Outils chamaniques – Le psilo et la cérémonie

 

Une « aînée » et guérisseuse Mazatèque (Mexique), Natalia Martinez, présentée dans le documentaire The Little Saints, par Oliver Quintanilla (source de l’image: Mycotopia).

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De l’utilisation du champignon ou de la truffe psilocybe dans un cadre chamanique.

Il y a 4 ans 1/2, c’est par Claude Traks et Laurène Dartillah, et leurs vidéos, que j’ai entendu parler pour la première fois de l’utilisation des psilo dans le cadre d’une cérémonie. Ils affirmaient que les « médecines sacrées » sont indispensables à la croissance spirituelle. Cela m’avait d’abord laissée très sceptique, puis j’avais réalisé que je ne savais réellement rien sur le sujet, et j’avais alors commencé à me documenter… Depuis, j’ai beaucoup appris… Et désappris!

Quelques uns des préjugés abordés dans l’article, en vidéo:

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Mise en garde :

La consommation, la récolte, la culture, la vente et l’achat de champignons (ou de truffes) psilocybe sont interdits en France. Bien qu’il soit illégal d’en consommer, certaines personnes en consomment pourtant et la nature continue éhontément à en faire pousser
Beaucoup de gens « croient » savoir tout ce qu’il y a à savoir sur les psilo sans avoir jamais lu un livre sur le sujet. J’ai longtemps fait parti de ces gens-là! Et vous, comment savez-vous ce que vous croyez savoir sur les psilo ? Sur les psychédéliques en général, sur les « médecines sacrées » en général ? Quels livres ou articles avez-vous lus ? Quels personnes vous en ont parlé ?
Cet article a une visée éducative et informative, afin de contribuer à réduire les préjugés sur ces substances, ainsi que les risques liés à leur consommation. Comme avec l’alcool, la voiture ou l’aspirine, c’est en s’informant qu’on réduit les risques d’utilisation, pas en se voilant la face !
J’inclus des références (scientifiques et autres) tout au long de l’article.

Plan de l’article :
Introduction
Législation
Précaution d’emploi, contre-indications
Le psilo, c’est quoi ?
Le psilo, qu’est-ce que ça fait ?
Pourquoi l’utiliser?
Les cadre d’utilisations récréatif, thérapeutique, chamanique
Comment utiliser les psilo dans un cadre chamanique, comment faire une cérémonie ?
Conclusion

 

 

Mes autres articles consacrés aux psychédéliques et/ou au chamanisme:
Psychédéliques et immunologie
Le bad trip ou comment travailler avec des psychédéliques
Manifeste pour la bonne santé des autistes (et des non-autistes) (page 150 à 163)
Les piliers de la vie
Seidr – le chamane et la punk
Ma vidéo « Outil chamanique – Seidr – le bâton »
Bonus, une nouvelle : Bubulle, l’oeuf cosmique

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Introduction

Aux grands maux les grands remèdes !
Les « médecines sacrées », dont font parti les psilocybe (et autres champignons à psilocybine), sont les armes lourdes de la boîte à outil chamanique, des « armes de création massive ».
La Vie sur Terre est entrée dans une grande extinction de masse (la 6ème en 500 millions d’années) et cet effondrement de la Vie sur Terre est provoquée par l’être humain, qui tend à faire passer son plaisir personnel avant la protection de la Vie.
Il serait temps de prendre des mesures drastiques pour tenter de sauver ce qui peut l’être, et que faisons nous ? En France, par exemple, notre Président, son gouvernement, les députés de son parti, refusent d’interdire sans plus attendre l’utilisation et la production de tous les pesticides, la fermeture des centrales nucléaires est sans cesse repoussée, on préfère promouvoir la voiture électrique/nucléaire plutôt que de développer les transports en commun, etc… Près de chez moi, je vois des gens courir pour aller nulle part : ils font du « trail », des marathons ou du « running », ils cultivent leurs muscles et changent de baskets tous les ans, au lieu de boycotter la pétrochimie (dont sont issues leurs baskets), au lieu de ramasser les déchets qu’on voit partout.
Si nous pouvions interviewer tous les chamanes du monde entier et leur demander quoi faire pour se sortir de là, un certain nombre d’entre eux répondraient probablement qu’il faudrait demander conseil et guidance aux médecines sacrées, ces substances appelées « psychédéliques » par les occidentaux : Ayahuasca en Amazonie, Iboga en Afrique, Peyotl dans certaines régions d’Amérique du Nord…, ou encore champignons psilocybe et autres champignons à psilocybine, utilisés dans un cadre chamanique dans certaines régions du Mexique, et qui poussent un peu partout ailleurs.
Ils nous conseilleraient peut-être aussi d’arrêter de prendre l’avion et de polluer l’atmosphère pour aller prendre de l’Ayahuasca en Amazonie, et d’arrêter de piller les ressources d’Amérique du Sud, d’arrêter de faire venir de l’Ayahuasca en Europe. Ils nous conseilleraient peut-être bien d’utiliser plutôt nos propres médecines sacrées locales : en Europe, le psilo.
Qu’on soit un djihadiste, un banquier comme Mr Marcon, ou un mr ou mme tout le monde, les médecines sacrées utilisées dans un cadre thérapeutique et/ou chamanique peuvent contribuer à nous rendre moins aveugles, moins égocentriques, plus empathiques, plus écolo, plus conscients.


Législation :

La consommation, la récolte, la culture, l’achat et la vente de psilo sont interdits en France. Il est interdit d’en faire la promotion, aussi, qu’il soit bien clair que cet article se veut uniquement informatif.
Je n’encourage personne à consommer quoi que ce soit d’illégal, je souhaite seulement contribuer à réduire les préjugés à l’encontre de ces substances, et à réduire les risques que prennent les personnes décidées à en consommer en dépit de la loi.

Ceci dit, il y a un soucis avec cette loi relative aux psychédéliques, tels que les psilo. Les scientifiques le disent eux-même : cette loi est obsolète, basée sur des préjugés et non sur des données scientifiques.
Les psychédéliques sont considérés par la loi comme représentant un fort risque pour la santé publique et comme n’ayant aucun intérêt thérapeutique, alors que les scientifiques ont démontré qu’ils sont faiblement dangereux (pour soi et pour autrui) et qu’ils ont un fort potentiel thérapeutique, lorsqu’ils sont utilisés dans un cadre thérapeutique. Ils sont faiblement toxiques, et ils ne sont pas addictifs, contrairement par exemple à l’alcool, qui est une drogue fortement toxique, fortement addictive, qui est de toutes les « drogues », la plus dangereuse pour soi et pour autrui, et qui est dépourvue de valeur thérapeutique.

Illustration issue de la publication scientifique « Drug harm in the UK, a multicriteria decision analysis », publiée dans le très sérieux Lancet. Les drogues sont classées par ordre de dangerosité pour les autres (« others ») en bleu clair, pour les utilisateurs (« users ») en bleu foncé.

Il existe aussi en France ce qu’on appelle la liberté d’expression, dont a fait usage par exemple le Dr Olivier Chambon, psychiatre français, qui a publié en 2007 un excellent livre sur le sujet : « La médecine psychédélique ». En France il est donc autorisé de parler des psychédéliques et de les présenter sous leur meilleur jour (thérapeutique). Si la chose était interdite, l’Etat devrait bloquer l’accès à toute information sur le sujet, que ce soit dans les librairies ou sur internet, et le livre du Dr Chambon serait condamné au pilon !

La problématique de l’utilisation des psychédéliques est aussi en lien avec le droit à disposer de notre corps et de notre conscience. En France, nous avons le droit de faire de l’alpinisme ou de boire un litre de vin tous les jours si ça nous chante, nous sommes sensés pouvoir disposer de notre corps, même pour faire des choses dangereuses, tant que cela ne nuit pas à autrui, ou du moins nous serions sensés pouvoir le faire dans une démocratie digne de ce nom.

En Europe, au Pays-Bas, il est possible d’acheter et de consommer des truffes psilocybe en toute légalité, il est aussi possible d’y faire des retraites « psychédéliques » : voir le site web de la Psychedelic Society.

Références :  Drug harm in the UK, a multicriteria decision analysis  ; article: Ayahuasca, dimethyltryptamine and psychosis, a systematic review of human ; livre : La médecine Psychédélique, du Dr Olivier Chambon.


Précautions d’emploi, contre-indications :

Comme pour tout médicament (aspirine, vaccin…), comme pour toute substance psychoactive (alcool, café…), il y a une « notice » à respecter pour réduire les risques liés à la consommation de psychédéliques/médecines sacrées. Ce sont des substances puissantes, à manier avec grande précaution.

– Contre-indications : éviter les mélanges avec d’autres substances, en particulier avec des médicaments, de l’alcool et d’autres substances psychoactives (à l’exception du chocolat noir bio ou du cacao bio).
On doit éviter de consommer ces substances quand on a des antécédents de psychose ou de troubles bipolaire (« mania », maniaco-dépression).

– Risques d’effets adverses: en particulier lorsqu’on néglige de respecter la « notice », les contre-indications, les bonnes conditions d’utilisation…: risque de « bad trip » (expérience difficile) et de stress post-traumatique. Risque de déclenchement d’épisode psychotique pour les personnes ayant des antécédents de psychose ou de troubles bipolaires.
Un bad trip peut être effrayant ou désorientant au point de générer également un comportement dangereux ou inapproprié: risque de défenestration, exhibitionnisme sur la voie publique…
Les psychédéliques sont susceptibles d’agir un peu à la façon d’un thérapeute qui nous confronte aux pires traumatismes psycho-émotionnels que nous ayons vécus, à tous ce que nous avons échoué à « digérer » par le passé (deuils, ruptures, échecs…), ce qui va avoir le même effet qu’une séance de psychothérapie intense et douloureuse, pendant laquelle on va beaucoup pleurer. Si un utilisateur vit un tel challenge émotionnel dans un cadre thérapeutique, il comprendra que c’est un mal pour un bien, que cela est sensé être transformateur, cathartique, comme une psychothérapie, alors que dans un cadre récréatif, l’utilisateur risque de ne rien comprendre du tout et de rester en détresse, plus ou moins traumatisé par l’expérience.

– Conditions d’utilisation, le « set & setting » :
il faut porter une grande attention à ce que les psychonautes (utilisateurs expérimentés) appellent en anglais le « set and setting », c’est à dire l’état d’esprit et le cadre d’utilisation dans lequel on utilise ces substances. Dans l’idéal, ces substances devraient être utilisées le plus près possible de la nature, soit en pleine nature, soit dans un logement à la campagne ou dans les bois, de plein pied, à bonne distance de la « civilisation », loin des pollutions électromagnétiques, au minimum dans un but thérapeutique, au calme, le soir, par une température clémente, dans un lieu silencieux, sans électricité ou avec l’électricité disjonctée et tous les objets connectés éteints ou mis en mode « avion », dans l’obscurité ou une certaine pénombre, ou avec un masque sur les yeux, dans un lieu sécurisé et familier, à jeun, sur des sols ou matériaux naturels: coton, tomettes en terre cuite, carrelage, laine, paillasse d’herbe, peau de mouton ou cuir, chaussures plein cuir (pas sur du synthétique: tapis de yoga ou de camping plastique, tapis de tente en plastique, lino, plancher flottant, matelas en polyester, baskets…!)…
Les psychédéliques fonctionnent en synergie avec les champs électromagnétiques natifs/naturels (ceux générés par la planète), donc ils fonctionnent au mieux lorsque le corps est 1° loin des pollutions électromagnétiques humaines, 2° à la terre sur le plan électrique, d’où l’importance de bien choisir des sols qui permettent la connexion à la terre (avec ou sans « substance », sur le plan énergétique, notre chakra « racine » a besoin de la mise à la terre pour pouvoir se développer!).
Voir d’autres recommandations dans mon article sur  « Le bad trip », le livre « The psychedelic explorer’s guide », de James Fadiman ; les interviews/conférence de Terence et Dennis McKenna sur youtube, les vidéos de Claude Traks et Laruène Dartillah , le site web et la chaîne youtube du Zendo Project https://www.zendoproject.org/

Certains chercheurs pensent qu’il faudrait réguler l’usage des psychédéliques et le restreindre drastiquement à un usage purement « clinique », dans les hôpitaux ou les cabinets de thérapeutes. Cela reviendrait à vouloir interdire l’usage traditionnel chamanique en Amazonie, au Mexique… Cela irait à l’encontre de nos libertés fondamentales : liberté religieuse et droit à disposer de notre corps et de notre conscience. Par ailleurs, les hôpitaux et cabinets de thérapeutes n’ont rien de « naturels », alors que le contact avec la nature est connu des utilisateurs expérimentés (comme les chamanes) pour fonctionner en synergie avec les psychédéliques : leur utilisation en immersion dans la nature tend à maximiser leurs effets thérapeutiques. Inversement, leur utilisation dans un cadre anti-naturel, en appartement, en ville, à un concert…, tendra à maximiser les risques d’effets adverses.

Ref: livre La médecine Psychédélique, du Dr Olivier Chambon, article: Potential Therapeutic Effects of Psilocybin…; chaussures plein cuir; vêtements en matières naturelles; literie en matières naturelles.


Le psilo, c’est quoi ?

Beaucoup de gens, même parmi les personnes passionnées de chamanisme, considèrent le psilo comme une substance purement récréative.
Pourtant, pour résumer, prendre des psilo à des fins récréatives, cela revient à prendre de l’ayahuasca à des fins récréatives !

Le champignon, ou la truffe, psilocybe contient de la psilocybine qui se dégrade en psilocine dans le corps. Nom chimique de la psilocine : 4-phosphoryloxy-N,N dimethyltryptamine. Ce « dymethyltryptamine » est plus communément appeler « DMT ».
La psilocybine appartient à la famille des tryptamines. C’est une forme oralement active de « DMT ». L’Ayahuasca appartient aussi à la famille des tryptamines, mais c’est un mélange de deux plantes: la Psychotria viridis, qui contient une forme oralement inactive de DMT, et le Banisteriopsis caapi, qui contient un inhibiteur de la mono-amine oxydase (IMAO), et qui rend le DMT oralement actif. L’ayahusaca est purgative, contrairement au psilocybe, qui aura tendance à ne générer des nausées, voir des vomissements, que s’il est mélangé à d’autres substances ou s’il est consommé en grande quantité.

La psilocybine, comme l’ayahuasca, fait parti des psychédéliques « sérotonergiques » : elle est un agoniste (activateur) de certains récepteurs à la sérotonine (entre autres). La sérotonine est immunomodulante, et elle est synthétisée et utilisée majoritairement dans les intestins, aussi il serait intéressant que des scientifiques se penchent sur les effets des psychédéliques sérotonergiques sur le système digestif et sur le système immunitaire !

Références : Classical hallucinogens as antidepressant ? A review of pharmacodynamics and putative roles ; Multiple receptors contribute to the behavioral effects of indolamine hallucinogenHypothesis: the psychedelic ayahuasca heals traumatic memories via Sigma 1 receptors-mediated epigenetic mnemonic process ;  A possibly sigma-1 receptor mediated role of dimethyltryptamine in tissue protection, regeneration, and immunity ; Psychedelics and immunomodulation: novel approaches and therapeutic opportunities  ;  Psychosomatic Medicine, Psychoneuroimmunology and Psychedelics ; livre :  Manifesting Minds (collectif d’auteurs) ; Vidéo : Joe Rogan – Mushrooms vs. DMT (avec Dennis McKenna)


Le psilo, qu’est-ce que ça fait ?

Comme tout psychédélique, il modifie les perceptions, l’humeur et le fonctionnement de la sphère cognitive.
L’effet d’une dose est transitoire, il dure en moyenne 4H. Savoir que l’effet est temporaire peut aider à mieux vivre l’expérience. Comme avec toute substance active, la puissance des effets dépend évidement de la dose.
Les personnes qui connaissent mal les psychédéliques ont tendance à parler de perceptions « altérées », d’altération de l’état de conscience. Les scientifiques spécialisés et les psychonautes préfèrent en général parler d’état de conscience modifié ou élargi, et de perceptions modifiées ou amplifiées.
La modification des perceptions entraîne la modification de l’état de conscience.
La conscience est une affaire de perceptions : nous sommes conscients de ce que nous percevons.
Les perceptions de la réalité sont modifiées, ce qui va être plus ou moins « dépaysant » (d’où l’idée de « voyage » chamanique), voir effrayant, en fonction de ce qu’on perçoit et de la façon dont on interprète ce qu’on perçoit.

La façon dont on interprète ce qu’on perçoit est une question de culture, de connaissances, d’expérience. Une personne qui prend des psilo pour la première fois pourra avoir la sensation qu’elle est attaquée par un mauvais esprit démoniaque, alors qu’un utilisateur averti comprendra que ce « mauvais esprit » qui le perturbe est le smartphone qu’il a dans sa poche ! Il suffira d’éteindre le smartphone et de le mettre à bonne distance pour faire disparaître le « mauvais esprit » ! Question d’interprétation !
Un catholique qui visualise un « serpent » pourra croire qu’il voit un démon, alors qu’un praticien de médecine ayurvédique interprétera ce serpent comme étant un « nadi » ou la kundalini.

Ce que les utilisateurs (ou médecins) appellent « hallucinations », générées par les psilo, est un terme souvent impropre. Les psilo provoquent moins des hallucinations au sens strict du terme, que des « visuels » et des modifications perceptives qui sont interprétées comme des « hallucinations ».
En réalité, les « visuels » se perçoivent beaucoup mieux les yeux fermés, ils sont intérieurs, « dans » la tête ! Ce sont des images de l’ordre de la visualisation, du rêve éveillé. C’est pour cette raison que, dans les études cliniques sur les psychédéliques, les expérimentateurs doivent souvent mettre un masque sur les yeux, pour être dans le noir total.
Quand vous vous souvenez du visage de quelqu’un que vous connaissez bien, que son visage « apparaît » dans votre tête, ce n’est pas une hallucination, c’est une « visualisation », et dans ce cas précis, un souvenir !
De la même façon, une mouche a des perceptions très différentes des vôtres, ce n’est pas pour autant qu’elle « hallucine » !
Stephan Beyer (PhD) raconte qu’il a bien eu ce qu’on appelle des « hallucinations » sous ayahuasca, mais il explique aussi que ce qu’une personne considère comme une hallucination dépend beaucoup de sa culture, de ce qu’elle considère comme « réel » ou pas. C’est en parti notre culture, nos croyances, nos connaissances qui déterminent la frontière entre « réel » et « irréel ».
Si vous considérez que les esprits des ancêtres existent, vous ne serez pas trop dépaysé si vous les « voyez » quand vous êtes sous l’effet d’un psychédélique. Vous considérez que le psychédélique vous permet de voir quelque chose qui existe mais que vous ne pouvez pas voir en temps normal, comme un microscope vous permet de voir des bactéries qu’on ne voit pas à l’œil nu en temps normal. Si vous considérez que la vie après la mort n’existe pas, que les défunts n’existent que sous la forme d’ossements dans les cimetières, alors leur apparition sera pour vous une « hallucination ».

Théorie personnelle actuelle : pour employer des termes de physique quantique, il se pourrait que les psychédéliques rendent plus sensible à l’onde qu’à la particule.
Il semblent élargir la portion du spectre électromagnétique et des ondes sonores que nous sommes capables de capter (ils rendent plus sensible au bruit, à la musique, à la lumière…).
Ils pourraient augmenter la puissance et modifier la fréquence de l’antenne-émetteur-récepteur que nous sommes (le corps est un semi-conducteur, autant biochimique que bioélectromagnétique: il émet un champ électromagnétique, des infrarouges, des biophotons…).
Ils pourraient accentuer le sens électromagnétique (qui pourrait être le 6ème sens).
Ils pourraient nous mettre dans une sorte d’état « quantique » : à la fois ici et « ailleurs ».
Ce qui serait cohérent avec l’importance de l’intention dans le cadre de l’utilisation des psychédéliques : en physique quantique, l’intention de l’observateur ou de l’expérimentateur influe sur le résultat de l’expérience.
En chamanisme, l’intention est ce qu’on appelle la prière.
Le monde des esprits avec lequel les chamanes entrent en contact pendant la transe (avec ou sans substance) est un monde interactif, « subtile» (électromagnétique plus que matériel/palpable), où l’intention et le son (chant, tambour, parole…), autrement dit les « vibrations » ou les « ondes » deviennent des leviers d’action plus puissants que des outils palpables.

Références : voir des articles/conférences sur la biologie quantique (quantum biology) par Jim Al Khalili, les conférences du Dr Jack Kruse sur youtube… ; articles: Psilocybine ; Humans may have a « magnetic » sixth sense  ; Fields in Electromagnetic Spectrum Emitted from Human Body. Applications in Medicine ; vidéo : Stephan Beyer, Ph.D. – “Ayahuasca, Cognitive Psychology, and the Ontology of Hallucination”


Pourquoi l’utiliser?

– D’après les scientifiques : pour traiter l’anxiété des personnes ayant une maladie en phase terminale (cancer…), la dépression, l’addiction au tabac et à l’alcool, pour accroître l’empathie, la conscience environnementale, le sens écologique, pour avoir des expériences spirituellement significatives, pour booster la créativité…

– D’après les chamanes : pour apprendre et pour guérir !
Les psilo, comme l’ayahuasca et les autres plantes sacrées, sont autant considérées comme des médecines que comme des enseignants, des esprits à part entière, avec leur personnalité, leur compétences (qui peuvent varier légèrement d’une variété à l’autre), qui permettent d’accéder à des informations auxquelles on ne peut pas accéder en temps normal : information sur le passé, le présent, le futur, échange d’informations avec les « esprits »…
Le chamane commerce avec les esprits dans l’intérêt de sa communauté, pour résoudre toutes sortes de problématiques (médicales, relationnelles…), pour apprendre, pour faire un travail d’harmonisation des corps, des lieux, des relations entre les vivants ou entre les vivants et les autres esprits, il se sert de certaines substances pour accéder à des perceptions/un état de conscience auquel il ne pourrait accéder autrement, pour faire un travail qu’il ne pourrait pas faire autrement, tout comme un chirurgien se sert d’un scalpel pour faire des choses qu’il ne pourrait pas faire sans scalpel.
En fonction des types de chamanisme, et en fonction des talents/aptitudes de chaque praticien, l’état de transe propice au travail avec les esprits peut être atteint de différentes façons, avec ou sans substance (voir l’exemple de Corine Sombrun, qui a appris à accéder à la transe via le tambour, puis sans tambour).
Toute fois, quand des personnes qui n’ont jamais essayé de travailler avec des médecines sacrées disent qu’elles font sans médecine le même travail qu’avec médecine, comment peuvent-elles être sûres qu’il s’agit du même travail, si elles n’ont pas d’éléments de comparaison ?!
Ce serait comme si un médecin affirmait que, sans scalpel, il fait le même travail qu’un chirurgien. Ca pourrait laisser sceptique !

Pour ce qui est du « sens écologique » – au cœur de la crise environnementale que l’humanité est en train de traverser, le psilo a tendance à rendre d’avantage « connecté », réceptif à l’environnement : il modifie les perceptions si bien qu’en fonction de la dose il peut, par exemple:
– rendre beaucoup plus sensible à la beauté de la nature,
– aider à ressentir « pour de vrai » que tout est vivant, que tous les éléments de la nature sont en relation (arbre, sol, atmosphère, rochers, animaux…), qu’ils communiquent entre eux de différentes façons à chaque instant, émettent et reçoivent de l’information (voir l’exemple des arbres qui communiquent entre eux et avec le mycelium),
– dissoudre momentanément les frontières de l’égo.
Dans le milieu des psychonautes, les fortes doses de psychédéliques ont la réputation de pouvoir générer une expérience appelée en anglais « ego death », la mort de l’égo, qui consiste à devenir « un » avec l’univers, avec la nature. Il n’y a plus de séparation entre nous et l’environnement : tout devient « un », uni, nous devenons la rivière, le ciel, la terre… Nous nous dissolvons dans le flot de la Vie, nous devenons le flot de la Vie. Il devient alors impossible de polluer une rivière, de jeter un déchet dans la nature sans avoir conscience que c’est notre propre corps que nous salissons.
Certains affirment que les psilo favorisent la déconnexion d’avec la réalité, qu’ils s’opposent à l’ancrage, à l’enracinement. Il se pourrait que ces personnes se laissent trop influencer par ce que les utilisateurs récréatifs disent des psilo: que cela les fait « tripper », ou « planer » ou « délirer ». Il faut alors se rappeler que l’intention avec laquelle les psilo sont consommés influe sur le résultat de l’expérience : si un utilisateur a l’intention de « tripper » ou de « s’envoyer en l’air » ou de « délirer » en prenant des champi, alors cette intention est bien susceptible de mener l’expérience vers « l’éclate », plutôt que vers le développement personnel/spirituel (qui inclut le développement de notre chakra « racine » et donc de notre enracinement). Les chamanes Mazatèques qui utilisent les champignons psilocybe de façon traditionnelle, eux, cherchent la guérison et des réponses à leurs questions – souvent des questions très terre à terre, ils vivent dans les montagnes, loin des villes, ils cultivent la terre, ils vivent dans des maisons très rudimentaires, en immersion dans la nature, au cœur des éléments. Dans ce genre d’environnement, si quelqu’un « plane », il ne survit pas longtemps ! Il est essentiel de travailler la terre pour pouvoir se nourrir, il faut savoir prendre soin de la nature et vivre à son rythme si l’on veut pouvoir manger. C’est un mode de vie extrêmement « enraciné », les deux pieds dans la terre. Ce sont les occidentaux qui ont tendance à « planer » loin des réalités de la nature, même sans substances, puisqu’ils n’ont jamais à se soucier de la façon dont on fait pousser une salade, dont on fabrique une chaussure et il leur suffit d’entrer dans un magasin à Paris pour pouvoir acheter une banane qui a poussé à 10 000km de là. C’est ce genre de mode de vie qui nourrit le « déracinement », la déconnexion d’avec la réalité, le manque d’ancrage et de pragmatisme. Pas besoin de substances pour « planer » et manquer d’ancrage et de sens des réalités, il suffit de vivre en ville !
Certains auteurs/chercheurs, comme Terence McKenna (célèbre ethnobotaniste et psychonaute américain, auteur du livre « la Nourriture des Dieux »), postulent que c’est parce que les occidentaux n’utilisent pas les médecines sacrées qu’ils sont autant anti-écologiques, déconnectés de la nature, de leur nature.
Un bon exemple des effets que peuvent produire les psilo se retrouve dans le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, avec l’amour des Hobbits et des Elfes pour leur terre, la nature, la beauté des montagnes, des arbres ou des étoiles, etc… Dans une certaine mesure, on peut dire que les psilo peuvent « transformer » l’utilisateur en Hobbit ou en Elfe, en amoureux des clairs de lune, des jardins, des bêtes, en poète pour qui la nature est une source infinie d’inspiration et d’émerveillement, en païen ou en animiste pour qui les arbres ont un esprit, une personnalité et sont aussi vivants que les papillons ou les montagnes… Et c’est une drôle de coïncidence que les Hobbits soient de grands amateurs de… champignons!

Références: livres: Le serpent cosmique, de Jeremy Narby; La nourriture des Dieux, de Terence McKenna ; La médecine psychédélique, du Dr Olivier Chambon, voir aussi toutes les publications scientifiques qu’on peut trouver sur pubmed ou google scholar avec les termes « psilocybin depression » ou « psilocybin empathy », ou « psilocybin addiction » ou « psilocybin environment »… Exemple : Lifetime experience with (classic) psychedelics predicts pro-environmental behavior through an increase in nature relatedness ; articles: « le traitement trippant« , « Médecine psychédélique »: des résultats « stupéfiants », vidéo: The purpose of ayahuasca may not be what you think; site web: maps.org.

 

Les cadre d’utilisations : récréatif, thérapeutique, chamanique

Comme on l’a déjà vu, les effets des psychédéliques dépendent non seulement de l’environnement dans lequel ils sont utilisés mais aussi de l’intention de l’utilisateur.
Il existe trois grandes catégories de cadre d’utilisation des psilo:

– cadre récréatif, égo-centré : Pour le fun, pour « tripper », « planer », à une fête, à un concert, etc… C’est un cadre qui maximise les risques d’effets adverses. D’un point de vue chamanique, ce cadre d’utilisation est une offense à la médecine sacrée. C’est comme d’essayer de monter sur un cheval sauvage « pour le fun ». Ça expose à de mauvaises surprises, à des retours de bâtons.

– cadre thérapeutique, égo-centré : c’est le cadre des études cliniques qui visent à étudier l’efficacité des psychédéliques pour le traitement de la dépression, de l’anxiété, des addictions…

Une session thérapeutique à la John Hopkins University: l’utilisateur est allongé, avec des écouteurs sur les oreilles, un masque de sommeil sur les yeux, et deux thérapeutes veillent à ce que tout se passe bien.

Qu’on participe à une étude clinique ou bien que l’on soit un utilisateur autonome, autodidacte, seul chez soi, l’intention est alors dirigée sur un problème de santé précis (problème psychologique ou physiologique), sur la volonté de guérir, sur la guérison au sens très large du terme (physique, psychologique, spirituel).
Dans ce cadre, certains utilisent des micro-doses de psychédéliques (une micro-dose 2 ou 3 fois par semaine, dose sans effets « psychédéliques ») pour traiter leur dépression, leur anxiété sociale, leur algie vasculaire de la face/céphalée de Horton…
On peut considérer que ce cadre inclue l’amélioration de la créativité des artistes, des scientifiques…, à la quête de solutions pratiques à un problème donné et qui utilisent les psilo (ou d’autres psychédéliques) à diverses doses pour booster leur créativité.
On pourrait ainsi par exemple imaginer que des politiciens utilisent des psychédéliques dans ce cadre pour trouver des solutions innovantes à la crise environnementale actuelle !
C’est aussi un cadre d’utilisation proche du cadre « McKennien », celui rendu populaire par Terence McKenna : « in silent darkness » (« dans l’obscurité silencieuse »), qui consiste à utiliser les psilo dans un lieu familier et sécurisé, dans l’obscurité, le silence et la solitude, à des fins d’auto-analyse, d’exploration psycho-spirituelles…

– cadre chamanique, centré sur la Vie : La frontière entre le cadre thérapeutique et le cadre chamanique peut être assez floue. Dans une certaine mesure, il est possible de « chamaniser » le cadre thérapeutique, afin de maximiser les effets spirituels de l’expérience psychédélique et de la sécuriser au maximum (purification des lieux, prière de protection, demande de guidance aux esprits bienveillants…).
Mais le cadre chamanique implique en principe de tourner l’intention et l’attention vers la communauté au sens large, vers la Vie: l’utilisateur cesse de travailler uniquement pour lui-même, il passe au travail au service de son environnement au sens large, à un travail d’harmonisation de sa relation aux choses, aux êtres, aux « esprits » qui l’entourent (ancêtres, arbres, plantes, animaux, matériaux…), puis à terme à un travail au service de sa communauté à proprement parlé.
Il est probable que pour pouvoir travailler avec les psychédéliques dans ce cadre, il soit nécessaire de les avoir d’abord utilisés dans un cadre thérapeutique. Avant de devenir un chamane à part entière, un apprenti va d’abord utiliser les médecines sacrées pour se soigner lui-même, pour harmoniser, optimiser son propre fonctionnement, son corps et son esprit.
Ensuite, il pourra « chamaniser » à proprement parlé, et commencer à travailler pour sa communauté.
Un psychonaute qui aurait déjà une bonne expérience du cadre thérapeutique pourrait explorer les diverses possibilités de travail avec les psychédéliques dans le cadre chamanique, en commençant par exemple par tourner son attention sur son environnement immédiat, pour aller à la rencontre des « esprits » qui l’entourent : les plantes, les matériaux (synthétiques/naturels), les esprits des lieux, les esprits des ancêtres, le sol (le « vrai » sol naturel, la terre, pas le lino ni le plancher flottant!!), les phénomènes cosmo-telluriques, les arbres, les animaux familiers…
A mon sens, la géobiologie offre de bons exemples du travail qu’il pourrait être possible de réaliser avec les psychédéliques.
Ce cadre d’utilisation nécessite la mise en place d’une « cérémonie », d’un rituel à part entière. Une cérémonie peut être relativement simple, mais elle se doit d’être un minimum construite, organisée.

 

Comment utiliser les psilo dans un cadre chamanique, comment faire une cérémonie ?

Pour se faire une idée sur le sujet, avant tout, il faut lire, lire, et lire encore !!! Écouter des conférences et des documentaires sur youtube fonctionne aussi ! Mais avant tout, c’est à chacun de se s’informer, via les références mentionnées dans cet article et bien d’autres encore !

Les chamanes Mazatèques, au Mexique, font parti de ceux qui travaillent avec les champignons (surnommés « enfants » ou les « saints-enfants »  : « children », ou « holy children »), et il est possible de trouver des articles ou des conférences et documentaires sur le sujet sur internet. Gordon et Valentina Wasson ont rendu célèbre la chamane Mazatèque Maria Sabina dans les années 1950. Une des meilleures sources d’information sur sa façon de travailler est le documentaire ci-dessous :

Elle purifiait les champignons en les passant dans la fumée d’un encens (copal) avant de les consommer, les personnes qui la consultaient en consommaient aussi. Les cérémonies se tenaient le soir, à la lumière des bougies, à même le sol, devant un petit autel, chez Maria Sabina, qui vivait dans les montagnes mexicaines, dans une maison rudimentaire avec un sol en terre battue.
1H00’21 : « Quand les enfants travaillent à l’intérieur de mon corps, je prie et je demande à dieu qu’ils m’aident à soigner. Je me rapproche de la personne malade. Les saints [les champignons] guident mes mains pour appuyer et masser là où il y a de la douleur. »
On notera, entre autre, que le copal est un encens local pour les mexicains, un européen pourrait aussi bien utiliser un autre encens européen, comme de la sauge ou de la résine de sapin. Sur l’autel de Maria Sabina, on trouvait des images religieuses catholiques (les Mazatèques ont appris à déguiser et protéger leur foi traditionnelle pré-chrétienne, en échangeant les noms de leurs anciens dieux contre les noms des saints chrétiens). Un européen pourrait préférer utiliser des images d’autres religions plus anciennes (mythologie celtique, scandinave…), ou simplement des objets évoquant la nature (cristaux, fleurs…).
Quand les psychonautes expérimentés recommandent de consommer les psilo au plus près possible de la nature, une telle maison, avec un sol en terre battue, dans les montagnes, loin des villes, sans électricité, est une bonne illustration de ce que cela peut signifier.
Une autre guérisseuse Mazatèque, Natalia Martinez (photo en tête d’article), est présentée dans le documentaire The Little Saints, par Oliver Quintanilla. D’après elle, la technique occidentale consistant à prendre les champignons puis à s’allonger dans le noir, en fermant les yeux et en se laissant guider par de la musique, est la méthode « feignante » qui ne permet pas au plein potentiel des champignons de se manifester. Elle conseille à ses élèves de maintenir leur attention sur l’autel (bougies et images religieuses) pendant toute la durée de la « velada » (cérémonie). C’est un entraînement de l’attention nécessaire à l’apprentissage de l’art de diriger l’expérience et de travailler avec ce que les champignons présentent à l’esprit focalisé (source: Mycotopia).

Un praticien pourrait souhaiter étoffer ou personnaliser un tel « set and setting », et tenter l’expérience de la création d’une cérémonie « européenne », plus personnelle.
Pour cela, plusieurs pistes pourraient être explorées :

Puisque l’ayhuasca et la psilocybine appartiennent toutes deux à la famille des tryptamines, il pourrait être envisageable, dans une certaine mesure, de transposer les méthodes de travail avec l’ayahuasca, au travail avec le psilo.
Comme le chamane Mazatèque, le chamane amazonien fait un travail, pas un « voyage » tous frais payés ! Il ne se contente pas de prendre une substance et d’attendre que tout arrive.
Pendant une cérémonie d’Ayahuasca, pendant qu’un touriste occidental reste à vomir ses tripes, puis allongé par terre, incapable de faire quoi que ce soit, submergé par l’expérience, le chamane, qui lui aussi a pris de l’ayahusca, reste actif et alerte. Il va de l’un à l’autre de ses « patients », il chante…, il veille au bon déroulement de la cérémonie. Il n’accède pas à un tel niveau de maîtrise du jour au lendemain. Cela lui demande de longues années d’entraînement, d’apprentissage, cela nécessite de considérer la substance comme un esprit à part entière, un enseignant, un esprit-allié, comme une sorte de coéquipier très puissant avec lequel il faut tisser une relation respectueuse pour que le praticien et la substance puissent faire ensemble un travail correct, de la même façon que le travail avec un cheval de trait, par exemple pour débarder du bois en forêt, nécessite une fine entente entre l’être humain qui mène le travail, et le cheval qui fournit la force motrice. Il s’agit d’une coopération. Prendre un psychédélique sans aucune intention, ou en pensant qu’il suffit de lui laisser faire tout le travail, cela revient à monter sur un cheval sans avoir aucune intention, en le laissant libre d’aller ou bon lui chante. Si le cheval est relativement placide, vous pourrez peut-être rester sur son dos toute la journée, alors qu’il déambulera dans son champs pour brouter ici ou là, ou bien il s’agira d’un cheval qui n’aime guère être monté pour rien, et vous vous retrouverez vite par terre.

Il est aussi intéressant d’observer le cadre dans lequel est utilisée l’ayahuasca de façon traditionnelle : au fin fond de la jungle, loin de la civilisation, en contact direct avec la nature, au calme, le soir, dans l’obscurité de la nuit, sous un climat tropical dont la température est toujours relativement douce, dans des constructions réalisées en matériaux naturels, dont le sol est en terre battue ou en simple plancher en bois, dans des lieux où il n’y a souvent pas d’électricité… On peut aussi observer l’alimentation proposée dans les centres de retraite d’ayahuasca : souvent de type « anti-inflammatoire » (proche du régime paléolithique), à base de riz, de légumes, d’un peu de poisson, sans graisses ni condiments, ni sucre… Cela permet d’affiner les recommandations de bases qui sont faites aux utilisateurs de psychédéliques et d’aller un peu plus loin que « les prendre à jeun, aussi près de la nature que possible ».

La question de l’apprentissage de la maîtrise de l’expérience afin de la transformer en véritable travail nécessite forcément d’apprendre à doser la substance, d’apprendre à choisir soigneusement le « set and setting », le lieu, l’état d’esprit, l’intention à mettre au cœur de la cérémonie. Pour le praticien, il s’agit d’apprendre à se connaître, à connaître sa sensibilité à la substance, d’apprendre à connaître son corps autant que l’environnement, avec l’aide de la substance.
Certaines personnes peuvent avoir peur de consommer des psilo parce qu’elles ont « peur de perdre le contrôle », c’est la même chose que d’avoir peur de boire de l’alcool par peur de « perdre le contrôle », alors qu’un consommateur d’alcool expérimenté, non-alcoolique, peut avoir la maîtrise de sa consommation : il connaît ses limites pour les avoir éprouvées, il sait bien quelle quantité d’alcool il peut boire, quels effets en attendre, et dans quelles circonstances il peut en boire, si bien qu’il évitera de boire 1L de vin en compagnie de son patron, et que s’il partage parfois une bouteille de vin en compagnie d’un ami, il ne boira probablement jamais la même quantité de rhum, même avec un ami. La maîtrise de l’effet des psilo est tout autant possible, c’est une question d’apprentissage.

Il s’agit aussi d’apprendre à interpréter correctement ce qui est perçu grâce aux médecines. Il ne s’agit pas de prendre tout ce qui passe par la tête pour argent comptant. Il faut être conscient que c’est la sphère cognitive qui traduit un stimuli sensoriel en image, au mieux de ses possibilités, avec le stock d’images qu’elle a à disposition dans sa « bibliothèque » de connaissances. Plus le praticien a des connaissances étendues et variées, plus il peut gagner en finesse d’interprétation.
Les médecines traditionnelles à travers le monde, comme l’Ayurveda et la médecine traditionnelle chinoise, qui plongent leurs racines dans des traditions chamaniques très anciennes, pourraient fort bien avoir été crées avec l’aide des psychédéliques. Dans le cas de l’Ayurveda, c’est ce que laisse supposer par exemple la mention d’un mystérieux « soma », un breuvage aux propriétés extraordinaires, dans les Veda hindoues. Ces médecines traditionnelles, qui mettent une forte emphase sur le fonctionnement énergétique/électromagnétique du corps humain, pourraient à présent fournir des informations utiles à la bonne interprétation des phénomènes « subtiles » perçus grâce aux médecines sacrées (notions de méridiens, de nadis, de point d’acupuncture, d’énergétique, de chakras, de « chi » céleste et de chi terrestre, etc….).
Les médecines traditionnelles sont associées à des pratiques telles que le yoga ou le qi-gong, le feng shui et le vastu sastra, qui faisaient peut-être parti à l’origine d’une grande pratique chamanique très complexe (connaissances anatomiques et spirituelles, utilisation de plantes médicinales, activités physiques, respiratoires, méditation, arts martiaux, massage, harmonisation des lieux, travail avec les phénomènes cosmo-telluriques…). Ainsi, le yoga ou le qi-gong pourraient fonctionner en synergie avec les psychédéliques et les psychédéliques pourraient permettre de mieux en comprendre l’utilité (en amplifiant les effets générées par ces pratiques). C’est du moins ce que suggèrent certains témoignages de psychonautes qui associent la consommation de psychédéliques à la pratique des mudras, du yoga, du taï-chi… En France, la géobiologie est l’équivalent du feng shui asiatique et du vastu sastra hindou, elle pourrait aussi donner des pistes de compréhension et des exemples du travail qui peut être fait dans un état de conscience élargi (harmonisation des lieux, purification, bénédiction…).
Dans le milieu de la spiritualité et de « l’énergétique » occidentales, beaucoup de gens croient que les « anciens » ont créé ces médecines traditionnelles et toutes ces techniques « énergétiques » grâce à des perceptions plus fines que les nôtres, perceptions qui se seraient émoussées au fil des générations, érodées sous l’effet d’un mode de vie de plus en plus anti-naturel. Les créateurs de ces arts ancestraux ont tendance à être vus comme des super héros dotés de super pouvoirs. Mais il est tout autant possible que ces « anciens » se soient servis de ce qu’on appelle maintenant les psychédéliques, qu’ils les aient considérés comme des médecines sacrées et qu’ils s’en soient servi de façon très pragmatique, comme d’un outil très précieux. Les lois qui diabolisent les psychédéliques en Occident sont très récentes, qui sait quel statut elles avaient réellement ici ou ailleurs il y a 5000 ans ?

On pourra nous dire que tout cela est absurde, qu’il n’y a aucune preuve que les psilo aient jamais été utilisés dans un cadre chamanique en Europe et que toutes ces théories fumeuses sur la possibilité d’utiliser ces substances de cette façon de nos jours, en Occident, ne sont que de l’appropriation culturelle.
Appropriation ou ré-appropriation ?
Avant d’essayer d’éradiquer le chamanisme en Amérique du Sud, les européens l’avaient probablement soigneusement éradiqué chez eux, les femmes qui ont été brûlées sur les bûchers n’étaient pas que des « sage-femmes », accoucheuses, herboristes ou avorteuses des campagnes. Il est fort probable que certaines aient été des guérisseuses, héritières d’une pratique chamanique très ancienne.
En Scandinavie, dans les textes historiques (Edda), comme dans de nombreuses autres régions d’Europe, il y a par exemple bien la mention d’un « hydromel » (« mead », en anglais), dont la recette reste mystérieuse , avec des mentions récurrentes d’une jeune femme à l’hydromel, qui offre ce breuvage dans une corne de vache (voir le travail de Maria Kvilhaug : « The maiden and the mead »). Terence McKenna, à la mention de l’hydromel et de la corne de vache, aurait probablement suggéré que la vénération de la vache et de ses attributs par de nombreux peuples, était liée à la survivance de pratiques chamaniques associées au psilo, que l’omniprésence de la vache dans de très anciennes pratiques chamaniques serait liée au fait que les psilo poussent souvent dans des prés pâturés par des bovins (pas de vache, pas de médecine sacrée!), qu’ils ont même la réputation de pousser plus volontiers dans les bouses de vaches et qu’ainsi cette forme de chamanisme va toujours de paire avec la vache. Et il est bel et bien possible de faire un « thé » avec les psilo, il est aussi possible de les conserver dans du miel, et l’hydromel est une boisson à base de miel…

Soit dit en passant, il y a tout de même une critique majeure qui peut être formulée à l’encontre de Terence McKenna, c’est qu’il a rendu populaire un cadre d’utilisation – dont s’inspire beaucoup la recherche clinique actuelle, un cadre relativement égo-centré, un cadre individualiste, que l’on pourrait qualifier de typiquement « américain » : il a popularisé l’utilisation des champignons à de fortes doses (des doses « héroïques », façon Super Man !), en solitaire (Super Man!), dans l’obscurité et le silence, à des fins d’exploration psycho-spirituelles qui relèvent plus ou moins du voyage touristique intello-baba-cool en Inde, ou de l’aventure façon Indiana Jones, bien plus que d’un travail au service de la communauté. Et qui plus est, sans insister sur l’importance du contact avec la nature : « (…) avec aussi peu de compagnie que possible (…), je n’aime pas les groupes en général, je suis un solitaire (…), les choses sérieuses se passent dans l’obscurité, dans le silence (…), dans un lieu confortable, et cela peut être votre appartement à Manhattan ou ça peut être dans un arbre dans le Parc Yosemite, en fonction de vos préférences ». (How to use psychedelics / psilocybin / magic mushrooms remastered [harm reduction] (Terence Mckenna) (de 10’45 à 12’10)).
La masse d’information qu’il a mise à la disposition de la communauté est un grand service rendu en soi, cependant son approche reste différente du travail qui peut être accompli dans un cadre chamanique, au service de la communauté, au service de la Vie au sens non-égocentré du terme. Aujourd’hui, les psychonautes qui se contentent de suivre son exemple ne semblent pas chercher à travailler avec leurs ancêtres, à leur demander conseil, protection, pardon ou bénédiction, ni à communiquer avec les plantes médicinales, les arbres, les animaux ou avec le sol pour apprendre d’eux, pour en faire des esprits-alliés, des coéquipiers d’un travail au service de la Vie, ils se contentent de rester allongés dans le noir et de contempler le « show ». Et pendant ce temps, la Vie s’effondre tout autour d’eux sur Terre…
L’ex-épouse de feu Terence McKenna, Kathleen Harrison, également éthnobotaniste parle, elle, du « travail » spirituel que permettent de faire les médecines sacrées, elle ose parler de leur utilisation dans le cadre de « cérémonies psychédéliques », elle parle du travail avec les esprits-alliées, de la prière, des rituels, du cercle, de guérison à distance, etc… C’est une approche nettement plus pragmatique que celle de son ex-époux. Dommage que la communauté psychédélique diffuse si peu son travail. On qualifie souvent Terence McKenna de « néo-chamane », mais à mon sens il faisait essentiellement un travail d’exploration de la psyché et, potentiellement, un travail thérapeutique personnel. Le néo-chamane de la famille McKenna, dont le travail est tourné vers la communauté et la Vie au sens large, serait d’avantage Kathleen Harrison (voir entre autre Kathleen « Kat » Harrison — Weaving Modern Ritual).

On pourrait donc imaginer des cérémonies « reconstruites » d’une part sur la base des cérémonies d’ayahuasca amazoniennes et des cérémonies avec champignons Mazatèques, et d’autre part sur la base des traces qui subsistent de la tradition des « sorcières » d’Europe, qu’on retrouve en morceaux épars dans la Wicca, le paganisme, la magie, la géobiologie, la tradition Seidr… : l’utilisation d’un feu rituel, le cercle, l’importance des 4 directions, des éléments, les invocations, les offrandes, l’autel, le bâton de la tradition Seidr ou les « baguettes » du sourcier, les notions de « dragons » qui pourraient être des phénomènes cosmo-telluriques, etc… Le chamanisme étant une pratique commune à toute l’humanité à travers le monde et à travers les âges, d’autres traditions pourraient être sources d’inspiration, comme les traditions des Natifs d’Amérique du Nord, avec des notions telle que la « medicine wheel », l’importance des esprits des ancêtres, des « grandfathers » et des « grandmothers », de la plume de rapace, de la bénédiction, etc…
Et garder à l’esprit que la médecine sacrée elle-même est considérée par le chamane comme une enseignante, sensée pouvoir guider le praticien dans la construction même de sa pratique. Les chamanes nous apprennent aussi que c’est toute la nature qui enseigne, que le sol autant que l’atmosphère, les rochers, les montagnes, les arbres, les animaux…, sont riches d’enseignements, en d’autres termes que c’est toute la planète, tout l’environnement qui contient, qui stocke et diffuse de l’information sous différentes formes, et que les médecines sacrées permettent de se connecter à cette source d’information, pour peu que le praticien tourne son attention et son intention vers elle.
Et si certains peuples que nous considérons comme « primitifs » ont des connaissances parfois très pointues en astronomie, cela pourrait s’expliquer par le fait que notre planète, elle-même, peut être considérée comme un radiotélescope géant et qu’une fois que le praticien est devenu hyperperceptif grâce aux psychédéliques, il pourrait devenir capable de se connecter à ce radiotélescope et à toutes les informations qu’ils capte…
Imaginons que la Terre puisse ainsi capter, stocker et diffuser de l’information, de l’information – comme tout être vivant! et que le praticien puisse accéder à cette information en se connectant à elle, alors il se pourrait que la structure et les outils de la cérémonie aient été pour ainsi dire encryptés dans la mémoire de la Terre, comme un fossile dans la roche et que cette structure et le mode d’emploi de ces outils puissent être retrouvés via la transe chamanique, via une forme d’archéologie chamanique, un peu comme un paléontologue retrouve la façon de fabriquer un outil en silex, non pas dans les livres, mais en fabriquant lui-même des outils en silex.
Cette idée de l’existence d’un champ d’informations « subtile » a été popularisée par Rupert Sheldrake, avec le concept de « champ morphique» (« champ générateur de forme »). Sheldrake et Terence McKenna étaient amis. Une partie de leurs discussions sont disponibles sur le site de Rupert Sheldrake (voir la rubrique « audio », les « trialogues » entre Shelrake, McKenna et Abraham).
D’après ce concept de champ morphique, la mémoire est inhérente à la nature : « les systèmes naturels, tels que des colonies de termites, des pigeons, des orchidées, des molécules d’insuline héritent d’une mémoire collective renfermant tous les phénomènes concernant leur espèce, aussi distants soient-ils dans l’espace et dans le temps (…),  les champs morphiques ne disparaissent pas : ce sont des schèmes d’influence organisateurs potentiels, susceptibles de se manifester à nouveau, en d’autres temps, et d’autres lieux, partout où et à chaque fois que les conditions physiques sont appropriées. » (Sheldrake, Champs morphogénétiques : La mémoire de l’univers ). Ainsi, si la cérémonie chamanique est considérée comme un comportement inhérent à l’humanité (des cérémonies chamaniques ont existé à travers le monde, depuis la nuit des temps), comme un comportement appartenant à une mémoire ancestrale collective, alors elle serait susceptible de se reconstituer, d’émerger de cet océan de mémoire, de se « cristalliser » en présence de conditions propices, en présence des bons « outils » et de la « bonne » intention.
Et comme le dit Romuald Leterrier, quand on fait des expériences de « type chamanique », « c’est bien d’avoir une intention qui soit en phase avec la Vie, et ça c’est fondamental. » (Romuald Leterrier – Recevoir des informations du futur grâce aux synchronicités (21’03)).
Exemple de prière/intention pouvant être mise au cœur d’une cérémonie :

« Je demande à être libéré de tout ce qui entrave la Vie en moi et autour de moi ».

Pour « aller plus loin », on peut consulter toutes les références déjà citées, et bien d’autres encore, comme les conférences et interviews de Romuald Leterrier, de Maria Kvilhaug, les chaînes youtube de Lyra Ceoltoir , d’Arnaud Thuly, de Totem Turquoiseau , de Phillipe JM Morel , le site web Erowid ; livre : « Le Serpent cosmique », de Jeremy Narby (et ses interviews/conférences sur youtube), le « Journal d’une apprentie chamane », de Corine Sombrun (et ses interviews/conférences sur youtube), les interviews/conférences de Kilindi Iyi, comme celle-ci : John Vallis #20: Kilindi Iyi – Martial Arts and Psychedelics  , etc….

Quelques personnes partagent, en vidéo, leur conception d’une cérémonie avec les champignons :

Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 – 6/21 – Psycho Chamanisme – Comment Faire Une Cérémonie?

Kathleen « Kat » Harrison — Weaving Modern Ritual

Mushroom Wisdom with Shonagh Home – Creating a Ritual Context

Mushroom Medicine ceremonies ; prayer

Christmas Eve Mushroom Ceremony (the REAL story of Christmas)

How To Ceremony with Psilocybin Mushrooms | Psychedelic Spirituality

Réf. : Livre: La nourriture des dieux, de Terence McKenna, La médecine de l’habitat, de Jacques La Maya; Articles: Interview de Terence McKenna par Gracie & Zarkov  ; The Sacred Drink and Other Links Between Indian, Iranian, Greek, Celtic and Norse Mythology ; Entheogens (Psychedelic Drugs) and Shamanism; PSYCHOACTIVE BOTANICALS IN RITUAL, RELIGION, AND SHAMANISMChamps morphogénétiques : La mémoire de l’univers ; Retour de la Völva, Reconstruction de la pratique du seidh ;
vidéos: The Rig Veda and Soma – Terence McKenna  ; Rupert Sheldrake on Terence McKenna ;
Rupert Sheldrake : L’intelligence évolutionnaire ; Sacred Mead of Poetry: What was in it and what did it mean?  ; AYAHUASCA vs MUSHROOMS – Dennis McKenna on DMT & Psilocybin ; Kathleen Harrison, the importance of ceremony, Rupert Sheldrake – Psychedelic Experience And Morphic Resonance.


Conclusion :

Récemment, la Société Psychédélique Française, jeune association créée par des chercheurs français, a publié sur sa page facebook un extrait de l’article « Médecines. Bientôt tous sous substances psychédéliques ? » , du Monde des Religions (numéro n°94 de mars-avril 2019) dans lequel on peut lire : « Alors que la recherche psychiatrique sur les molécules hallucinogènes connaît une renaissance fulgurante dans le monde, la France s’y met tout juste. La dimension mystique de certaines expériences gêne notre culture « cartésienne ».
C’est le monde à l’envers !
Si notre société était réellement cartésienne, rationnelle, logique, ses lois seraient basées sur la science, pas sur des préjugés moyenâgeux.
Si nous étions cartésiens, nous ne détruirions pas la nature, la vie, comme nous le faisons, puisque cela revient à détruire notre maison à coups de hache, cela revient à se tirer des balles dans le pieds.
Les peuples « premiers », qui considèrent les psychédéliques comme des médecines sacrées et qui en font un usage chamanique, vivent en harmonie avec la nature depuis des millénaires. Ils savent en général chasser, pêcher, cueillir et cultiver leur nourriture, se soigner, vivre des ressources de la nature sans les épuiser…, ils ont les deux pieds ancrés dans la terre, alors que les Occidentaux détruisent tout autour d’eux comme des enfants en bas-âge… Et ce serait les peuples premiers qui « planeraient » et nous les « cartésiens » ?!? Cherchez l’erreur !

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Journal de transition – Mars

Au menu :

Déplacement de la clôture électrique
Préménopause et humeur
Aide (ou arnaque?) ANAH ?
Bruit, journée du sommeil, les écrans, la mélatonine, la lumière… Que la nuit redevienne la nuit !
Feuilleton Orange (téléphone) et ses sous-traitants « télécom »
Bruit, circulation routière, transition écologique
Bruit et chélation des métaux lourds
Reprise de l’écriture de fictions ?
Candidature à l’ADMR d’Autun
Entraide, voisinage, « woofing », plomberie…
Humeur…

Vendredi 22 mars 2019, 19h10, Roussillon en Morvan :
La transition reprend son cours, un peu.
Je fais cuire des pommes de terre sur ma cuisinière, avec mon bois, dans ma maison.
Je suis arrivée à 13h, par un grand beau temps, ciel bleu et chaleur printanière.

La clôture électrique qui longe les façades Nord et Ouest n’a toujours pas été déplacée. Ca fait juste 6 mois que j’ai demandé à ce qu’elle soit déplacée.
(((Petit « bizutage » amical des campagnes ??!)))


Mais en septembre, à l’époque, c’était le moment de l’ensilage, alors pas le temps de déplacer une clôture, et puis il y a eu la sécheresse, alors enfoncer des pieux dans le sol dur comme de la pierre, c’est peut-être compliqué, et puis le froid, le gel, le sol toujours trop dur… ? Et puis les vêlages, une centaine de vaches qui vêlent en même temps (et autant de chèvres ?), forcément, ça occupe… Et maintenant ? Est-ce que je vais finir par avoir le droit de me balader sur un bout de mon terrain sans avoir à zigzaguer entre les bouses, sans risquer de me faire encorner ?
Quoi que j’ai été voir le magnifique arbre en fleur au fond de mon champ cet après-midi et les deux énormes taureaux qui squattent n’ont pas bronché. Le simple fait d’ouvrir les volets ou la fenêtre de la chambre nord les fait sursauter. Ils ont l’air un peu trop placides, ou nerveux, pour pouvoir ressembler à des bêtes féroces.

Préménopause et humeur : J’ai fait du ménage, passé la serpillière avec de l’eau bouillante, un chouilla de vinaigre blanc et d’huile essentielle de mandarine (pour la joie de vivre). Pour la joie de vivre, j’ai aussi amené du pastis bio et du vin rouge bio sans sulfite. Je me bagarre toujours avec de bonnes doses d’anxiété (pour ne pas dire de flippe pure et dure).

Vers 14h, j’ai passé l’apéro en compagnie des lézards et du pastis et du soleil, sur mon perron, pantalon retroussé au-dessus des genoux. C’est aussi comme ça que j’ai fait les 50 derniers kilomètres : pantalon retroussé au-dessus du genou (sans pastis, sans lézards).

J’ai fait mon deuil du dispositif ANAH « Habiter Mieux Sérénité », qui m’a bouffé dans les 450 euros (on m’en remboursera peut-être 150) et pas mal de nerfs, d’énergie, de temps et de patience, tout ça pour que je constate que je suis trop pauvre pour avoir droit aux aides les plus généreuses.
L’administration/l’État réserve les aides les plus généreuses aux pauvres qui ont assez de sous pour faire plein de travaux. Les plus pauvres qui n’ont pas ou peu d’économies peuvent continuer à avoir froid – magnifique « pseudo-logique » du fonctionnaire cadre de type « énarque »/diplômé d’une grande école scribouillard de l’administration, bien payé et bien au chaud bedonnant dans son bureau toute l’année.
J’opterai donc pour le dispositif « Habiter Mieux Agilité », pour obtenir – enfin tenter d’obtenir une subvention pour l’achat d’une nouvelle cuisinière [ou d’un poêle avec plaque de cuisson]. Je suis tentée par un modèle rouge brique, Rosa ou Rosetta, de La Nordica. La subvention me paiera peut-être une nouvelle porte d’entrée.
Reste à voir si l’ANAH acceptera bien de financer l’achat d’une cuisinière bois. Je garde un léger doute. L’aide à la transition énergétique est très conditionnelle, alors pour peu qu’ils me disent « nan mais une cuisinière bois, ça ne peut pas être un système de chauffage principal, par contre une chaudière fioul, pas de soucis ! »…

Ce qui est sûr, c’est que je vais bien finir pas adhérer à l’association des Castors.
Je rêve que des bénévoles compétents-« vieux de la vieille » en rénovation écolo viennent me faire un diagnostic de ma maison, qu’ils m’aident à déterminer ce qui est à faire, par ordre de priorité et qu’ensuite, peut-être, des gens viennent me donner un coup de main pour refaire les peintures, poser de l’isolant phonique, faire des petites consolidation de maçonnerie et de charpente par-ci par-là… que sais-je…

Sur France Inter, au Téléphone Sonne, ils parlent du sommeil et du déficit de sommeil des français, c’est la journée du sommeil. Ils parlent des problèmes de pollutions sonores et lumineuses.
Clairement, on a besoin que la nuit redevienne la nuit.
Le soir de l’Equinoxe de Printemps, le 19 mars, j’étais dehors à côté d’un feu, devant la maison de ma mère, en Haute-Savoie, à 15 km d’Annecy, à la « campagne », et c’est fou à quel point la circulation est encore dense à 22-23h : des voitures, des camions, des motos, des avions… Un truc à moteur passe environ toute les 30-60 secondes. Impossible de dormir dehors à moins d’être sourd ou bien rond comme une queue de pelle.
On me nommerait dictatrice, je déclarerais un couvre-feu : interdiction des déplacements de loisirs après 21h. Autorisation des fêtes seulement un samedi soir par mois. Fermeture des lieux publics à 20h dernier délai (commerces, etc…). Les restaurants serviraient des brunchs le matin, et des goûters copieux au lieu des dîners tardifs, ou bien on dînerait au resto à 18h dernier délai.
Les horaires d’ouverture de l’Assemblée Nationale changeraient aussi (oui, il resterait des députés, pour la forme) : ouverture de 8 à 20h. Après, tout le monde au lit !!
Oui les bars de nuits feraient la gueule.
On se mettrait à organiser des concerts l’après-midi. L’éclairage public s’éteindrait à 22h.
Et ils parlent de la nécessité de s’exposer à la lumière naturelle, DEHORS, au moins 1H par jour, tous les jours.
Bientôt, ils inviteront le Dr Jack Kruse ou feront des reportages sur son Kruse Longevity Center…… Et des ados qui manquent de sommeil à cause des « écrans » et de leur lumière bleue qui empêche la sécrétion de mélatonine… Seulement 1 ado sur 10 va au lit pour dormir, les autres vont au lit avec leurs écrans… Et leurs « défis nuit blanche » sur les réseaux sociaux et le sommeil indispensable à la neurogénèse…
L’écran à deux effets, disent-ils : perturbation de l’horloge biologique à cause de la lumière bleue, et donc dérèglement de tout le métabolisme (diabète, surpoids…) + excitation due aux activités sur réseaux sociaux, jeux…, ce qui contribue à retarder l’endormissement…
Maintenant, quand je dirai aux parents d’enfants autistes que les écrans nuisent au sommeil de leur enfant, je pourrai citer cette émission comme référence digne de foi, c’est magnifique.
Bon, ils n’en sont pas encore à parler des effets délétères des pollutions électriques sur le sommeil : même dans le noir et le silence complet, une box en mode wifi peut autant empêcher de dormir qu’un bar de nuit… Mais bon, si on parle des méfaits de la lumière artificielle aujourd’hui, d’ici 2-3 ans ils en viendront peut-être aux autres « ondes » artificielles….

Ah et aujourd’hui, j’ai pris des nouvelles d’Orange, pour la remise en service de ma ligne téléphonique : j’ai appris que ma demande d’abonnement avait purement et simplement disparu [en fait, un mois plus tard j’apprendrai qu’elle n’avait pas disparu]. Il a fallu que j’en refasse une autre. La box que j’ai depuis septembre, je peux en faire des confettis si je veux, ou l’empailler, on s’en fout. Ils m’en envoient une autre. On m’a donné un rendez-vous avec un technicien le 2 avril, en croisant les doigts pour que cette fois, il arrive au moins à trouver la maison.

Dimanche 24 mars, 15h, Roussillon :
Parfois, franchement, je me maudis d’avoir acheté cette maison, je me demande ce qui m’a pris d’acheter une maison juste à côté d’une route. Et après, je fais le tour de tous ses avantages, comme le fait qu’il arrive parfois qu’il passe toute une heure en plein après-midi sans qu’on entende le moindre bruit de civilisation, et l’absence d’éclairage public la nuit à proximité.
Bruit et transition écologique : J’en reviens quand même et toujours à souhaiter que les voitures de plus de 8-10 chevaux soient interdites aux particuliers (on a aucun besoin de 150 chevaux pour faire du 130 sur l’autoroute et du 50 sur les routes de campagne), que les véhicules de loisirs et de jardinage à essence soient lourdement surtaxés, que l’essence soit rationnée.

Là, aujourd’hui, la fatigue me tombe dessus, la fatigue de la route faite vendredi et du début de « jardinage » d’hier, et du coup ma sensibilité au bruit se réactive.

Chélation et bruit : Je rêve de pouvoir faire ne serait-ce qu’un tour de chélation au DMPS, qui marche merveilleusement bien pour atténuer cette sensibilité au bruit (mais je sais trop bien, à présent, qu’il est illégal d’en acheter et qu’il est de toute façon en rupture de stock sur livingsupplements.com).

Je me fais un café, la porte ouverte laisse entrer le soleil, j’ai tout de même allumé la cuisinière vers 11h, parce que le soleil ne faisait pas mine de chauffer aussi bien qu’hier. Il y a d’avantage de vent, c’est la queue de traîne de l’hiver.
Je serais tentée de planter de la sauge et de la lavande devant ma façade sud, mais le voisin qui est passé hier et qui s’y connaît mieux que moi en jardinage m’a conseillé d’attendre.
Des arbustes dans l’ancien potager en face de moi, de l’autre côté de la route, sont en fleur. Il y a un genêt ou un forcicia dans l’angle ouest du potager et il me semble que des petites tâches roses indiquent des pêchers en train de fleurir et au fond peut-être des pruniers ou prunelliers, bien vieux.

Faute de DMPS, je fais un tour de chélation avec de l’ALA, j’en suis à faire des tours avec des doses de 45mg. L’année dernière, j’avais commencé avec du 6,25mg, j’ai bien progressé. Si je continue comme ça, j’aurai atteint 165mg, ma dose maximale d’ALA à la fin de l’été (dose maximale d’ALA : notre poids converti en mg multiplié par 3, soit pour moi 55×3 = 165), et il me restera à chélater encore 6 mois à 165mg. Faut juste que je fasse gaffe à surveiller les « symptômes » qui réapparaissent on/off round. Les dégradations passagères de l’humeur pourraient être dues en partie à la chélation, pas seulement à la préménopause, et à la surdose de stress à cause de la maison. Mais le hic, c’est que c’est difficile de déterminer quel symptôme est dû à quoi, vu que rien que la préménopause peut nous rendre hyper anxieuse et nous faire pleurer beaucoup sans raison (c’est à dire avoir le sentiment qu’un être cher vient de mourir alors que non, personne n’est mort)…

Ce matin j’ai fait une chose qui m’est devenue complètement incongrue : j’ai commencé l’écriture d’une nouvelle. J’en ai fais cinq pages. Je lisais « Les dames du Creusot », d’Exbrayat, quand une petite voix m’a susurré que je pourrais en faire autant. L’histoire du bouquin se passe au Creusot, à 50km d’ici, le personnage du journaliste alcoolique m’a inspirée. Ca fait plusieurs mois, voir un an ou deux, que j’ai envie d’écrire sur le thème d’une sorcière hippie.

17H – GRANDE NOUVELLE : mon fermier de voisin est en train de déplacer la clôture qui ne sera donc plus au raz de mes façades nord et ouest et je pourrai commencer à planter des petites choses d’ici un mois ou deux et je vais pouvoir m’attaquer aux ronces pour faire propre tout autour et je pourrai mettre mon piquet de terre côté champ, plutôt que côté route…

Je suis joie !

Il ne me reste plus qu’à aller acheter une bonne bouteille en guise de remerciement !

Lundi 25 mars, 17h15 :
Emploi : J’ai appelé l’ADMR d’Autun ce matin, pour me renseigner sur d’éventuels postes disponibles en CDD. Ils recrutent pour les prochaines vacances scolaires et ils n’ont pas grand monde sur le secteur d’Anost (commune voisine de Roussillon), donc ça m’arrange, je suis pile au bon endroit pour travailler de préférence par ici. Je leur porterai un CV et une lettre de motivation demain matin. J’en profiterai peut-être pour flâner un peu dans la ville, histoire de faire connaissance. Je passerai peut-être au magasin Emmaüs du centre ville, à l’office du tourisme…

Ce matin j’ai continué la chasse aux ronces et aux orties.
Cet après-midi, j’ai repris le grattage de mes tomettes. Encore 2-3 heures et j’aurai récupéré à peu près la moitié de la chambre.

Mardi 26 mars, 19h30 :
Déposé CV et lettre de motivation ce matin à l’ADMR d’Autun.
Petite ballade dans la vieille ville, d’aspect encore assez cossue.
Suis passée prendre la nouvelle box Orange dans un point relais.

Acheté une bouteille de vin pour mon fermier de voisin, en remerciement du déplacement de la clôture.

Cet après-midi, grattage de tomettes, et allumage laborieux de la cuisinière. Pourquoi est-ce que parfois ça s’allume bien et parfois, pas du tout ? J’ai encore tout enfumé, dû tout aérer pendant un temps fou. A cause du vent ?
Et là je me fais des patates sautées et je me demande si elles vont réussir à cuire avant de cramer ? Cuisine saine, inox: J’inaugure une nouvelle poêle inox. C’est compliqué les poêle inox. C’est un sacerdoce les poêles inox. Comment est-ce qu’on fait cuire quelque chose sans le faire attacher, dans une poêle inox ? Honnêtement, est-ce que c’est possible de ne pas faire attacher quelque chose dans une poêle inox ?
Je vais finir par craquer et racheter une poêle teflon, si ça continue. Je veux faire la cuisine dans des ustensiles sains, mais je voudrais aussi pouvoir cuisiner sans que ce soit une source de stress supplémentaire, genre est-ce que ça va cuire ou juste cramer ?

Quand la journée a été dure et qu’on voudrait un petit peu de réconfort et que les patates peinent à cuire, que même les patates, qu’on réussit pourtant si merveilleusement dans une poêle téflon, attachent misérablement…

Entraide et plomberie : Bon, le bon côté de la journée, c’est qu’un voisin est venu mettre un coup de tronçonneuse à quelques vieilles branches mortes, dans l’ancien potager de l’autre côté de la route. Ca fait un bon début de défrichage et un peu plus de petit bois pour allumer le feu.
L’autre mauvais côté de la journée, c’est que mes WC fuient.
Je ne sais pas trop où comment, l’écoulement de la cuvette doit être fêlé quelque part : ça suinte à son pied. Donc faut vraiment que j’achète des toilettes sèches ou que je ramène les WC chimiques de ma petite cabane du Jura.
Ou que je demande à un plombier de me poser de nouveaux WC.
J’ignore encore si mon woofer spécial plomberie va bien venir ce weekend ou pas, et j’ignore s’il pourrait poser de nouveaux WC.
Et pour la semaine prochaine, la météo annonce un temps hivernal.
J’ai très envie de démissionner.

Le technicien d’Urbanis, en charge de mon dossier ANAH « Habiter Mieux Sérénité » m’a encore appelée. Je crois qu’il culpabilise un peu d’avoir été payé par une pauvre en situation de handicap pour dire à la dite pauvre handicapée qu’elle est trop pauvre pour avoir aux meilleures subventions qui existent.
Il essaye à tout pris de faire en sorte que mon « reste à charge » de son étude de faisabilité reste en-dessous des 6000 euros.
Sauf qu’il ne compte pas la réparation de la chaudière, si tant est qu’elle soit réparable, et il ne compte pas la VMC, pour laquelle je n’ai pas encore de devis.
Il me dit qu’il y a peut-être moyen d’obtenir des aides supplémentaires via AG2R. Je ne vois pas comment AG2R pourrait prendre en charge une VMC et la réparation de la chaudière. Je ne comprends pas comment on peut envisager de faire une « transition énergétique » en faisant réparer des chaudières au fioul, en encourageant la consommation de pétrole, je ne comprends pas.
C’est bien gentil de sa part de faire tous ces efforts, mais c’est à croire qu’il veut vraiment que je me « mette à poil », que je dépense toutes mes économies pour faire ces travaux de gains énergétiques.
Et après, s’il ne me reste rien pour entretenir ma voiture, changer mes WC, payer mes soins dentaires ou que sais-je quel genre d’imprévu qui survient fatalement systématiquement au minimum 2-3 fois par an dans la vie de tout le monde… Eh bien de quoi me plaindrai-je ? Ma maison sera isolée, avec plein de laine de verre, qui plus est, le nec plus ultra de l’isolation écologique (sarcasme)… !
Pourquoi est-ce que l’ANAH ne publie pas une liste claire de toutes ses exigences pour chacun de ses dispositifs ?
Enfin bref… La transition écologique, c’est pas pour demain, à ce train-là.

Mercredi 27, 12h10 :
A y est, récupéré un peu plus de la moitié du sol de la chambre sud-ouest.
Reste environ 5,8m2 à gratter. Je peux y dormir au besoin.
Je ne sais toujours pas si mon woofer plombier du dimanche va venir ou pas.

13h25 :
A y est, j’aurai un woofer chez moi ce week-end. Il m’avait prévenue hier, mais le sms s’est perdu en route.
Et j’ai un rendez-vous à l’ADMR vendredi matin pour remplir un dossier de candidature.
Maintenant, direction Emmaüs à Etang-Sur-Arroux.

18h30 :
Suis revenue d’Emmaüs avec deux « nouveaux » matelas laine, un 120 et un 90cm de large et de 180cm de long, un édredon duvet, deux pulls, un drap housse pour le matelas de 120.
Vendredi matin, à Croc Nature, j’achèterai du spray désinfectant aux huiles essentielles pour les matelas.
Et lundi matin, j’aurai la visite de Solution Bois d’Etang Sur Arroux, pour un devis pour l’installation d’une Rosa Sinistra Reverse bordeaux et d’une VMC.

Remerciements : Et une bouteille de « Materia », un vin rouge bio de Chignin (Savoie) remise à mon fermier de voisin, pour toute l’équipe de la Ferme, en remerciement du déplacement de la clôture.

Jeudi 28 mars, 19h :
Cet après-midi, j’ai pu tomber les pulls, je suis restée en t-shirt à manche longue jusqu’à 17h environ.
J’ai passé l’aspirateur dans la chambre sud-ouest, je l’ai fait aussi propre-vite-fait que possible pour y dormir sans craindre que des araignées ne me tombent dessus. J’ai passé l’aspirateur aussi soigneusement sur les matelas. Demain, j’achèterai un spray désinfectant à Croc Nature, en plus de 2-3 petites choses pour nourrir mon woofer, qui lui dormira dans la chambre Nord « flower power ».

Les deux « nouveaux » matelas.

18ème siècle et sport : J’ai aussi escagassé quelques pieds de ronces, rentré un peu de bois, entretenu le feu… Et ce matin : un peu de lessive à la main, de vaisselle et un shampoing, avec de l’eau chauffée sur la cuisinière… Ca occupe bien, une vie un peu « à l’ancienne », sans parler des muscles que je me fais… pas besoin de salle de sport.
En quelques jours de soleil, j’ai aussi bien bronzé.

Vendredi 29 mars, 17h30 :
Derniers préparatifs avant l’arrivée du woofer dans environ 2h.
J’ai désormais ce qui ressemble vaguement à un canapé clic-clac (si si), c’est le matelas de 120cm en laine super lourd, appuyé contre le mur.

Emploi, ADMR : Ce matin j’ai passé une heure à me faire griller la cervelle dans les bureaux de l’ADMR, j’ai compté 2 box (WTF?!), le smartphone du recruteur, un téléphone sans fil et il devait aussi y avoir le smartphone de l’employée du bureau.
Faire un petit test écrit dans ces conditions, ça a été dur.
Je suis ressortie de là vannée.
Découragée.
Faudrait que je me réinscrive à Pôle Emploi pour pouvoir prétendre à faire une semaine en « immersion » (suivre une aide à domicile et son smartphone pendant une semaine), pour voir si l’aide à la toilette est dans mes cordes, et ensuite voir si on retient ma candidature ou pas et ce serait pour du 24h de travail/semaine (+ les déplacements, donc environ 30h sur le terrain ?), ce qui me paraît un peu beaucoup pour moi [d’autant plus qu’au-delà de 20h par semaine, l’AAH « saute »].

Mais bon, c’était le marché à Autun et j’ai trouvé un charcutier qui fait attention à ce qu’il met dans ses petits plats. Je lui ai pris du jambon sec du Morvan, du pâté de campagne, des rillettes. Il est même adhérent à une association de protection des tortues et de je ne sais plus quoi. Il m’a félicitée de refuser le sac plastique qu’il me proposait (ce serait mieux qu’il n’en propose pas, bien sûr!).

Humeur : J’ai encore pleuré.
Oui, j’avoue, la fatigue et la trouille et la solitude et la préménopause/les hormones dans les choux me font pleurer.
Voilà.
Je ne suis pas sûre qu’en faisant 24h/semaine d’aide à domicile, il me resterait assez de force pour faire quoi que ce soit d’autre.
Découragée.

 

Un aperçu des travaux du weekend:

Percement du mur pour faire passer l’eau… Un tuyau d’eau froide dans le sens cuisine-salle de bain, et à venir un tuyau d’eau chaude dans le sens salle-de-bain-cuisine.

Journal de transition – Janvier, février 2019

Au programme :

Hivernage
Tritons
Aides ANAH, subventions
Woofing, plomberie
Chélation des métaux lourds
Escale dans l’Ain/Le Jura
Préménopause
Aide, solidarité, etc…
Se protéger des « ondes »
Ramasser les déchets

Janvier:

Lundi 28 janvier 2019, Haute-Savoie, 20h15 :
Hivernage : J’hiverne en Haute-Savoie.
J’ai passé une semaine à Roussillon ce mois-ci, une semaine plutôt bien remplie.
Arrivée le jeudi 10, il faisait 3° dans la maison, je me suis appliquée à chauffer les lieux pour l’arrivée d’un premier « woofer », le lendemain.
Il devait faire environ 11 ou 12° quand il est arrivé le vendredi soir (au mieux, voir moins ? Je ne sais plus!)
Le weekend a été consacré principalement à l’évier de la cuisine : réparation de l’évacuation à la cave, changement du robinet et du siphon.

Le nouveau robinet

Le diagnostic des WC a aussi été fait : apparemment, je peux m’en servir en remplaçant juste la chasse d’eau par une bassine d’eau, ce serait juste une pièce de la chasse qui serait à changer. Pas de « bouchon » au niveau de l’évacuation de dépisté jusque là.

Tritons : J’ai découvert que je n’ai pas seulement un, mais trois tritons à la cave. Trois petits choubiquets tous mignons et avec tous les allées-venues à la cave, je n’avais qu’une peur : qu’on en écrase un ou deux.

Quand je suis repartie le jeudi 17, en oubliant de fermer l’eau, ils étaient toujours indemnes.
Ca sert à quelque chose d’avoir été faire connaissance avec des voisins : comme la mairie ne répondait pas le vendredi matin, j’ai appelé des voisins, ce sont eux qui ont prévenu le maire, pour qu’il envoie quelqu’un couper l’eau.

Aides ANAH, subventions : Le 17, le technicien d’Urbanis est passé pour faire le diagnostic en vue de la demande d’aide au près de l’ANAH.
Il a trouvé mon gros œuvre en bon état, il m’a dit que j’ai une jolie charpente. J’étais contente.
Par contre, plus je repense à tout le reste, plus je me demande si je vais bien pouvoir obtenir ces foutues aides. Le budget est serré, d’autant plus maintenant que j’ai payé 460 euros pour la visite de ce technicien et pour son rapport.
Il m’a donné quelques bons conseils, mais cette aide de l’ANAH est vraiment très conditionnelle, et disons que l’administration est disposée à aider les gens qui ont un bon budget pour faire tous les travaux essentiels. Ai-je suffisamment d’argent pour faire ce qu’elle réclame, franchement, j’ai un gros doute.
On me demande semble-t-il, non seulement de faire au moins 25% de gains énergétiques mais aussi qu’il y ait un chauffage au moins dans la pièce principale ET dans une chambre, ainsi qu’une VMC (je suis quasiment sûre qu’on ne m’avait pas parlé de ça lors du rdv avec l’ADIL d’Autun, fin septembre). Une seule source de chauffage dans la pièce principale, ce n’est pas suffisant pour l’administration… Vivre comme au 19ème siècle, ce serait économique et écolo, mais non, ça ne lui plaît pas, à l’administration… C’est à se demander s’ils veulent vraiment aider un maximum de gens, ou bien pas vraiment… Il faudrait soit réparer la chaudière, si elle est réparable, ou bien mettre un chauffage électrique dans une chambre et un chauffe-serviette dans la salle de bain.
Ce serait quand même fort de café de me piquer 460 euros, tout ça au final pour me laisser avec ma vieille cuisinière, mes vieilles fenêtres…

Woofing, plomberie : Mon woofer a logé à la Peurtantaine, puisque chez moi, c’était vraiment trop spartiate et trop froid.
J’ai dormi toute la semaine à côté de la cuisinière.
La première nuit, j’ai tenté de dormir dans « ma » chambre, j’ai tenu 1H.
Je me levais 2-3 fois par nuit pour recharger le feu. Plusieurs fois, j’ai eu à aérer plusieurs minutes en pleine nuit, tellement j’avais tout enfumé en rechargeant sur des braises qui avaient trop baissé. Quand j’aurai une nouvelle cuisinière, avec chargement par le devant plutôt que par le dessus, ça changera la vie.
Au bout d’une semaine, j’étais contente, j’avais 15° dans la cuisine.

Chélation des métaux lourds: Curieusement, à la fin de la semaine, bon, j’étais un peu fatiguée mais pas autant que je ne le craignais. Je récupère vraiment de mieux en mieux, et même quand mes nuits sont hachées (pour recharger la cuisinière ou pour prendre mes doses de chélateurs ou parce que mes hormones font des leurs), je récupère assez vite, sans même avoir besoin de faire la sieste. C’est limite magique.

Je suis très loin d’être en pleine forme, d’autant plus que la préménopause génère de la fatigue elle aussi, mais disons que je me maintiens et que j’en suis bien contente (grosse trouille du burn-out).

Il y aura peut-être de nouveaux travaux de woofing-plomberie après l’équinoxe de printemps, en tout cas pas avant.
D’ici là, je vais essayer d’avancer dans le montage du dossier ANAH, sans grande conviction, j’avoue. Je suis quasiment déjà en train de me préparer psychologiquement à la perspective de m’être fait entuber de 460 euros par l’administration sensée m’aider…Quand on dit que les autistes sont particulièrement naïfs et sujets aux arnaques et aux abus… Voilà voilà…

Escale dans l’Ain/le Jura : Le 17, j’ai fait escale à Oyonnax, chez un cousin.
Le 18, j’ai ramené les WC chimiques et un tapis en laine de 6m2 dans la petite cabane du Jura où je vais parfois passer quelques jours (à 25km d’Oyonnax), surtout aux beaux jours. Je me suis garée devant l’église, j’avais empaqueté les WC dans un sac poubelle et je les ai tracté comme un bob avec un bout de ficelle, avec le tapis sur le dos. Environ 1km en montée, au soleil, je me suis un peu surprise : il y avait de la neige, dans la pente en plein champs, j’enfonçais parfois jusqu’au genou, j’ai renoncé à tout porter d’un coup seulement une fois arrivée à peut-être seulement 30m sous le chalet. J’ai laissé les WC, je suis montée juste avec le tapis et je suis retournée chercher les WC ensuite.

Oui, on peut marcher dans 30cm de neige en pantalon de pêcheur thaï et en santiags Mexicana à petit talon.

Au loin, le Crêt de Chalam.

Le lendemain je n’avais même pas de courbatures, j’avoue j’ai été fière de moi.
Et tout ça parce que quelqu’un de la famille va peut-être venir là en février, peut-être. Ou peut-être pas, hein.

Préménopause : Mes hormones me pourrissent toujours bien la vie. J’ai préféré retourner voir mon médecin tellement je commençais à flipper, franchement. C’est courant décembre que j’ai fini par constater que j’avais vraiment des gros trous de mémoire bizarres et par moment la sensation que mon cerveau va cesser de fonctionner, tellement il ralentit, et c’est là que, je ne sais plus trop comment, j’ai eu l’idée de vérifier si ça ne pouvait pas être la préménopause, et oui, c’est ça. Le ralentissement cognitif, je pense qu’il a pu commencer cet été, sans que je m’en aperçoive franchement, je mettais ça sur de dos de la fatigue et du stress de l’approche de la signature (acte de vente de la maison).
C’est plus qu’inconfortable, c’est carrément flippant, sans parler du handicap, parce qu’à ce niveau là, franchement, à certains moments, c’est comme de perdre 20 à 40 points de QI pendant des heures, voir des jours. Heureusement que je me suis mise au tricot, comme ça, dans ces moments-là, je peux toujours au moins tricoter. J’arrive encore à compter mes mailles.

Dehors, il neige.

Et puis il y a parfois des « sautes d’humeur ». Dit comme ça, « saute d’humeur », ça me fait penser à un petit mouton tout mignon qui sautille dans les champs. Sauf que ça peut consister à éclater en sanglot sans savoir pourquoi, comme si quelqu’un venait de mourir, alors que non, je suis juste en train de faire mon lit. Se sentir comme si quelqu’un venait de mourir sans que personne ne soit mort… Je comprends qu’à l’époque où personne n’y connaissait rien aux hormones, des femmes comme moi aient pu finir en hôpital psychiatrique, en « asile » pour cause d’hystérie. Et maintenant on n’est guère plus avancé sur le rôle des hormones, d’ailleurs. On sait que les oestrogènes peuvent avoir un effet sur le système nerveux mais on ne sait pas trop comment-pourquoi et quant à y remédier, alors là……….. (grand silence de la communauté scientifique)………………
Une youtubeuse aspie (chaîne The Truther Girls) explique que c’est comme une cure de sevrage d’une drogue : il faut que le cerveau s’adapte à carburer autrement, des récepteurs à la sérotonine disparaissent, m’a-t-on expliqué par ailleurs (une de mes anciennes formatrices, une biologiste)… C’est comme une nouvelle puberté. Youpie, quoi. Et puis ça peut durer 6 mois ou 15 ans, on ne sait pas trop.
Mon médecin n’a rien trouvé à y redire, si ce n’est que je suis un peu en avance pour mon âge (pour une fois que je fais un truc de façon « précoce » !!!! Lol !!!) et que les symptômes neuropsychologiques et cognitifs ne sont pas les plus fréquents, mais que le bon côté de la chose c’est que je les observe, je m’en rends compte, donc ce n’est pas neurodégénératif. Si c’était neurodégénératif, comme Alzheimer, je ne m’en rendrais pas compte, les malades ne s’en rendent jamais compte eux-même, qu’ils partent en cacahuètes.
Donc, là, je n’ai qu’à me dire « c’est transitoire » et endurer. Ok, merci, ça m’aide beaucoup, hein.

Et puis il y a sans doute un accroissement de l’irritabilité. Ca se constate peut-être plus à l’écrit dans mes contributions sur les groupes de discussions, mais même en « live » de vive voix, c’est comme si je commençais à gagner en « caractère », d’une certaine façon, un peu comme un crâne du bébé qui cesse d’être tout mou.
Mais comment est-ce que je jongle avec ce dossier ANAH, avec la quête du bon devis, du bon artisan…, et les trous de mémoire et les aléas cognitifs ? ? Ca me donne envie de dire « laisse béton, change juste la porte et la cuisinière et on verra plus tard pour le reste ».
Peut-être avec des woofers ? Plein de woofers ?!

Aide, solidarité, etc…: Le woofer plombier, je dois dire, il a eu un gros effet anxiolytique.
Ca m’a montré que oui, je suis capable de trouver de l’aide si j’en cherche et oui des gens sont près à se montrer altruistes.
C’est comme un première pierre de posée.
Ca me conforte vraiment dans l’envie de faire de cette maison une sorte d’oasis, de lieu d’échange, d’apprentissage (que ce soit pour moi ou pour d’autres), un lieu de refuge éventuel… Un peu dans l’esprit de l’ashram ou de la clinique ayurvédique traditionnelle : le confort est spartiate mais on prend soin de l’essentiel.

Mardi 29 janvier, 8h35 :

Et puis il y a eu les vœux du maire, le samedi 12.
Il a fait monter les nouveaux habitants présents sur l’estrade. Mon moment de célébrité. Lol.
On est resté une heure. C’était bien sympathique mais on a fuit après les vœux. Trop de monde, de smartphones, de bruit, blaaaah.
Ah et après l’ensilage, la sécheresse qui rend les sols durs comme du caillou, il y a le gel et les vêlages qui ont probablement empêché l’agriculteur qui met ses vaches sur mon champ de déplacer la clôture.
J’espère que d’ici la fin mars, il ne va pas y avoir encore autre chose qui va l’empêcher de faire le déplacement parce que j’aimerais bien pouvoir commencer à planter des trucs (s’il me reste des sous!?), ou commencer à faire bronzette ailleurs qu’au bord de la route…

Et en vrac…:

L’ablation des élastiques dans des chaussettes soit-disant 100% coton (l’élastique n’est PAS 100% coton!!!): Idem dans les manches des pulls ou encolure ou à la taille des pulls….

Un bout d’aile de buse, ramassée en bord de route (oui, j’ai dû faire un peu de désossement pour détacher le bout d’aile du reste de la carcassequi commençait à se décomposer). Les plumes de rapace sont des outils chamaniques super puissants super précieux super sacrés):

Des taureaux placides dans mon champ:

IL FAUT PRENDRE LE SOLEIL MEME QUAND IL FROID!!! Ici, de bon matin, sur mon perron, avec une tasse de cacao (eau chaude+cacao cru):

Février:

Se protéger des ondes: 
Quand on est forcé de passer du temps en ville, quand on est électrohypersensibe, on peut se réfugier dans les églises désertes (ici église de la rue de l’Isernon, à Cran-Gevrier):

Ou bien dans les cimetières (c’est nettement moins protégé, ici cimetière de Loverchy à Annecy):

 

Ramassage des déchets: 
Quand on ne sait pas quoi faire d’intelligent et d’utile, on peut toujours prendre un sac, sortir de chez soi et ramasser les déchets au bord des routes, au bord des chemins, dans les parcs, en forêt, etc… :

 

Journal de transition – Novembre 2018

Au menu

– D’abord, en bref, le message le plus important de ce long laïus :

A moins qu’il soit en mode avion/hors-ligne, un smartphone allumé, c’est comme un mégot de clope qui n’en finit jamais de produire une fumée digne d’un fumigène ; qu’on soit asthmatique ou pas, on s’en prend plein les poumons tout pareil !!!
Un téléphone portable émet régulièrement un « flash » de champs électriques hautes fréquences (genre une émission toutes les 15 secondes), même quand il est en « veille » dans votre poche.
Parfois j’aimerais juste faire 1,85m et 80kg de muscles, avoir une paire de testicules, une prostate, une gueule de surfeur californien et un titre de champion de karaté, je me dis qu’on me vannerait peut-être quand même un chouilla moins, que ce soit sur le sujet des pollutions électromagnétiques, de l’électrohypersensibilité ou sur tout le reste.

– Les ancêtres
– Maisons de retraite, géobiologie, connexion à la terre, matériaux naturels, économie
– Les grands-mères
– Naturel 21, matériaux naturels
– Electrohypersensibilité et railleries
– La vie que je veux mener, profession de foi
– Ancêtres, Les Bouchoux, Jura
– Gilets Jaunes, politique
– Orange, téléphone
– Gilets Jaunes, Cotisation Foncière des Entreprises

 

Mardi 6 novembre, 17h40 :

Le journal online de la nana qui écrit pour se tenir compagnie et que pas grand monde ne lira…
Le décors a légèrement changé depuis octobre. J’ai rapproché la table de la cuisinière.

On aperçoit le feu, par l’entrebâillement de la plaque gondolée de la cuisinière.

Je suis arrivée cet après-midi, à 15h45, après 5h15 de route, dont 40 minutes de pause, en respectant toutes les limitations de vitesse (soit environ 600 en 300km, à la louche), enfin j’espère que je les ai toutes respectées. J’avais emmené du café, j’ai roulé à 40km/h dans Marmagne. Je commence à prendre plaisir à rouler un peu en-dessous de la limitation de vitesse. Juste pour être sûre, pour faire genre « je m’applique, vous voyez et les gens derrière-moi ça vous fait chier ? Vous habitez ici ? Allez dire merci au maire ! ». Je me fais doubler un peu plus qu’avant… Et ça ne rallonge même pas le temps de trajet, en tout cas sûrement moins que de rester 20km derrière un poids lourds dans le col du Berthiand (entre Nantua et Bourg-en-Bresse).

Il faisait 10° dans la maison à l’arrivée, il fait toujours 10°. D’abord j’ai mangé, casse-croûte paysan à peu près paléo (tiré par les cheveux): noix de jambon fumé, craquottes de sarrasin, beurre bio au lait cru avec un chouilla de confiture de cassis bio.
Ensuite j’ai fait le feu.

J’ai aussi essayé de tester mes WC, puisque tout le monde me disait « tu devrais tester, si ça se trouve ça marche !! ». C’est un peu comme les gens qui disent « « on » va faire ceci cela » et qui te laissent ensuite faire « ceci cela » bien tout seul…
J’ai mis de l’eau dans la cuvette, de l’eau dans le réservoir de la chasse d’eau, j’ai essayé de tirer la chasse mais ça ne marche pas, rien ne s’écoule. Je voulais mettre du produit pour la fosse sceptique, de l’Eparsil, mais si ça ne s’écoule pas, je ne vois pas comment… Heureusement que ce n’est que de l’eau. Soit c’est bouché, soit il y a un truc qui m’échappe et je ne vois vraiment pas quoi, vu que je n’y connais strictement rien que dalle nada en chasse d’eau. [ps, janvier 2019 : au final c’est juste un élément de la chasse d’eau qui est probablement cassé, l’écoulement par contre fonctionne, à condition qu’on mette suffisamment d’eau dans la cuvette (5L et pas juste 2)].

Je mets ma toque en fourrure, le temps que la cuisinière chauffe, en espérant qu’elle va chauffer. En principe, de la fonte [ou de l’acier?] sur du feu, ça fait de la chaleur, mais la maison est grande, le plafond pas isolé et les murs froids. Donc va peut-être falloir chauffer 2-3 jours pour réussir à faire monter un peu le thermomètre.

Ma toque, je crois l’avoir payée dans les 20 euros sur la brocante d’Annecy, c’est une vieille chose dont j’ai enlevé une doublure pas si ancienne que ça en synthétique. Je récup’.

Ce matin ma mère m’a dit qu’en pensant à ma maison, elle a réalisé qu’elle et ses parents et ses grands-parents avaient bien vécu dans des conditions de ce genre, comme chez moi, avec du simple vitrage, pas d’isolation, juste une cheminée ou un poêle à bois, alors ma foi, après tout…
Bref, les grands esprits se rencontrent.
Je n’arrête pas d’y penser, aux ancêtres, aux bâtisseurs.
A vrai dire, même les nobles et les bourgeois devaient se les geler dans leurs châteaux, leurs manoirs, leurs maisons bourgeoises. Anne Rice le raconte bien, dans « Lestat, le vampire », la jeunesse du noble Lestat de Lioncourt, dans un vieux château glacial et, l’hiver, Lestat va chasser le loup.
Ca doit tenir bien chaud, la fourrure de loup.
Bon, ici, on n’en est pas encore à guetter le loup, mais je contemple le nuage de condensation qui s’échappe de ma bouche si je soupire lourdement.
Demain après-midi, j’ai une visite, j’espère que j’aurai réussi à gagner 1 ou 2 degrés d’ici là.

En principe, le couvreur est passé vendredi dernier pour faire les travaux de consolidation de la charpente, et pour remplacer 2-3 tuiles, va falloir que j’aille voir. Je ferai ça demain.

21h10 : 13° !! Youpie ! Et puis après avoir mangé une bonne soupe bien chaude, ça va mieux (et du pain riz-sarrasin et du beurre).
Rien que 3 degrés de différence, ça joue.
A force d’essayer de manier les ouvertures de la cuisinière, orienter le machin comme ça, ouvrir le truc comme ci… je vais peut-être finir par trouver la bonne position : déjà là j’ai l’impression que ça « tire » mieux, que ça sent moins la fumée et que ça brûle pour de bon au lieu de mijoter un peu misérablement.
J’ai fait chauffer ma soupe sur le « feu », j’étais super fière de ne pas utiliser d’énergie non renouvelable. Bon, c’est de la soupe en brique au bilan carbone misérable, et à la valeur nutritionnelle très discutable, mais bon, réchauffée sur le feu plutôt que sur du gaz ou de la plaque nucléaire (électrique), ça fait une bonne différence.
Ca a même chauffé super vite. Je suis contente.

 

Mercredi 7 novembre, 12h45 :
Des pommes cuisent sur la cuisinière à bois.
Mes pommes, ma cuisinière, mon bois, de l’énergie renouvelable.
Ce matin j’ai aussi fait bouillir mes gants de toilettes sur la cuisinière. J’ai rentré du bois à la cuisine, je l’ai rangé derrière la cuisinière, pour qu’il finisse de bien sécher.
Faut que j’appuie le bon côté des choses parce que la température, la pluie et le ciel gris me rendent ronchon, je parie que c’est mon foie qui galère un peu. Il a besoin de fonctionner à 40° si je ne m’abuse, un peu plus que la température du reste du corps et j’ai une petite vitalité, je suis « frileuse » et j’ai du mal à maintenir une température normale, du coup quelque chose me dit que mon foie pourrait galérer, juste à cause de la température ambiante (ou bien parce qu’il galère, alors j’ai froid?? c’est pas improbable… ça galère comme ça depuis les vaccins contre l’hépatite B, je dis ça je dis rien, date d’apparition de mon syndrome de Reynaud).
Dans la nuit, la température dans la cuisine est montée à presque 15°, avec toutes les portes de chambre fermées. C’est pas mal. Mais quand ma chambre est ouverte, ça stagne à 14.
Je dors dans la chambre, porte fermée, pour protéger du bruit des 3-4 voitures qui passent dans la soirée ou dans la nuit.
Hier à 2H du matin, l’heure de prendre mon acide alpha lipoïque (chélation selon protocole Cutler), j’ai profité de devoir me réveiller pour me lever et recharger le feu, 2 voitures sont passées. J’ai trouvé ça très insolite.
A 14°, je peux enlever ma toque et rester tête nue, on se croirait presque au printemps.
Cette nuit j’ai aussi aéré. Il n’y a pas d’aération et j’ai l’impression de le sentir. Je n’aère pas en plein milieu de la nuit quand je ne fais pas de feu, mais s’il y a du feu, je pense que c’est plus prudent d’aérer.

 

Vendredi 9 novembre 2018, 18h35 :
Cet après-midi, j’ai été voir l’ancienne propriétaire de ma maison, Mme C., avec une voisine du Chézet, une de ses amies. Mme C. est pensionnaire d’une de ces maisons de retraite « modernes », une boîte entièrement bétonnée et plastifiée, sans espace vert, entourée de goudron, avec vue sur les immeubles d’en face. Le super marché d’en face et son parking, c’est une des attractions star du lieu (coude à coude avec le loto), certains pensionnaires préfèrent s’asseoir là, dans le hall, dans le courant d’air, face au parking, face au passage, face à la vie qui va qui vient, plutôt que face à la télé.

Comme je l’ai dit à ma voisine, les gens qui construisent ce genre de lieu n’ont pas de tête, et je pourrais ajouter « pas de coeur », ou plutôt, pour être plus juste, un cœur fermé, obstrué par des monticules de conneries monumentales, comme seul le capitalisme sait en produire.
Moi, on me met dans un lieu pareil, avec toutes mes jambes et tous mes bras et toute ma tête, on me retrouve sénile en dépression profonde au bout d’un mois.
C’est juste ignoble de construire des trucs pareils et non seulement de les construire, mais en plus d’y mettre des personnes vulnérables.

Je serais maire, j’embaucherais 2-3 géobiologues en amont de la construction de ce genre de structure, et leurs choix et décisions auraient la priorité sur ceux des architectes et des maçons et des « financiers ». Et, pour compenser le surcoût induit par l’utilisation de matériaux biocompatibles écolo (bois, pierre, argile, chanvre, tomettes…), je ferais adhérer la commune à l’association des Castors, pour que les travaux soient réalisés un maximum par des « chantiers participatifs » (« vous voulez un lieu de vie sympa et convivial et sain pour vos anciens et pour vous plus tard ? Alors retroussez vous les manches et venez pelleter de la chaux, de l’argile et du chanvre! »).
D’ailleurs j’ai contacté une géobiologue, pour demander un devis pour l’installation d’une prise de terre correcte chez moi.
Votez Caroline ! Lol.

Je suis en train d’écrire un topo sur la connexion à la terre pour le site web de Coeur d’EHS, pour qu’il soit simple comme un clic de comprendre le pourquoi comment de mon propos…
Les lieux de vie pour les anciens devraient être de plein pieds, avec vue et accès partout sur un joli jardin-potager-verger, avec une terrasse dallée en terra cota ou équivalent tout autour du bâtiment pour permettre un accès facile aux fauteuils roulant, mais zéro goudron et, à l’intérieur, avec un sol en tomettes sur chape à la chaux partout, et du mobilier 100% bois, coton, chanvre et laine (fauteuils, chaises, lits…). Ca aurait l’avantage de faire fonctionner l’artisanat et la petite industrie locale, d’autant plus que la fabrication et la pose de ce genre de matériaux à l’ancienne pourrait aussi donner un travail sensé à des personnes en situation de handicap (les « simplets » et autres « anormaux » d’antan, les autistes et autres personnes avec troubles du développement d’aujourd’hui) qui ne manquent pas de compétences, tant qu’on leur apprend un travail de ce genre, un travail à la méthodologie immuable, ancestrale et somme toute très noble, puisque le truc qui serait produit (entretien de jardins-potagers-vergers, fabrication de tomettes, travail de la laine, culture du chanvre…) est on ne peut plus noble, c’est à dire parfaitement biocompatible, propice à la santé et à la joie de vivre.
A défaut de tomettes (parce que ce n’est pas pratique à entretenir blabla), on pourrait mettre un bon vieux carrelage non ciré, non scellé. Mais bon dieu, PAS du plastique partout !!!
On est vraiment de grands malades, de mettre nos « anciens » (ceux qui nous ont transmis la Vie, le truc le plus précieux qui soit sur cette planète) dans ce genre de lieu. Idem les hôpitaux et autres lieux de « vie » pour personnes vulnérables, malades, en situation de handicaps variés… Idem les prisons, à vrai dire. Mettre des gens dans des lieux pareils, ça ne peut les rendre que dépressifs, malades et/ou agressifs. Autrement dit, ça revient à se tirer une douzaine de balles dans chaque pieds, avec nos impôts, qui plus est.
Et oui,évidement, ça veut dire que les personnes valides, en bonne santé et honnêtes, auraient elles aussi tout intérêt à vivre dans des lieux biocompatibles et écolo conçus ou rénovés par des géobiologues, évidement (des géobiologues qui connaissent bien la connexion à la terre, ils ne sont pas encore tous au point sur le sujet).

Mais bon bref, j’ai donc vu l’ancienne propriétaire de ma maison, je suis contente, je m’efforcerai d’y retourner de temps en temps.
C’est fou ce qu’elle ressemble à ma grand-mère maternelle, physiquement, elles auraient pu passer pour deux sœurs et le plus « drôle », c’est qu’elles ont toutes les deux travaillé à la Banque de France à Paris. Pas dans le même bâtiment ni dans le même arrondissement (et elles avaient 15 ans d’écart, donc peut-être pas en même temps), mais dans la même « boîte » (j’avais honte, je ne me souvenais plus du nom de celle où était ma grand-mère, Mme C. m’a aidé en me parlant de « Malesherbe ». Je crois bien que c’était ça).
Donc je n’ai pas de famille ici mais j’ai une maison qui me fait penser à mes grands-mères : la paternelle, avec le petit côté « buvette qui donne sur la rue, lieu de passage où l’on cause » et la maternelle avec le petit côté « Banque de France », et puis il y a le petit côté qui me fait penser juste à moi, avec la grand-mère paternelle de Mme C. qui a été nourrice de Jean Cocteau et le mari de Mme C. qui louait un appartement à des artistes, à Paris, dont Jiacometti et Zao Wou-Ki (oui, j’ai pris des notes). Non que je puisse me dire moi-même franchement « artiste », mais vu le temps que j’ai passé à traîner avec des musiciens, à faire de la photo, de la chronique de concert, de la nouvelle fantastique, de l’auto-fiction, à financer un album de punk-rock, à écrire un mémoire-livre sur l’autisme… Si, en fait, allez, Jean Cocteau, il parle bien à mon petit côté « originale un peu artiste zarbi sur les bords ».

Hier matin, j’ai été à Naturel 21, à Vievy  http://www.naturel21.com/, le magasin de matériaux de construction/rénovation écolo du Morvan. Ils sont dans un coin à peu près 1000 fois plus paumé que le mien. J’avoue que j’ai du mal à comprendre pourquoi mettre un commerce dans un coin pareil. Ok c’est beau et quand on y va, c’est un peu comme de plonger dans un épisode de la 4ème dimension, surtout par temps brumeux, quand on perce le brouillard un peu avant d’arriver, pour trouver du ciel bleu au-dessus du bocage, pour voir émerger de grands bœufs blancs des bancs de brume, et pour finir par devoir slalomer entre des canards dans la dernière courbe, avant de se garer devant un bâtiment où l’électricité est biocompatible (câbles blindés).
C’est vraiment très très joli, et tranquille, et ils ont même des options « bidouille » à proposer aux gens qui cherchent des solutions low cost, par exemple pour faire des volets d’intérieur anti-bruit escamotables.
Le seul hic, c’est qu’ils ont pas mal de truc « sans fil » dans le bureau. C’est ballot de faire de l’électricité biocompatible, de vendre des détecteurs de pollutions électromagnétiques et d’avoir des ordinateurs en wifi, des smartphones et peut-être même une imprimante en blutooth ou truc dans le genre qui rend bien sénile, mais à part ça, nickel, c’est là où j’ai trouvé l’adresse de la géobiologue.

 

Samedi 10 novembre 17h15, crépuscule :
Je mets du Triste Sire (je reste fan de leur « Anémie Mon Amour »), le ciel est gris, il pleut, le jour baisse, et une grande bande de corbeaux vient tournoyer en croassant devant la maison…
C’était la minute gothique.
C’est surtout le weekend, j’ai envie de prendre des airs de sortie en bar gothique. Ca me rappelle mon jeune temps, le Mark XIII, « Gre » (noble)…

Cet après-midi, grand jour ! J’ai été acheter des meubles à Emmaüs.
J’ai eu un mal de chien à choisir et à me lancer (tel meuble me plaît bien mais les serrures sont cassées, tel autre est bien joli mais il n’y a pas de penderie…). Après avoir passé 1h30 à tourner et retourner un peu partout, j’ai arrêté mon choix sur un buffet et une armoire (avec une penderie). J’aurais bien aimé trouver un lit de 90cm, mais leurs lits en morceaux, c’est vraiment trop compliqué de s’y retrouver. Reste juste à caler la date de la livraison.

J’ai aussi acheté quelques autres bidules : 2 couvre-tête en laine, un gros marteau, une paire de jolis sabots mettables (j’ai très envie de tester), deux petites briques à faire chauffer sur la cuisinière et à mettre dans le lit avant d’aller se coucher, des boîtes en fer pour les photos de famille de Mme C. (c’est le genre de cadeau que je peux me permettre, je prévoie de les lui apporter le mois prochain). J’ai aussi trouvé une jolie petite boîte en fer pour mon sucre en poudre et une corne de vache dont je pourrai peut-être me servir de corne à boire (comme pour les sabots, c’est le genre de truc archaïque que j’ai envie de tester).

Hier on m’a gentiment proposé un four à micro-onde, mais voilà, je préfère les sabots 100% bois, les toques 100% cuir et fourrure, les cuisinières à bois… Je vais finir par me faire traiter de réac
Je me suis aussi arrêtée à Morvan Bio pour un paquet de chips et du beurre label Demeter.
Et à Bricomachin, j’ai pris une petite hachette pour faire du petit bois, un lot de bûches compressées et un paquet de lignite pour voir si je peux faire tenir un feu toute une nuit avec ça. Je commence à avoir très envie de commander un lot de bûches compressées, c’est vraiment très pratique, ça s’allume plus facilement que les bûches bois qui sont parfois un peu capricieuses, à moins que ça soit la cuisinière qui soit un peu capricieuse, il y aurait des joints à remplacer, d’autres à remettre…

Je lis et relis les articles que j’ai écris pour le site web de Coeur d’EHS, j’en suis plutôt contente.
Les mouches me harcèlent.

Les dernières mouches de l’année, très occupées par une tâche de confiture de cassis bio.

 

Dimanche 11 novembre 2018, 10h30 :
Un voisin vient de passer avec un de ses potes ex-plombier.
Bon, heureusement qu’il fait beau et déjà un peu chaud, au soleil, sur le perron.
J’avais bien pris note que toute la plomberie est à refaire.
J’ai repris bonne note.
Je pense que cette maison sera habitable dans un an, au mieux, 6 mois si j’ai beaucoup de chance.
Dans un premier temps, faut changer l’évier et mettre un petit chauffe-eau, pour avoir un écoulement et de l’eau chaude au moins à la cuisine.
Après, la salle de bain, on verra. Peut-être dans un an… ou deux ?
Une fois que j’aurai de l’eau chaude et un évier décent, je pourrai envisager de prendre un boulot d’aide à domicile, pour financer la salle de bain. Parce que revenir du boulot le soir après avoir brassé de la poussière chez des gens et ne pas pouvoir me laver autrement que dans une bassine, ça risque d’être un peu trop pour mes petits nerfs de princesse.
Et en attendant, dans la salle de bain, je pourrai toujours passer le temps en cassant les faïences qui me sortent par les trous de nez. [p.s, janvier 2019 : au final les faïences, je pense plutôt les peindre, un jour prochain, vu qu’elles sont en bon état].

Changer l’évier, mettre un mini chauffe-eau.
Remplacer la cuisinière bois.
Remplacer les fenêtres et la porte d’entrée.
Isoler le plafond par le grenier.
Donc, à vrai dire, j’aurais bien le temps de faire un CAP plomberie, ça serait bien kiffe kiffe bourricot, en terme de délais, non ?

15h45 :
J’ai fait une sieste de presque 2H.
On dirait bien que je suis fatiguée. Pas de journée « off » depuis que je suis arrivée, mardi dernier. Plein de temps passé dans les « ondes » (champs électriques de hautes fréquences), je n’ai demandé à personne « tu pourrais éteindre ton portable, ste plait ? ».
Je vois bien que je reste un peu traumatisée par toutes les réactions de moqueries, de railleries, de suspicion, les yeux au ciel que j’ai obtenu jusque là, presque à chaque fois que j’ai posé cette question. Maintenant, souvent, je préfère faire la fière et ne rien demander, ne rien dire, faire profil bas (la fière ou profil bas, oui, je ne sais plus trop).
C’est pire qu’avec le végétalisme. Quand on se fout de ta gueule parce que tu ne manges pas ceci cela, ça te fait de la peine, ton petit cœur saigne, mais c’est tout, là avec les « onnnnndes », en prime ça te crame la gueule et tu dois rester poli et fermer ta gueule et sourire pour faire genre « oui, ha ha ha, c’est vraiment très rigolo, c’est fou ce qu’on se marre et ce que je suis gentille et bien élevée » (contrairement à tous ceux qui n’en ont rien à foutre de ma gueule qui crame , hein, mais non je ne le dirai pas tout haut, je me contenterai de l’écrire sur un blog que personne ne lira ») et donc non je ne vais pas faire d’esclandre, je vais fermer ma gueule comme une gentille petite et après tout le monde me demande « mais pourquoi on ne t’entend pas, t’es tellement discrète, pourquoi tu ne dis jamais rien ??? ».
LOOOOL.

Personne n’écoute et après on se demande pourquoi je ne parle pas…
Je suis logique, moi, je ne vais pas dépenser ma salive quand je sais que personne n’en a rien à foutre de ce que je dis.
Et tout le monde qui est toujours persuadé d’être le premier à te vanner…
Du coup j’endure, puisque maintenant, je vois que j’endure un peu mieux qu’il y a 6 mois.
Et si je dis ça à quelqu’un, on va me dire « ah, alors c’est bon, je peux laisser mon portable allumé, ça te fait plus rien ? »
Et ce sera reparti pour un tour d’explication et après on se demandera pourquoi je préfère encore rester toute seule…
Un jour je péterai un câble je prendrai un smartphone, je le piétinerai, je le réduirai en miette et vraiment personne ne comprendra pourquoi je me comporte en hystérique.

A moins qu’il soit en mode avion/hors-ligne, un smartphone allumé, c’est comme un mégot de clope qui n’en finit jamais de produire une fumée digne d’un fumigène ; qu’on soit asthmatique ou pas, on s’en prend plein les poumons tout pareil !!!

Pendant que je dormais, le thermomètre est monté à 16°, grâce au soleil. J’ai même passé un moment dehors assise sur le banc, à lire pieds nus dans l’herbe au soleil, après déjeuner.

 

Maintenant le ciel s’est couvert et j’écoute Tool, Aenima. J’ai remis ma toque.

Parfois j’aimerais juste faire 1,80m et 80kg de muscles, avoir une paire de testicules, une gueule de surfeur californien et un titre de champion de karaté, je me dis qu’on me vannerait peut-être quand même un chouilla moins.

 

Lundi 12 novembre :
14h :

La vie que je veux mener, profession de foi :
Une vie qui soit propice à la Vie, une vie qui prenne soin de la Vie.
Utiliser le moins d’énergie nucléaire possible, à terme cesser de collaborer avec le nucléaire.
Utiliser le moins de pétrochimie possible, à terme cesser de collaborer avec la pétrochimie.
Utiliser du bois pour se chauffer, des outils à main, du chanvre pour isoler le plafond, faire chauffer l’eau sur la cuisinière bois ou sur le poêle à bois plutôt que sur des plaques électriques ou avec une bouilloire électrique.
Faire la lessive avec une lessiveuse à l’ancienne quand le poêle chauffe et qu’on peut faire chauffer la lessiveuse dessus. L’été, trouver un moyen de bidouiller un système de chauffe-eau solaire, pour avoir de l’eau chaude gratis, sans gaz ni nucléaire.
Pourquoi pas une douche solaire en extérieur ?
Cultiver les relations de bon voisinage, parce qu’un bon voisin vaut environ 10 voitures et, comme une voiture, un bon voisin ça s’entretient, alors avec lui, comme en famille, on évite de parler politique et religion, on parle plutôt cueillette de champignons, jardinage, cuisson de la courge, plomberie, météo et santé.

19h :
Une poêlée de courge cuit sur la cuisinière. Ca m’enquiquine qu’elle fume un peu, ma cuisinière, je laisse carrément la fenêtre de la chambre ouverte (l’air circule très peu même comme ça, à moins qu’il y ait du vent dehors). J’aimerais bien trouver quelqu’un pour me refaire les joints, au cas où ça suffirait à… Enfin non, le rendement laisse quand même à désirer et elle est difficile à manier, un peu capricieuse.
Faudra que je trouve un poêle de remplacement sur lequel on peut faire cuire des trucs [ps : il me faut une cuisinière pour faire cuire des trucs, on ne peut rien faire cuire sur un poêle, j’ai appris ça en dévembre].

Je pense à mes ancêtres, mon arrière-grand-mère Maria Bonneville, aux Bouchoux, il y a 100 ans, pile à cette heure-là dans le Jura, elle préparait peut-être à manger pour ses trois gosses, dont mon grand-père André qui avait 12 ans. On peut supposer que la nouvelle de l’armistice leur était parvenue. Le mari de Maria était mort depuis 6 ans. La cuisine devait être faiblement éclairée avec une ou deux lampes à pétrole. J’ignore complètement quand l’électricité est arrivée aux Bouchoux, peut-être dans les années 1930-40 ?
Je ne suis pas sûre qu’ils aient eu une cheminée, peut-être juste un petit poêle à bois. Maria préparait peut-être des « gaudes », des galettes de polenta, qui ont marqué la mémoire de mon grand-père, il en gardait un mauvais souvenir, ils étaient pauvres, les menus devaient être assez répétitifs.
Ou bien à cette heure-là, ils étaient peut-être déjà couchés, pas trop au chaud, malgré des matelas laine et des édredons en duvet. Ils se couchaient peut-être avec leurs vêtements, des bonnets (c’est ce que je fais aussi) et ils se réveillaient le matin pour trouver du givre sur les fenêtres. A cette saison, il y avait peut-être déjà une bonne couche de neige, peut-être déjà cinquante centimètre, un mètre? Maria est morte en 1934, si ma mémoire est bonne, d’une bronchite, à 56 ans.

Aujourd’hui j’ai rentré du bois dans la cuisine, j’ai testé ma petite hachette mais ce n’est pas encore le bon outil pour réduire un peu la taille des plus gros bouts de bois qui ne rentreront jamais tel quel dans ma cuisinière. Faudra une masse et une cognée ? Même pour faire du petit bois, détacher l’écorce des bûches, c’est limite, elle est assez lourde au final, où bien c’est moi qui suis vraiment fatiguée.
J’ai aussi réussi à remettre la main sur le plombier, il va passer mercredi pour parler devis et nouvel évier.
Et le rendez-vous avec Emmaüs est fixé à jeudi, pour la livraison de mon buffet et de mon armoire à linge avec penderie. Cet après-midi, j’ai fini d’enlever le liseret synthétique d’une couverture laine que je rangerai donc avec grand plaisir dans mon armoire.
C’est la première fois de ma vie que je peux dire ça : « mon armoire, ma cuisinière… ». Ca a un goût vraiment particulier. Jusque là je n’avais eu quasiment que des meubles achetés par mes parents, donc leurs meubles, pas les miens, ou bien des meubles hérités d’une grand-mère ou d’une grand-tante. Là ça ressemble à des meubles hérités d’une vieille tante, mais non, c’est mon choix !
En tout cas il y a 100 ans, dans le village des Bouchoux, à environ 900m d’altitude, quelque chose me dit qu’il n’y avait plus de mouches depuis quelques semaines.

J’ai encore entendu une émission sur l’effondrement de la biodiversité cet après-midi, sur France Inter. 75% des insectes volants disparus en Europe en je ne sais plus combien de temps… Mais il reste quelques mouches.

Par contre, entre le maniement du bois et de la tige métallique qui sert à ouvrir la cuisinière (une des plaques par lesquelles on passe le bois est vraiment lourde, surtout quand on doit la soulever avec une tige qui ne me semble pas très adaptée), le petit ménage que j’ai fait ce matin (serpillière et petite lessive), bah j’ai mal aux mains. C’est peut-être aussi la session de grattage de tomettes d’il y a 3-4 jours. Ca me secoue un peu les articulations, ce grattage, je crois que c’est peut-être un peu rude, du coup je traîne à m’y remettre.
Malgré toute l’aération, et la fenêtre de la chambre ouverte, j’arrive à avoir 18° ici, à l’intérieur, dehors il fait 13°. Il a fait très doux, cet après-midi. Ce sera une autre histoire quand il gèlera la nuit et qu’on ne verra pas le soleil de la journée.

 

Mercredi 14 novembre, 14h30 :
J’ai recommencé à gratter mes tomettes. Encore une heure et je pourrai dire que j’en ai récupéré 3m2 sur 12.

Après, je me ferai une onction des mains aux huiles essentielles de gaultérie, laurier noble et lavande.

J’ai testé mes sabots en bois 2 minutes. Ils sont malheureusement un peu petit mais j’ai été surprise de m’y sentir plutôt bien. Le bois donne de la tenue, une stature, presque un meilleur maintien, c’est peut-être la nature de l’essence de bois (noyer ? hêtre?), un bois bien dur, en tout cas. Peut-être pas du chêne, quand même ? Ou du châtaigner ? En tout cas du costaud qui évoque aussi les chaussures de claquette. Bon, un peu casse-gueule sur un sol lisse mais sympa.

Le plombier est passé pour me remettre le devis en main propre. Pour une nouvelle plomberie (arrivée d’eau, écoulement), du compteur d’eau à l’évier de la cuisine, avec un mini chauffe-eau de 15-30L dans la cuisine et une arrivée d’eau dans la salle de bain (juste l’arrivée d’eau), ça ferait dans les 1700. Et donc sans salle de bain, juste une nouvelle installation sans fuite, sans risque de nouveau pétage de joints ou que sais-je.
Je suppose que c’est un prix correct? Et en prime je garderai peut-être mon vieil évier en céramique.
Après, faut penser à garder du budget pour les fenêtres, la porte, le poêle à bois. Parce que j’ai beau avoir droit à des aides, elles s’élèvent à 60% du budget total des travaux, et si ma part de 40% s’élève à 1000 ou 2000, on ne va pas aller loin, avec ça.

En pensant à tout ça, je bois du thé vert.
Certains racontent que certains types de thé les fond planer. Je me souviens de l’effet très relaxant d’un certain thé vert Gunpowder.
Là, je cherche juste à me réchauffer pendant ma pause. Je n’ai pas allumé le feu ce matin, il faisait et fait toujours 15° dans la maison, ça va, avec un bonnet en laine mérinos acheté même pas 2 euros à Emmaüs. Ce matin il faisait un grand soleil, maintenant la brume est montée. Ca fait toujours un peu d’eau pour les prés.
Tous les jours, bien deux fois par jour, je vois les employés de mairie passer devant chez moi en tracteur, avec une citerne pleine, pour remplir un réservoir d’eau potable sur les hauteurs de la commune.

16h40 :
Pour mon 4H, une craquotte de sarrasin tartinée de rillettes de porc. Le travail physique et la température qui fraîchit, ça donne faim. Ca m’avait fait le même effet en mars-avril 2017, quand j’avais passé du temps dans « ma » petite cabane du Jura, à La Pesse. Je me souviens d’avoir été acheter des rillettes, ou une terrine, je ne sais plus, par une fin d’après-midi neigeuse, avec la neige qui me volait dans la figure.

J’ai bien récupéré 3m2 de tomettes. Je les ai nettoyées, j’attends qu’elles sèchent et en attendant, je fais du feu et de la fumée. Hier soir j’ai réalisé que ce sont non seulement les éléments de la plaque en fonte qui « fuient » mais aussi la base du tuyau des fumées qui est légèrement disjoint de la cuisinière. Tu m’étonnes que ça fume.

 

Jeudi 15 novembre, 8h :

Politique et écologie : est-ce que j’irai manifester en « gilet jaune » pour protester contre l’augmentation du prix de l’essence ?
Non, pourtant, en vivant à 300km de ma famille, ça finira par devenir « compliqué » de faire le trajet pour se voir. On utilisera skype ? Tant que les data centers qui font le web tiennent le coup ? Après faudra peut-être revenir au bon vieux téléphone à fil ? Peut-être que pour faire des économies d’énergie et réduire le bilan carbone on sera forcé de revenir à un Internet 1.0, essentiellement pour communiquer via des emails et des forums de discussion et on reviendra au bon vieux HTML de base des années 1990 pour les sites web, de façon à ce qu’ils soient aussi économes que possible en espace de stockage…

Je souhaite que l’essence devienne de plus en plus chère et que les gens recommencent à aller travailler à 5km de chez eux maximum, que les jeunes recommencent à faire des CAP plomberie et qu’ils restent travailler dans les villages, pour qu’il y ait un plombier par village, si ça pouvait être comme ça pour des trucs comme les médecins (ou les « rebouteux » ou les « sage femme » et autre ostéopathes et professionnels de la santé, de la santé classique ou alternative), les mécano, les maraîchers et les épiceries (magasins associatifs et coopératifs de producteurs locaux, qui vendraient aussi du sel, du fil, un chouilla de café, de cacao, des chaussettes en laine, du savon et de la lessive, tout 100% bio autant que possible)… On aurait tout à coup beaucoup moins besoin de voitures.
On arrêterait de manger des bananes en France et toutes les communes du pays se mettraient à planter des fruitiers plutôt que des arbres d’ornement.
Les artisans et autres professionnels qui ont besoin d’un véhicule, comme les médecins, les agriculteurs et les infirmières et aides à domicile, auraient un salaire adapté, des subventions, une carte pro, que sais-je, pour faire face.
Ces subventions viendraient d’une copieuse taxation du kérozène des avions et du carburant des bateaux de croisière et autres bateaux de loisirs. Tous les véhicules de loisirs seraient taxés (on aurait un véhicule principal pour les déplacements indispensables et tout autre véhicule « secondaire » serait taxé un max, comme les résidences secondaires). On aurait des chemins de campagnes, des lacs et des bords de mers beaucoup plus calmes, sans tous ces engins à moteurs qui servent uniquement à se faire « plaisir ».
On pourrait carrément envisager de labelliser l’artisanat local, de lui faire un statut réellement simplifié et allégé en taxes : les plombiers, charpentiers et autres électriciens qui s’engageraient à travailler dans un rayon de 10-20km maximum autour de chez eux seraient exonérés de tout un tas de trucs.
Et puis on interdirait carrément, en amont, la production de véhicules « gourmands » en carburant : finit les 4X4, les SUV, les voitures de sport, les « berlines » grand luxe (oui je sais c’est triste, j’adore les Porsches 911 mais on se consolerait avec les voitures vintage de collection). Les 4X4 seraient réservés aux pompiers, aux gardes forestiers, ce genre de profession, ce serait des véhicules strictement professionnels et basta. On obligerait les fabricants à faire des véhicules « légers » et relativement lents (oui, bridés).
Parce qu’on est dans le caca jusqu’au cou, nous sommes en train de vivre la 6ème grande extinction de masse, je viens encore de voir passer le tracteur de la mairie, emmener une citerne d’eau pour remplir le réservoir un peu plus haut, une sécheresse en plein mois de novembre, non mais allôôô, quoi ! Il est temps de se bouger le popotin, grave.

12h30 :
Emmaüs me livre mes meubles vers 14h, je pense prendre la route vers 15h au plus tard et remettre le cap sur la Haute-Savoie, après avoir pris de la red maca, pour rester bien réveillée, pour respecter les 600 changements de limitations de vitesse environ, entre ici et chez moi.

 

Vendredi 30 novembre, 5h40, Roussillon :

L’ordi au petit matin, avec le logiciel f.lux, qui filtre la lumière bleue, là en mode ember ou candle. J’ai découvert le Dr Jack Kruse et ses conférences et interviews youtube en novembre, depuis, j’ai transformé l’écran de mon ordi en bougie. Ca épargne un peu ma mélatonine, mon DHA, mes rythmes circadiens…

Il y a une dizaine de jours, une employée du service client d’Orange me disait que mon « rendez-vous » du 30 novembre pour les travaux de réouverture de ma ligne téléphonique était maintenu et que je devais d’ailleurs être sur place ce jour-là (une autre m’avait dit le contraire peut-être un mois auparavant).
Et hier, un technicien d’Orange me laisse un message vocal incompréhensible, je sors de mes gonds, j’appelle le 3900, j’explique que je sais que mon interlocuteur n’y ai pour rien mais désolée je suis en pétard et il va essuyer les plâtres pour Orange.
Il a bien gardé son calme, limite charmant (moi j’avais limite envie de hurler au téléphone).
Et là j’ai appris qu’il n’y avait jamais eu de « rendez-vous », que techniquement, il n’y avait qu’une « estimation » de date de livraison du service et que les autres collègues m’avait parlé de rendez-vous pour éviter de se faire engueuler.
Bah tu m’étonnes.
Après avoir passé 15 minutes en attente, hier, avec la petite musique devenu insupportable au bout de presque 3 mois d’attente au final, j’ai eu l’idée de demander si Orange consentirait à un « geste commercial », pour compenser les « désagréments ». On m’a dit oui, un mois d’abonnement gratuit. Bah ma foi, ce serait un strict minimum.
J’ai entendu dire qu’Orange prévoirait de supprimer le réseau du téléphone filaire d’ici quelques années. C’en est peut-être les prémices ? Tout faire pour dégoûter les gens d’avoir un téléphone filaire ?
Ne serait-ce pas simplement une méthode de gestion de la « masse salariale » appliquée à la « masse clientèle » ? L’usure et le mépris, pour qu’on renonce. Ou juste du jmenfoutisme?
Moi, pardon, mais tout ça, ça me donne surtout envie d’aller débrancher les antennes de téléphonie mobile. Je dis ça comme ça pour éviter de risquer de me faire accuser de terrorisme, hein, on ne sait jamais.
Ca me rappelle le gars, instituteur à la retraite, qui raconte volontiers qu’un jour où la mairie avait été prise de l’idée de laisser installer une antenne relais au-dessus de l’école, il avait été pris de l’envie de démonter l’antenne à coups de disqueuse.
Mais bon, c’est un instit à la retraite, il a des sous, c’est un mec, il a le droit de dire des choses sans se faire arrêter, moi si je me met à écrire des trucs dans ce genre, ça pourrait être une autre chose.
Les écrits restent blabla.

[ps : bref, le 30 novembre, aucun technicien d’Orange ne s’est montré. En janvier 2019, je suis toujours sans téléphone fixe]

Il faisait 7° dans la maison quand je suis arrivée hier midi, hier soir je suis montée jusqu’à 13° et là, c’est retombée à 10°.
Les 2 bûches de nuit mise hier soir à 21h30 étaient en cendre ce matin à 5H, pourtant l’arrivée d’air était fermée. Prout. Soit faudra que je me couche plus tard, soit faudra que je renonce à avoir de bonnes braises quand je me lève. Ou bien j’entretiendrai le feu quand je serai en tour de chélation, et le reste du temps, tant pis.

Hier j’ai commencé à nettoyer mes meubles. Ils sont à peine poussiéreux, par contre les étagères du buffet ont été plastifiées, un truc adhésif qui colle bien sur les étagères du bas, ça réchauffe bien de le décoller.

Aujourd’hui j’ai aussi à rentrer du bois à la cuisine, ça aussi ça réchauffe et puis gratter mes tomettes, plein de trucs qui réchauffent.
Quoi que mes mains m’inquiètent un peu, j’ai l’impression qu’elles n’ont pas totalement récupéré des dernières sessions de grattage d’il y a 15 jours.
Mais bon, je me fais du soucis facilement, faut toujours que je me dise ça, que je suis hypersensible au stress et que cela se traduit par un tendance naturelle à se faire plus de soucis que nécessaire.
Mes mains fonctionnent très bien.

Politique – Gilets Jaunes : j’ai un peu évolué au sujet des gilets jaunes. Il y a 3-4 jours j’écrivais sur facebook que non je ne les soutenais pas et que non je ne leur amènerai pas le café, que je souhaitais voir le prix de l’essence augmenter encore, et hier j’ai fait une partie de la route avec le gilet jaune derrière le pare-brise (et puis il a fini par glisser).
C’est que mardi matin, avant-hier, j’ai eu une conversation passionnante avec un employé du service des impôts des entreprises, au sujet de la cotisation foncière des entreprises 2018.
J’avais envoyé un email pour demander si c’était une erreur, et non ce n’est pas une erreur. Quand on est autoentrepreneur, même quand on n’a pas de local pro, on doit payer une cotisation foncière des entreprises, dont le montant est fixé par la commune de domiciliation de l’entreprise (ça me titille d’aller voir mon maire, du coup).
C’est soit-disant calculé au prorata du chiffre d’affaire : on paye 131 euros quand le chiffre d’affaire est situé entre 0 et 10.000 euros.
Le chiffre d’affaire, c’est grosso modo l’argent qui rentre dans les caisses, mais c’est très différent de l’argent qui reste dans les caisses à la fin du mois ou de l’année.
Quand il m’ adit ça, j’ai demandé au gars : « Vous êtes sérieux » ?
Lol. (si si, ça me refait rire, rétrospectivement, c’est nerveux).
Alors, comme il me l’a suggéré, j’ai envoyé un autre email pour demander une exonération en expliquant pourquoi : le montant pitoyable de mon chiffre d’affaire (dans les 400 euros sur 2 ans), mes revenus d’handicapé au dessous du seuil de pauvreté, l’absence de local pro, les cotisations déjà versées à l’urssaf, l’assurance pro payée chaque année, et surtout les bénéfices nuls (vu les cotisations et l’assurance pro)….
Et là j’ai commencé à comprendre les gilets jaunes, le raz le bol des taxes (France, une des championnes du monde des taxes et impôts) et à avoir envie de leur apporter du café.
Quoi que leur apporter du café, pardon mais ce serait encore débourser des sous et comment dire… Moi qui en suis à faire du 40km/h quand c’est limité à 50, juste pour être sûre de ne pas me faire traire une énième fois par un radar, parce que j’aimerais vraiment beaucoup pouvoir m’acheter un nouveau poêle à bois et faire refaire ma plomberie, tout ça…

 

Journal de transition – Octobre 2018

Au menu:
Maison-buvette et grand-mère paternelle.
Laine et Emmaüs
Sol de la chambre sud-ouest, début de la récupération des tomettes
Dossier ANAH, gain énergétique et aides financières très conditionnelles
Atelier d’écriture à domicile, association La Peurtantaine
Connexion à la terre et maison de retraite
Géobiologie, phénomène de résonance
Bois
Nourrice de Jean Cocteau
Transition et jeu vidéo
Seidr, chamanisme scandinave, « high seat » et perron
Association La Cafetière, concert
Connexion à la terre, quelques symptômes de la vie hors-sol et d’hyperélectrosensibilité

Lundi 1er octobre 2018, 5h35, Roussillon :

Tombée du lit. Couchée tôt, levée tôt.
Hier, c’était le dernier jour de validité de mon assurance pro de naturopathe.
J’ai discuté pendant 10 minutes avec des gens du bourg, des voisins, qui se promenaient à pieds et se sont arrêtés devant chez moi. J’ai raconté que j’ai déjà remarqué que, devant chez moi, c’est un peu l’endroit où l’on cause : des gens se croisent en voiture et s’arrêtent pour papoter. Peut-être pourrais-je faire une buvette, m’a-t-on dit ! Même le voisin qui doit me livrer du bois était de passage… Ca aide à se faire connaître, une maison pareille. Elle va devenir mon poisson-pilote, mon assistante de sociabilisation.

J’y ai repensé après, l’idée de la buvette, ça m’a rappelé ma grand-mère paternelle qui habitait au bord de la route, dans un petit village des Ardennes, et qui faisait « buvette » les jours de foot, vu qu’elle habitait juste à côté du terrain de foot. Elle avait toujours du café ou autre chose à offrir aux visiteurs et il y en avait souvent, visiblement, des visiteurs, vu l’affluence le jour de son enterrement.
On pourrait peut-être vraiment faire un café associatif, par exemple, un « Café Santé », avec des jus de légumes et des tisanes, comme ça on ne risquerait pas trop de faire de l’ombre à l’Auberge, et on ouvrirait uniquement quand l’Auberge serait fermée.

Hier, à Emmaüs, j’ai acheté 3 grandes couvertures en laine, des pulls en laine, un châle en laine et soie, un panier à chien en osier (qui deviendra panier à chats) et des mules vintage en corde, fourrure et soie peinte. J’aurais pu acheter 2 ou 3 fois plus de couvertures, je me suis retenue, vu que je n’ai nulle part où les ranger pour le moment.

J’aurais pu acheter des meubles et me les faire livrer mais il y a un tel bric-à-brac là-dedans que j’en avais un peu le tournis, de me demander ce qui pourrait aller chez moi et de devoir y penser en compagnie de plein de smartphones.
En tout cas c’est ze place to be, le dimanche après-midi, à Etang-Sur-Arroux.

Hier j’ai fait un grand feu, après le coucher du soleil, dehors, pour brûler le grand tas de ronces, d’orties, de chardons, d’herbe sèche que j’avais accumulé devant la maison depuis mon arrivée il y a 15 jours.

Ou plutôt, j’ai fait un petit feu, que j’ai alimenté petit à petit avec le gros tas, parce que ça n’aurait pas été prudent du tout, de tout brûler d’un coup, il y avait un peu de vent. Ca m’a pris quasi 1H.
Maintenant il y a des nuages.

Au programme de la journée, aujourd’hui, je retourne en Haute-Savoie, via Bourg-en-Bresse, où je vais faire une visite.
Hier soir j’ai passé en revue le répertoire de mon téléphone, j’ai réalisé que c’est une sorte de collection de tous les gens que j’ai perdu de vue depuis 10 ans. Ca ne m’a pas vraiment remonté le moral. Lol.
Je vais reprendre la chélation, ça me remontera le moral un peu plus assurément.
Jeudi, ma voiture passe le contrôle technique, on va croiser les doigts pour qu’elle le passe à moindre frais.

Vendredi ce sera moi qui passerai le contrôle technique, je vais faire un check-up chez mon médecin, après 8 mois de chélation en toute autonomie, faut que je m’assure que tout roule, surtout au niveau du foie, des reins, des neutrophiles (comme j’ai eu testé le DMSA et qu’il a la réputation de faire baisser les neutrophiles, bon, faut vérifier).
Ce matin, en rouvrant l’eau au compteur, dans la cave (je ferme l’eau le soir pour que la plomberie vétuste ne reste pas sous pression toute la nuit, au cas où), je me suis à nouveau sentie tentée de venir dormir là. La cave est semi-enterrée, faudrait que je vois comment elle se comporte au niveau phonique. Mais là, ça sent encore l’humidité, à cause de la petite inondation du début du mois.
Oui, j’envisage de dormir dans une cave, pour être au plus près de la terre, au moins pour voir.
Quand on est passionnée par la « connexion à la terre »…, bah on est passionné.
Le seul hic, c’est qu’on est dans une région concernée par le radon, donc la cave pourrait être particulièrement concernée par le radon et du coup je ne testerai peut-être jamais…
Bref, on verra.

Lundi 8 octobre 2018, 19h, Roussillon.
A y est, j’écris sur une table, je mange sur une table, je suis assise sur une chaise. J’ai enfin un peu l’air civilisé.

J’ai amené la table et 3 chaises (toutes en pin) hier, de la « récupération », avec un aspirateur acheté à Bazar Sans Frontières à Annecy.
Je n’ai toujours pas d’écoulement, d’eau chaude, de doubles vitrages acoustiques, de bois de chauffage…, mais on avance.
Aujourd’hui j’ai repassé un coup de serpillière avec de l’eau bien chaude (je crois bien que le savon noir que j’ai utilisé au début laisse une pellicule sur le carrelage, ça le ternit et ça pourrait avoir un effet un peu « cirage », autrement dit gêner la respiration du sol).

Je me suis attaquée à la moquette de la chambre sud-ouest et j’ai découvert que, non contents d’avoir mis une moquette, les anciens occupants/proprio (?) avaient mis un lino en-dessous, pour faire bon poids (bien étouffe-sol). Et bien entendu, le lino est collé quasi partout sur les tomettes. Je serais moins en forme, j’en pleurerais, tellement c’est triste, laid, tellement ça pue et tellement ça va être un casse-tête à récupérer, si c’est récupérable.

Un moderno-moderne me dirait « te fatigue pas, casse tout, coule une dalle en béton, pose du plancher flottant ! ».
Arrrrr. Vade retro satanas.

Dans la chambre Nord, les tomettes sont magnifiques. Pas toutes neuves mais magnifiques. Je ne m’attendais pas à avoir autant de luminosité dans une chambre orientée plein nord, surtout vu le papier peint un peu chargé. J’ai l’impression que les tomettes font un peu un effet miroir. Le lustre de la terre cuite ?

Je me fais des pommes cuites, avec un peu de sucre et de cannelle. Première fois que je me fais un peu de « cuisine ».
Faut que je signe le devis du couvreur, quasi comme il est (il y a juste une ligne à virer, je me dépatouillerai moi-même du vague feuillet isolant qui part en morceau sous partie de la couverture).
Faut que j’essaye de trouver au moins un plombier pas trop débordé, capable de venir me faire un devis.
Faut que je fasse faire des devis pour la pose d’un petit poêle à bois label flamme verte, avec tubage du conduit de cheminée en prime.
Quand je fais du feu, puisqu’il n’y a pas de VMC/aération, la cuisinière tire beaucoup d’air dans la pièce et au bout d’un moment faut aérer.
Du coup pour le moment je vais juste m’habiller un peu chaudement.
Si on ne m’a toujours pas livré du bois d’ici la fin de la semaine, je passerai commande de bûches compressées quelque part, peut-être à SimplyFeu, qui a un dépôt à Chalon-Sur-Saône, où l’on peut passer prendre les commandes directement soi-même, pour éviter de payer la livraison.
Et je ferai une petite flambée juste un peu le soir, quand il commencera à faire vraiment froid.
Là il fait 16,5°, ça va encore.

J’ai eu au téléphone l’entreprise de Châlon qui va m’envoyer un expert pour le dossier ANAH de demande d’aide financière pour les travaux d’isolation. Puisque je suis un foyer « très modeste », j’ai droit à 60% d’aide, + quelques aides annexes (soit 13.500 euros maximum), sur un budget de 20 000 euros max (tout surplus serait à ma charge), dont quasi 1000 euros d’expertise.
Si on pense à tous les dossiers ANAH qui nécessitent forcément 1000 euros d’expertise, on se dit que ce ne sera pas mon petit dossier tout seul qui coûtera le plus cher à la communauté.
Décidément, à partir du moment où la communauté me donne le droit à 13.500 euros, ça lui coûterait moins cher de me les donner directement sans tortiller du popotin, sans expertise, ça économiserait du temps, de l’énergie et de l’argent à tout le monde.

Mardi 9 octobre, 18h30, Roussillon :

Ce matin j’ai appris qu’il y a un atelier d’écriture en ce moment à La Peurtantaine, l’asso-gîte à moins d’1km de chez moi.
C’est peut-être le genre de truc auquel je pourrais participer (si les gens acceptent d’éteindre leur smartphones?), quand j’aurai un peu moins de choses à faire par ailleurs, comme arracher un lino et gratter des tomettes, réussir à faire réparer ma plomberie… Le jour où je pourrai prendre un bain dans cette maison, ce sera tellement un événement que, exceptionnellement, je prendrai un bain avec un verre de vin rouge bio sans sulfites, pour fêter ça.
Donc je suis passée faire coucou à La Peurtantaine, où les châtaigniers larguent des bombes.
J’ai réalisé qu’il y a des châtaigniers partout, par ici. Ca fait beaucoup de dîners gratis, si j’arrive à trouver le temps d’aller ramasser.
Il y a quelques jours, j’avais trouvé la page facebook de La Peurtantaine, avec l’annonce d’un chantier participatif, début septembre. J’avais envoyé un petit mot pour dire que c’était dommage que je l’ai loupé, ça aurait été l’occasion de faire connaissance avec des voisins.
A défaut de chantier participatif, dans l’immédiat, j’y ai récupéré un numéro de téléphone de plombier. C’est précieux, les téléphones de plombier.
On a parlé tissu associatif. Ma famille me disait « va pas te perdre dans le Morvan, c’est le désert ! ».
En fait non, pas du tout. C’est vivant ! Ca remue ! Faut s’approcher d’un peu près, peut-être, pour s’en apercevoir. Ce n’est pas (encore) aussi « énorme » qu’en Drôme ou en Ardèche ou dans le massif du Pilat, mais il y a du « potentiel », comme disent les agents immobiliers. Pour grandir, ça demande juste de l’attention, de l’huile de coude… Un peu comme mes tomettes : pour les récupérer, va juste falloir que j’y passe du temps. Beaucoup de temps.
On m’a parlé de l’association-lieu La Cafetière. On m’a appris qu’il y a des profs de qi-gong dans le coin.
Et puis j’ai déjeuné à l’auberge du village, de sandre et de frites, mon premier vrai repas digne de ce nom ici. J’ai lu en mangeant, bien comme il ne faut pas. Le « Food of the Gods », de McKenna, a fait office de petit verre de vin. Ce gars était génial, faut le dire.

Voilà, je fais mon atelier d’écriture à domicile. L’exercice est périlleux : raconter des rencontres avec des gens qui existent vraiment, qui pourraient me lire, respecter les limites de leur anonymat qui ne sont jamais que plus ou moins relative, à partir du moment où ils décident d’avoir une activité plus ou moins publique.

Cet après-midi, j’ai fait un mini tour express dans les gorges de la Canche. J’étais tombée amoureuse des gorges de la Cance, en Ardèche, l’année dernière, entre Annonay et Sarras.
Là, on dirait un peu sa petite sœur.

J’ai fait une visite à Chaleur Bois, à Autun, pour demander un devis pour une pose de poêle à bois. J’ai bien peur que leur prix soient trop élevés pour moi mais j’ai besoin de devis et ils ont des Brullerjan, qui me sont bien sympathiques, même s’ils sont un peu légers et ne font pas masse. J’aimerais un poêle un peu arrondi.
Je suis aussi passée à la maison de retraite où vit l’ancienne copropriétaire de la maison, Mme C.. J’ai déposé le carton de vieilles photos de famille qui avait été laissé dans la cuisine. La personne de l’accueil a trouvé ça très gentil mais a préféré que je ne rencontre pas Mme C. tout de suite parce qu’elle n’est pas sûre qu’elle soit au courant que sa maison a été vendue. Il vaut mieux éviter de causer un éventuel choc à la vieille dame, d’autant qu’elle ne me connaît pas.
J’attendrai un peu, mais j’aimerais bien la rencontrer, j’aimerais qu’elle me parle de la maison, connaître un peu son histoire.

Connexion à la terre:
A la maison de retraite, j’ai vu les sols plastiques, les chaussures plastiques des résidents. Même moi je deviens sénile dans des conditions pareilles. Faudrait faire des expériences très sérieuses : mettre des personnes âgées en maison de retraite de plein pieds, sur des « vrais » sols naturels et des chaussons en laine et cuir, ou des chaussures plein cuir… Ma main au feu qu’on verrait des résultats bluffants (sur la tension artérielle, la mémoire, l’équilibre, la régulation thermique…). La mise à la terre du corps sur le plan électrique, c’est magique, c’est la vie (voir le site du Eearthing Institute http://www.earthinginstitute.net/research/).

Ensuite je suis passée à CrocNature, à deux pas de là, le magasin bio d’Autun, plus grand que celui à la sortie de la ville, avec des prix nettement plus sympa, faut avouer. On m’a créé un compte fidélité.
J’ai donné l’adresse de la maison. Officiellement, sur les cartes, le lieu dit ici c’est « Provencière », moi je préfère dire « La Provencière ». Pour moi c’est la maison, « La Provencière », pas juste le lieu-dit. Je me demande d’où sort ce nom. J’ai lu sur Wikipédia que Roussillon en Morvan tient son nom d’une famille noble qui venait de Roussillon en Provence.
Souvent, quand je donne le nom de mon patelin, je me trompe, je dis « Roussillon en Provence ».
Récemment, j’ai découvert le phénomène de résonance en géobiologie, les phénomènes de résonance entre les choses de même forme, de même nom peut-être aussi ? Le phénomène de résonance, c’est ce qu’on évite avec des doubles vitrages acoustiques, dont les vitres sont d’épaisseurs différentes. Si les vitres sont d’épaisseurs identiques, là ça résonne.
Pourtant le Morvan n’a pas grand chose de la Provence, sauf cette année, avec ses fougères cramées, ses bébés sapins de Noël cramés, ses pâtures jaunies, ses lacs qui font comme celui d’Annecy et reculent…

Ce matin, à La Peurtantaine, on a parlé environnement, vu que c’est un peu le thème central de l’association, du moment (de ma vie, faut dire!), on m’a expliqué que ce qui assèche en partie le Morvan, c’est la plantation massive de sapin Douglas, des résineux qui ne restituent pas les 300L d’eau qu’ils pompent tous les jours.
Un chêne, ça respire, ça sue, ça rend ses feuilles en automne, en plus de faire de belles charpentes qui résistent bien aux ravageurs et aux parasites, contrairement aux conifères.
Je me suis encore arrêtée à Bricomachin avant de rentrer, acheter un chouilla de bûches compressées, un cuter en métal, des lames spéciales lino, un couteau (plat)/grattoir de peintre/à enduit avec un manche en bois, pour gratter mes tomettes.
Et enfin je suis passée à la chèvrerie.
Je commence à prendre mes marques, des petites habitudes, je commence à connaître des prénoms de voisins. C’est précieux, je me sens un peu moins comme une étrangère.
Le voisin qui va me livrer du bois m’a même expliqué qu’il s’est débrouillé pour trouver du bois encore plus sec que le sien, chez un collègue, et que c’est pour ça que la livraison prend un peu de temps. Royal. Je veux bien attendre pour la bonne cause.

 

Mercredi 10 octobre, 17h35 :

A y est j’ai du bois !!! Je suis joie !!
Et du coup j’ai un truc de plus à faire : ranger le bois !! [ps: en janvier 2019, je n’ai toujours pas rangé le bois! Depuis octobre, j’ai découvert Jonna Jinton, une youtubeuse suédoise qui montre parfois son propre tas de bois pas du tout rangé, du coup je me sens moins seule!).

Cet après-midi, j’ai passé 2h chez une voisine, une amie de l’ancienne propriétaire.
L’enquête sur l’histoire de la maison avance donc. Ca me fait une sorte de carte de visite (en + de mes vieilles cartes de visites de naturopathe, que je recycle ici en précisant bien que j’ai arrêté la naturopathie), un sujet de conversation (en + du pourquoi comment j’ai arrêté la naturopathie et de comment je compte reprendre l’aide à domicile).
« Est-ce que vous connaissez ma maison ? Son pédigré, ses anciens occupants… ? ». Il y aurait déjà de quoi en faire un roman.
J’ai besoin de la connaître comme on a besoin de connaître un nouveau patron, un nouveau collègue. C’est aussi un peu comme quand on marche : vaut mieux regarder où l’on met les pieds plutôt que de marcher au petit bonheur, faut apprendre à connaître le terrain pour savoir où l’on va et comment on va y aller (sandales, chaussures fermées, avec ou sans talon…).
L’élément historique le plus remarquable, c’est que l’une des grand-mères de l’ancienne propriétaire a été la nourrice de Jean Cocteau. Je pense que c’est le genre de chose que je peux raconter sans risquer de heurter des sensibilités. Il y a prescription.
Et il y avait souvent de l’eau dans la cave – ça, ça m’embête un peu, et des couleuvres – ça, ça m’embête moins.
Mais moi qui aime les endroits marécageux, là je suis un peu servie, avec le bout de terrain marécageux et le ruisseau qui passe à l’ouest de chez moi et mon terrain qui a tendance à retenir l’eau et à attirer les couleuvres… Mais c’est quand même bizarre, pour une maison où il y a souvent eu de l’eau, les murs n’ont pas l’air humides, il n’y a pas d’odeurs de moisi, d’humidité…

Jeudi 11 octobre 2018, Roussillon, 11h30 :
A y est j’ai une fosse septique !!
A la mairie, j’ai croisé le fils de mes voisins « du bas », qui a pu me donner des renseignements sur l’emplacement de la fosse, c’est royal, du coup je sais à peu près où chercher et je peux aussi aller voir mes voisins qui sauront peut-être me montrer l’emplacement de la trappe plus précisément.
J’ai aussi appris qu’il y a une « buse », une source, probablement sur mon terrain, dans le champ derrière la maison. A moins qu’elle soit en contre-bas sur le terrain marécageux qui appartient toujours aux gens qui m’ont vendu la maison, on ne sait plus trop…

Tout ça, toute cette aventure d’installation dans le Morvan, c’est vraiment un peu comme un jeu vidéo, sauf que c’est réel mais ça fonctionne un peu pareil.
Le nom du jeu c’est « ma ferme autonome » et le but du jeu, c’est de réussir à créer une ferme relativement autonome, qui fonctionne en coopération avec les voisins.

Là j’en suis au premier niveau.
Ou bien peut-être déjà au deuxième.
Le premier c’était « trouver la ferme et l’acheter » : quête immobilière, prospection, consultation des annonces immobilières, visites, apprendre à reconnaître la maison qui convient au projet (évaluation de l’état du gros œuvre, situation géographique, exposition, géobiologie…).
Le deuxième, c’est « l’emménagement » : mettre en route la maison, les « flux », l’eau, l’électricité, le chauffage, le téléphone… Faire ou faire faire les travaux indispensables… Mettre en place le réseau social, qui va être aussi un « flux » : celui de l’information locale –qui va aider à trouver le plombier, le bois.., et celui de la chaleur humaine, puis plus tard celui de l’entraide au besoin, du troc, éventuellement, si on arrive à se présenter correctement, sous un jour suffisamment propice, si on a amassé suffisamment de compétences au niveau…, euh, du prologue ?
Après, il y aura le troisième niveau : création du potager pour viser, à terme, une certaine autonomie en fruits et légumes, l’accueil des visiteurs, mise en place d’un troc de services avec les voisins… Et dieu sait quoi d’autre…
La quête de l’information sur l’histoire du lieu peut faire figure de « stratégie » pour faire connaissance avec les habitants des environs, se présenter, se faire connaître, récolter toutes sortes d’informations annexes potentiellement utiles (artisans, emploi, magasins…), et qui sait, un jour prochain, non seulement se sentir chez soi et être confortable, mais aussi avoir des amis ?
Vraiment comme dans un jeu vidéo, il s’agit d’aller parler aux personnages qu’on croise, en étant aussi cool et amicale que possible, en espérant tomber sur un maximum de gens cool et amicaux et en espérant éviter de tomber sur les méchants « boss »… Mais en sachant aussi que si on tombe sur un « boss » c’est que le jeu estime qu’on a déjà assez d’armes adaptées pour les affronter et pour sortir de la confrontation avec des points en plus… Et dans ce jeu-là, il n’est pas question de guerre ni de combat à mort. C’est d’avantage un jeu de société et, au final, en réalité, une quête initiatique.
Et justement à la mairie, j’ai appris qu’avec les noms de rue qui ont récemment été créé, j’habite maintenant au 1, route de Jeuzot. J’aurais bien gardé « Provencière » mais le jeu et les eaux, c’est bien aussi.

19h15 :
Je viens de voir deux gros camions passer à toute allure devant chez moi, ils descendent de Jeuzot, où ils s’activaient à raser une vieille ruine. Sur la remorque d’un des camions, il y avait une pelleteuse et, du coup, ça doit vouloir dire qu’on va arrêter de voir de gros camions faire les allées-retours pour charger les gravats, emmener les gravats… C’est soit ça, soit le chantier du futur poulailler du Gaec de la Ferme de Roussillon qui avance…
J’étais à Jeuzot hier, pour ma visite à l’amie de Mme C., juste à côté des travaux… J’ai réalisé que c’est bien peuplé là-haut, on m’a dit environ une cinquantaine de maisons, et les seuls gens de là-haut qui respectent la limitation de vitesse devant chez moi ça doit être ceux qui regardent ce qui s’y passe, en passant… Il y a trois jours, tôt le matin, avant le levé du jour, j’étais déjà debout, la lumière allumée, une voiture a calé devant chez moi.
Tellement ils ralentissent pour voir, ils calent !!
Je préfère encore ça à ceux qui klaxonnent avant de prendre le virage, tellement ils vont vite et tellement ils s’imaginent que klaxonner va faire ranger tous ceux qui arrivent en sens inverse… Oui oui, bah voyons, c’est cela, voui. On appelle ça de la pensée magique, et puis c’est dangereux de rouler aussi vite (j’en ai vu un déraper tout seul dans le virage plus haut, juste après avoir klaxonné, c’est ballot, un peu plus et boom dans le fossé), en plus d’être un truc illégal, hein (bon, déjà qu’ils grillent au fer rouge la limitation de vitesse, un truc illégal de plus ou de moins, hein, bon…).
Est-ce que je dois me demander si un jour, si ça continue comme ça, je vais en retrouver un encastré dans ma façade ?? Faut que je fasse un mur, ou bien ??
Le panneau « 50 » ne sera respecté que le jour où l’essence coûtera un bras, je pense. Là, on se dira que c’est peut-être bien finalement, de respecter la limitation de vitesse. Hein.
Donc je souhaite qu’un jour l’essence coûte un bras et ce jour-là, je m’achèterai un cheval de traie pour aller faire les courses, comme le gars de « Journal de marche » https://1ersauvage.wordpress.com/ , sauf que j’ai une étable et 6000m2 de pré, je ne prévoie pas du tout de faire SDF à cheval.
Ou bien je ferai des « sittings » sur la route, en protestation, jusqu’à ce que tout le monde comprenne bien qu’il y a quelqu’un qui vit là, quelqu’un qui est susceptible de faire des sittings quand ça lui chante, puisque la route est à tout le monde, elle est bien à moi aussi, après tout…

Cet après-midi, je me suis attaquée au buisson de ronces à côté du perron et je l’ai à peu près achevé. J’ai réfléchi au cours d’eau qui se forme quand il y a un gros orage et que ça ravine tout le long de la route au-dessus de chez moi, jusque dans ma cave.

Bout de racine d’un pied de ronce.

J’ai cherché avec quoi je pourrais faire un peu barrage, digue. J’ai trouvé de gros rondins derrière, j’ai ramassé 2-3 grosses pierres, dont une vraiment très grosse dont le transport exceptionnel avec mes deux petits bras de nana a fait ralentir un gars qui passait devant chez moi.
Je me dis que les gens d’ici doivent bien se marrer, en me voyant faire mes petits travaux avec ma petite pelle et mon petit seau et ma petite faux… Non je n’ai pas de débroussailleuse et je n’en veux pas, non je n’ai pas de tondeuse et je n’en veux pas (à moins que ce soit une hélicoïdale SILENCIEUSE), non je ne veux pas de tronçonneuse et je n’en veux pas, etc…

Bon, je finirai peut-être par louer, voir acheter ceci cela, en fonction du budget, comme je finirai par acheter des meubles d’occasion, comme je l’ai expliqué à Mme G., au Jeuzot,… au cas où elle aurait de vieux meubles dont elle n’aurait plus l’usage, elle ou un voisin, moi je veux bien acheter ce qui me plaît d’occasion (pas juste le premier truc qui passe, quand même), surtout si ça peut débarrasser des voisins… idem les outils…

Après une journée bien remplie, avec des travaux un peu physiques, dont environ 1h30 passée à gratter très énergiquement une bonne couche de plâtre (ou d’enduit?) sur environ 7 tomettes (à raison de 7 tomettes à l’heure, j’aurais peut-être fini dans un mois??)… Je me rends compte à quel point un bon petit verre de vin est le bienvenu pour atténuer un peu la fourbutude…

Je comprends mieux les ouvriers et paysans d’antan qui buvaient tant de « rouge » : ce n’était pas tant de l’alcoolisme, à la base, qu’un traitement anti-douleur (eh oui, à dose relativement modérée, l’alcool est anxiolytique et analgésique).
Va falloir que je m’achète du Boswellia serrata pour ce genre de fin de journée, ou de l’Harapaophytum, ce sera plus cohérent pour mon foie. La curcumine c’est bien aussi mais c’est cher et puis au bout de 3-4 jours de curcumine, je me mets à avoir des brûlures d’estomac.

J’ai commencé à écrire des « petits » articles pour le site de l’association Coeur d’EHS, à destination des électrohypersensibles qui ont besoin de conseils pour améliorer leur santé.
J’avoue que maintenant que j’ai arrêté ma tentative de pratique pro, je jubile un peu à l’idée de ne plus faire que du bénévolat. J’aime bien donner. C’est plus simple. Ca enlève un grosse pression inconfortable.

Vendredi 12 octobre, Roussillon, 12h15 :
Ce matin, je peux dire que j’ai récupéré 0,65m2 de tomettes, après environ 4h de travail (répartis entre hier et ce matin), sans compter l’enlèvement de la moquette et du lino.
Une fois nettoyée simplement à l’eau, dépoussiérées, elles sont toutes belles.
Je suis franchement fière, j’avoue.

21h : Aujourd’hui, j’ai continué mes petits travaux de terrassement. Ce matin un gars d’un magasin de poêle à bois est passé pour me faire un devis. Un plombier est passé en fin d’après-midi, faut refaire toute la plomberie à neuf. On pourra peut-être garder le vieil évier en céramique, ou pas. Et les gens de la Cafetière se sont arrêtés en passant, pour papoter avec le plombier (ici c’est l’endroit où l’on cause, je vous dis). Du coup ils m’ont rappelée qu’il y a concert dimanche soir, à 18h à la Cafetière. Un groupe de Perpignan. Je trouverai peut-être des gens avec qui papoter de Thierry Casasnovas, de Montescot, du cru ?

Hier en débroussaillant, j’ai trouvé un bout de mue de couleuvre et j’en ai retrouvé deux autres aujourd’hui sous l’évier, dont une entière. Carrément sous l’évier. On m’a dit « c’est bon signe ».
Perso j’adore. Le dessous de l’évier communique avec la cave. J’ai aussi trouvé un bout de mue à la cave. J’adore. J’ai hâte de trouver ma première couleuvre dans la maison, pour pouvoir la prendre à la main pour l’emmener dehors, ou bien pour la ramener à la cave ?! La première petite que j’avais trouvé, je l’avais transportée de l’autre côté de la route, en croyant bien faire. Bourde, donc, sorry.
Oui oui, je veux bien cohabiter avec des couleuvres (tant que personnes ne me les fait avaler), elles sont sûrement de bonnes prédatrices de plein de choses.

Dimanche 14 octobre, Roussillon, 12h45 :

Petit apéro solo (là où il y a de la gêne…). Vin rouge bio sans sulfites (au cas où vous vous demanderiez quoi m’offrir, un jour prochain).
Grand vent. Ca souffle fort. C’en est impressionnant. On se croirait en bord de mer. J’ai entendu il y un jour ou deux à la météo, à la radio, que le vent allait tourner à l’ouest, apporter de l’eau et une grosse dégringolade de température. Là, je ne sais pas si c’est du vent d’ouest, ça semble tournoyer un peu, en tout cas ça déménage et la température reste très agréable, comme un vent chaud de tempête du sud. Je suis pieds nus dans ma cuisine, sur du carrelage, et les pieds au frais restent confortables (je porte quand même 2 pulls en laine).
J’ai un peu de bordel dans mon champ de vision, face au perron, à la route, de la lumière et quelques premières couleurs d’automne, mais à peine, des couleurs qui se mêlent à celles de la sécheresse, si bien qu’on ne sait trop dire ce qui tient de l’automne ou du climat.

Et dire que, sous ma « terrasse », je stock de l’eau, éhontément. La cuve que j’ai découverte il y a environ 2 semaines s’avère être une cuve de récupération d’eau de pluie et lisier. Il faudra probablement y puiser avec des seaux. Je n’ai pas trouvé de robinet, d’écoulement. Mais je n’ai pas encore tout défriché autour, à voir.

Ce soir c’est concert à La Cafetière, à environ 1km d’ici. Si on m’avait dit il y a 10 ans que je viendrai vivre dans un coin paumé, mais à 1km d’une salle de concert associative… Bah j’aurais répondu « bah of course, évidement, normal quoi ! ». A l’époque je vivais à 500m des Tilleuls, un café-concert, à Annecy, je me sentais comme bénie des Dieux.
Un voisin d’Aigreveau, un lieu-dit en contre-bas, au sud, s’est arrêté devant chez moi ce matin pour se présenter, dire bonjour et signaler le concert.
Moi je faisais mes gélules de combo DMSA-ALA. J’en ai des 25mg qu’il faut que je divise en 2, pour faire du 12,5mg (à la louche, à vue de nez). Assise à ma table, face au perron, à la route, porte grande ouverte pour faire de l’air.
Cette maison a décidément un potentiel de buvette où il fait bon s’arrêter papoter 5 minutes.

Mon perron, il me fait penser au High Seat de la tradition Seidr – ou Seith, tradition chamanique scandinave. Certains auteurs parlent de l’importance su « haut-siège » dans cette tradition, certains auteurs parlent de l’importance du bâton, d’autres encore de l’importance du « mead » (hydromel dont la recette mystérieuse est perdue) servi dans une corne de vache.

On pourrait aussi parler de l’importance de la plume de rapace (comme dans la tradition nord-américaine) ou de la bouteille d’huile, comme en géobiologie…

Terrence McKenna en parle, du « mead », dans son « Food of The Gods ». Le bâton, on va dire que c’est un peu le bâton de Gandalf, dans le Seigneur des Anneaux et le High Seat ça peut être par exemple celui sur lequel s’assoie Frodon, à la fin de la première partie du Seigneur des Anneaux… Tolkien était un fin connaisseur des « Saga », de la mythologie et des langues scandinaves, en plus d’être un fan de champignons, comme ses Hobbits, visiblement.

Dans environ 3 semaines, je devrais avoir Internet [ps: en janvier 2019, je n’ai toujours pas internet], j’ai hâte, je pourrai regarder les Reines du Shopping en streaming, ou bien les infos, ou bien écouter de la musique sur Deezer et refaire du bénévolat sur les groupes de discussion « santé » facebook. J’aime vraiment ça, le bénévolat, en fait. J’arrête pas de dire, avec un grand sourire – aux gens qui me disent « oh quel dommage d’avoir arrêté la naturopathie » – que maintenant, les conseils sont gratis ! C’est gratuit, donné de bon cœur, gratos, conseil d’amie !

Alors de quoi se plaint-on ?! Les mêmes conseils, exactement les mêmes, à zéro euro de l’heure au lieu de 30.
Venez prendre le café, ou autre chose, ou bien invitez-moi chez vous à prendre la café ou la tisane et on papotera, on fera du partage d’expérience (parce qu’on sait toujours plus de choses qu’on ne le croit, oui, même vous), j’apprendrai beaucoup, vous aussi, et vous pourrez me demander mon avis sur tout ce qui vous chante. Je le donnerai bien volontiers, en bonne miss-je-sais-tout que je suis devenue (parce que lorsque j’avais 5 ans, non, j’étais juste mutique en société, d’autant plus qu’à l’époque on ne me demandait pas grand chose, à vrai dire).
Ou bien on fera du troc : je vous troquerai des conseils en nutrition pour traiter votre maladie auto-immune, ou autre chose, en échange de conseils en matière de plomberie, ou autre chose.

Ouhla… Les premières feuilles mortes volent, ainsi que la poussière sur la route, la terre des champs desséchés, le bâton qui tient les volets de l’entrée quand je m’en vais, et le fil de la ligne 220V qui se balance… Le ciel se voile, la bouteille se vide (un peu) (oui, j’ai une âme de punk, en vrai, j’écris ce texte en pensant à tous les gens qui vont venir au concert de ce soir à La Cafetière et qui, eux aussi, même s’ils n’osent pas l’avouer, ont une âme de punk ou de rockeur, au moins à temps partiel)…

 

Lundi 15 octobre, 6h :
J’écris beaucoup trop. Je vais devenir la gazette de Roussillon.
Hier soir, à 18H, c’était concert à La Cafetière, une grande maison pleine de cachet et lieu d’accueil associatif. Je serais bien restée jusqu’au bout mais il y avait trop de smartphones !
Beaucoup de gens = beaucoup de smartphones.
Va falloir que j’explique aux voisins mon petit soucis d’électrohypersensibilité, histoire qu’ils ne s’imaginent pas que je suis juste une sauvage qui part sans dire au revoir parce qu’elle est trop mal élevée.
Et je n’avais pas prévu de rentrer à la nuit, alors j’y suis allée à pied et tout le monde m’avait dit que c’était à deux pas, en fait non (au moins 2km? Je suppose que personne n’y va jamais à pieds ??), surtout quand on se goure de chemin en rentrant à la nuit, en craignant la pluie qui menace quand on n’a pas de parapluie, sur une route qu’on ne connaît pas avec juste une petite lampe led de porte-clé.
A part ça je me serais crue aux Tilleuls à Annecy, ou bien à la salle des fêtes de Bellecombe en Bauges. Ambiance conviviale, des jeunes, des moins jeunes, des gosses, des gens que je ne connais pas qui m’appellent déjà par mon prénom, un petit jardinet où fumer, prendre l’air, patouiller le chat, faire une pause sans trop de smartphones…

Connexion à la terre: 
J’ai flashé sur les carreaux de ciment de la grande cuisine-bar et j’ai passé un long moment à méditer sur les Converses noires de la chanteuses : j’avais les mêmes à une époque et j’ai pensé déminéralisation, stress chronique, fatigue chronique, conséquences de la vie hors-sol isolé de la terre sur le plan électrique… J’ai imaginé la chanteuse avec des chaussures de flamenco plein cuir à l’ancienne et ma main au feu qu’on l’aurait entendue et sentie taper du pied jusqu’au fond du jardinet avec des chaussures pareilles… Les carreaux de ciment n’auraient peut-être pas survécus. Alors que là, avec du plastique au pied, on est comme avec des boulets aux pieds et on se demande pourquoi on est tout stressé tendu fatigué, avec des boulets aux pieds qui nous en font bien baver tout le temps, et pourquoi la vie semble si dure, et triste et sombre, alors qu’on a tant de fougue, tant de feu en soi, et pourquoi c’est si difficile d’arrêter de fumer, du coup… Mais des boulets aux pieds tout le temps, c’est une telle source de stress que, forcément, il faut des trucs pour compenser, calmer, détendre, tout le temps… Surtout qu’il y a non seulement les chaussures en plastique, les chaussons en plastique, mais aussi les matelas des lits en synthétique, les couettes en synthétique, les vêtements en synthétique, l’asphalte en ville, les planchers flottants, les moquettes… On est plombé de partout, et je ne vous parle même pas des trucs qu’on nous met dans les dents, littéralement, ou dans le ventre quand on est une femme en prime, littéralement (plombages, implants en tous genres, stérilets, couronnes, composites…)…

Alors, cadeau de naturopathe à la retraite, je vous offre une liste de quelques uns des symptômes les plus classiques d’électrohypersensibilité dans un lieu saturé de champs électriques hautes fréquences, comme La Cafetière, un soir de concert (wifi, smartphone, bluetooth…) – attention, on cumule rarement tous ces symptômes à la fois !

– Les yeux qui se plissent comme s’il y avait trop de lumière, larmoiement
– Maux de tête, vertiges
– Tachycardie, oppression, hypo/hypertension
– Somnolence, fatigue
– Troubles de la mémoire et de l’attention : sensation de devenir « Alzheimer », sénile (ex. :difficulté à faire des calculs de tête, désorientation, problèmes de coordination, on égare plein de choses, on perd nos mots au milieu d’une phrase, on devient mutique…)
– Chat dans la gorge, ou gorge qui se sert.

On notera qu’un bon nombre de ces symptômes peuvent être confondus avec ce qu’on appelle « émotivité », avec des symptômes soit-disant « psychosomatiques » (on est toujours très rapide à psychanalyser ce qu’on ne comprend pas).
Certains symptômes peuvent apparaître en différé, au bout d’un certain temps d’exposition ou après la surexposition. Il peuvent varier de minute en minute, en fonction de la puissance des smartphones qui se déplacent dans les poches autour de vous….
Tous ces symptômes peuvent devenir chroniques en cas d’exposition chronique et peuvent se dégrader en pathologies variées, ophtalmologiques, cardio-vasculaires, neurologiques, burn-out… Pathologies dont les médecins seront incapables d’expliquer la cause, ou bien, leur incompétence en matière d’électrohypersensibilité les amèneront à vous expliquer, avec beaucoup d’assurance, que « tout ça, c’est dans votre tête, allez voir un psy ! ».
Un électrohypersensible pourra ressentir ce genre de symptômes même en l’absence de champs électriques haute-fréquences, quand il est hors-sol, sur/dans de l’isolant électrique et/ou en présence de champs électriques basse fréquence (émis par toute installation/appareil électrique sous tension…), ou encore en présence de champs magnétiques, comme celui des moteurs en rotation (compresseur du frigo, machine à laver, voitures, tondeuses…).

Pour savoir si certains de nos symptômes sont dus à notre environnement électromagnétique, il faut faire un comparatif avec/sans pollutions, pour voir si les symptômes varient en fonction de l’environnement: aller en pleine nature, pieds nus ou en chaussures plein cuir, habillés uniquement de vêtements 100% naturels (ou à poil sur une plage naturiste!), avec zéro électricité/antenne relais/smartphone à 1km à la ronde, de préférence entouré de beaucoup d’arbres, qui font écran aux pollutions électriques émises par la « civilisation ».

Ce matin, alors que j’écris ce texte, je me rends compte que la pluie, qui menaçait hier soir, a fini par passer tout à fait, sans tomber. Le sol est toujours aussi sec qu’hier, les nuages semblent défaits, le vent à presque tout emmené, alors qu’il y a trois jours à la radio ils annonçaient la pluie et la fraîcheur tant espérées par les cultivateurs. Pluie qui tombe à torrent dans le Sud, mais pas encore ici.
A l’heure où l’on parle de « marcher pour le climat », il peut être bon de prendre conscience de tout ce qui nous retient de nous mettre « en marche », comme Emmanuel, ce qui nous retient de nous « sortir les doigts », comme dirait Michel Onfray depuis son AVC (un AVC peut laisser des séquelles cocasses, comme une grosse désinhibition).
Les boulets qu’on a aux pieds sont nombreux, pas étonnant qu’on traîne autant la patte à réinventer nos modes de vie pour les rendre plus compatibles avec la nature, notre nature. La bonne nouvelle c’est que, bons nombres de ces boulets, nous pouvons nous en libérer en appuyant sur un bouton (désactiver le wifi ici, le bluetooth là…), en achetant des chaussures plein cuir franco-françaises qui viennent de la Drôme (des Made In Romans), ou en allant acheter des vêtements et de la literie en matière naturelle pas chers chez Emmaüs, de préférence en faisant du covoiturage avec les voisins, en attendant de devenir capable de fabriquer nos propres vêtements, nos propres chaussures…
Et à terme, pour améliorer le bilan carbone des concerts en organisant des concerts 100% locaux, on deviendra peut-être un peu tous musiciens, comme bon nombre de nos ancêtres, qui n’étaient pas si « arriérés », ou « en retard » que la « modernité » voudrait nous le faire croire.

 

Quelques autres photos:

Compagnons d’aventure sans alcool.

 

Visite

 

Les roues, wheels.

Mes premières pommes: elles se gardent mal mais elles sont délicieuses! Peu acide, sucrées et parfumées.

 

 

Journal de transition – septembre

Journal de transition, septembre 2018

— Rien écrit en août —

Au menu :

Achat et mise en route de la maison de transition
Énergie : hors-réseau ou en bord de réseau, l’eau, le feu…
Cadeaux de bienvenue
Connexion à la terre, sommeil, tapis de connexion, surrénales, chakra racine
Chélation, protocole Cutler
Travaux, devis, huisseries, aides financières
Religion, prière, paganisme
Psychédéliques, Marija Gimbutas, Jeremy Narby, Terence McKenna
Chélation, dump phase, détox
Toit, charpente
Devis, aides financières, entreprises RGE, isolation, gain énergétique
Circulation des énergies
Histoire de la maison

 

Dimanche 16 septembre, 7h30.

A y est. L’achat de la maison de « transition », c’est fait.

Signature dûment fêtée quasi dès l’arrivée, avec un petit apéro en solo sur la terrasse.

Début du ménage

Je n’ai pas encore les toilettes sèches, ni le triple ou double vitrage mais la cuisinière à bois est quasi en état de fonctionner (reste à virer la laine de verre et d’éventuels autres trucs incombustibles égarés dedans), j’ai le certificat de ramonage, j’ai l’eau (avec un compteur tout neuf, le seul truc neuf de la maison), et le ramoneur-plombier-chauffagiste repasse demain pour réparer la fuite sous la baignoire, du coup je pourrai en principe me servir de l’eau dès demain, et j’ai l’électricité, vu que je ne compte pas tenter de « sortir » du réseau tout de suite.
D’abord en bord de réseau et peut-être à terme sortir du réseau, sortir au moins du nucléaire.

Là, vu que je galère pour raccorder ma bouteille de campingaz à mon vieux réchaud, j’ai craqué, pour avoir de l’eau chaude de bon matin, j’ai acheté une bouilloire électrique à 10 euros.
SHAME (shame = honte, en anglais)!!!

Bon, le gaz non plus ce n’est pas très « off grid »/hors-réseau (oui je suis bilingue, pardon), c’est de l’énergie non-renouvelable mais je me vois mal mettre en route la cuisinière à bois juste pour chauffer mon demi-litre d’eau pour le café (très délavé). Je suppose que les anciens laissaient la cuisinière à bois allumée toute l’année, ne serait-ce qu’à petit feu pour avoir de l’eau chaude tous les jours ? Ou peut-être que les cuisinières de ce genre sont apparues en même temps que les bouteilles de gaz ? Et du coup en été, on laissait la cuisinière éteinte et on se contentait de la gazinière ? Parce que là en journée je suis encore en tshirt. Quand l’air fraîchit dehors, l’intérieur de la maison reste tiède, même le matin, la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur reste très nette (et appréciable). Le sol et les murs font masse (sur le plein thermique), c’est agréable. Ce le sera peut-être un peu moins en hiver…
Bref.
J’ai amené les WC chimiques de « ma » petite cabane du Jura (« chimique » aux huiles essentielles, hein, quand même).
Hier j’ai été faire connaissance avec le bourg du village. J’ai pris un café à l’auberge, on m’a gentiment rempli 2 bidons d’eau, parce qu’on n’est pas sûr que l’eau des toilettes publiques soit potable.

Demain j’irai faire connaissance avec la mairie, je demanderai si l’eau des WC publics est potable, faut aussi que je transmette des remerciements à l’employé de mairie qui a fait les travaux du compteur d’eau alors que je n’étais pas encore là. C’était agréable de trouver un truc déjà fait à mon arrivée, comme de voir la factrice s’arrêter devant la maison alors que je venais d’arriver, pour me donner une lettre d’Orange (la ligne téléphonique n’est pas prête à être rouverte, mais bon, au moins Orange sait où me trouver).

Hier j’ai fait connaissance avec des voisins, l’un d’eux m’a offert un cadeau de bienvenue génial : une paire de baguettes de sourcier faites maison, à la minute, au cas où ça pourrait m’aider à trouver ma fosse sceptique. Les baguettes marquent bien certains endroits mais soit je ne creuse pas assez profond, soit je ne suis pas douée et c’est juste n’importe quoi, soit il se peut aussi qu’elles marquent juste des canalisations du réseau d’épandage (ou des galeries de taupe)…
Bref, je me donne encore la journée pour trouver, après je repousse le rendez-vous avec l’entreprise qui doit venir vidanger la fosse, en principe demain.
J’ai eu un autre cadeau de bienvenue impromptu que je trouve de bon augure: au magasin bio situé à la sortie d’Autun, où je me suis arrêtée vendredi après la signature chez le notaire, il y avait une tombola, je me suis inscrite et, truc de fou, moi qui ne gagne jamais rien, j’ai gagné un petit sac de produits « Bonneterre », dont une tasse, dans laquelle je bois mon café-chicorée bio délavé, mon rituel matinal. J’ai aussi amené des tasses, que j’avais achetée à Prague en 1998, et auxquelles je tiens un peu (« Ahhh, revoir Prague et mourir ! », Lol!)… Mais je me suis dit qu’il fallait honorer le cadeau et s’en servir, comme je vais me servir du chocolat et des fruits secs. Les petits gâteaux glutenisés, par contre, je les offrirai à je ne sais qui (à quelqu’un que je n’aime pas ??! re-lol).

J’ai la tête qui part dans tous les sens quand je pense à tous les trucs « à faire ».
Par exemple penser à demander au merveilleux ramoneur-plombier-chauffagiste qui passe demain…. (oui, c’est précieux, un plombier qui ne soit pas débordé au point de ne pas rappeler et qui peut caser un dépannage en quasi urgence en 48h)… lui demander de me faire un devis pour un ballon d’eau chaude, tant qu’il y est. J’ai oublié de lui en parler hier. Je ne me souvenais plus qu’il m’avait dit qu’il est aussi plombier-chauffagiste.
A la base je le faisais venir juste pour ramoner les deux conduits de cheminée : celui de la cuisinière et de la chaudière. Mais le conduit de la cuisinière lui a pris un gros moment (ça n’avait pas été ramoné probablement depuis au moins 20 ans) et j’avais ce soucis de fuite sous la baignoire et je n’arrivais pas à enlever la trappe de la baignoire pour accéder au dessous, ne serait-ce que pour éponger, donc on a dévié et du coup il a juste regardé la chaudière, qui est trop vétuste pour lui (il connaît mieux le neuf que l’ancien, c’est bien honnête de le dire) et donc, on a zappé le ramonage du conduit de la chaudière pour faire le diag de la fuite sous la baignoire.

Je crois qu’il est fort probable que je fasse carrément virer la chaudière sans chercher ni à la réparer, ni à la remplacer. Et la cuve de fioul virera avec. Ca me rebute franchement d’avoir autant de pétrole chez moi. Moi qui culpabilise déjà d’avoir acheté une bouilloire en plastique, alors une cuve de bien 1000L de fioul…
Je vais voir cet hiver si c’est vivable de se contenter de la cuisinière à bois (oui, soyons fou!).

Avec des doubles ou triple vitrages, et une nouvelle porte, ça pourrait peut-être le faire… ?? Et dire que des gens ont vécu ici à l’année, juste avec une grosse cheminée et des simples vitrages… Et moi je fais la chochotte en me disant que « peut-être, avec des doubles vitrages ça va le faire ? »…
Costauds, les « anciens », quand même…

—- C’est là que j’aborde le sujet de la connexion à la terre. Définition de la connexion à la terre : « mise à la terre du corps sur le plan électrique », soit « au naturel » c’est à dire pieds nus dans l’herbe ou sur d’autres sols naturels (ou dans l’eau!), ou avec des chaussures à semelles plein cuir sur des sols naturels, soit via des systèmes de connexion à la terre/earthing, comme on en trouve sur Geotellurique ou Navoti ——

Cet histoire de vitrage, je n’y pensais pas du tout jusqu’à vendredi soir, quand j’ai réalisé que je ne pouvais pas dormir dans la chambre côté Nord/prairie, parce que je ne peux pas brancher mon piquet de terre de ce côté parce qu’il y a des vaches, et donc une clôture électrique et le piquet de terre et le câble qui relient le piquet au tapis de connexion font « antenne » et captent les champs électriques (se mettre à la terre à proximité d’un champ électrique costaud, c’est pas bon). Et la clôture électrique, il n’y a pas moyen de l’éviter : elle longe toute la maison et elle émet un champ électrique bien costaud.
Donc je me suis dit que j’allais dormir dans une chambre côté route, puisque je devais planter mon piquet de terre de ce côté-là, mais à 21h, il y a encore quelques voitures qui passent et les simples vitrages sont vraiment très minces !!

Le bruit du passage ne me dérange absolument pas en journée, c’est suffisamment sporadique pour ne pas être gênant, mais le soir, quand je veux dormir et que je suis vannée, ça devient too much.
Bref, impossible de dormir près de mon piquet de terre…

Vendredi soir, j’étais tellement vannée qu’à 22h, je n’ai pas du tout eu l’idée de démêler les câbles qui relient le piquet au tapis, pour voir si ça pouvait aller jusqu’à la chambre « Nord » (ces câbles s’emmêlent beaucoup, je n’ai jamais vu de câbles qui s’entortillent autant, c’est abominable à démêler). Et du coup j’ai dû dormir sans « terre », enfin, disons que j’ai vaguement réussi à dormir un peu sans terre.
J’ai mis un temps fou à m’endormir, j’ai mal dormi, je me suis levée la tête dans le pâté, et sans de quoi faire chauffer l’eau pour le café… Enfin, à 7h15 j’étais quand même en train de m’attaquer aux ronces au-dessus du probable emplacement de la fosse sceptique…
Bref, pour ma première nuit ici, j’ai retrouvé mon sommeil tout pourri d’il y a un peu plus d’1 an, du temps où je ne dormais pas à la terre.
Ce n’est pas que je sois devenue « accro » à la connexion à la terre, c’est juste que, selon moi, un sommeil tout pourri, c’est un signe de manque de « terre » au quotidien et un signe de surrénales plus ou moins dans les choux (d’après ma compréhension actuelle des choses, les glandes surrénales sont les organes qui ont le plus besoin de la connexion à la terre, c’est leur « nutriment » « énergétique » de base, les surrénales sont souvent associées au chakra « racine », et une racine a besoin de terre pour fonctionner !).
Sommeil tout pourri dès l’enfance = surrénales toutes pourries dès l’enfance et manque de terre.

Les surrénales sont les glandes gestionnaires du stress et j’ai tendance à penser que les femmes ont des surrénales plus faibles que celles des hommes, parce que vivre dans une société patriarcale misogyne (donc particulièrement stressante pour les femmes, donc épuisantes pour leurs surrénales), pendant des générations et des générations, ça a forcément des conséquences génétiques et épigénétiques néfastes sur le corps, conséquences qui se transmettent de génération en génération, ce qui conduit à avoir des faiblesses physiologiques qui se transmettent et s’amplifient lentement de génération en génération…
Un bébé qui naîtrait avec un système neuro-endocrinien dans les choux mais qui passerait beaucoup de temps à la terre dès sa naissance (dans les bras de gens eux-même à la terre, par exemple), pourrait peut-être voir ses surrénales et son sommeil se maintenir, voir se réparer au fil des mois, des années. Peut-être.
A moins que les femmes aient naturellement un besoin de « terre » plus important que les hommes, pour des raisons physiologiques qui m’échappent encore…

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’hier j’ai eu l’idée de démêler tous mes câbles et Ô Joie ! Je peux bien brancher mon tapis à un piquet situé au sud de la maison et l’amener dans la chambre Nord. Les câbles sont assez longs, une fois démêlés.
Si je devais héberger quelqu’un d’aussi sensible que moi au bruit, on pourrait faire un « dortoir » de cette chambre Nord et j’ai même un connecteur pour brancher 2 tapis au même « câble de terre ».

Du coup, je suis moins en stress et du coup j’ai beaucoup mieux dormi cette seconde nuit et je n’ai pas trop stressé hier quand le voisin qui met ses vaches sur mon terrain m’a dit qu’il ne pourrait pas les déplacer tout de suite (trop occupé en ce moment et, déplacer une clôture, c’est sûr que c’est du travail et je n’ai pas envie d’être chieuse dès mon arrivée et je préfère créer des relations de bon voisinage plutôt que l’inverse!!).

Je peux donc survivre ici, à la terre la nuit, même avec la clôture électrique à deux pas de la maison, ça va.

Mais bref, ces simples vitrages m’ont fait réaliser que la première tranche de travaux à prévoir c’est le changement des huisseries et, ça, je n’avais pas prévu (personne n’ai parfait, hein) et je n’ai même pas pensé à le budgetter à l’avance (aucune idée du coût) et qu’il va peut-être falloir que je trouve un boulot illico pour arriver à boucler le budget.

Et donc, vendredi soir, sans « terre », dans une nouvelle maison, ma maison, je cogitais et je commençais à me dire « oh la la, j’ai peut-être fait une connerie monumentale en achetant, si ça se trouve je vais échouer à tout gérer, le changement des huisseries est peut-être inatteignable dans l’immédiat, ça va être impossible de blablabla…, va falloir que je trouve des artisans à qui demander des devis, blablabla… et va falloir que je trouve un boulot genre la semaine prochaine… blaaaaahh».
Et c’est là que je bénis Andrew Cutler et son protocole de chélation des métaux lourds parce que s’il avait fallu que j’envisage de reprendre le boulot il y a 6 mois, ça m’aurait mis dans un tel état de stress que j’aurais échoué à dormir, même à la terre !!!

Il y a 6 mois, je n’étais pas en état d’envisager reprendre un boulot. Trop de fatigue, de fatigabilité.
Mais là, ça va, la chélation fait son bon œuvre. Reprendre un petit job d’aide à domicile de 15-20h/semaine, ça devrait être faisable.
Donc j’ai quand même réussi à dormir un peu.

Et en prime, dès le lendemain matin, un ramoneur me propose de prendre les cottes des huisseries pour son « collègue » menuisier qui pratique des prix sympa…
Donc ça devrait se mettre en place, d’une façon où d’une autre.

Je prie beaucoup.
J’ose dire que je deviens religieuse, franchement.

Une visiteuse…

J’avais pour ainsi dire « découvert » la prière en 2010-2011, environ, peut-être bien avec les bouquins de Jean-Yves Leloup – l’hésychasme, la prière du cœur orthodoxe – puis l’oraison catholique, des formes de méditation propres au monothéisme.
Ma religion n’est ni le christianisme, ni l’hindouisme, ni aucune des autres religions monothéistes actuelles. C’est d’avantage une forme de paganisme, faut bien le dire. Enfin, du moins, je commence à réussir à le conceptualiser et à oser le dire, enfin l’écrire, pour commencer.

Je pourrais résumer en disant que ma religion c’est l’amour de la vie, de tout ce qui bouillonne de vie, de ce qui porte la vie, de ce qui est propice à la vie, de la protection de la vie, de la biodiversité, de l’environnement, des « esprits » propices à la vie, etc… Religion de bienveillance « vraie », aussi. S’agit pas d’aller prendre les armes ou de se mettre à beugler pour la faire valoir.

Bon voilà, il est 10h, j’ai bien bu, bien écrit, bien mangé, je peux m’occuper de tout le reste !

Lundi 17 septembre, 8h20, Roussillon en Morvan.
Tête dans le pâté. Se pourrait-il que mes hormones me fassent encore des misères ? Seconde partie de cycle, donc probabilité que cela soit non seulement la nouveauté, le stress…, tout ça, mais les hormones, trucs de fille, syndrome prémenstruel, blahhhh.

J’ai appelé l’entreprise d’assainissement pour annuler la vidange de la fosse, qui reste aux objets perdus.
Je vais à la mairie ce matin, au cas où je vais en profiter pour demander si leur employé de mairie a assez d’ancienneté pour se souvenir éventuellement de la façon dont le lieu a été aménagé, ou s’il y a un « ancien » quelque part qui pourrait se souvenir On m’a parlé d’une amie de l’ancienne propriétaire, qui habite au village et pourrait peut-être savoir des trucs. En tout cas voilà, va falloir que j’enquête, parce que creuser, là j’avoue je commence à fatiguer. Non pas que j’ai beaucoup creusé mais j’ai défriché, j’ai balayé, j’ai passé la serpillière, j’ai fait des allée-retour pour chercher de l’eau ou de quoi raccorder mon réchaud à ma bouteille de gaz et puis je ne sais plus quoi d’autre, la route, les émotions…, tout ça avec les nuits un peu perturbées, eufh, creuser….

Faut que je reprenne la chélation, aussi, peut-être. J’en suis au 8ème jour depuis la fin du dernier tour de chélation. Ca commence peut-être à se sentir. Si mon corps est en mode « relargage » des stocks » de métaux lourds, il galère à le faire tout seul, les chélateur le soutiennent bien dans son effort. Si je reste trop longtemps sans chélater, c’est possible que ça finisse par « charger » le foie, les reins…

Comme je n’ai pas internet, je m’occupe en partie en farfouillant dans mes documents PDF, tous les trucs téléchargés et jamais lus en entier à ce jour.

Hier soir j’ai commencé à lire « Mushroom sacrements in the cult of early Europe », par Carl Anton et Paul Ruck (NeuroQuantology, March 2016, Volume 14, Issue 1, Page 68-93, doi: 10.14704/nq.2016.14.1.897). Ca parle des « psilo », les champignons « magiques », considérés comme des médecines sacrées par de nombreuses cultures.

J’ai aussi amené un carton de livres. Il y a environ une semaine j’ai commencé « Food of the Gods », de Terence McKenna (ça existe aussi en français : « La nourriture des dieux »).

Miam, si je puis dire.

Il y a 2-3 semaines, via la lecture du « Serpent cosmique » de Jeremy Narby, j’ai découvert Marija Gimbutas.
Narby cite Campbell, et sur le site web de Campbell, il y a une grosse bibliographie variée avec, entre autre, les bouquins de Gimbutas dont les titres m’ont interpellée. Le culte de la Grande Déesse, tout ça… La religion qui existait probablement en Europe et partout ailleurs avant l’avènement des religions monothéistes et de la culture patriarcale. Une société qui aurait été réellement égalitaire, pacifiste, et qui aurait vénéré une Grande Déesse, à la fois unique et multiforme : la Grande Déesse, ce qu’on pourrait appeler aussi tout simplement « la Vie », qui anime toute chose et tout être, le lion et la gazelle, l’humain et la bactérie, le champignon et l’étoile.
Et en lisant McKenna, je découvre qu’il cite Gimbutas. Cette nana était géniale…

Mardi 18 septembre, Roussillon, 11h40 :

J’ai enfin passé une bonne nuit. J’ai repris la chélation hier après-midi et, voilà : nuit nickel.
Ce matin en me levant, je chantonnais carrément.
Donc je pense que je suis bien en phase de « relargage » des métaux lourds, phase de détox spontanée, et que, comme Andrew Cutler l’explique, chélater à ce moment-là permet de soulager les symptômes de la détox (baisse d’humeur, troubles du sommeil, augmentation de la sensibilité au bruit…). Le chélateur vient « tamponner » les métaux lourds remis en circulation dans le sang et la lymphe, le foie et les reins « s’encrassent » moins…, bref, ça soulage (pour plus d’infos sur la chélation, voir mon article « Protocole de chélation Cutler – les bases).

Je me suis donc levée tôt, avant l’aube et j’ai commencé à virer les petits nids de guêpes accrochés aux fenêtres et au-dessus de la porte d’entrée. Mais, contrairement aux jours précédents, la température de l’air était tellement douce, les guêpes tout juste endormies, que j’ai préféré éviter de toucher à ceux qui étaient les plus habités. J’ai surtout virés ceux dans la boîte à lettre, comme ça j’ai pu la fermer correctement (il y a même une clé!), donc le facteur pourra laisser des trucs dedans sans que ça craigne trop.

L’orage a menacé pendant tout le début de la matinée, il a même un peu tonné vers le sud, et puis finalement, il s’est éloigné, ça c’est éclairci, et il fait à nouveau chaud. C’est très agréable. Ca permet au sol de la cave et de la chaufferie de sécher. Il y a eu un gros orage il y a 15 jours, l’eau a raviné a droite à gauche et comme la virage de la route qui contourne la maison est en légère pente et que des travaux venaient d’être fait, que la terre avant été remuée et mise à nue au bord de la route, ça a raviné, de la terre sablonneuse a été chassée contre la maison et de l’eau a un peu inondé la cave et la chaufferie. Rien de grave, vu que la chaudière est vétuste et éteinte de toute façon, et le sol de la cave est en terre battue, il a épongé, mais bon, je laisse ouvertes les portes en journée pour que ça sèche. Sacrée chance qu’il fasse aussi beau.

Dans la rubrique des trucs à faire, il faut que je trouve du bois de chauffage sec pour cet hiver. A la scierie en contre-bas, ils en ont un peu, mais du vert à fendre qui ne pourra pas faire pour cet hiver.

Je dois contacter un plombier pour un devis.

Je dois contacter une entreprise pour un 2nd devis pour les huisseries ; le ramoneur-plombier-chauffagiste qui est passé hier a pris les cotes pour son collègue menuisier. Donc ça fera un premier devis.

Faut que je dessine des plans et que je regroupe tout un tas de documents pour la semaine prochaine, pour des gens du service «énergie » du Parc du Morvan qui vont me dire si j’ai droit à des aides financières, un peu, beaucoup, ou pas, pour les travaux. Déjà que j’ai eu un rabais sur les frais de notaire parce que je suis en zone de « redynamisation économique » ou je ne sais plus quoi… Je me dis qu’il y a des chances…

Faut que je repasse un coup de serpillière partout, que je finisse de virer toutes les araignées et leurs toiles aux plafonds. Côté ménage, j’ai bien dégrossi la salle de bain et ma chambre côté nord, mais reste plein plein plein plein à faire partout ailleurs, sans parler d’enlever la moquette dans la chambre sud-ouest (là je vais m’amuser, je pense, ça risque de me prendre des semaines à tout grattouiller centimètre par centimètre si c’est collé sur toute la surface), les peintures/enduits, faire tuber le conduit de la cuisinière (un jour prochain), m’assurer que la fosse est vraiment inaccessible (chercher des trappes un peu partout, comme à l’entrée de la grange, où une dalle bringuebale un peu bizarrement…), louer une débroussailleuse, etc, etc…
J’ai contacté un ami qui s’y connaît bien en rénovation de vieille maison. Une sorte de maçon-électricien-chauffagiste-plombier-menuisier amateur avec environ 40 ans d’expérience dans la rénovation de vieilles pierres, c’est précieux ! Il a accepté d’être mon conseiller technique, il pense pouvoir venir début/mi-octobre [ps : au final l’ami s’est défilé].

J’ai commencé à trier des photos pour mon neveu. Je ne sais pas encore comment je vais organiser tout ça. Je vais peut-être lui faire plusieurs petits albums thématiques (papy, mamie, les chats, Paris…), une sorte de rétrospective de ces dix dernières années, ainsi qu’un aperçu des années précédentes.
Je fais beaucoup de photos depuis 1994, à l’époque c’était de l’argentique, je faisais tout tirer sur papier systématiquement, mais depuis que je suis passée au numérique, ça a tendance à tout rester sur ordi et disque dur.
Ca fait pas mal de volume à trier !

 

Jeudi 27 septembre 2018, 7h50, Roussillon.

Ce matin à la radio (sur NRJ, première fois depuis des années que j’écoute NRJ), j’ai appris qu’un français sur 5 aimerait pouvoir vivre pieds nus.
Du coup, je me sens moins seule.
Un des animateurs racontait qu’il est tout le temps pieds nus, dès qu’il peut, mais que le regard des gens est pesant (en effet)… Et un autre a dit « oui mais en ville, par terre, c’est dégueulasse. »…
Évidement, en ville. Va à la campagne de temps en temps, gros malin, c’est pas pareil !

Je suis arrivée hier après-midi, à 15h30. Je suis partie de mon chez moi haut-savoyard à 9h50, je me suis arrêtée acheter du pain riz-sarrasin et du beurre au lait cru à Satoriz, j’ai fait 2 pauses pipi-café-casse-croûte, donc en tout j’ai mis un peu moins de 5h pour faire la route en passant par les départementales. Mort à l’autoroute !! qui ne me fait gagner environ que 1H (je roule lentement), tout en me pompant 25 euros pour le péage et bien 10 euros de plus pour l’essence, je pense.
J’en viens à trouver cool la nouvelle limitation de vitesse à 80km/h: c’est vrai qu’elle fait faire des économies d’essence, c’est bien pour moi et pour l’environnement.

Je stress un peu à l’idée de faire le trajet avec mes chats. J’envisage de les amener ici de nuit, début novembre, je ferai la route en soirée, je me dis que ça aura des chances de les perturber peut-être un peu moins de ne pas trop voir le paysage défiler. Je leur ai trouvé une grande cage de transport métallique à Bazar Sans Frontière. Mon chat est capable de défoncer une petite caisse de transport en plastique, donc du 100% métal, ce sera plus sûr. {ps : en novembre, je ne peux pas encore emménager, je n’ai pas de nouvelle porte, pas de chatière, j’ai une cuisinière bois qui fume, etc…]

Hier, à peine arrivée, j’ai testé ma cuisinière à bois. J’ai amené quelques bûches. Il y a une dizaine de jours, j’avais ramassé du petit bois ici, sous le cerisier.
Résultat : oui, ça marche ! J’ai eu un peu peur au début, pendant les 30 premières secondes, elle a fumé de partout, je me suis dit c’est foutu, faut que j’en achète une autre et puis la cheminée a commencé à tirer et hop là. Impeccable [ps : après quelques jours et nuits d’utilisation, pas si impeccable que ça]. Un élément du « plateau » en fonte est un peu de guingois. Les derniers occupants ont eu la bonne idée de laisser un truc en plastique sur la fonte et ça a fondu et ça fait une concrétion plastique dans une des jointures et du coup ça ne ferme pas bien. Mais bon apparemment rien de trop gênant. J’ai pu essuyer une partie du plastique une fois qu’il a été chaud et fondu, mais il en reste.

Je prévois d’acheter au minimum une brosse métallique, pour nettoyer un peu le truc.

Ensuite le couvreur est passé, pour la charpente. Je lui ai demandé un devis quand même par acquis de conscience mais il m’a dit que ça coûterait probablement un peu moins cher que ce qu’il m’avait annoncé (donc moins de 700-800 euros), pour renforcer 2-3 bouts de poutres bien piqués à la vrillette (on va dire que c’est de la vrillette, hein, voilà), et qui s’effritent un peu. Une ou deux ardoises du toit ont glissé (les crochets en métal rouillent et cassent), il faudra les remplacer et puis en gros voilà, le toit va plutôt bien. Certaines poutres en chêne sont très anciennes, taillées à la main, d’autres éléments (ceux sur lesquels sont posés les ardoises et dont je ne me souviens plus du petit nom) sont plus récents, quasi « neufs » pour le couvreur, c’est à dire que la couverture doit avoir 30-40 ans « seulement » et ça se voit que le bois « récent » a été machiné, coupé à la machine, pas à la main.
Il y a quelques mois, sur youtube, j’avais vu un reportage sur un charpentier qui travaille à l’ancienne entièrement à la main (voir la vidéo), avec des outils anciens, ça m’a limite donné envie de devenir charpentière tellement j’ai trouvé ça merveilleux. Maintenant je rêve d’une charpente taillée à la main.
Un jour, je trouverai peut-être quelqu’un à qui vendre la moitié de la maison et avec les sous, on fera faire un toit à la main !Surtout que le charpentier en question est assez jeune, il est dans le Doubs, du coup c’est quasi un voisin qui devrait encore être en activité d’ici 5-10 ans, quand il sera peut-être temps de faire refaire le toit. Ou bien d’ici là il aura fait des émules et il y a aura un charpentier comme lui dans le coin…

J’ai amené ma vieille stéréo, du coup j’écoute la radio avec un son décent.
J’ai chargé ma voiture mardi après-midi, je n’avais jamais si mal chargé une voiture, le voisin ou bien un ouvrier du voisin jouait du marteau piqueur (il refont toute leur « terrasse », qui fait tout le tour de la maison, et peut-être aussi l’enrobé, comme on appelle ça, le goudron devant leur garage, ça doit faire 6 mois qu’ils ont commencé, on n’en peut plus). Ca a dû me perturber, le marteau-piqueur (son bruit et son champ magnétique), ou j’étais stressée, ou c’était les hormones ou le tour de chélation ou tout ça à la fois, je ne sais pas en tout cas j’aurais pu mettre 2 fois plus de trucs dans ma voiture mais je n’ai quasi qu’un petit meuble à étagère, ma stéréo, ma collection de CD, un duo de plaques électriques (puisque j’ai échoué à trouvé le bon détendeur pour ma bouteille de gaz), quelques outils, dont une faux à broussailles (pour les ronces).

Je vis toujours à la japonaise, ici. J’écris assise par terre, sur une peau de mouton, comme dans mon chez moi haut-savoyard où il y a plein de chaises sur lesquelles je ne m’assois que pour manger. Et quand je suis seule ou pour manger une moitié de melon à 4H, je mange parfois aussi par terre, assise sur le vieux dalflex qui permet une semi-mise à la terre (contrairement aux vieux tapis en synthétique sur lequel est posé la table de la salle à manger, tapis qui est un bon gros isolant fort sur le plan électrique).

Ici je suis bien contente de mon carrelage, même s’il commence déjà à être un peu frais, là, de bon matin.

J’ai le cul bordé de nouilles, quand même, comme on dit : la météo est parfaitement clémente jusque là pour mon installation, c’est tellement plus chouette de charger et décharger une voiture sous le soleil, de faire du ménage avec la porte et les fenêtres grandes ouvertes et une température qui permet au sol de sécher vite une fois qu’il est lavé… Impeccable. Il commence à faire frais le matin et le soir, mais vu que c’est livré avec un temps sec, je prends volontiers. La pluie finira bien par revenir, ça fera du bien à la terre qui est toute sèche, mais ce sera moins facile pour décharger la voiture…

Aujourd’hui au programme, faut au minimum que j’aille au rendez-vous avec des gens du service « Energie » du Parc du Morvan, à Autun, pour voir si j’ai droit à des aides financières pour mes travaux d’isolation/rénovation (changement des huisseries, eau chaude sanitaire…). Il y a quelques jours, aux infos, à la télé, ils ont parlé du crédit d’impôt, pour les changements d’huisseries, qui sera supprimé en 2019. Du coup je fais peut-être vraiment bien d’avoir à faire ça en 2018 [ps: en décembre, le dossier « ANAH » n’est pas encore bouclé, les travaux ne sont toujours pas prêts d’être réalisés)…

Je pense que j’en profiterai pour aller livrer mon carton de vieilles photos à l’ancienne copropriétaire, Mme C., qui est dans une maison de retraite à Autun. Ce sont de vieilles photos de familles qui ont été regroupées par l’entreprise qui a vidé la maison et que les autre ex-copropriétaires n’ont pas eu le temps de passer prendre.

J’ai trouvé du bois pour cet hiver, chez un voisin qui en vend à 2km de chez moi et il fait même les livraisons ! Et en plus, le bois est moins cher ici que dans le massif du Pilat, par exemple, au sud de Lyon. Ici, 45 euros la stère (livré), là-bas chez les riches de Rhône-Alpes : 60 euros la stère !

Quand j’ai expliqué au gars où j’habite, il m’a raconté qu’ils en avait sorti une belle quantité, du bois, quand les anciens proprio ont fait vider la maison avant de la mettre en vente. Je trouve ça un peu dommage, disons, de virer le bois quand tu vends une maison, alors que tu y laisses une cuisinière à bois… Peut-être qu’ils ont aussi viré des vieux meubles qui m’auraient été bien utiles… Là il va falloir que je loue un utilitaire pour amener des meubles un peu encombrants, du genre buffet de cuisine, table de salle à manger… Et puis uniquement quand j’aurai quelqu’un ici pour m’aider à décharger… Je me vois mal décharger un gros bahut toute seule, hein. A moins qu’Emmaüs fasse aussi les livraisons… A moins que j’achète des meubles sur Leboncoin à des gens d’ici qui proposent de faire la livraison… On verra.

J’ai repéré une belle table de salle à manger sur leboncoin, elle est du côté de Mâcon, c’est une table « provençale », rectangulaire avec des angles arrondis et des brins d’olivier peints sur tout le bord. Une table « provençale » à La Provencière, à Roussillon en Morvan, pour quelqu’un qui voulait partir dans le Sud mais qui a été retenu par un budget un peu serré… A défaut de Sud, ça mettrait encore un peu plus de soleil dans la maison.

Jeudi 28 septembre, 8h05, Roussillon :

Grosse sensation de ne pas avoir fait grand chose depuis mon arrivée.
Hier soir en revenant du rendez-vous avec les « gens du Parc », vers 17h15, j’avais le cerveau frit par la wifi des bureaux de l’ADIL et j’ai fini ma bouteille de vin sur la terrasse (il restait environ 8cl, je pense), et assise là sur mon muret au soleil couchant j’ai vu qu’un angle de la dalle en béton de la terrasse est bizarrement incurvé et qu’il était recouvert de terre et d’herbe et je me suis dit « tiens c’est bizarre ». Alors j’ai creusé, j’ai dégagé une trappe métallique et j’ai réussi à la soulever avec ma serfouette et en-dessous il y a une cuve qui contient de l’eau.


Donc la « terrasse », c’est une cuve.
Va savoir si c’est une cuve de récupération de l’eau de pluie (peu probable, je pense, vu qu’il ne semble pas y avoir de quoi faire sortir l’eau une fois qu’elle y est, quoi que je n’ai pas encore défriché tout autour de la « terrasse »-cuve) ou si c’est la fosse septique…

Je ne sais pas. Vu que c’est construit juste devant l’ancienne étable, ça pourrait être cohérent, qu’ils aient construit la fosse ici pour récupérer les effluents de l’étable autant que ceux de la partie habitation. Il y a aussi une dalle qui bringuebale devant la porte de l’étable, mais celle-là, je ne la soulèverai pas avec ma serfouette et mes tout petits bras.

Un gars d’une grosse entreprise de rénovation du patelin voisin doit passer ce soir pour faire un devis pour mes fenêtres (ils sont labellisé RGE bien comme il faut pour avoir les aides financières du Parc), je lui demanderai s’il pense que ça peut être la fosse.
Je lui demanderai aussi de me faire la totale pour les devis : fenêtres double vitrage « accoustique », porte d’entrée semi-vitrée avec chatière, VMC, isolation du plancher du grenier avec ouate de cellulose, isolation du mur Nord par l’extérieur, plomberie, chauffe-eau…

Pendant le rendez-vous d’hier, on a parlé de tout ça. J’ai bien droit à des aides mais pour les obtenir via le dispositif « habiter mieux sérénité », il faut que je fasse un gain énergétique d’au moins 25% grâce aux travaux. Donc isolation à fond…
Quoi que je n’aime pas cette idée d’isolation du mur Nord par l’extérieur parce que ça impliquerait un pare-pluie ou pare-vapeur (je ne sais plus!) et que ça, c’est forcément du plastique et je ne veux pas de plastique !!!!
Peut-être qu’il y a moyen de faire un gain énergétique de 25% juste avec l’isolation du plafond et les fenêtres et la porte et un nouveau poêle à bois ?
Au gars qui passe ce soir, je demanderai s’ils posent aussi des poêles à bois label flamme verte, ou bien s’il sait à qui je peux demander ça.
Bon, il me dira sûrement que pour cette fois, il va me faire le devis pour les huisseries mais qu’il faudra que je rappelle pour fixer un autre rendez-vous pour les autres devis.
Et au final de fil en aiguilles je commence à me demander si je vais pouvoir emménager ici quand j’aurai le téléphone, d’ici l’hiver, d’ici la fin de l’année, en somme.

Déjà, je ne sais toujours pas quand j’aurai le téléphone (une ligne fixe) [ps: à la mi-décembre, je ne l’ai toujours pas!].
Ensuite, vu les délais pour fixer des rendez-vous avec les artisans (quand on ne peut pas être sur place en permanence), obtenir les devis, puis faire le dossier pour les aides, puis faire faire les travaux…
Eumph….
Pour l’isolation du plafond de la partie habitation, c’est à dire l’isolation du plancher du grenier, avec l’option low-cost « bottes de paille », l’idéal ce serait peut-être de faire un chantier participatif (sous réserve que je puisse trouver assez de bottes de paille ? Soit 3 bottes par m2, si j’ai bonne mémoire ?… 240 bottes de paille???) .
Mais comment est-ce qu’on organise ça dans une région où il n’y a pas de SEL ? On demande juste à la famille et aux amis ? Mais quand tous ces gens sont toujours trop débordés pour faire tout ce qu’ils ont à faire chez eux et que de toute façon ils sont loin et c’est « compliqué » pour eux de venir, on fait avec qui, alors ?
Même Mr E. qui s’y connaît bien en rénovation écolo low-cost, il ne connaît pas d’association dans ce domaine sur le Sud-Morvan. Il connaît un peu sur Saulieu. Pas mieux.
Du coup je fais quoi ?
Je baptise cet endroit « Oasis », je m’inscris au réseau des Oasis du réseau « Colibris » et peut-être que via ces réseaux il y aurait moyen de moyenner quelque chose ?
Ah et il y a les Castors, que je n’ai pas encore contactés. Eux aussi, ils ont du réseau.

19h20 :
Bon, le gars de la grosse entreprise du patelin d’à côté est passé et bien sûr j’ai oublié de lui demander ce qu’il pense de la trappe que j’ai trouvée hier.
Il m’a demandé les clés pour pouvoir repasser, de façon à étudier le chantier en détail plus tranquillement (tout le monde est dans le speed, de nos jours).
On part sur un projet de changement des huisseries (sauf la fenêtre de la chambre Nord, qui est déjà en double vitrage), la création d’une VMC, l’isolation du mur Nord par l’intérieur avec un équivalent écolo de la laine de verre, le changement du chauffe-eau, la dépose des WC, l’isolation du plafond de la partie habitable/plancher du grenier. [ps: au final, le gars a fini par me rendre ma clé en la laissant dans la boîte à lettre, sans jamais m’envoyer le devis, va comprendre…]
Ce à quoi j’ai bien pensé, cet après-midi, c’est aller acheter du fromage de chèvre et une bouteille de vin rouge au Gaec d’à côté. Le vin, ce n’est pas du bio mais c’est du local, estampillé « Parc du Morvan » et qui semble issu d’une culture et d’une vinification bien raisonnée, à en croire ce qui est raconté sur l’étiquette.

Demain au programme, les Emmaüs d’Etang Sur Arroux et achat d’un chouilla de bois à Bricomarché, juste pour pouvoir faire une veillée au coin d’un feu digne de ce nom demain soir.
Ce sera ma soirée festive de la semaine.

Aujourd’hui j’ai surtout nettoyé l’extérieur de la fenêtre de ma chambre (il y avait des restes de laine de verre et de crottes sédimentée de je ne sais quoi), nettoyé le placard (intégré au mur) pour y ranger des vêtements et j’ai fait de la « découture » : j’ai décousu le liseret synthétique d’une couverture laine.

J’ai testé ma faux. Je me suis sentie quasi dangereuse, ainsi armée. C’est une belle lame, qui vient d’Autriche, ça m’a fait penser à la « faucheuse » et à des films d’horreurs.

J’ai réfléchi aux travaux qu’il faudrait faire pour protéger la maison d’un nouveau phénomène de ravinement, en cas d’orage, quand de l’eau ruisselle sur la route, de façon à protéger la cave et la chaufferie d’une éventuelle inondation.
Faudrait peut-être faire des digues, des petits murets et/ou demander à une entreprise de terrassement de créer une sorte de caniveau le long de la route ou un peu en retrait et parallèle à la maison (parce qu’au bord de la route, il y a la canalisation d’eau)…

 

Dimanche 30 septembre, 8h, Roussillon :

Je vais me réattaquer aux ronces, je pense, aujourd’hui.
Je m’attaquerais bien à la moquette de la chambre sud-ouest mais il me faudrait peut-être un cutter pour avoir sa peau. Je pourrais tenter le sécateur ou le ciseau, on va voir.
La chambre sud-est, elle sent le plâtre, c’est embêtant. Il y a un soucis de circulation des « énergies », on va dire (circulation de l’eau/humidité, de l’air). C’est forcément dû aux matériaux de construction, c’est une extension récente (années 1960-70 ?) : mur Est en parpaings, cloison Nord en placoplâtre, dalle du sol probablement en béton et puis il y a la canalisation d’eau qui passe dans le sol, qui a pu fuir et mettre de l’eau là-dessous.
Les matériaux anciens laissent respirer le bâti, eux, ils laissent circuler les « énergies », le « Chi », l’eau, l’air, de haut en bas et de bas en haut. C’est très sain.
La situation de cette chambre qui sent le plâtre sera peut-être améliorée quand de nouvelles fenêtres auront été posées, avec une VMC, et quand on aura refait les peintures et quand on aura viré la canalisation vétuste du sol, si c’est possible de la virer (ce serait mieux qu’il n’y ait plus de métal dans le sol).

Je vais peut-être retourner à Etang-Sur-Arroux aujourd’hui, à Emmaüs. J’y suis allée hier matin mais j’avais mal lu les horaires sur le net, ça n’ouvre que l’après-midi.
Il me faudrait aussi un aspirateur, avant de pouvoir m’attaquer à la moquette de la chambre sud-ouest, parce que j’ai moyennement envie de manger 4 ans de poussière et d’acariens!
Ah oui parce que je me rends compte en relisant ce que j’ai écrit ce mois-ci que j’ai oublié de raconter que j’ai appris à la mairie que la maison a été occupée jusqu’en 2014.
L’agent immobilier m’avait dit que la maison était « inoccupée depuis 20 ans », EDF et Orange m’ont dit que les abonnements électricité et téléphone ont été résiliés aux alentours de 2009, les anciens copropriétaires m’ont appris le jour de signature que la maison avait été « squattée » à une époque, et puis à la mairie on m’a appris qu’en guise de squatteuse il y avait eu une « locataire » indélicate, on va dire, jusqu’en 2014.
Il y a eu 3 carcasses de voitures sur le terrain, à une époque. Bref, c’était – semble-t-il, un peu des bohémiens qui vivaient là.
Maintenant, c’est à nouveau une « bohémienne », décidément… mais une bohémienne propre.
Il y a du mieux, quand même.

Trouvailles 100% laine à Emmaüs: des couvertures, des fringues et une paire de mules en corde, fourrure et soie peinte – achetée pour la déco)