
Clairement, on a besoin que la nuit redevienne la nuit.
Le soir de l’Equinoxe de Printemps, le 19 mars, j’étais dehors à côté d’un feu, devant la maison de ma mère, en Haute-Savoie, à 15 km d’Annecy, à la « campagne », et c’est fou à quel point la circulation est encore dense à 22-23h : des voitures, des camions, des motos, des avions… Un truc à moteur passe environ toute les 30-60 secondes. Impossible de dormir dehors à moins d’être sourd ou bien rond comme une queue de pelle.
On me nommerait dictatrice, je déclarerais un couvre-feu : interdiction des déplacements de loisirs après 21h. Autorisation des fêtes seulement un samedi soir par mois. Fermeture des lieux publics à 20h dernier délai (commerces, etc…). Les restaurants serviraient des brunchs le matin, et des goûters copieux au lieu des dîners tardifs, ou bien on dînerait au resto à 18h dernier délai.
Les horaires d’ouverture de l’Assemblée Nationale changeraient aussi (oui, il resterait des députés, pour la forme) : ouverture de 8 à 20h. Après, tout le monde au lit !!
Oui les bars de nuits feraient la gueule.
On se mettrait à organiser des concerts l’après-midi. L’éclairage public s’éteindrait à 22h.
Et ils parlent de la nécessité de s’exposer à la lumière naturelle, DEHORS, au moins 1H par jour, tous les jours.
Bientôt, ils inviteront le Dr Jack Kruse ou feront des reportages sur son Kruse Longevity Center…… Et des ados qui manquent de sommeil à cause des « écrans » et de leur lumière bleue qui empêche la sécrétion de mélatonine… Seulement 1 ado sur 10 va au lit pour dormir, les autres vont au lit avec leurs écrans… Et leurs « défis nuit blanche » sur les réseaux sociaux et le sommeil indispensable à la neurogénèse…
L’écran à deux effets, disent-ils : perturbation de l’horloge biologique à cause de la lumière bleue, et donc dérèglement de tout le métabolisme (diabète, surpoids…) + excitation due aux activités sur réseaux sociaux, jeux…, ce qui contribue à retarder l’endormissement…
Maintenant, quand je dirai aux parents d’enfants autistes que les écrans nuisent au sommeil de leur enfant, je pourrai citer cette émission comme référence digne de foi, c’est magnifique.
Bon, ils n’en sont pas encore à parler des effets délétères des pollutions électriques sur le sommeil : même dans le noir et le silence complet, une box en mode wifi peut autant empêcher de dormir qu’un bar de nuit… Mais bon, si on parle des méfaits de la lumière artificielle aujourd’hui, d’ici 2-3 ans ils en viendront peut-être aux autres « ondes » artificielles….

Ah et aujourd’hui, j’ai pris des nouvelles d’Orange, pour la remise en service de ma ligne téléphonique : j’ai appris que ma demande d’abonnement avait purement et simplement disparu [en fait, un mois plus tard j’apprendrai qu’elle n’avait pas disparu]. Il a fallu que j’en refasse une autre. La box que j’ai depuis septembre, je peux en faire des confettis si je veux, ou l’empailler, on s’en fout. Ils m’en envoient une autre. On m’a donné un rendez-vous avec un technicien le 2 avril, en croisant les doigts pour que cette fois, il arrive au moins à trouver la maison.

Dimanche 24 mars, 15h, Roussillon :
Parfois, franchement, je me maudis d’avoir acheté cette maison, je me demande ce qui m’a pris d’acheter une maison juste à côté d’une route. Et après, je fais le tour de tous ses avantages, comme le fait qu’il arrive parfois qu’il passe toute une heure en plein après-midi sans qu’on entende le moindre bruit de civilisation, et l’absence d’éclairage public la nuit à proximité.
Bruit et transition écologique : J’en reviens quand même et toujours à souhaiter que les voitures de plus de 8-10 chevaux soient interdites aux particuliers (on a aucun besoin de 150 chevaux pour faire du 130 sur l’autoroute et du 50 sur les routes de campagne), que les véhicules de loisirs et de jardinage à essence soient lourdement surtaxés, que l’essence soit rationnée.

Là, aujourd’hui, la fatigue me tombe dessus, la fatigue de la route faite vendredi et du début de « jardinage » d’hier, et du coup ma sensibilité au bruit se réactive.

Chélation et bruit : Je rêve de pouvoir faire ne serait-ce qu’un tour de chélation au DMPS, qui marche merveilleusement bien pour atténuer cette sensibilité au bruit (mais je sais trop bien, à présent, qu’il est illégal d’en acheter et qu’il est de toute façon en rupture de stock sur livingsupplements.com).

Je me fais un café, la porte ouverte laisse entrer le soleil, j’ai tout de même allumé la cuisinière vers 11h, parce que le soleil ne faisait pas mine de chauffer aussi bien qu’hier. Il y a d’avantage de vent, c’est la queue de traîne de l’hiver.
Je serais tentée de planter de la sauge et de la lavande devant ma façade sud, mais le voisin qui est passé hier et qui s’y connaît mieux que moi en jardinage m’a conseillé d’attendre.
Des arbustes dans l’ancien potager en face de moi, de l’autre côté de la route, sont en fleur. Il y a un genêt ou un forcicia dans l’angle ouest du potager et il me semble que des petites tâches roses indiquent des pêchers en train de fleurir et au fond peut-être des pruniers ou prunelliers, bien vieux.

Faute de DMPS, je fais un tour de chélation avec de l’ALA, j’en suis à faire des tours avec des doses de 45mg. L’année dernière, j’avais commencé avec du 6,25mg, j’ai bien progressé. Si je continue comme ça, j’aurai atteint 165mg, ma dose maximale d’ALA à la fin de l’été (dose maximale d’ALA : notre poids converti en mg multiplié par 3, soit pour moi 55×3 = 165), et il me restera à chélater encore 6 mois à 165mg. Faut juste que je fasse gaffe à surveiller les « symptômes » qui réapparaissent on/off round. Les dégradations passagères de l’humeur pourraient être dues en partie à la chélation, pas seulement à la préménopause, et à la surdose de stress à cause de la maison. Mais le hic, c’est que c’est difficile de déterminer quel symptôme est dû à quoi, vu que rien que la préménopause peut nous rendre hyper anxieuse et nous faire pleurer beaucoup sans raison (c’est à dire avoir le sentiment qu’un être cher vient de mourir alors que non, personne n’est mort)…

Ce matin j’ai fait une chose qui m’est devenue complètement incongrue : j’ai commencé l’écriture d’une nouvelle. J’en ai fais cinq pages. Je lisais « Les dames du Creusot », d’Exbrayat, quand une petite voix m’a susurré que je pourrais en faire autant. L’histoire du bouquin se passe au Creusot, à 50km d’ici, le personnage du journaliste alcoolique m’a inspirée. Ca fait plusieurs mois, voir un an ou deux, que j’ai envie d’écrire sur le thème d’une sorcière hippie.

17H – GRANDE NOUVELLE : mon fermier de voisin est en train de déplacer la clôture qui ne sera donc plus au raz de mes façades nord et ouest et je pourrai commencer à planter des petites choses d’ici un mois ou deux et je vais pouvoir m’attaquer aux ronces pour faire propre tout autour et je pourrai mettre mon piquet de terre côté champ, plutôt que côté route…

Je suis joie !

Il ne me reste plus qu’à aller acheter une bonne bouteille en guise de remerciement !

Lundi 25 mars, 17h15 :
Emploi : J’ai appelé l’ADMR d’Autun ce matin, pour me renseigner sur d’éventuels postes disponibles en CDD. Ils recrutent pour les prochaines vacances scolaires et ils n’ont pas grand monde sur le secteur d’Anost (commune voisine de Roussillon), donc ça m’arrange, je suis pile au bon endroit pour travailler de préférence par ici. Je leur porterai un CV et une lettre de motivation demain matin. J’en profiterai peut-être pour flâner un peu dans la ville, histoire de faire connaissance. Je passerai peut-être au magasin Emmaüs du centre ville, à l’office du tourisme…

Ce matin j’ai continué la chasse aux ronces et aux orties.
Cet après-midi, j’ai repris le grattage de mes tomettes. Encore 2-3 heures et j’aurai récupéré à peu près la moitié de la chambre.

Mardi 26 mars, 19h30 :
Déposé CV et lettre de motivation ce matin à l’ADMR d’Autun.
Petite ballade dans la vieille ville, d’aspect encore assez cossue.
Suis passée prendre la nouvelle box Orange dans un point relais.

Acheté une bouteille de vin pour mon fermier de voisin, en remerciement du déplacement de la clôture.

Cet après-midi, grattage de tomettes, et allumage laborieux de la cuisinière. Pourquoi est-ce que parfois ça s’allume bien et parfois, pas du tout ? J’ai encore tout enfumé, dû tout aérer pendant un temps fou. A cause du vent ?
Et là je me fais des patates sautées et je me demande si elles vont réussir à cuire avant de cramer ? Cuisine saine, inox: J’inaugure une nouvelle poêle inox. C’est compliqué les poêle inox. C’est un sacerdoce les poêles inox. Comment est-ce qu’on fait cuire quelque chose sans le faire attacher, dans une poêle inox ? Honnêtement, est-ce que c’est possible de ne pas faire attacher quelque chose dans une poêle inox ?
Je vais finir par craquer et racheter une poêle teflon, si ça continue. Je veux faire la cuisine dans des ustensiles sains, mais je voudrais aussi pouvoir cuisiner sans que ce soit une source de stress supplémentaire, genre est-ce que ça va cuire ou juste cramer ?

Quand la journée a été dure et qu’on voudrait un petit peu de réconfort et que les patates peinent à cuire, que même les patates, qu’on réussit pourtant si merveilleusement dans une poêle téflon, attachent misérablement…

Entraide et plomberie : Bon, le bon côté de la journée, c’est qu’un voisin est venu mettre un coup de tronçonneuse à quelques vieilles branches mortes, dans l’ancien potager de l’autre côté de la route. Ca fait un bon début de défrichage et un peu plus de petit bois pour allumer le feu.
L’autre mauvais côté de la journée, c’est que mes WC fuient.
Je ne sais pas trop où comment, l’écoulement de la cuvette doit être fêlé quelque part : ça suinte à son pied. Donc faut vraiment que j’achète des toilettes sèches ou que je ramène les WC chimiques de ma petite cabane du Jura.
Ou que je demande à un plombier de me poser de nouveaux WC.
J’ignore encore si mon woofer spécial plomberie va bien venir ce weekend ou pas, et j’ignore s’il pourrait poser de nouveaux WC.
Et pour la semaine prochaine, la météo annonce un temps hivernal.
J’ai très envie de démissionner.

Le technicien d’Urbanis, en charge de mon dossier ANAH « Habiter Mieux Sérénité » m’a encore appelée. Je crois qu’il culpabilise un peu d’avoir été payé par une pauvre en situation de handicap pour dire à la dite pauvre handicapée qu’elle est trop pauvre pour avoir aux meilleures subventions qui existent.
Il essaye à tout pris de faire en sorte que mon « reste à charge » de son étude de faisabilité reste en-dessous des 6000 euros.
Sauf qu’il ne compte pas la réparation de la chaudière, si tant est qu’elle soit réparable, et il ne compte pas la VMC, pour laquelle je n’ai pas encore de devis.
Il me dit qu’il y a peut-être moyen d’obtenir des aides supplémentaires via AG2R. Je ne vois pas comment AG2R pourrait prendre en charge une VMC et la réparation de la chaudière. Je ne comprends pas comment on peut envisager de faire une « transition énergétique » en faisant réparer des chaudières au fioul, en encourageant la consommation de pétrole, je ne comprends pas.
C’est bien gentil de sa part de faire tous ces efforts, mais c’est à croire qu’il veut vraiment que je me « mette à poil », que je dépense toutes mes économies pour faire ces travaux de gains énergétiques.
Et après, s’il ne me reste rien pour entretenir ma voiture, changer mes WC, payer mes soins dentaires ou que sais-je quel genre d’imprévu qui survient fatalement systématiquement au minimum 2-3 fois par an dans la vie de tout le monde… Eh bien de quoi me plaindrai-je ? Ma maison sera isolée, avec plein de laine de verre, qui plus est, le nec plus ultra de l’isolation écologique (sarcasme)… !
Pourquoi est-ce que l’ANAH ne publie pas une liste claire de toutes ses exigences pour chacun de ses dispositifs ?
Enfin bref… La transition écologique, c’est pas pour demain, à ce train-là.

Mercredi 27, 12h10 :
A y est, récupéré un peu plus de la moitié du sol de la chambre sud-ouest.
Reste environ 5,8m2 à gratter. Je peux y dormir au besoin.
Je ne sais toujours pas si mon woofer plombier du dimanche va venir ou pas.

13h25 :
A y est, j’aurai un woofer chez moi ce week-end. Il m’avait prévenue hier, mais le sms s’est perdu en route.
Et j’ai un rendez-vous à l’ADMR vendredi matin pour remplir un dossier de candidature.
Maintenant, direction Emmaüs à Etang-Sur-Arroux.

18h30 :
Suis revenue d’Emmaüs avec deux « nouveaux » matelas laine, un 120 et un 90cm de large et de 180cm de long, un édredon duvet, deux pulls, un drap housse pour le matelas de 120.
Vendredi matin, à Croc Nature, j’achèterai du spray désinfectant aux huiles essentielles pour les matelas.
Et lundi matin, j’aurai la visite de Solution Bois d’Etang Sur Arroux, pour un devis pour l’installation d’une Rosa Sinistra Reverse bordeaux et d’une VMC.

Remerciements : Et une bouteille de « Materia », un vin rouge bio de Chignin (Savoie) remise à mon fermier de voisin, pour toute l’équipe de la Ferme, en remerciement du déplacement de la clôture.

Jeudi 28 mars, 19h :
Cet après-midi, j’ai pu tomber les pulls, je suis restée en t-shirt à manche longue jusqu’à 17h environ.
J’ai passé l’aspirateur dans la chambre sud-ouest, je l’ai fait aussi propre-vite-fait que possible pour y dormir sans craindre que des araignées ne me tombent dessus. J’ai passé l’aspirateur aussi soigneusement sur les matelas. Demain, j’achèterai un spray désinfectant à Croc Nature, en plus de 2-3 petites choses pour nourrir mon woofer, qui lui dormira dans la chambre Nord « flower power ».

Les deux « nouveaux » matelas.

18ème siècle et sport : J’ai aussi escagassé quelques pieds de ronces, rentré un peu de bois, entretenu le feu… Et ce matin : un peu de lessive à la main, de vaisselle et un shampoing, avec de l’eau chauffée sur la cuisinière… Ca occupe bien, une vie un peu « à l’ancienne », sans parler des muscles que je me fais… pas besoin de salle de sport.
En quelques jours de soleil, j’ai aussi bien bronzé.

Vendredi 29 mars, 17h30 :
Derniers préparatifs avant l’arrivée du woofer dans environ 2h.
J’ai désormais ce qui ressemble vaguement à un canapé clic-clac (si si), c’est le matelas de 120cm en laine super lourd, appuyé contre le mur.

Emploi, ADMR : Ce matin j’ai passé une heure à me faire griller la cervelle dans les bureaux de l’ADMR, j’ai compté 2 box (WTF?!), le smartphone du recruteur, un téléphone sans fil et il devait aussi y avoir le smartphone de l’employée du bureau.
Faire un petit test écrit dans ces conditions, ça a été dur.
Je suis ressortie de là vannée.
Découragée.
Faudrait que je me réinscrive à Pôle Emploi pour pouvoir prétendre à faire une semaine en « immersion » (suivre une aide à domicile et son smartphone pendant une semaine), pour voir si l’aide à la toilette est dans mes cordes, et ensuite voir si on retient ma candidature ou pas et ce serait pour du 24h de travail/semaine (+ les déplacements, donc environ 30h sur le terrain ?), ce qui me paraît un peu beaucoup pour moi [d’autant plus qu’au-delà de 20h par semaine, l’AAH « saute »].

Mais bon, c’était le marché à Autun et j’ai trouvé un charcutier qui fait attention à ce qu’il met dans ses petits plats. Je lui ai pris du jambon sec du Morvan, du pâté de campagne, des rillettes. Il est même adhérent à une association de protection des tortues et de je ne sais plus quoi. Il m’a félicitée de refuser le sac plastique qu’il me proposait (ce serait mieux qu’il n’en propose pas, bien sûr!).

Humeur : J’ai encore pleuré.
Oui, j’avoue, la fatigue et la trouille et la solitude et la préménopause/les hormones dans les choux me font pleurer.
Voilà.
Je ne suis pas sûre qu’en faisant 24h/semaine d’aide à domicile, il me resterait assez de force pour faire quoi que ce soit d’autre.
Découragée.

 

Un aperçu des travaux du weekend:

Percement du mur pour faire passer l’eau… Un tuyau d’eau froide dans le sens cuisine-salle de bain, et à venir un tuyau d’eau chaude dans le sens salle-de-bain-cuisine.

Journal de transition – Janvier, février 2019

Au programme :

Hivernage
Tritons
Aides ANAH, subventions
Woofing, plomberie
Chélation des métaux lourds
Escale dans l’Ain/Le Jura
Préménopause
Aide, solidarité, etc…
Se protéger des « ondes »
Ramasser les déchets

Janvier:

Lundi 28 janvier 2019, Haute-Savoie, 20h15 :
Hivernage : J’hiverne en Haute-Savoie.
J’ai passé une semaine à Roussillon ce mois-ci, une semaine plutôt bien remplie.
Arrivée le jeudi 10, il faisait 3° dans la maison, je me suis appliquée à chauffer les lieux pour l’arrivée d’un premier « woofer », le lendemain.
Il devait faire environ 11 ou 12° quand il est arrivé le vendredi soir (au mieux, voir moins ? Je ne sais plus!)
Le weekend a été consacré principalement à l’évier de la cuisine : réparation de l’évacuation à la cave, changement du robinet et du siphon.

Le nouveau robinet

Le diagnostic des WC a aussi été fait : apparemment, je peux m’en servir en remplaçant juste la chasse d’eau par une bassine d’eau, ce serait juste une pièce de la chasse qui serait à changer. Pas de « bouchon » au niveau de l’évacuation de dépisté jusque là.

Tritons : J’ai découvert que je n’ai pas seulement un, mais trois tritons à la cave. Trois petits choubiquets tous mignons et avec tous les allées-venues à la cave, je n’avais qu’une peur : qu’on en écrase un ou deux.

Quand je suis repartie le jeudi 17, en oubliant de fermer l’eau, ils étaient toujours indemnes.
Ca sert à quelque chose d’avoir été faire connaissance avec des voisins : comme la mairie ne répondait pas le vendredi matin, j’ai appelé des voisins, ce sont eux qui ont prévenu le maire, pour qu’il envoie quelqu’un couper l’eau.

Aides ANAH, subventions : Le 17, le technicien d’Urbanis est passé pour faire le diagnostic en vue de la demande d’aide au près de l’ANAH.
Il a trouvé mon gros œuvre en bon état, il m’a dit que j’ai une jolie charpente. J’étais contente.
Par contre, plus je repense à tout le reste, plus je me demande si je vais bien pouvoir obtenir ces foutues aides. Le budget est serré, d’autant plus maintenant que j’ai payé 460 euros pour la visite de ce technicien et pour son rapport.
Il m’a donné quelques bons conseils, mais cette aide de l’ANAH est vraiment très conditionnelle, et disons que l’administration est disposée à aider les gens qui ont un bon budget pour faire tous les travaux essentiels. Ai-je suffisamment d’argent pour faire ce qu’elle réclame, franchement, j’ai un gros doute.
On me demande semble-t-il, non seulement de faire au moins 25% de gains énergétiques mais aussi qu’il y ait un chauffage au moins dans la pièce principale ET dans une chambre, ainsi qu’une VMC (je suis quasiment sûre qu’on ne m’avait pas parlé de ça lors du rdv avec l’ADIL d’Autun, fin septembre). Une seule source de chauffage dans la pièce principale, ce n’est pas suffisant pour l’administration… Vivre comme au 19ème siècle, ce serait économique et écolo, mais non, ça ne lui plaît pas, à l’administration… C’est à se demander s’ils veulent vraiment aider un maximum de gens, ou bien pas vraiment… Il faudrait soit réparer la chaudière, si elle est réparable, ou bien mettre un chauffage électrique dans une chambre et un chauffe-serviette dans la salle de bain.
Ce serait quand même fort de café de me piquer 460 euros, tout ça au final pour me laisser avec ma vieille cuisinière, mes vieilles fenêtres…

Woofing, plomberie : Mon woofer a logé à la Peurtantaine, puisque chez moi, c’était vraiment trop spartiate et trop froid.
J’ai dormi toute la semaine à côté de la cuisinière.
La première nuit, j’ai tenté de dormir dans « ma » chambre, j’ai tenu 1H.
Je me levais 2-3 fois par nuit pour recharger le feu. Plusieurs fois, j’ai eu à aérer plusieurs minutes en pleine nuit, tellement j’avais tout enfumé en rechargeant sur des braises qui avaient trop baissé. Quand j’aurai une nouvelle cuisinière, avec chargement par le devant plutôt que par le dessus, ça changera la vie.
Au bout d’une semaine, j’étais contente, j’avais 15° dans la cuisine.

Chélation des métaux lourds: Curieusement, à la fin de la semaine, bon, j’étais un peu fatiguée mais pas autant que je ne le craignais. Je récupère vraiment de mieux en mieux, et même quand mes nuits sont hachées (pour recharger la cuisinière ou pour prendre mes doses de chélateurs ou parce que mes hormones font des leurs), je récupère assez vite, sans même avoir besoin de faire la sieste. C’est limite magique.

Je suis très loin d’être en pleine forme, d’autant plus que la préménopause génère de la fatigue elle aussi, mais disons que je me maintiens et que j’en suis bien contente (grosse trouille du burn-out).

Il y aura peut-être de nouveaux travaux de woofing-plomberie après l’équinoxe de printemps, en tout cas pas avant.
D’ici là, je vais essayer d’avancer dans le montage du dossier ANAH, sans grande conviction, j’avoue. Je suis quasiment déjà en train de me préparer psychologiquement à la perspective de m’être fait entuber de 460 euros par l’administration sensée m’aider…Quand on dit que les autistes sont particulièrement naïfs et sujets aux arnaques et aux abus… Voilà voilà…

Escale dans l’Ain/le Jura : Le 17, j’ai fait escale à Oyonnax, chez un cousin.
Le 18, j’ai ramené les WC chimiques et un tapis en laine de 6m2 dans la petite cabane du Jura où je vais parfois passer quelques jours (à 25km d’Oyonnax), surtout aux beaux jours. Je me suis garée devant l’église, j’avais empaqueté les WC dans un sac poubelle et je les ai tracté comme un bob avec un bout de ficelle, avec le tapis sur le dos. Environ 1km en montée, au soleil, je me suis un peu surprise : il y avait de la neige, dans la pente en plein champs, j’enfonçais parfois jusqu’au genou, j’ai renoncé à tout porter d’un coup seulement une fois arrivée à peut-être seulement 30m sous le chalet. J’ai laissé les WC, je suis montée juste avec le tapis et je suis retournée chercher les WC ensuite.

Oui, on peut marcher dans 30cm de neige en pantalon de pêcheur thaï et en santiags Mexicana à petit talon.

Au loin, le Crêt de Chalam.

Le lendemain je n’avais même pas de courbatures, j’avoue j’ai été fière de moi.
Et tout ça parce que quelqu’un de la famille va peut-être venir là en février, peut-être. Ou peut-être pas, hein.

Préménopause : Mes hormones me pourrissent toujours bien la vie. J’ai préféré retourner voir mon médecin tellement je commençais à flipper, franchement. C’est courant décembre que j’ai fini par constater que j’avais vraiment des gros trous de mémoire bizarres et par moment la sensation que mon cerveau va cesser de fonctionner, tellement il ralentit, et c’est là que, je ne sais plus trop comment, j’ai eu l’idée de vérifier si ça ne pouvait pas être la préménopause, et oui, c’est ça. Le ralentissement cognitif, je pense qu’il a pu commencer cet été, sans que je m’en aperçoive franchement, je mettais ça sur de dos de la fatigue et du stress de l’approche de la signature (acte de vente de la maison).
C’est plus qu’inconfortable, c’est carrément flippant, sans parler du handicap, parce qu’à ce niveau là, franchement, à certains moments, c’est comme de perdre 20 à 40 points de QI pendant des heures, voir des jours. Heureusement que je me suis mise au tricot, comme ça, dans ces moments-là, je peux toujours au moins tricoter. J’arrive encore à compter mes mailles.

Dehors, il neige.

Et puis il y a parfois des « sautes d’humeur ». Dit comme ça, « saute d’humeur », ça me fait penser à un petit mouton tout mignon qui sautille dans les champs. Sauf que ça peut consister à éclater en sanglot sans savoir pourquoi, comme si quelqu’un venait de mourir, alors que non, je suis juste en train de faire mon lit. Se sentir comme si quelqu’un venait de mourir sans que personne ne soit mort… Je comprends qu’à l’époque où personne n’y connaissait rien aux hormones, des femmes comme moi aient pu finir en hôpital psychiatrique, en « asile » pour cause d’hystérie. Et maintenant on n’est guère plus avancé sur le rôle des hormones, d’ailleurs. On sait que les oestrogènes peuvent avoir un effet sur le système nerveux mais on ne sait pas trop comment-pourquoi et quant à y remédier, alors là……….. (grand silence de la communauté scientifique)………………
Une youtubeuse aspie (chaîne The Truther Girls) explique que c’est comme une cure de sevrage d’une drogue : il faut que le cerveau s’adapte à carburer autrement, des récepteurs à la sérotonine disparaissent, m’a-t-on expliqué par ailleurs (une de mes anciennes formatrices, une biologiste)… C’est comme une nouvelle puberté. Youpie, quoi. Et puis ça peut durer 6 mois ou 15 ans, on ne sait pas trop.
Mon médecin n’a rien trouvé à y redire, si ce n’est que je suis un peu en avance pour mon âge (pour une fois que je fais un truc de façon « précoce » !!!! Lol !!!) et que les symptômes neuropsychologiques et cognitifs ne sont pas les plus fréquents, mais que le bon côté de la chose c’est que je les observe, je m’en rends compte, donc ce n’est pas neurodégénératif. Si c’était neurodégénératif, comme Alzheimer, je ne m’en rendrais pas compte, les malades ne s’en rendent jamais compte eux-même, qu’ils partent en cacahuètes.
Donc, là, je n’ai qu’à me dire « c’est transitoire » et endurer. Ok, merci, ça m’aide beaucoup, hein.

Et puis il y a sans doute un accroissement de l’irritabilité. Ca se constate peut-être plus à l’écrit dans mes contributions sur les groupes de discussions, mais même en « live » de vive voix, c’est comme si je commençais à gagner en « caractère », d’une certaine façon, un peu comme un crâne du bébé qui cesse d’être tout mou.
Mais comment est-ce que je jongle avec ce dossier ANAH, avec la quête du bon devis, du bon artisan…, et les trous de mémoire et les aléas cognitifs ? ? Ca me donne envie de dire « laisse béton, change juste la porte et la cuisinière et on verra plus tard pour le reste ».
Peut-être avec des woofers ? Plein de woofers ?!

Aide, solidarité, etc…: Le woofer plombier, je dois dire, il a eu un gros effet anxiolytique.
Ca m’a montré que oui, je suis capable de trouver de l’aide si j’en cherche et oui des gens sont près à se montrer altruistes.
C’est comme un première pierre de posée.
Ca me conforte vraiment dans l’envie de faire de cette maison une sorte d’oasis, de lieu d’échange, d’apprentissage (que ce soit pour moi ou pour d’autres), un lieu de refuge éventuel… Un peu dans l’esprit de l’ashram ou de la clinique ayurvédique traditionnelle : le confort est spartiate mais on prend soin de l’essentiel.

Mardi 29 janvier, 8h35 :

Et puis il y a eu les vœux du maire, le samedi 12.
Il a fait monter les nouveaux habitants présents sur l’estrade. Mon moment de célébrité. Lol.
On est resté une heure. C’était bien sympathique mais on a fuit après les vœux. Trop de monde, de smartphones, de bruit, blaaaah.
Ah et après l’ensilage, la sécheresse qui rend les sols durs comme du caillou, il y a le gel et les vêlages qui ont probablement empêché l’agriculteur qui met ses vaches sur mon champ de déplacer la clôture.
J’espère que d’ici la fin mars, il ne va pas y avoir encore autre chose qui va l’empêcher de faire le déplacement parce que j’aimerais bien pouvoir commencer à planter des trucs (s’il me reste des sous!?), ou commencer à faire bronzette ailleurs qu’au bord de la route…

Et en vrac…:

L’ablation des élastiques dans des chaussettes soit-disant 100% coton (l’élastique n’est PAS 100% coton!!!): Idem dans les manches des pulls ou encolure ou à la taille des pulls….

Un bout d’aile de buse, ramassée en bord de route (oui, j’ai dû faire un peu de désossement pour détacher le bout d’aile du reste de la carcassequi commençait à se décomposer). Les plumes de rapace sont des outils chamaniques super puissants super précieux super sacrés):

Des taureaux placides dans mon champ:

IL FAUT PRENDRE LE SOLEIL MEME QUAND IL FROID!!! Ici, de bon matin, sur mon perron, avec une tasse de cacao (eau chaude+cacao cru):

Février:

Se protéger des ondes: 
Quand on est forcé de passer du temps en ville, quand on est électrohypersensibe, on peut se réfugier dans les églises désertes (ici église de la rue de l’Isernon, à Cran-Gevrier):

Ou bien dans les cimetières (c’est nettement moins protégé, ici cimetière de Loverchy à Annecy):

 

Ramassage des déchets: 
Quand on ne sait pas quoi faire d’intelligent et d’utile, on peut toujours prendre un sac, sortir de chez soi et ramasser les déchets au bord des routes, au bord des chemins, dans les parcs, en forêt, etc… :