Etre le feu d’artifice

Avoir été pensée, rêvée, finir en cendres.
Fasciner la plupart, en effrayer quelques uns.
Etre rare.
Fabriquée, artificielle, tout un art très ancien.
Poudre et fusées, artifice.
Futile et très très chère.
Colorée, brillante.
Bruyante.
Explosive.
Inflammable.
Nocturne.
Scintillante.
Un événement, repère dans la nuit, dans le temps.
Le centre d’attraction.
Éphémère.
Causer parfois quelques dégâts, en toute innocence.

Quand on s’ennuie devant un feu d’artifice, se dilater pour l’avaler, le prendre en soi et devenir – le temps d’un instant, les flammèches, les scintillements, tout le ciel et le vacarme.

Tranche de vie

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Extrait d’un journal datant de quelques années:

« … Il fait frisquet, il n’y a personne, j’allume le radiateur sous une fenêtre et me colle contre pour lire. Dix minutes plus tard, entre D. qui fait remarquer que cela sent le radiateur qui chauffe. 
Moi: « Oui, et qui chauffe bien! ». 
Il s’installe à sa place habituelle, en bout de table, et commence à jouer une chanson en anglais qui fait « 1, 2, 3, can I bring my friend to tea… lala… I love you… ».
Puis entre C. qui dit je ne sais quoi exactement, sa voix à l’autre bout de la pièce étant couverte par la guitare à deux mètres de moi, quelque chose comme: « Ca sent le chaud… radiateur qui chauffe » et D. de rétorquer: « Oui, c’est le parfum de Caroline ». 
Je ris, bien sûr. »

En ce moment je tente de reconstituer une sorte d’historique médical. Après avoir épluché mon carnet de santé, mes agendas, j’en viens aux journaux intimes. Je range tous mes symptômes, mes traitements, dans un tableau. En matière de santé, il est beaucoup question de douleurs aux hanches, aux genoux, aux mains, au dos, de fatigue, de froid et d’insomnies et je constate que le 3ème rappel de vaccin contre l’hépatite B précède de 5 jours un début de maladie de Raynaud. Je trouve ça passionnant et mes journaux sont une mine de souvenirs plus ou moins amusants, grinçants, affligeants, drôles… Cela me rend nostalgique, j’ai la sensation d’avoir 15 ans.

A une époque, je sortais beaucoup, je promenais partout mes cahiers Moleskine, même au travail, c’était très imprudent, tout le monde me voyait écrire tout le temps, même dans des salles de concert très sombres ou dans des bars et ceux qui savaient que j’avais un blog craignaient peut-être plus ou moins que je ne me serve de mes archives, un jour où l’autre.
Un soir où j’avais une conversation avec une vague copine, elle ponctua l’une de ses phrases d’un gentil: « Ca, tu ne le racontes pas sur ton blog, hein?! ».
Cela m’avait surprise, presque offusqué. Nous étions à Annecy, or j’avais peu l’habitude de raconter des conversations annéciennes dans mes blogs, voyons! Du moins il me semblait que je n’y relatais jamais rien de « privé »… J’avais une notion relativement « floue » du « privé », il faut peut-être en convenir… Bref, à la rigueur, parfois, oui, une aventure grenobloise, souvent teintée d’auto-fiction, pour que les chats n’y retrouvent surtout pas leurs petits…, mais les annéciens étaient relativement épargnés par mes jeux de sauvage blogueuse.

J’étais une affreuse graphomane.
Et puis j’ai arrêté le gluten en 2011, mon cerveau s’est quelque peu désenflammé (au sens propre et figuré) et le rythme auquel je remplis mes cahiers moleskine a considérablement chuté, je n’écris plus d’auto-fiction, je ne vais plus faire la punk dans les Bauges ni à Chambéry ni à Grenoble ni nulle part.
Je ne sors plus boire des bières sur des bancs le soir, ni avec la jet-set annécienne, ni avec les réacs grenoblois.
Je suis bien trop fatiguée pour sortir boire le soir.

En mai 2014, le weekend de la fête des mères, j’avais participé à un barbecue familial, dans un jardin, au soleil, en compagnie de gens tout à fait comme il faut, normaux, ni jet set ni réac, ni punk, ni « zicos », ni trop jeunes pour moi, ni trop vieux, ni ivre, ni ceci cela. Des gens sympathiques.
Je me souviens que les « punks » m’avaient alors vivement manqué, du moins ces gens un peu marginaux, « alternatifs », qui font – ou du moins écoutent, beaucoup de « bruit » en dilettantes avertis (pas nécessairement du punk, d’ailleurs), qui traînent dans des « camions » tard le soir pour fumer ou manger des trucs pas comme il faut, ou bien qui traînent dans des bars tard le soir et qui en sortent très ivres, en chantant de vieilles chansons de mousquetaires… Des exaltés.
Ce jour de fête des mères « comme il faut », j’avais souhaité voir arriver des gens avec des packs de bières XXL, des filles gothiques trop maquillées, des garçons en treillis ou en slims, une sono electro-dark-rock, des blagues salaces sur les frites ou les saucisses, des clopes qui n’auraient pas été des clopes, beaucoup de jurons, des humeurs dépressives agitées de musique trop forte…
Hier, à un barbecue similaire, avec des gens pourtant un peu moins « comme il faut », un peu plus alternatifs et originaux que la moyenne, les « punks » m’ont encore manqué.

Voilà, désenflammée que je suis, il ne reste guère que la fatigue.
Je n’emmène plus mes carnets Moleskine partout, je ne prends plus de trains, je vais me coucher tôt, je bois parfois de la chartreuse ou du vin bio mais tout juste pour m’égailler un peu, les concerts commencent trop tard pour que j’y assiste, je teste la mélatonine pour mes troubles du sommeil.

« P. trouve que je respire le 17ème ou le 18ème siècle.
L. ce matin, reprenant ce thème, s’est exclamée « Tu m’as menti! En fait tu es arrivée ici dans une machine à voyager dans le temps et tu viens du 18ème ou 19ème siècle! ». 
F. qui lui avait dit qu’elle trouvait que je ressemble à un vieux meuble! Cela me va à ravir! »

A vrai dire, j’aimerais tout de même être un peu moins fatiguée qu’un vieux meuble du 18ème.

 

 

Séquelles et oubli de soi

melting-girl

Hier soir j’ai fait un truc de fou: j’ai regardé un film. Oblivion (qu’on peut traduire par « oubli »), avec Tom Cruise. Ca a fini un peu après 23h (il me fallait au moins un Tom Cruise pour me motiver jusque là, mais bon, un Colin Firth l’aurait fait aussi). C’est loin d’être un grand film, le scénario est un chouilla creux, mais bon, ça me rappelle que ça fait un moment que je veux faire un petit point sur ce que j’ai vécu ces derniers temps, disons depuis un an.

Il y a un peu plus d’un an j’ai mis un terme à une relation amoureuse, c’était mi-octobre 2014. J’étais dans un état d’épuisement avancé, et trois semaines plus tard, début novembre, j’ai commencé à avoir des spasmes intestinaux (paye ton stress psycho-émotionnel). Ca faisait plusieurs semaines que mon transit avait commencé à flancher quelque peu et quand les spasmes et les douleurs au niveau de l’appendice sont apparus j’ai eu un peu la trouille de finir à l’hôpital, avec un appendice en moins. Donc j’ai fait ce qu’il fallait pour soigner mes intestins, pour soutenir le transit (merci aux lavements au café vert) et pour trouver les aliments qui aggravaient, ou pas, la situation.
J’en suis arrivée à supprimer les céréales, les légumineuses, les fruits à coques et toutes les graines non germées, et pour finir même les pommes de terre.
Tant que je m’en tiens à ces évictions, que je consomme beaucoup de fruits et légumes (bio), que je fais ce qu’il faut pour soutenir le transit (merci à la chlorella, aux EM (d’EM France), à l’Hépar) et que j’évite l’alcool, j’ai presque la sensation d’avoir un ventre normal, alien-free. C’est une nouvelle alimentation pour moi qui m’était habituée à un végétalisme « juste » sans gluten et j’ai du mal à m’y adapter, j’ai encore du mal à manger des quantités suffisantes de « verdures » pour avoir un bon apport en acides aminés et, résultat: j’ai des envies de viandes séchées et j’ai dû renoncer au végétalisme strict (parait qu’il est bon de s’écouter) et opter pour un flexitarisme léger (je dois tourner autour des 95% d’apports caloriques sous forme végétale).
J’ai fini par aller voir mon médecin, tout de même, au bout d’un an de symptômes, juste pour être sûre: le bilan sanguin et l’échographie sont normales, c’est donc bien très très probablement « juste » un syndrome du côlon irritable, avec l’option « tendance à la constipation ». Selon ma compréhension actuelle des choses, vu l’état encore un peu perturbé de ma flore « intime » (près d’un an et demi après le retrait du stérilet, c’est toujours « perturbé », youpie – voilà, c’était la minute glamour), il y a probablement aussi un déséquilibre de la flore intestinale (le stress ayant pu déséquilibrer le microbiote), peu-être un petit « SIBO » (small intestinal bacterial overgrowth), qui irrite la zone de la valve iléo-caecale, vu que la prise d’huile essentielle d’origan compact (antibactérienne, bien diluée dans de l’huile végétale sinon ça brûle), par voie orale, calme très efficacement les choses, si je remange des chips ou des frites, par exemple.

En plus des grosses modifications de mon alimentation, il y a d’autres choses qui ont changé. Par exemple je ne peux plus dormir allongée sur le côté gauche. Quand je m’allonge sur le côté gauche, j’ai l’impression d’avoir comme un caillou au niveau du cæcum, comme suspendu à la hanche droite et qui pèse, c’est inconfortable-perturbant, alors j’évite, alors qu’avant j’aimais bien alterner, dormir d’un côté, de l’autre, c’était sympa. Mais non, je ne peux plus.
Mon rythme de vie a aussi changé. J’ai tendance à me coucher globalement plus tôt qu’avant. Pendant plusieurs mois, c’était tout simplement parce que j’étais devenue incapable de « veiller » au-delà de 21h-21h30. Il a fallu que j’attende le mois de mai, environ, soit 6 mois de repos, pour pouvoir à nouveau regarder un film en entier le soir à la télé, et seulement une fois de temps en temps.
Depuis 2-3 mois, je recommence à pouvoir « veiller » un peu plus souvent, un peu plus longtemps, mais j’évite globalement de le faire parce que sinon je mets 2 jours pour m’en remettre.

Si j’en suis arrivée là, je résume ça en disant que c’est parce que je m’étais beaucoup « oubliée ». J’ai passé des mois à faire comme si ce n’était pas si grave de négliger mes petites limites physiologiques, ou du moins j’en étais désolée mais je le faisais quand même. J’essayais de les « repousser », j’essayais de pousser des murs. Ca n’a pas marché, j’ai juste réussi à m’épuiser à force d’obstination. Je peux être extrêmement obstinée, volontaire, à fond. Je me disais qu’il y avait une chance pour que je finisse par m’adapter à ces nouvelles conditions de vie (la « vie commune »), à la longue, à force d’essayer. Bah non.
J’étais motivée, à fond.
J’ai compris que l’amour n’est en aucun cas une énergie, que c’est au mieux un stimulant qui nous permet de puiser dans nos ressources, comme l’adrénaline va transformer une petite mère de famille chétive en Hulk si son gosse se retrouve coincé sous une voiture. Mais après avoir soulevé la voiture et sorti son gosse de là, il faudra qu’elle se repose et qu’elle mange copieusement, vu que l’adrénaline aura « brûlé » toutes ses réserves de glycogène.
L’amour n’est pas du glycogène.
L’amour ne remplace pas le sommeil, ni le soleil, ni la solitude.
Je savais déjà que pour moi la solitude vient toujours en soulagement des interactions sociales, aussi agréables fussent-elles, mais là j’ai bien eu l’occasion de comprendre, de bien « acter » pourquoi: la solitude est pour moi un besoin physiologique, assez énorme, au même titre que le sommeil, le soleil, ou qu’une alimentation riche en micronutriments.

Ces derniers temps, je recommence à oser re-tester mes limites, je recommence à aller les tâter du bout des doigts, précautionneusement. Par exemple, récemment j’ai eu l’occasion de constater à quel point je suis devenue une traumatisée du partage de lit, séquelle de nombreuses semaines passées en mode « déprivation de sommeil »: si vous voulez faire grimper mon cortisol en flèche, forcez-moi à passer une nuit avec quelqu’un, dans le même lit, sous la même couette. Même avec des bouchons d’oreille, je ne serai pas loin de la crise d’angoisse, du « meltdown » autistique. Tous les stimuli sensoriels générés par un dormeur à côté de moi (tiraillement de la couette, mouvement du matelas, bruit de respiration, voir ronflement…) ont tendance à être comme amplifiés par l’obscurité et la fatigue, résultat: je mets une éternité à m’endormir et je me réveille à tout bout de champ, résultat: nuit pourrie et lendemain laborieux.

Je remarque que j’ai la fâcheuse tendance à oublier ce genre de choses. J’ai la fâcheuse tendance à m’adapter aveuglément, spontanément, à toute situation dans laquelle je me retrouve. Spontanément, je m’oublie, j’oublie mes limites, les murs, la physiologie, surtout les petites particularités de la mienne, autrement dit tout ce qui fait que je suis moi, mon identité et, résultat: boum.
Ah! Il y a un mur, là! Merde, j’avais oublié.

Dans ces conditions, je me demande un peu comment ça va être possible de retrouver une vie amoureuse. Je me dis « on verra bien », je suis loin d’être devenue une amouro-sceptique… Mais va peut-être falloir que je me fasse des pense-bête, des petits post-it sur le frigo, genre:

Murs-corps-moi
Soleil
Solitude
Micronutriments
Calme
Sommeil
Murs-corps-moi

Humour autistique

Le « comble » pour un autiste: se faire psychanalyser par un autre autiste.

Bien sûr, si un autiste « résiste » à la « cure », c’est qu’il en a particulièrement besoin.
Et si un autiste apprécie tout particulièrement les thèses psychanalytiques, c’est qu’il va particulièrement bien dans sa tête (gros sarcasme bien gras).

Aaaahh! Les « fabuleuses » théories « auto-validantes » de la psychanalyse!
La paranoia aussi est très propice à la production de théories auto-validantes…

Déjà que les autistes ont une tendance naturelle à la « rumination » tout seul dans leur coin, à la sur-interprétation (pour tenter de compenser leurs petits problèmes de communication), à la sur-intellectualisation d’absolument tout, coincés « là-haut » dans leur « mental »…, la psychanalyse – basée précisément sur la rumination, est un des meilleurs moyens pour « aggraver » l’autiste (ça et les coups de masse).

A croire que la psychanalyse a été inventée par des autistes parano.

« Lol ».

Le polyamour, je suis pour!

gay tango

Parfois…. Non, assez souvent, je vois sur des groupes de discussion ou des forums « poly », des commentaires du genre « Le polyamour, je suis complètement pour, je pense que ça me correspond assez bien, en tout cas ça m’attire beaucoup!! J’aimerais bien participer à un café poly. Je précise que je ne pratique pas, hein, mais ça m’intéresse et j’adhère à 100%! ».

Ca me donne un peu la sensation de lire: « L’homosexualité je trouve ça super cool, je suis totalement pour, ça m’attire beaucoup et d’ailleurs j’aimerais participer à des café gay, je précise que je ne pratique pas (encore ^^) mais j’adhère à 100%! ».

Je ne dis pas qu’il est impossible de « devenir » polyamoureux quand on ne l’est pas au départ, de la même façon qu’il arrive que quelqu’un devienne gay ou bi au cours de sa vie, mais de là à devenir gay parce qu’on….. « approuve »…???!!!!

Ça me parait pour le moins… incongru.

 

Réfléchir

Je réfléchis à l’impact de l’acidose/congestion/état inflammatoire généralisé à bas bruit chronique sur la sexualité.
Je réfléchis à l’impact d’un crash surrénalien (burn out) à l’adolescence sur le développement du système reproducteur.
Je réfléchis à l’impact de mon acidose/congestion/état inflammatoire généralisé à bas bruit chronique sur ma propension à réfléchir autant.
Est-ce que je réussirai à me faire payer, un jour, pour réfléchir à tout ça tout ça?

 

Liens et mise à jour

paris nue
– Paris, septembre 2010 –

 

Juste pour dire que je viens d’ajouter pleins de liens dans la colonne de droite, avec deux rubriques:

« Vies antérieures »: mes anciens blogs. Pour voir à quoi ça ressemblait quand je commençais à « bidouiller » sur le net il y a jusqu’à, euf, 12 ans de ça, environ.
Les blogs sont classés par ordre chronologique, du plus ancien au plus récent.

« Comme la vérité, je suis aussi ailleurs »: mes autres sites/blogs/adresses où me trouver actuellement.