Outils chamaniques – Le psilo et la cérémonie

 

Une « aînée » et guérisseuse Mazatèque (Mexique), Natalia Martinez, présentée dans le documentaire The Little Saints, par Oliver Quintanilla (source de l’image: Mycotopia).

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De l’utilisation du champignon ou de la truffe psilocybe dans un cadre chamanique.

Il y a 4 ans 1/2, c’est par Claude Traks et Laurène Dartillah, et leurs vidéos, que j’ai entendu parler pour la première fois de l’utilisation des psilo dans le cadre d’une cérémonie. Ils affirmaient que les « médecines sacrées » sont indispensables à la croissance spirituelle. Cela m’avait d’abord laissée très sceptique, puis j’avais réalisé que je ne savais réellement rien sur le sujet, et j’avais alors commencé à me documenter… Depuis, j’ai beaucoup appris… Et désappris!

Quelques uns des préjugés abordés dans l’article, en vidéo:

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Mise en garde :

La consommation, la récolte, la culture, la vente et l’achat de champignons (ou de truffes) psilocybe sont interdits en France. Bien qu’il soit illégal d’en consommer, certaines personnes en consomment pourtant et la nature continue éhontément à en faire pousser
Beaucoup de gens « croient » savoir tout ce qu’il y a à savoir sur les psilo sans avoir jamais lu un livre sur le sujet. J’ai longtemps fait parti de ces gens-là! Et vous, comment savez-vous ce que vous croyez savoir sur les psilo ? Sur les psychédéliques en général, sur les « médecines sacrées » en général ? Quels livres ou articles avez-vous lus ? Quels personnes vous en ont parlé ?
Cet article a une visée éducative et informative, afin de contribuer à réduire les préjugés sur ces substances, ainsi que les risques liés à leur consommation. Comme avec l’alcool, la voiture ou l’aspirine, c’est en s’informant qu’on réduit les risques d’utilisation, pas en se voilant la face !
J’inclus des références (scientifiques et autres) tout au long de l’article.

Plan de l’article :
Introduction
Législation
Précaution d’emploi, contre-indications
Le psilo, c’est quoi ?
Le psilo, qu’est-ce que ça fait ?
Pourquoi l’utiliser?
Les cadre d’utilisations récréatif, thérapeutique, chamanique
Comment utiliser les psilo dans un cadre chamanique, comment faire une cérémonie ?
Conclusion

 

 

Mes autres articles consacrés aux psychédéliques et/ou au chamanisme:
Psychédéliques et immunologie
Le bad trip ou comment travailler avec des psychédéliques
Manifeste pour la bonne santé des autistes (et des non-autistes) (page 150 à 163)
Les piliers de la vie
Seidr – le chamane et la punk
Ma vidéo « Outil chamanique – Seidr – le bâton »
Bonus, une nouvelle : Bubulle, l’oeuf cosmique

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Introduction

Aux grands maux les grands remèdes !
Les « médecines sacrées », dont font parti les psilocybe (et autres champignons à psilocybine), sont les armes lourdes de la boîte à outil chamanique, des « armes de création massive ».
La Vie sur Terre est entrée dans une grande extinction de masse (la 6ème en 500 millions d’années) et cet effondrement de la Vie sur Terre est provoquée par l’être humain, qui tend à faire passer son plaisir personnel avant la protection de la Vie.
Il serait temps de prendre des mesures drastiques pour tenter de sauver ce qui peut l’être, et que faisons nous ? En France, par exemple, notre Président, son gouvernement, les députés de son parti, refusent d’interdire sans plus attendre l’utilisation et la production de tous les pesticides, la fermeture des centrales nucléaires est sans cesse repoussée, on préfère promouvoir la voiture électrique/nucléaire plutôt que de développer les transports en commun, etc… Près de chez moi, je vois des gens courir pour aller nulle part : ils font du « trail », des marathons ou du « running », ils cultivent leurs muscles et changent de baskets tous les ans, au lieu de boycotter la pétrochimie (dont sont issues leurs baskets), au lieu de ramasser les déchets qu’on voit partout.
Si nous pouvions interviewer tous les chamanes du monde entier et leur demander quoi faire pour se sortir de là, un certain nombre d’entre eux répondraient probablement qu’il faudrait demander conseil et guidance aux médecines sacrées, ces substances appelées « psychédéliques » par les occidentaux : Ayahuasca en Amazonie, Iboga en Afrique, Peyotl dans certaines régions d’Amérique du Nord…, ou encore champignons psilocybe et autres champignons à psilocybine, utilisés dans un cadre chamanique dans certaines régions du Mexique, et qui poussent un peu partout ailleurs.
Ils nous conseilleraient peut-être aussi d’arrêter de prendre l’avion et de polluer l’atmosphère pour aller prendre de l’Ayahuasca en Amazonie, et d’arrêter de piller les ressources d’Amérique du Sud, d’arrêter de faire venir de l’Ayahuasca en Europe. Ils nous conseilleraient peut-être bien d’utiliser plutôt nos propres médecines sacrées locales : en Europe, le psilo.
Qu’on soit un djihadiste, un banquier comme Mr Marcon, ou un mr ou mme tout le monde, les médecines sacrées utilisées dans un cadre thérapeutique et/ou chamanique peuvent contribuer à nous rendre moins aveugles, moins égocentriques, plus empathiques, plus écolo, plus conscients.


Législation :

La consommation, la récolte, la culture, l’achat et la vente de psilo sont interdits en France. Il est interdit d’en faire la promotion, aussi, qu’il soit bien clair que cet article se veut uniquement informatif.
Je n’encourage personne à consommer quoi que ce soit d’illégal, je souhaite seulement contribuer à réduire les préjugés à l’encontre de ces substances, et à réduire les risques que prennent les personnes décidées à en consommer en dépit de la loi.

Ceci dit, il y a un soucis avec cette loi relative aux psychédéliques, tels que les psilo. Les scientifiques le disent eux-même : cette loi est obsolète, basée sur des préjugés et non sur des données scientifiques.
Les psychédéliques sont considérés par la loi comme représentant un fort risque pour la santé publique et comme n’ayant aucun intérêt thérapeutique, alors que les scientifiques ont démontré qu’ils sont faiblement dangereux (pour soi et pour autrui) et qu’ils ont un fort potentiel thérapeutique, lorsqu’ils sont utilisés dans un cadre thérapeutique. Ils sont faiblement toxiques, et ils ne sont pas addictifs, contrairement par exemple à l’alcool, qui est une drogue fortement toxique, fortement addictive, qui est de toutes les « drogues », la plus dangereuse pour soi et pour autrui, et qui est dépourvue de valeur thérapeutique.

Illustration issue de la publication scientifique « Drug harm in the UK, a multicriteria decision analysis », publiée dans le très sérieux Lancet. Les drogues sont classées par ordre de dangerosité pour les autres (« others ») en bleu clair, pour les utilisateurs (« users ») en bleu foncé.

Il existe aussi en France ce qu’on appelle la liberté d’expression, dont a fait usage par exemple le Dr Olivier Chambon, psychiatre français, qui a publié en 2007 un excellent livre sur le sujet : « La médecine psychédélique ». En France il est donc autorisé de parler des psychédéliques et de les présenter sous leur meilleur jour (thérapeutique). Si la chose était interdite, l’Etat devrait bloquer l’accès à toute information sur le sujet, que ce soit dans les librairies ou sur internet, et le livre du Dr Chambon serait condamné au pilon !

La problématique de l’utilisation des psychédéliques est aussi en lien avec le droit à disposer de notre corps et de notre conscience. En France, nous avons le droit de faire de l’alpinisme ou de boire un litre de vin tous les jours si ça nous chante, nous sommes sensés pouvoir disposer de notre corps, même pour faire des choses dangereuses, tant que cela ne nuit pas à autrui, ou du moins nous serions sensés pouvoir le faire dans une démocratie digne de ce nom.

En Europe, au Pays-Bas, il est possible d’acheter et de consommer des truffes psilocybe en toute légalité, il est aussi possible d’y faire des retraites « psychédéliques » : voir le site web de la Psychedelic Society.

Références :  Drug harm in the UK, a multicriteria decision analysis  ; article: Ayahuasca, dimethyltryptamine and psychosis, a systematic review of human ; livre : La médecine Psychédélique, du Dr Olivier Chambon.


Précautions d’emploi, contre-indications :

Comme pour tout médicament (aspirine, vaccin…), comme pour toute substance psychoactive (alcool, café…), il y a une « notice » à respecter pour réduire les risques liés à la consommation de psychédéliques/médecines sacrées. Ce sont des substances puissantes, à manier avec grande précaution.

– Contre-indications : éviter les mélanges avec d’autres substances, en particulier avec des médicaments, de l’alcool et d’autres substances psychoactives (à l’exception du chocolat noir bio ou du cacao bio).
On doit éviter de consommer ces substances quand on a des antécédents de psychose ou de troubles bipolaire (« mania », maniaco-dépression).

– Risques d’effets adverses: en particulier lorsqu’on néglige de respecter la « notice », les contre-indications, les bonnes conditions d’utilisation…: risque de « bad trip » (expérience difficile) et de stress post-traumatique. Risque de déclenchement d’épisode psychotique pour les personnes ayant des antécédents de psychose ou de troubles bipolaires.
Un bad trip peut être effrayant ou désorientant au point de générer également un comportement dangereux ou inapproprié: risque de défenestration, exhibitionnisme sur la voie publique…
Les psychédéliques sont susceptibles d’agir un peu à la façon d’un thérapeute qui nous confronte aux pires traumatismes psycho-émotionnels que nous ayons vécus, à tous ce que nous avons échoué à « digérer » par le passé (deuils, ruptures, échecs…), ce qui va avoir le même effet qu’une séance de psychothérapie intense et douloureuse, pendant laquelle on va beaucoup pleurer. Si un utilisateur vit un tel challenge émotionnel dans un cadre thérapeutique, il comprendra que c’est un mal pour un bien, que cela est sensé être transformateur, cathartique, comme une psychothérapie, alors que dans un cadre récréatif, l’utilisateur risque de ne rien comprendre du tout et de rester en détresse, plus ou moins traumatisé par l’expérience.

– Conditions d’utilisation, le « set & setting » :
il faut porter une grande attention à ce que les psychonautes (utilisateurs expérimentés) appellent en anglais le « set and setting », c’est à dire l’état d’esprit et le cadre d’utilisation dans lequel on utilise ces substances. Dans l’idéal, ces substances devraient être utilisées le plus près possible de la nature, soit en pleine nature, soit dans un logement à la campagne ou dans les bois, de plein pied, à bonne distance de la « civilisation », loin des pollutions électromagnétiques, au minimum dans un but thérapeutique, au calme, le soir, par une température clémente, dans un lieu silencieux, sans électricité ou avec l’électricité disjonctée et tous les objets connectés éteints ou mis en mode « avion », dans l’obscurité ou une certaine pénombre, ou avec un masque sur les yeux, dans un lieu sécurisé et familier, à jeun, sur des sols ou matériaux naturels: coton, tomettes en terre cuite, carrelage, laine, paillasse d’herbe, peau de mouton ou cuir, chaussures plein cuir (pas sur du synthétique: tapis de yoga ou de camping plastique, tapis de tente en plastique, lino, plancher flottant, matelas en polyester, baskets…!)…
Les psychédéliques fonctionnent en synergie avec les champs électromagnétiques natifs/naturels (ceux générés par la planète), donc ils fonctionnent au mieux lorsque le corps est 1° loin des pollutions électromagnétiques humaines, 2° à la terre sur le plan électrique, d’où l’importance de bien choisir des sols qui permettent la connexion à la terre (avec ou sans « substance », sur le plan énergétique, notre chakra « racine » a besoin de la mise à la terre pour pouvoir se développer!).
Voir d’autres recommandations dans mon article sur  « Le bad trip », le livre « The psychedelic explorer’s guide », de James Fadiman ; les interviews/conférence de Terence et Dennis McKenna sur youtube, les vidéos de Claude Traks et Laruène Dartillah , le site web et la chaîne youtube du Zendo Project https://www.zendoproject.org/

Certains chercheurs pensent qu’il faudrait réguler l’usage des psychédéliques et le restreindre drastiquement à un usage purement « clinique », dans les hôpitaux ou les cabinets de thérapeutes. Cela reviendrait à vouloir interdire l’usage traditionnel chamanique en Amazonie, au Mexique… Cela irait à l’encontre de nos libertés fondamentales : liberté religieuse et droit à disposer de notre corps et de notre conscience. Par ailleurs, les hôpitaux et cabinets de thérapeutes n’ont rien de « naturels », alors que le contact avec la nature est connu des utilisateurs expérimentés (comme les chamanes) pour fonctionner en synergie avec les psychédéliques : leur utilisation en immersion dans la nature tend à maximiser leurs effets thérapeutiques. Inversement, leur utilisation dans un cadre anti-naturel, en appartement, en ville, à un concert…, tendra à maximiser les risques d’effets adverses.

Ref: livre La médecine Psychédélique, du Dr Olivier Chambon, article: Potential Therapeutic Effects of Psilocybin…; chaussures plein cuir; vêtements en matières naturelles; literie en matières naturelles.


Le psilo, c’est quoi ?

Beaucoup de gens, même parmi les personnes passionnées de chamanisme, considèrent le psilo comme une substance purement récréative.
Pourtant, pour résumer, prendre des psilo à des fins récréatives, cela revient à prendre de l’ayahuasca à des fins récréatives !

Le champignon, ou la truffe, psilocybe contient de la psilocybine qui se dégrade en psilocine dans le corps. Nom chimique de la psilocine : 4-phosphoryloxy-N,N dimethyltryptamine. Ce « dymethyltryptamine » est plus communément appeler « DMT ».
La psilocybine appartient à la famille des tryptamines. C’est une forme oralement active de « DMT ». L’Ayahuasca appartient aussi à la famille des tryptamines, mais c’est un mélange de deux plantes: la Psychotria viridis, qui contient une forme oralement inactive de DMT, et le Banisteriopsis caapi, qui contient un inhibiteur de la mono-amine oxydase (IMAO), et qui rend le DMT oralement actif. L’ayahusaca est purgative, contrairement au psilocybe, qui aura tendance à ne générer des nausées, voir des vomissements, que s’il est mélangé à d’autres substances ou s’il est consommé en grande quantité.

La psilocybine, comme l’ayahuasca, fait parti des psychédéliques « sérotonergiques » : elle est un agoniste (activateur) de certains récepteurs à la sérotonine (entre autres). La sérotonine est immunomodulante, et elle est synthétisée et utilisée majoritairement dans les intestins, aussi il serait intéressant que des scientifiques se penchent sur les effets des psychédéliques sérotonergiques sur le système digestif et sur le système immunitaire !

Références : Classical hallucinogens as antidepressant ? A review of pharmacodynamics and putative roles ; Multiple receptors contribute to the behavioral effects of indolamine hallucinogenHypothesis: the psychedelic ayahuasca heals traumatic memories via Sigma 1 receptors-mediated epigenetic mnemonic process ;  A possibly sigma-1 receptor mediated role of dimethyltryptamine in tissue protection, regeneration, and immunity ; Psychedelics and immunomodulation: novel approaches and therapeutic opportunities  ;  Psychosomatic Medicine, Psychoneuroimmunology and Psychedelics ; livre :  Manifesting Minds (collectif d’auteurs) ; Vidéo : Joe Rogan – Mushrooms vs. DMT (avec Dennis McKenna)


Le psilo, qu’est-ce que ça fait ?

Comme tout psychédélique, il modifie les perceptions, l’humeur et le fonctionnement de la sphère cognitive.
L’effet d’une dose est transitoire, il dure en moyenne 4H. Savoir que l’effet est temporaire peut aider à mieux vivre l’expérience. Comme avec toute substance active, la puissance des effets dépend évidement de la dose.
Les personnes qui connaissent mal les psychédéliques ont tendance à parler de perceptions « altérées », d’altération de l’état de conscience. Les scientifiques spécialisés et les psychonautes préfèrent en général parler d’état de conscience modifié ou élargi, et de perceptions modifiées ou amplifiées.
La modification des perceptions entraîne la modification de l’état de conscience.
La conscience est une affaire de perceptions : nous sommes conscients de ce que nous percevons.
Les perceptions de la réalité sont modifiées, ce qui va être plus ou moins « dépaysant » (d’où l’idée de « voyage » chamanique), voir effrayant, en fonction de ce qu’on perçoit et de la façon dont on interprète ce qu’on perçoit.

La façon dont on interprète ce qu’on perçoit est une question de culture, de connaissances, d’expérience. Une personne qui prend des psilo pour la première fois pourra avoir la sensation qu’elle est attaquée par un mauvais esprit démoniaque, alors qu’un utilisateur averti comprendra que ce « mauvais esprit » qui le perturbe est le smartphone qu’il a dans sa poche ! Il suffira d’éteindre le smartphone et de le mettre à bonne distance pour faire disparaître le « mauvais esprit » ! Question d’interprétation !
Un catholique qui visualise un « serpent » pourra croire qu’il voit un démon, alors qu’un praticien de médecine ayurvédique interprétera ce serpent comme étant un « nadi » ou la kundalini.

Ce que les utilisateurs (ou médecins) appellent « hallucinations », générées par les psilo, est un terme souvent impropre. Les psilo provoquent moins des hallucinations au sens strict du terme, que des « visuels » et des modifications perceptives qui sont interprétées comme des « hallucinations ».
En réalité, les « visuels » se perçoivent beaucoup mieux les yeux fermés, ils sont intérieurs, « dans » la tête ! Ce sont des images de l’ordre de la visualisation, du rêve éveillé. C’est pour cette raison que, dans les études cliniques sur les psychédéliques, les expérimentateurs doivent souvent mettre un masque sur les yeux, pour être dans le noir total.
Quand vous vous souvenez du visage de quelqu’un que vous connaissez bien, que son visage « apparaît » dans votre tête, ce n’est pas une hallucination, c’est une « visualisation », et dans ce cas précis, un souvenir !
De la même façon, une mouche a des perceptions très différentes des vôtres, ce n’est pas pour autant qu’elle « hallucine » !
Stephan Beyer (PhD) raconte qu’il a bien eu ce qu’on appelle des « hallucinations » sous ayahuasca, mais il explique aussi que ce qu’une personne considère comme une hallucination dépend beaucoup de sa culture, de ce qu’elle considère comme « réel » ou pas. C’est en parti notre culture, nos croyances, nos connaissances qui déterminent la frontière entre « réel » et « irréel ».
Si vous considérez que les esprits des ancêtres existent, vous ne serez pas trop dépaysé si vous les « voyez » quand vous êtes sous l’effet d’un psychédélique. Vous considérez que le psychédélique vous permet de voir quelque chose qui existe mais que vous ne pouvez pas voir en temps normal, comme un microscope vous permet de voir des bactéries qu’on ne voit pas à l’œil nu en temps normal. Si vous considérez que la vie après la mort n’existe pas, que les défunts n’existent que sous la forme d’ossements dans les cimetières, alors leur apparition sera pour vous une « hallucination ».

Théorie personnelle actuelle : pour employer des termes de physique quantique, il se pourrait que les psychédéliques rendent plus sensible à l’onde qu’à la particule.
Il semblent élargir la portion du spectre électromagnétique et des ondes sonores que nous sommes capables de capter (ils rendent plus sensible au bruit, à la musique, à la lumière…).
Ils pourraient augmenter la puissance et modifier la fréquence de l’antenne-émetteur-récepteur que nous sommes (le corps est un semi-conducteur, autant biochimique que bioélectromagnétique: il émet un champ électromagnétique, des infrarouges, des biophotons…).
Ils pourraient accentuer le sens électromagnétique (qui pourrait être le 6ème sens).
Ils pourraient nous mettre dans une sorte d’état « quantique » : à la fois ici et « ailleurs ».
Ce qui serait cohérent avec l’importance de l’intention dans le cadre de l’utilisation des psychédéliques : en physique quantique, l’intention de l’observateur ou de l’expérimentateur influe sur le résultat de l’expérience.
En chamanisme, l’intention est ce qu’on appelle la prière.
Le monde des esprits avec lequel les chamanes entrent en contact pendant la transe (avec ou sans substance) est un monde interactif, « subtile» (électromagnétique plus que matériel/palpable), où l’intention et le son (chant, tambour, parole…), autrement dit les « vibrations » ou les « ondes » deviennent des leviers d’action plus puissants que des outils palpables.

Références : voir des articles/conférences sur la biologie quantique (quantum biology) par Jim Al Khalili, les conférences du Dr Jack Kruse sur youtube… ; articles: Psilocybine ; Humans may have a « magnetic » sixth sense  ; Fields in Electromagnetic Spectrum Emitted from Human Body. Applications in Medicine ; vidéo : Stephan Beyer, Ph.D. – “Ayahuasca, Cognitive Psychology, and the Ontology of Hallucination”


Pourquoi l’utiliser?

– D’après les scientifiques : pour traiter l’anxiété des personnes ayant une maladie en phase terminale (cancer…), la dépression, l’addiction au tabac et à l’alcool, pour accroître l’empathie, la conscience environnementale, le sens écologique, pour avoir des expériences spirituellement significatives, pour booster la créativité…

– D’après les chamanes : pour apprendre et pour guérir !
Les psilo, comme l’ayahuasca et les autres plantes sacrées, sont autant considérées comme des médecines que comme des enseignants, des esprits à part entière, avec leur personnalité, leur compétences (qui peuvent varier légèrement d’une variété à l’autre), qui permettent d’accéder à des informations auxquelles on ne peut pas accéder en temps normal : information sur le passé, le présent, le futur, échange d’informations avec les « esprits »…
Le chamane commerce avec les esprits dans l’intérêt de sa communauté, pour résoudre toutes sortes de problématiques (médicales, relationnelles…), pour apprendre, pour faire un travail d’harmonisation des corps, des lieux, des relations entre les vivants ou entre les vivants et les autres esprits, il se sert de certaines substances pour accéder à des perceptions/un état de conscience auquel il ne pourrait accéder autrement, pour faire un travail qu’il ne pourrait pas faire autrement, tout comme un chirurgien se sert d’un scalpel pour faire des choses qu’il ne pourrait pas faire sans scalpel.
En fonction des types de chamanisme, et en fonction des talents/aptitudes de chaque praticien, l’état de transe propice au travail avec les esprits peut être atteint de différentes façons, avec ou sans substance (voir l’exemple de Corine Sombrun, qui a appris à accéder à la transe via le tambour, puis sans tambour).
Toute fois, quand des personnes qui n’ont jamais essayé de travailler avec des médecines sacrées disent qu’elles font sans médecine le même travail qu’avec médecine, comment peuvent-elles être sûres qu’il s’agit du même travail, si elles n’ont pas d’éléments de comparaison ?!
Ce serait comme si un médecin affirmait que, sans scalpel, il fait le même travail qu’un chirurgien. Ca pourrait laisser sceptique !

Pour ce qui est du « sens écologique » – au cœur de la crise environnementale que l’humanité est en train de traverser, le psilo a tendance à rendre d’avantage « connecté », réceptif à l’environnement : il modifie les perceptions si bien qu’en fonction de la dose il peut, par exemple:
– rendre beaucoup plus sensible à la beauté de la nature,
– aider à ressentir « pour de vrai » que tout est vivant, que tous les éléments de la nature sont en relation (arbre, sol, atmosphère, rochers, animaux…), qu’ils communiquent entre eux de différentes façons à chaque instant, émettent et reçoivent de l’information (voir l’exemple des arbres qui communiquent entre eux et avec le mycelium),
– dissoudre momentanément les frontières de l’égo.
Dans le milieu des psychonautes, les fortes doses de psychédéliques ont la réputation de pouvoir générer une expérience appelée en anglais « ego death », la mort de l’égo, qui consiste à devenir « un » avec l’univers, avec la nature. Il n’y a plus de séparation entre nous et l’environnement : tout devient « un », uni, nous devenons la rivière, le ciel, la terre… Nous nous dissolvons dans le flot de la Vie, nous devenons le flot de la Vie. Il devient alors impossible de polluer une rivière, de jeter un déchet dans la nature sans avoir conscience que c’est notre propre corps que nous salissons.
Certains affirment que les psilo favorisent la déconnexion d’avec la réalité, qu’ils s’opposent à l’ancrage, à l’enracinement. Il se pourrait que ces personnes se laissent trop influencer par ce que les utilisateurs récréatifs disent des psilo: que cela les fait « tripper », ou « planer » ou « délirer ». Il faut alors se rappeler que l’intention avec laquelle les psilo sont consommés influe sur le résultat de l’expérience : si un utilisateur a l’intention de « tripper » ou de « s’envoyer en l’air » ou de « délirer » en prenant des champi, alors cette intention est bien susceptible de mener l’expérience vers « l’éclate », plutôt que vers le développement personnel/spirituel (qui inclut le développement de notre chakra « racine » et donc de notre enracinement). Les chamanes Mazatèques qui utilisent les champignons psilocybe de façon traditionnelle, eux, cherchent la guérison et des réponses à leurs questions – souvent des questions très terre à terre, ils vivent dans les montagnes, loin des villes, ils cultivent la terre, ils vivent dans des maisons très rudimentaires, en immersion dans la nature, au cœur des éléments. Dans ce genre d’environnement, si quelqu’un « plane », il ne survit pas longtemps ! Il est essentiel de travailler la terre pour pouvoir se nourrir, il faut savoir prendre soin de la nature et vivre à son rythme si l’on veut pouvoir manger. C’est un mode de vie extrêmement « enraciné », les deux pieds dans la terre. Ce sont les occidentaux qui ont tendance à « planer » loin des réalités de la nature, même sans substances, puisqu’ils n’ont jamais à se soucier de la façon dont on fait pousser une salade, dont on fabrique une chaussure et il leur suffit d’entrer dans un magasin à Paris pour pouvoir acheter une banane qui a poussé à 10 000km de là. C’est ce genre de mode de vie qui nourrit le « déracinement », la déconnexion d’avec la réalité, le manque d’ancrage et de pragmatisme. Pas besoin de substances pour « planer » et manquer d’ancrage et de sens des réalités, il suffit de vivre en ville !
Certains auteurs/chercheurs, comme Terence McKenna (célèbre ethnobotaniste et psychonaute américain, auteur du livre « la Nourriture des Dieux »), postulent que c’est parce que les occidentaux n’utilisent pas les médecines sacrées qu’ils sont autant anti-écologiques, déconnectés de la nature, de leur nature.
Un bon exemple des effets que peuvent produire les psilo se retrouve dans le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, avec l’amour des Hobbits et des Elfes pour leur terre, la nature, la beauté des montagnes, des arbres ou des étoiles, etc… Dans une certaine mesure, on peut dire que les psilo peuvent « transformer » l’utilisateur en Hobbit ou en Elfe, en amoureux des clairs de lune, des jardins, des bêtes, en poète pour qui la nature est une source infinie d’inspiration et d’émerveillement, en païen ou en animiste pour qui les arbres ont un esprit, une personnalité et sont aussi vivants que les papillons ou les montagnes… Et c’est une drôle de coïncidence que les Hobbits soient de grands amateurs de… champignons!

Références: livres: Le serpent cosmique, de Jeremy Narby; La nourriture des Dieux, de Terence McKenna ; La médecine psychédélique, du Dr Olivier Chambon, voir aussi toutes les publications scientifiques qu’on peut trouver sur pubmed ou google scholar avec les termes « psilocybin depression » ou « psilocybin empathy », ou « psilocybin addiction » ou « psilocybin environment »… Exemple : Lifetime experience with (classic) psychedelics predicts pro-environmental behavior through an increase in nature relatedness ; articles: « le traitement trippant« , « Médecine psychédélique »: des résultats « stupéfiants », vidéo: The purpose of ayahuasca may not be what you think; site web: maps.org.

 

Les cadre d’utilisations : récréatif, thérapeutique, chamanique

Comme on l’a déjà vu, les effets des psychédéliques dépendent non seulement de l’environnement dans lequel ils sont utilisés mais aussi de l’intention de l’utilisateur.
Il existe trois grandes catégories de cadre d’utilisation des psilo:

– cadre récréatif, égo-centré : Pour le fun, pour « tripper », « planer », à une fête, à un concert, etc… C’est un cadre qui maximise les risques d’effets adverses. D’un point de vue chamanique, ce cadre d’utilisation est une offense à la médecine sacrée. C’est comme d’essayer de monter sur un cheval sauvage « pour le fun ». Ça expose à de mauvaises surprises, à des retours de bâtons.

– cadre thérapeutique, égo-centré : c’est le cadre des études cliniques qui visent à étudier l’efficacité des psychédéliques pour le traitement de la dépression, de l’anxiété, des addictions…

Une session thérapeutique à la John Hopkins University: l’utilisateur est allongé, avec des écouteurs sur les oreilles, un masque de sommeil sur les yeux, et deux thérapeutes veillent à ce que tout se passe bien.

Qu’on participe à une étude clinique ou bien que l’on soit un utilisateur autonome, autodidacte, seul chez soi, l’intention est alors dirigée sur un problème de santé précis (problème psychologique ou physiologique), sur la volonté de guérir, sur la guérison au sens très large du terme (physique, psychologique, spirituel).
Dans ce cadre, certains utilisent des micro-doses de psychédéliques (une micro-dose 2 ou 3 fois par semaine, dose sans effets « psychédéliques ») pour traiter leur dépression, leur anxiété sociale, leur algie vasculaire de la face/céphalée de Horton…
On peut considérer que ce cadre inclue l’amélioration de la créativité des artistes, des scientifiques…, à la quête de solutions pratiques à un problème donné et qui utilisent les psilo (ou d’autres psychédéliques) à diverses doses pour booster leur créativité.
On pourrait ainsi par exemple imaginer que des politiciens utilisent des psychédéliques dans ce cadre pour trouver des solutions innovantes à la crise environnementale actuelle !
C’est aussi un cadre d’utilisation proche du cadre « McKennien », celui rendu populaire par Terence McKenna : « in silent darkness » (« dans l’obscurité silencieuse »), qui consiste à utiliser les psilo dans un lieu familier et sécurisé, dans l’obscurité, le silence et la solitude, à des fins d’auto-analyse, d’exploration psycho-spirituelles…

– cadre chamanique, centré sur la Vie : La frontière entre le cadre thérapeutique et le cadre chamanique peut être assez floue. Dans une certaine mesure, il est possible de « chamaniser » le cadre thérapeutique, afin de maximiser les effets spirituels de l’expérience psychédélique et de la sécuriser au maximum (purification des lieux, prière de protection, demande de guidance aux esprits bienveillants…).
Mais le cadre chamanique implique en principe de tourner l’intention et l’attention vers la communauté au sens large, vers la Vie: l’utilisateur cesse de travailler uniquement pour lui-même, il passe au travail au service de son environnement au sens large, à un travail d’harmonisation de sa relation aux choses, aux êtres, aux « esprits » qui l’entourent (ancêtres, arbres, plantes, animaux, matériaux…), puis à terme à un travail au service de sa communauté à proprement parlé.
Il est probable que pour pouvoir travailler avec les psychédéliques dans ce cadre, il soit nécessaire de les avoir d’abord utilisés dans un cadre thérapeutique. Avant de devenir un chamane à part entière, un apprenti va d’abord utiliser les médecines sacrées pour se soigner lui-même, pour harmoniser, optimiser son propre fonctionnement, son corps et son esprit.
Ensuite, il pourra « chamaniser » à proprement parlé, et commencer à travailler pour sa communauté.
Un psychonaute qui aurait déjà une bonne expérience du cadre thérapeutique pourrait explorer les diverses possibilités de travail avec les psychédéliques dans le cadre chamanique, en commençant par exemple par tourner son attention sur son environnement immédiat, pour aller à la rencontre des « esprits » qui l’entourent : les plantes, les matériaux (synthétiques/naturels), les esprits des lieux, les esprits des ancêtres, le sol (le « vrai » sol naturel, la terre, pas le lino ni le plancher flottant!!), les phénomènes cosmo-telluriques, les arbres, les animaux familiers…
A mon sens, la géobiologie offre de bons exemples du travail qu’il pourrait être possible de réaliser avec les psychédéliques.
Ce cadre d’utilisation nécessite la mise en place d’une « cérémonie », d’un rituel à part entière. Une cérémonie peut être relativement simple, mais elle se doit d’être un minimum construite, organisée.

 

Comment utiliser les psilo dans un cadre chamanique, comment faire une cérémonie ?

Pour se faire une idée sur le sujet, avant tout, il faut lire, lire, et lire encore !!! Écouter des conférences et des documentaires sur youtube fonctionne aussi ! Mais avant tout, c’est à chacun de se s’informer, via les références mentionnées dans cet article et bien d’autres encore !

Les chamanes Mazatèques, au Mexique, font parti de ceux qui travaillent avec les champignons (surnommés « enfants » ou les « saints-enfants »  : « children », ou « holy children »), et il est possible de trouver des articles ou des conférences et documentaires sur le sujet sur internet. Gordon et Valentina Wasson ont rendu célèbre la chamane Mazatèque Maria Sabina dans les années 1950. Une des meilleures sources d’information sur sa façon de travailler est le documentaire ci-dessous :

Elle purifiait les champignons en les passant dans la fumée d’un encens (copal) avant de les consommer, les personnes qui la consultaient en consommaient aussi. Les cérémonies se tenaient le soir, à la lumière des bougies, à même le sol, devant un petit autel, chez Maria Sabina, qui vivait dans les montagnes mexicaines, dans une maison rudimentaire avec un sol en terre battue.
1H00’21 : « Quand les enfants travaillent à l’intérieur de mon corps, je prie et je demande à dieu qu’ils m’aident à soigner. Je me rapproche de la personne malade. Les saints [les champignons] guident mes mains pour appuyer et masser là où il y a de la douleur. »
On notera, entre autre, que le copal est un encens local pour les mexicains, un européen pourrait aussi bien utiliser un autre encens européen, comme de la sauge ou de la résine de sapin. Sur l’autel de Maria Sabina, on trouvait des images religieuses catholiques (les Mazatèques ont appris à déguiser et protéger leur foi traditionnelle pré-chrétienne, en échangeant les noms de leurs anciens dieux contre les noms des saints chrétiens). Un européen pourrait préférer utiliser des images d’autres religions plus anciennes (mythologie celtique, scandinave…), ou simplement des objets évoquant la nature (cristaux, fleurs…).
Quand les psychonautes expérimentés recommandent de consommer les psilo au plus près possible de la nature, une telle maison, avec un sol en terre battue, dans les montagnes, loin des villes, sans électricité, est une bonne illustration de ce que cela peut signifier.
Une autre guérisseuse Mazatèque, Natalia Martinez (photo en tête d’article), est présentée dans le documentaire The Little Saints, par Oliver Quintanilla. D’après elle, la technique occidentale consistant à prendre les champignons puis à s’allonger dans le noir, en fermant les yeux et en se laissant guider par de la musique, est la méthode « feignante » qui ne permet pas au plein potentiel des champignons de se manifester. Elle conseille à ses élèves de maintenir leur attention sur l’autel (bougies et images religieuses) pendant toute la durée de la « velada » (cérémonie). C’est un entraînement de l’attention nécessaire à l’apprentissage de l’art de diriger l’expérience et de travailler avec ce que les champignons présentent à l’esprit focalisé (source: Mycotopia).

Un praticien pourrait souhaiter étoffer ou personnaliser un tel « set and setting », et tenter l’expérience de la création d’une cérémonie « européenne », plus personnelle.
Pour cela, plusieurs pistes pourraient être explorées :

Puisque l’ayhuasca et la psilocybine appartiennent toutes deux à la famille des tryptamines, il pourrait être envisageable, dans une certaine mesure, de transposer les méthodes de travail avec l’ayahuasca, au travail avec le psilo.
Comme le chamane Mazatèque, le chamane amazonien fait un travail, pas un « voyage » tous frais payés ! Il ne se contente pas de prendre une substance et d’attendre que tout arrive.
Pendant une cérémonie d’Ayahuasca, pendant qu’un touriste occidental reste à vomir ses tripes, puis allongé par terre, incapable de faire quoi que ce soit, submergé par l’expérience, le chamane, qui lui aussi a pris de l’ayahusca, reste actif et alerte. Il va de l’un à l’autre de ses « patients », il chante…, il veille au bon déroulement de la cérémonie. Il n’accède pas à un tel niveau de maîtrise du jour au lendemain. Cela lui demande de longues années d’entraînement, d’apprentissage, cela nécessite de considérer la substance comme un esprit à part entière, un enseignant, un esprit-allié, comme une sorte de coéquipier très puissant avec lequel il faut tisser une relation respectueuse pour que le praticien et la substance puissent faire ensemble un travail correct, de la même façon que le travail avec un cheval de trait, par exemple pour débarder du bois en forêt, nécessite une fine entente entre l’être humain qui mène le travail, et le cheval qui fournit la force motrice. Il s’agit d’une coopération. Prendre un psychédélique sans aucune intention, ou en pensant qu’il suffit de lui laisser faire tout le travail, cela revient à monter sur un cheval sans avoir aucune intention, en le laissant libre d’aller ou bon lui chante. Si le cheval est relativement placide, vous pourrez peut-être rester sur son dos toute la journée, alors qu’il déambulera dans son champs pour brouter ici ou là, ou bien il s’agira d’un cheval qui n’aime guère être monté pour rien, et vous vous retrouverez vite par terre.

Il est aussi intéressant d’observer le cadre dans lequel est utilisée l’ayahuasca de façon traditionnelle : au fin fond de la jungle, loin de la civilisation, en contact direct avec la nature, au calme, le soir, dans l’obscurité de la nuit, sous un climat tropical dont la température est toujours relativement douce, dans des constructions réalisées en matériaux naturels, dont le sol est en terre battue ou en simple plancher en bois, dans des lieux où il n’y a souvent pas d’électricité… On peut aussi observer l’alimentation proposée dans les centres de retraite d’ayahuasca : souvent de type « anti-inflammatoire » (proche du régime paléolithique), à base de riz, de légumes, d’un peu de poisson, sans graisses ni condiments, ni sucre… Cela permet d’affiner les recommandations de bases qui sont faites aux utilisateurs de psychédéliques et d’aller un peu plus loin que « les prendre à jeun, aussi près de la nature que possible ».

La question de l’apprentissage de la maîtrise de l’expérience afin de la transformer en véritable travail nécessite forcément d’apprendre à doser la substance, d’apprendre à choisir soigneusement le « set and setting », le lieu, l’état d’esprit, l’intention à mettre au cœur de la cérémonie. Pour le praticien, il s’agit d’apprendre à se connaître, à connaître sa sensibilité à la substance, d’apprendre à connaître son corps autant que l’environnement, avec l’aide de la substance.
Certaines personnes peuvent avoir peur de consommer des psilo parce qu’elles ont « peur de perdre le contrôle », c’est la même chose que d’avoir peur de boire de l’alcool par peur de « perdre le contrôle », alors qu’un consommateur d’alcool expérimenté, non-alcoolique, peut avoir la maîtrise de sa consommation : il connaît ses limites pour les avoir éprouvées, il sait bien quelle quantité d’alcool il peut boire, quels effets en attendre, et dans quelles circonstances il peut en boire, si bien qu’il évitera de boire 1L de vin en compagnie de son patron, et que s’il partage parfois une bouteille de vin en compagnie d’un ami, il ne boira probablement jamais la même quantité de rhum, même avec un ami. La maîtrise de l’effet des psilo est tout autant possible, c’est une question d’apprentissage.

Il s’agit aussi d’apprendre à interpréter correctement ce qui est perçu grâce aux médecines. Il ne s’agit pas de prendre tout ce qui passe par la tête pour argent comptant. Il faut être conscient que c’est la sphère cognitive qui traduit un stimuli sensoriel en image, au mieux de ses possibilités, avec le stock d’images qu’elle a à disposition dans sa « bibliothèque » de connaissances. Plus le praticien a des connaissances étendues et variées, plus il peut gagner en finesse d’interprétation.
Les médecines traditionnelles à travers le monde, comme l’Ayurveda et la médecine traditionnelle chinoise, qui plongent leurs racines dans des traditions chamaniques très anciennes, pourraient fort bien avoir été crées avec l’aide des psychédéliques. Dans le cas de l’Ayurveda, c’est ce que laisse supposer par exemple la mention d’un mystérieux « soma », un breuvage aux propriétés extraordinaires, dans les Veda hindoues. Ces médecines traditionnelles, qui mettent une forte emphase sur le fonctionnement énergétique/électromagnétique du corps humain, pourraient à présent fournir des informations utiles à la bonne interprétation des phénomènes « subtiles » perçus grâce aux médecines sacrées (notions de méridiens, de nadis, de point d’acupuncture, d’énergétique, de chakras, de « chi » céleste et de chi terrestre, etc….).
Les médecines traditionnelles sont associées à des pratiques telles que le yoga ou le qi-gong, le feng shui et le vastu sastra, qui faisaient peut-être parti à l’origine d’une grande pratique chamanique très complexe (connaissances anatomiques et spirituelles, utilisation de plantes médicinales, activités physiques, respiratoires, méditation, arts martiaux, massage, harmonisation des lieux, travail avec les phénomènes cosmo-telluriques…). Ainsi, le yoga ou le qi-gong pourraient fonctionner en synergie avec les psychédéliques et les psychédéliques pourraient permettre de mieux en comprendre l’utilité (en amplifiant les effets générées par ces pratiques). C’est du moins ce que suggèrent certains témoignages de psychonautes qui associent la consommation de psychédéliques à la pratique des mudras, du yoga, du taï-chi… En France, la géobiologie est l’équivalent du feng shui asiatique et du vastu sastra hindou, elle pourrait aussi donner des pistes de compréhension et des exemples du travail qui peut être fait dans un état de conscience élargi (harmonisation des lieux, purification, bénédiction…).
Dans le milieu de la spiritualité et de « l’énergétique » occidentales, beaucoup de gens croient que les « anciens » ont créé ces médecines traditionnelles et toutes ces techniques « énergétiques » grâce à des perceptions plus fines que les nôtres, perceptions qui se seraient émoussées au fil des générations, érodées sous l’effet d’un mode de vie de plus en plus anti-naturel. Les créateurs de ces arts ancestraux ont tendance à être vus comme des super héros dotés de super pouvoirs. Mais il est tout autant possible que ces « anciens » se soient servis de ce qu’on appelle maintenant les psychédéliques, qu’ils les aient considérés comme des médecines sacrées et qu’ils s’en soient servi de façon très pragmatique, comme d’un outil très précieux. Les lois qui diabolisent les psychédéliques en Occident sont très récentes, qui sait quel statut elles avaient réellement ici ou ailleurs il y a 5000 ans ?

On pourra nous dire que tout cela est absurde, qu’il n’y a aucune preuve que les psilo aient jamais été utilisés dans un cadre chamanique en Europe et que toutes ces théories fumeuses sur la possibilité d’utiliser ces substances de cette façon de nos jours, en Occident, ne sont que de l’appropriation culturelle.
Appropriation ou ré-appropriation ?
Avant d’essayer d’éradiquer le chamanisme en Amérique du Sud, les européens l’avaient probablement soigneusement éradiqué chez eux, les femmes qui ont été brûlées sur les bûchers n’étaient pas que des « sage-femmes », accoucheuses, herboristes ou avorteuses des campagnes. Il est fort probable que certaines aient été des guérisseuses, héritières d’une pratique chamanique très ancienne.
En Scandinavie, dans les textes historiques (Edda), comme dans de nombreuses autres régions d’Europe, il y a par exemple bien la mention d’un « hydromel » (« mead », en anglais), dont la recette reste mystérieuse , avec des mentions récurrentes d’une jeune femme à l’hydromel, qui offre ce breuvage dans une corne de vache (voir le travail de Maria Kvilhaug : « The maiden and the mead »). Terence McKenna, à la mention de l’hydromel et de la corne de vache, aurait probablement suggéré que la vénération de la vache et de ses attributs par de nombreux peuples, était liée à la survivance de pratiques chamaniques associées au psilo, que l’omniprésence de la vache dans de très anciennes pratiques chamaniques serait liée au fait que les psilo poussent souvent dans des prés pâturés par des bovins (pas de vache, pas de médecine sacrée!), qu’ils ont même la réputation de pousser plus volontiers dans les bouses de vaches et qu’ainsi cette forme de chamanisme va toujours de paire avec la vache. Et il est bel et bien possible de faire un « thé » avec les psilo, il est aussi possible de les conserver dans du miel, et l’hydromel est une boisson à base de miel…

Soit dit en passant, il y a tout de même une critique majeure qui peut être formulée à l’encontre de Terence McKenna, c’est qu’il a rendu populaire un cadre d’utilisation – dont s’inspire beaucoup la recherche clinique actuelle, un cadre relativement égo-centré, un cadre individualiste, que l’on pourrait qualifier de typiquement « américain » : il a popularisé l’utilisation des champignons à de fortes doses (des doses « héroïques », façon Super Man !), en solitaire (Super Man!), dans l’obscurité et le silence, à des fins d’exploration psycho-spirituelles qui relèvent plus ou moins du voyage touristique intello-baba-cool en Inde, ou de l’aventure façon Indiana Jones, bien plus que d’un travail au service de la communauté. Et qui plus est, sans insister sur l’importance du contact avec la nature : « (…) avec aussi peu de compagnie que possible (…), je n’aime pas les groupes en général, je suis un solitaire (…), les choses sérieuses se passent dans l’obscurité, dans le silence (…), dans un lieu confortable, et cela peut être votre appartement à Manhattan ou ça peut être dans un arbre dans le Parc Yosemite, en fonction de vos préférences ». (How to use psychedelics / psilocybin / magic mushrooms remastered [harm reduction] (Terence Mckenna) (de 10’45 à 12’10)).
La masse d’information qu’il a mise à la disposition de la communauté est un grand service rendu en soi, cependant son approche reste différente du travail qui peut être accompli dans un cadre chamanique, au service de la communauté, au service de la Vie au sens non-égocentré du terme. Aujourd’hui, les psychonautes qui se contentent de suivre son exemple ne semblent pas chercher à travailler avec leurs ancêtres, à leur demander conseil, protection, pardon ou bénédiction, ni à communiquer avec les plantes médicinales, les arbres, les animaux ou avec le sol pour apprendre d’eux, pour en faire des esprits-alliés, des coéquipiers d’un travail au service de la Vie, ils se contentent de rester allongés dans le noir et de contempler le « show ». Et pendant ce temps, la Vie s’effondre tout autour d’eux sur Terre…
L’ex-épouse de feu Terence McKenna, Kathleen Harrison, également éthnobotaniste parle, elle, du « travail » spirituel que permettent de faire les médecines sacrées, elle ose parler de leur utilisation dans le cadre de « cérémonies psychédéliques », elle parle du travail avec les esprits-alliées, de la prière, des rituels, du cercle, de guérison à distance, etc… C’est une approche nettement plus pragmatique que celle de son ex-époux. Dommage que la communauté psychédélique diffuse si peu son travail. On qualifie souvent Terence McKenna de « néo-chamane », mais à mon sens il faisait essentiellement un travail d’exploration de la psyché et, potentiellement, un travail thérapeutique personnel. Le néo-chamane de la famille McKenna, dont le travail est tourné vers la communauté et la Vie au sens large, serait d’avantage Kathleen Harrison (voir entre autre Kathleen « Kat » Harrison — Weaving Modern Ritual).

On pourrait donc imaginer des cérémonies « reconstruites » d’une part sur la base des cérémonies d’ayahuasca amazoniennes et des cérémonies avec champignons Mazatèques, et d’autre part sur la base des traces qui subsistent de la tradition des « sorcières » d’Europe, qu’on retrouve en morceaux épars dans la Wicca, le paganisme, la magie, la géobiologie, la tradition Seidr… : l’utilisation d’un feu rituel, le cercle, l’importance des 4 directions, des éléments, les invocations, les offrandes, l’autel, le bâton de la tradition Seidr ou les « baguettes » du sourcier, les notions de « dragons » qui pourraient être des phénomènes cosmo-telluriques, etc… Le chamanisme étant une pratique commune à toute l’humanité à travers le monde et à travers les âges, d’autres traditions pourraient être sources d’inspiration, comme les traditions des Natifs d’Amérique du Nord, avec des notions telle que la « medicine wheel », l’importance des esprits des ancêtres, des « grandfathers » et des « grandmothers », de la plume de rapace, de la bénédiction, etc…
Et garder à l’esprit que la médecine sacrée elle-même est considérée par le chamane comme une enseignante, sensée pouvoir guider le praticien dans la construction même de sa pratique. Les chamanes nous apprennent aussi que c’est toute la nature qui enseigne, que le sol autant que l’atmosphère, les rochers, les montagnes, les arbres, les animaux…, sont riches d’enseignements, en d’autres termes que c’est toute la planète, tout l’environnement qui contient, qui stocke et diffuse de l’information sous différentes formes, et que les médecines sacrées permettent de se connecter à cette source d’information, pour peu que le praticien tourne son attention et son intention vers elle.
Et si certains peuples que nous considérons comme « primitifs » ont des connaissances parfois très pointues en astronomie, cela pourrait s’expliquer par le fait que notre planète, elle-même, peut être considérée comme un radiotélescope géant et qu’une fois que le praticien est devenu hyperperceptif grâce aux psychédéliques, il pourrait devenir capable de se connecter à ce radiotélescope et à toutes les informations qu’ils capte…
Imaginons que la Terre puisse ainsi capter, stocker et diffuser de l’information, de l’information – comme tout être vivant! et que le praticien puisse accéder à cette information en se connectant à elle, alors il se pourrait que la structure et les outils de la cérémonie aient été pour ainsi dire encryptés dans la mémoire de la Terre, comme un fossile dans la roche et que cette structure et le mode d’emploi de ces outils puissent être retrouvés via la transe chamanique, via une forme d’archéologie chamanique, un peu comme un paléontologue retrouve la façon de fabriquer un outil en silex, non pas dans les livres, mais en fabriquant lui-même des outils en silex.
Cette idée de l’existence d’un champ d’informations « subtile » a été popularisée par Rupert Sheldrake, avec le concept de « champ morphique» (« champ générateur de forme »). Sheldrake et Terence McKenna étaient amis. Une partie de leurs discussions sont disponibles sur le site de Rupert Sheldrake (voir la rubrique « audio », les « trialogues » entre Shelrake, McKenna et Abraham).
D’après ce concept de champ morphique, la mémoire est inhérente à la nature : « les systèmes naturels, tels que des colonies de termites, des pigeons, des orchidées, des molécules d’insuline héritent d’une mémoire collective renfermant tous les phénomènes concernant leur espèce, aussi distants soient-ils dans l’espace et dans le temps (…),  les champs morphiques ne disparaissent pas : ce sont des schèmes d’influence organisateurs potentiels, susceptibles de se manifester à nouveau, en d’autres temps, et d’autres lieux, partout où et à chaque fois que les conditions physiques sont appropriées. » (Sheldrake, Champs morphogénétiques : La mémoire de l’univers ). Ainsi, si la cérémonie chamanique est considérée comme un comportement inhérent à l’humanité (des cérémonies chamaniques ont existé à travers le monde, depuis la nuit des temps), comme un comportement appartenant à une mémoire ancestrale collective, alors elle serait susceptible de se reconstituer, d’émerger de cet océan de mémoire, de se « cristalliser » en présence de conditions propices, en présence des bons « outils » et de la « bonne » intention.
Et comme le dit Romuald Leterrier, quand on fait des expériences de « type chamanique », « c’est bien d’avoir une intention qui soit en phase avec la Vie, et ça c’est fondamental. » (Romuald Leterrier – Recevoir des informations du futur grâce aux synchronicités (21’03)).
Exemple de prière/intention pouvant être mise au cœur d’une cérémonie :

« Je demande à être libéré de tout ce qui entrave la Vie en moi et autour de moi ».

Pour « aller plus loin », on peut consulter toutes les références déjà citées, et bien d’autres encore, comme les conférences et interviews de Romuald Leterrier, de Maria Kvilhaug, les chaînes youtube de Lyra Ceoltoir , d’Arnaud Thuly, de Totem Turquoiseau , de Phillipe JM Morel , le site web Erowid ; livre : « Le Serpent cosmique », de Jeremy Narby (et ses interviews/conférences sur youtube), le « Journal d’une apprentie chamane », de Corine Sombrun (et ses interviews/conférences sur youtube), les interviews/conférences de Kilindi Iyi, comme celle-ci : John Vallis #20: Kilindi Iyi – Martial Arts and Psychedelics  , etc….

Quelques personnes partagent, en vidéo, leur conception d’une cérémonie avec les champignons :

Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 – 6/21 – Psycho Chamanisme – Comment Faire Une Cérémonie?

Kathleen « Kat » Harrison — Weaving Modern Ritual

Mushroom Wisdom with Shonagh Home – Creating a Ritual Context

Mushroom Medicine ceremonies ; prayer

Christmas Eve Mushroom Ceremony (the REAL story of Christmas)

How To Ceremony with Psilocybin Mushrooms | Psychedelic Spirituality

Réf. : Livre: La nourriture des dieux, de Terence McKenna, La médecine de l’habitat, de Jacques La Maya; Articles: Interview de Terence McKenna par Gracie & Zarkov  ; The Sacred Drink and Other Links Between Indian, Iranian, Greek, Celtic and Norse Mythology ; Entheogens (Psychedelic Drugs) and Shamanism; PSYCHOACTIVE BOTANICALS IN RITUAL, RELIGION, AND SHAMANISMChamps morphogénétiques : La mémoire de l’univers ; Retour de la Völva, Reconstruction de la pratique du seidh ;
vidéos: The Rig Veda and Soma – Terence McKenna  ; Rupert Sheldrake on Terence McKenna ;
Rupert Sheldrake : L’intelligence évolutionnaire ; Sacred Mead of Poetry: What was in it and what did it mean?  ; AYAHUASCA vs MUSHROOMS – Dennis McKenna on DMT & Psilocybin ; Kathleen Harrison, the importance of ceremony, Rupert Sheldrake – Psychedelic Experience And Morphic Resonance.


Conclusion :

Récemment, la Société Psychédélique Française, jeune association créée par des chercheurs français, a publié sur sa page facebook un extrait de l’article « Médecines. Bientôt tous sous substances psychédéliques ? » , du Monde des Religions (numéro n°94 de mars-avril 2019) dans lequel on peut lire : « Alors que la recherche psychiatrique sur les molécules hallucinogènes connaît une renaissance fulgurante dans le monde, la France s’y met tout juste. La dimension mystique de certaines expériences gêne notre culture « cartésienne ».
C’est le monde à l’envers !
Si notre société était réellement cartésienne, rationnelle, logique, ses lois seraient basées sur la science, pas sur des préjugés moyenâgeux.
Si nous étions cartésiens, nous ne détruirions pas la nature, la vie, comme nous le faisons, puisque cela revient à détruire notre maison à coups de hache, cela revient à se tirer des balles dans le pieds.
Les peuples « premiers », qui considèrent les psychédéliques comme des médecines sacrées et qui en font un usage chamanique, vivent en harmonie avec la nature depuis des millénaires. Ils savent en général chasser, pêcher, cueillir et cultiver leur nourriture, se soigner, vivre des ressources de la nature sans les épuiser…, ils ont les deux pieds ancrés dans la terre, alors que les Occidentaux détruisent tout autour d’eux comme des enfants en bas-âge… Et ce serait les peuples premiers qui « planeraient » et nous les « cartésiens » ?!? Cherchez l’erreur !

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Bubulle, l’oeuf cosmique

Bila, un dieu serpent arc-en-ciel des aborigènes d’Australie.

 

Petit conte de Noël. Cadeau.
Spéciale dédicace à toutes les sorcières et à tous leurs fans.

Il est difficile et périlleux de transmettre des informations récoltées avec des techniques de « sorcière ».
Il est difficile d’en évaluer honnêtement, objectivement la solidité.
Alors on les transmet comme on peut, en racontant des « histoires ».
Si vous n’aimez pas les fictions, vous pouvez aller à la fin du texte, piocher dans les « vraies » références-sources d’inspiration. J’y ai réuni – entre autres, des références-clés qui permettent d’améliorer la santé, la vie, le quotidien par toutes sortes de moyens naturels.

Meilleurs voeux pour 2019!
2-11 décembre 2018, Roussillon en Morvan – Haute-Savoie

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Bubulle, l’œuf cosmique

Et si tout ce qu’on croyait savoir était franchement faux… ?
Vraiment tout ?!
Inversé, perverti, vraiment tout tordu ?!

Quelque part dans la galaxie…

Un gros cailloux a été ensemencé, probablement par une collision gigantesque avec un autre gros cailloux tournoyant autour d’une étoile.
Papa-Maman planètes sont là, tous gênés : « Oups, on ne l’a pas fait exprès, on s’est frotté d’un peu trop près, comme quand vous allez passer la soirée à boire dans un bar et que vous vous retrouvez le lendemain dans le lit d’un ou d’une inconnue, plus si inconnu que ça après une nuit passée à vous « frotter » l’un à l’autre… ».

La graine ainsi semée a germé, le gros cailloux est devenu ce que les humains appellent une planète tellurique qui abrite la vie, une planète qui ressemble étrangement à la notre – un peu comme un Africain ressemble à un Européen, sauf qu’ici, on n’appelle pas cela une « planète », puisque ce gros cailloux n’a rien de plat… Quoi que le mot grec humain à l’origine du mot « planète » est « planetes, planetai », qui signifie « voyageur », et « planasthai », en grec, signifie « voyager, errer ».
On n’appelle pas cela une orange non plus, puisqu’une orange est pleine d’eau et que ce cailloux est d’avantage comme un gros œuf dont seule la coquille est solide, alors que le blanc et le jaune de cet œuf sont du magma plus ou moins en fusion, c’est un œuf de feu, un gros œuf de dragon-vie, couvé par le souffle chaud de l’étoile-coeur autour de laquelle il tourne. Dans ce monde, on donne souvent deux ou trois noms aux choses, histoire de bien expliquer ce dont on cause, parce que toute chose peut toujours être décrite de plusieurs points de vue différents et donc avoir plusieurs formes-apparences et une chose peut avoir plusieurs fonctions, et donc plusieurs noms.
Dans ce monde, la vie-conscience est qualifiée de « dragon », une force monumentale qui voyage de monde en monde et qui prospère partout en toutes choses, sous toutes les formes possibles et imaginables, formes plus ou moins complexes, plus ou moins grandes, de l’atome à l’ADN, de l’astéroïde à la galaxie. Et ce dragon géant pond des œufs à son image, des œufs géants : les galaxies, les étoiles et les planètes, qui à leur tour « pondent » et génèrent de plus petits œufs à leur surface : toutes sortes de créatures et de formes, leurs enfants-habitants qui, à leur tour, « pondent », etc…
Dans ce monde, on appelle donc cette planète un œuf, ou un œuf cosmique et cet œuf-là en particulier, plus familièrement, ses habitants l’appellent Bubulle.

Cet œuf cosmique est celui d’un esprit-foetus de dragon un peu spécial. Il s’agit d’un dragon-phœnix qui se consume régulièrement et renaît, comme Fumesec dans Harry Potter.
Les Aztec auraient vécu sur cette planète, ils auraient appelé cette créature Quetzalcoatl, ils l’auraient décrit comme un gros serpent à plume multicolore, mais les Maya sont loin. Les Vikings, eux, l’auraient appelé « Draak » ou « Dreki », mais les Vikings aussi sont loin, Jeremy Narby aurait peut-être été tenté de l’appeler « Le Serpent Cosmique », mais Mr Narby est loin aussi, donc ici, cet œuf, on l’appelle juste Bubulle, parce qu’il est à peu près rond et lisse comme une bulle (vu de loin) et qu’il rote régulièrement de grosses bulles de magma, causant des éruptions volcaniques plus ou moins catastrophiques.
Cet œuf en fusion est comme le creuset dans lequel mijote l’esprit-fœtus bouillonnant d’un dragon-phœnix particulièrement remuant, limite un peu punk, sans cesse en train de se régénérer, n’en faisant qu’à sa tête, sans cesse en train de donner puis de reprendre la vie à ses créatures-enfants-graines qui grouillent à sa surface, et il leur transmet une vie à l’image de la sienne : auto-réparable, que les visionnaires de cette planète perçoivent en chaque être vivant sous la forme d’un dragon ailé cracheur de feu, qui ressemble un peu à ce que les visionnaires humains appellent « kundalini ». D’ailleurs, chaque être vivant sur cette planète est doté des caractéristiques vitales de ce phœnix : capable de transmettre la vie, capable de générer de l’énergie-électromagnétisme au cœur de ses cellules, comme ce gros bébé en génère en son cœur spirituo-electromagnéto-magmatique et capable de renaître de leurs cendres : quand les êtres de cette planète meurent, leur esprit-vie retourne à sa source : le cœur en fusion de Bubulle. Bubulle redonne forme à cet esprit un peu plus tard, ou bien il le recycle en autre chose si l’esprit-graine n’avait rien donné de bien intéressant ou si elle avait mal tourné, ou il lui permet de transiter vers d’autres dimensions, puisque le cœur de Bubulle est un gros chakra, c’est à dire un vortex, une porte qui peut mener à d’autres coeurs-vortex, d’autres cœurs de planètes, d’étoiles ou de galaxies ailleurs dans l’univers. Les cœurs-chakras des galaxies, c’est ce que les humains appellent les « trous noirs ». Les humains n’y voient pas très clair en matière de chakra.

Bubulle est un esprit-phoenix, qui se consume et renaît sans cesse, mais bien sûr, la planète-creuset elle-même ne se consume pas et n’explose pas réellement tous les 50 000 ans, par exemple. Elle reste pleine et entière et, vue de loin, elle tourne tranquillement autour de son étoile depuis 4 milliards d’années. C’est la vie-conscience, l’esprit de cet œuf, manifesté concrètement à la surface matérielle de l’œuf, sur sa « coquille », qui germe, grandit, se multiplie puis ce consume et renaît régulièrement sous une nouvelle forme. Ainsi, sur cet œuf cosmique, des créatures ressemblant à des dinosaures seraient susceptible d’être apparues à un moment donné, de s’être développées, multipliées et puis boum, un beau jour, on efface tout et on recommence. Plus exactement, on efface 95% des formes de vie à la surface de l’œuf et on laisse les « cendres », soit les 5% restant créer quelque chose d’autre, petit à petit.
C’est un peu un cercle vertueux, ou bien un cercle vicieux, selon les points de vue.

Un beau jour, un des clans vivant sur cet œuf, le clan des Bâtisseurs (aussi surnommé les « Gourmands », ou plus familièrement encore par leurs détracteurs, « les Baffreurs ») – qui était un clan de nantis délicats, qui aimaient bien leur petit confort et préféraient construire des maisons en pierre plutôt que de vivre en nomade dans des tentes, ce clan en eu marre de ces cycles de mort et de renaissance. Ce clan chercha à arrêter le processus, à le mettre sur « pause », de la même façon qu’ils s’étaient mis eux-même sur pause en commençant à cultiver des céréales toujours au même endroit, en faisant des stocks et en construisant des maisons et des caves, plutôt que de voyager léger sans arrêt, en nomades chasseurs-cueilleurs, plutôt que de manger ce qu’ils trouvaient en chemin (donc parfois pas grand chose): « On est bien, là, comme ça, avec notre petit confort, notre petite bedaine, nos gros murs, nos stocks de grains, nos gosses qu’on aime et qu’on aimerait voir grandir, donc on aimerait bien que tout cela continue éternellement, donc on va essayer d’arrêter la croissance de l’oeuf-dragon-phoenix et on va essayer de faire en sorte qu’il en reste toujours à son état larvaire, tranquille dans son œuf, qu’il arrête de tout péter en remuant sans arrêt, sans parler du branle-bas de combat quand il brise sa coquille et déploie ses petites ailes de bébé phœnix ».
Et en aparté, en secret, ils ajoutèrent « Et on en profitera pour que l’énergie-souffle-vie de Bubulle cesse de se déverser partout dans tous les sens de façon anarchique, qu’elle cesse de se donner à tout le monde comme une catin, et on la gardera pure et rien que pour nous ». Les « Bâtisseurs » étaient vraiment très gourmands, leurs céréales les avaient rendus un chouilla possessifs, jaloux, paranoïaques et psycho-rigides, autrement dit dominateurs, et ils réfléchirent donc à un moyen de faire en sorte de toujours rester bien nourris, comme les rois de la jungle, pour être toujours les premiers à pouvoir se remplir la panse. En d’autres termes, ils travaillèrent à la création d’une machine capable de générer ce que les humains appellent du « capitalisme » à perpétuité partout sur la planète, avec une grande foule de petits « frugaux » à la base qui nourrirait à perpétuité une petite élite de costauds « baffreurs » au sommet.

Sur cette planète, il y avait aussi jadis le Clan de l’œuf, et au sein de ce clan, des gens devenaient même sage-femme pour œuf, surtout des femmes, parce que les femmes s’y connaissent en gestation, en accouchement, vu qu’elles font ça assez souvent elle-même. Alors elles s’entraident entre elles quand elles tombent enceinte et accouchent, et donc c’était elles les mieux placées pour comprendre le processus de gestation de la « petite graine » de phœnix, ce qui était propice à sa bonne croissance, et à son éclosion.
Parfois elles organisaient des cérémonies pour danser et aider le bébé phœnix à se retourner, à respirer ou à percer sa coquille, parce que danser, c’était comme de tapoter la surface de la coquille, surtout quand elles s’aidaient d’un tambour ou d’un grand bâton pour taper le sol (ça fait encore plus de vibrations-vagues-bruits).
Elles avaient développé toutes sortes de techniques pour évaluer où en était la gestation. Par exemple elles collaient leur corps à la coquille, à la surface de la planète, et en plaçant certaines parties de leur corps au contact direct du sol (donc pas sur des tapis en plastique comme on fait sur Terre), en plaçant par exemple leur troisième œil contre le sol, elles pouvaient voir et communiquer avec le bébé, elles appelaient ça la « posture de l’enfant », c’était comme de coller l’oreille contre le ventre d’une femme enceinte. Elles lui parlaient, elles lui expliquaient leur monde, elles lui expliquaient le pourquoi du comment de leurs actes pour qu’il les comprenne, elles lui expliquaient les raisons de l’abattage d’un arbre ici ou de la construction d’un bâtiment là, elles lui expliquaient les choses comme un dentiste explique ce qu’il va faire à son patient pour que le patient ne s’imagine pas qu’il se fait agresser par un malade qui essaye juste de lui faire mal par pur plaisir, elles le traitaient avec douceur et respect, comme on se doit de traiter le ventre d’une femme enceinte qui est en train de fabriquer le truc le plus précieux qui soit : la vie.
Et de la même façon qu’elles communiquaient et coopéraient avec Bubulle, elles œuvraient à communiquer et à coopérer avec toutes ses créatures-enfants-esprits: elles travaillaient et coopéraient avec tous les « règnes-esprits », de toutes sortes de façons. Par exemple, elles élevaient des moutons pour pouvoir se servir de leur laine, elles montaient sur des chevaux pour pouvoir voyager plus loin, elles apprivoisaient des chiens-loups pour leur défense et elles se servaient des plantes pour soigner ou pour modifier leurs perceptions et pour voir le monde comme le voyaient les plantes ou les animaux ou Bubulle lui-même. Elles travaillaient autant à comprendre qu’à enseigner Bubulle, et à en tisser les éléments pour rendre la vie encore plus belle et encore plus prospère, comme on peut transformer une toison de mouton un peu crottée en joli châle multicolore et bien chaud, juste avec du temps, des outils en bois, des teintures végétales et de la « witch » (leur mot pour « envie de connaitre-enseigner-protéger-embellir-transmettre la vie »).

Mais les Bâtisseurs, eux, voulaient tout sauf voir éclore ce gros œuf.
Ils racontaient à tout le monde que c’était un méchant dragon qu’il fallait occire, que c’était le mal personnifié sous la forme d’un vilain serpent, certains l’appelèrent Satane, ce qui était le diminutif de « satané mioche ».
Ils commencèrent à fabriquer des machines-formes anti-éclosion, pour l’empêcher de grandir, l’empêcher de faire surface, pour l’empêcher de remuer, pour l’affaiblir, comme on affaiblit un lion en le mettant en cage sous sédatifs, pour pouvoir le « dompter ».
Le truc qui marchait le mieux c’était les croix à angle droit : un excellent outil de bannissement ou d’exorcisme, qui bloquait et repoussait le souffle-énergie de Bubulle dans les profondeurs de la planète, l’empêchant de percer la surface et d’y répandre son souffle-énergie librement.


Pyramides de Gizeh vues du ciel.

Source: Scientists discover Great Pyramid of Giza can focus electromagnetic energy through its hidden chambers

Parce que oui, quand Bubulle venait respirer à la surface de l’œuf, son souffle se répandait partout, tout autour. Ainsi on pouvait venir respirer avec lui dans ces lieux bouches-portes-chakra et le souffle-énergie était distribué également à toute créature avoisinante, sans distinction d’âge, d’espèce, de race, de sexe, de taille de bedaine ou de taille de stock de grains.
Les Bâtisseurs n’aimaient pas du tout cette générosité complètement débridée qu’ils estimaient être très injuste, puisque peu importe votre mérite, votre rang, votre poids… vous aviez droit à la même dose d’énergie, comme tout le monde.
Ce souffle-énergie pouvait être canalisé, on pouvait en faciliter la circulation : le clan des sages-femmes, avaient l’habitude de créer des cercles géants sur ces chakras, elles les appelaient des « medecine wheel », des roues de guérison, c’était comme de faire de l’acupuncture à coup de pierre géantes en guise d’aiguilles, pour faciliter la respiration du bébé et venir respirer encore mieux avec lui, grâce à lui, pour unir leur souffle à son souffle, et faciliter la circulation et le partage du souffle-énergie.


Pömmelte, Allemagne


Majorville, Medecine Wheel, Canada

Et c’est en voyant ça que les Bâtisseurs comprirent que s’il était possible de faciliter la circulation de ce souffle, il devait donc être aussi possible d’en entraver la circulation : il suffisait de construire une croix géante à certains endroits de la coquille, ces endroits où la coquille étaient plus fine qu’ailleurs, des endroits où la coquille de Bubulle laissait parfois passer un peu de vapeurs cosmiques, des lieux de respiration, ce que les humains sur Terre appelleraient des points d’acupuncture ou des cheminées cosmo-telluriques ou bien encore des vortex ou des chakras. On pouvait repérer facilement ces chakras parce qu’il y avait de l’eau sous terre à ces endroits, les humains appellent ça des « aquifères » ou des nappes phréatiques. C’est l’eau qui peut le mieux transmettre le souffle-énergie de Bubulle à travers la roche poreuse. Ce souffle-énergie, certains humains l’appelleraient courant électrique ou bien encore Chi ou Prana, et l’eau est un excellent conducteur de chi-énergie-électricité.
Le clan des Bâtisseurs, lui, se mit donc à construire des croix géantes sous différentes formes carrées à ces endroits, puisqu’un carré, c’est une croix à angles droits dont on a joint les extrémités. Ainsi apparurent partout ce qui ressemblaient étrangement à des pyramides et à des églises et, un beau jour (pas si beau que ça), les Bâtisseurs parvinrent bien à bloquer le processus de croissance du phœnix à son état larvaire. Quoi que, pas vraiment tout à fait, parce qu’ils avaient beau être très gras et bedonnants, ils n’étaient pas de taille face à Bubulle, mais ils réussirent bien à entraver la croissance de Bubulle, à la ralentir, à la mettre comme à l’hyper ralenti et tout sur la planète se mis un peu à tourner comme un disque rayé. Et la forme pyramidale qui chapeautait les croix, elle, permettait de diriger-modeler l’énergie-souffle de Bubulle d’une façon complètement anti-naturelle, c’est à dire de façon sélective : la forme pyramidale modelait une énergie-forme-société toute aussi pyramidale, capitaliste, propice aux Bâtisseurs.
Le phœnix resta ainsi coincé à son état de bébé prêt à naître et il se mis à donner vie à des formes de vie qui lui ressemblaient : des formes de vie dont le QES (quotient émotiono-spirituel) ne dépassait guère celui d’un enfant de 3 ans, éternels irresponsables (« Pardonnez-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font », professa d’ailleurs l’un des prophètes qui vécu sur Bubulle il y a environ 50 000 ans, un prophète qui était miraculeusement parvenu à atteindre l’âge mental d’un enfant de 7 ans).

Le « hic », c’est que la vie de Bubulle et celle de chaque être auquel il transmet la vie sont étroitement liés, comme l’arbre est lié à ses feuilles, à ses fruits et à ses racines. Mettre un poison sur les racines d’un arbre, c’est en mettre sur chacune de ses feuilles, sur chacun de ses fruits. Entraver la croissance et la maturation de Bubulle, c’est entraver le développement de toutes ses créatures-enfants qui vivent à sa surface et ainsi, à terme, c’est générer précisément ce que l’on cherche à éviter : un étouffement de la vie, et c’est maintenir la conscience de tout être vivant à un état infantile, un état de conscience fœtal, c’est un peu comme de maintenir un arbre artificiellement en hiver, de façon à ce qu’il ne fleurisse jamais, au prétexte qu’on n’aime pas ramasser les feuilles mortes en automne et qu’on n’aimerait pas que cet arbre meurt.
Poser ce qu’on pourrait appeler un sort de bannissement de l’énergie-vie sur les chakra de la source de Vie de toute la planète, c’est – par effet de résonance comme disent les géobiologues et les fans de médecine quantique, c’est comme de poser un signe de bannissement sur tous les chakras de toutes les formes de vie de cette planète, et des « chakras-vortex-portes » ce sont ce qu’on appelle aussi des « organes », et chaque créature en a beaucoup et ainsi les cœurs se ferment, les troisième œil se ferment, les mains se ferment, les lèvres se scellent, les mémoires s’obscurcissent…, et les créatures cessent de sentir ce qui les entoure, cessent de dire ce qu’elles pensent, cesse de voir ce qui est, cesse de se souvenir, et elles recommencent sans cesse leurs erreurs, fautes de les voir, faute d’en sentir les conséquences et faute de pouvoir même s’en souvenir.
Ainsi, par exemple, entravé dans sa croissance et dans tout son être, même des créatures biologiquement adultes dotées d’une intelligence capable de fabriquer une fusée se retrouvent incapables de gérer leur frustration, comme un gros bébé qui se met à hurler dès qu’il a faim. Un gros bébé capable de fabriquer des fusées et des armes en tous genre, ça provoque beaucoup de guerres et d’autres calamités dans le genre des centrales nucléaires ou de la pauvreté.
Alors qu’à l’inverse, prendre soin de Bubulle, le soigner, le cocoler, le dorloter, lui parler, lui jouer de la musique, le bercer, prendre soin de sa coquille sans jamais l’éventrer à coup de pelleteuse ou de bombe, lui expliquer les choses, lui expliquer le pourquoi du comment de nos actes et toujours faire en sorte que ces actes soient aussi propices à la vie que possible…, cela lui permet d’apprendre, de grandir et cela permet ainsi à chaque être de ce monde de grandir et de maturer en cœur avec lui. Plus Bubulle grandit et apprend, plus les créatures qu’il génère gagnent aussi en maturité et en conscience.

Mais petit à petit, ces croix géantes s’érodèrent. La pluie, le vent, le souffle et et les coups de pattes de Bubulle firent leur œuvre.
On ne peut pas éternellement empêcher un bébé phœnix de remuer et de grandir. C’est trop puissant, un bébé phœnix. Alors le bébé continua à grandir malgré tout, très lentement mais sûrement, ses coups de pattes dans la coquille menèrent à la disparition des Bâtisseurs de croix géantes, ce qui ravit Bubulle…

Avec le temps – et du temps, il en avait beaucoup plus que n’importe quelle autre créature sur cette planète, Bubulle en était arrivé à haïr les Bâtisseurs et leurs descendants qui l’empêchaient de respirer à l’aise. Bubulle avait une bonne nature, un bon cœur à la base, comme n’importe quelle esprit-vie – puisque la vie ne peut être que bienveillante envers elle-même, mais imaginez qu’on vous plonge la tête sous l’eau et qu’on ne vous permette de respirer qu’une fois par minute, pendant des millénaires. A force, évidement, ça énerve et Bubulle, réduit à ce régime d’asthmatique, finit par apprendre à haïr les Bâtisseurs et tout ce que leurs descendants se mirent en tête de construire par la suite, en recouvrant la surface de l’œuf-planète avec des matériaux plus ou moins irritants, plus ou moins étouffants (à l’opposé des roches aquifères poreuses), en éventrant sa coquille fragile à coup de machines ou de bombes et en construisant des bâtiments tous plus ou moins carrés et anguleux.
Et Bubulle donna de plus en plus vie à des créatures dans le même état que lui : des créatures plus ou moins asthmatiques et énervées, qui tombaient plus ou moins malades quand elles entraient dans des bâtiments carrés ou anguleux, ou quand elles se tenaient sur des matériaux plus ou moins étouffants qui empêchaient la circulation du souffle-énergie, autrement dit sur des matériaux étanches à l’air et à l’humidité (comme le plastique, le béton ou l’asphalte sur Terre). Et comme les descendants des Bâtisseurs étaient nombreux et qu’ils fabriquaient des boîtes carrées hermétiques pour tout le monde (en appelant ça le nec plus ultra de la modernité et du confort), ça faisait beaucoup de malades sur cette planète.
Toute une population plus ou moins malade et bloquée au stade de développement spirituel d’un enfant de 3 ans, ça faisait beaucoup de gros bébés qui hurlaient, et des bébés non seulement incapables de se soigner eux-même, mais carrément inconscients d’être malades.
« Tout va bien, circulez, y a rien à voir », répétaient souvent les descendants des Bâtisseurs, qui restaient toujours les plus nantis pénards de tous les clans, « Circulez, y a rien n’a voir! », répétaient-ils à ceux qui se plaignaient un tant soit peu, qui réclamaient que les choses changent, ceux qui sentaient que, tout de même, quelque chose ne tournait pas rond (ou que ça tournait justement un peu trop en rond, comme un disque rayé).
Et comme Bubulle était bien énervé contre les Bâtisseurs et contre leur descendants, il avait tendance à leur refuser l’accès à son cœur. Ce qu’il faut bien convenir d’appeler les esprits-graines les moins favorables à la vie, les graines tordues cancéreuses qui auraient été à recycler, au moment de leur mort, rebondissaient ainsi contre la coquille de Bubulle et restaient là, ni recyclées, ni pardonnées, bannies, soit esprits-errants-perdus, soit réincarnés à l’identique, en nouveaux esprits-graines-tordus. Après quelques millénaires, cela commença à faire beaucoup d’esprit bannis autour de Bubulle et beaucoup de créatures-tordues sur Bubulle, comme des tumeurs qui grandissaient et se multipliaient et créaient toujours plus de boîtes carrées bien hermétiques-étouffantes, de capitalisme, de machine à pain, etc…

Les descendants des Bâtisseurs aimaient en effet vraiment beaucoup leurs créations, ils étaient devenus plus ou moins incapables de s’en passer, accro, ils étaient tous perdus quand ils devaient vivre trois jours dans une tente en pleine campagne, sans aucune place pour leurs stocks de céréales (qu’ils aimaient transformer en pain, en pâtes, en pizzas, en gâteaux…, pour pouvoir appeler ça « manger varié »). Ils ne savaient plus chasser, ils ne savaient plus fabriquer des vêtements et des tentes avec de la peau de bête, ils ne savaient plus traire un yack ni un buffle ni un renne, ils ne savaient plus se soigner tout seul, ils ne savaient plus faire grand chose d’autre que fabriquer des machines qui faisaient toutes ces choses qu’ils étaient devenus incapables de faire eux-même, ils ne savaient plus faire grand chose d’autre que de construire des boîtes pour s’abriter et stocker des céréales, en fabriquer à la chaîne, comme des disques rayés. Ils étaient obsédés par l’énergie, comment en avoir toujours plus, puisqu’ils avaient « bridé » celle de Bubulle, si bien que même eux n’en disposaient plus vraiment, et ils cherchaient à produire toujours plus d’énergie-électricité, parce qu’ils avaient oublié que, comme Bubulle, ils étaient capable d’en fabriquer en eux, pour peu qu’ils puissent respirer librement le souffle-énergie de Bubulle, ce que leurs boîtes hermétiques les empêchaient de faire. Et toute cette énergie-électricité qu’ils rependaient  à la surface de la planète, là où elle n’avait rien à faire, toute cette énergie-électricité énervait encore plus Bubulle – un peu comme un taser énerve un anarchiste, et elle rendait tout le monde encore plus malade.
A l’origine, les Bâtisseurs avaient voulu sortir d’un cercle qu’ils avaient estimé « vicieux » – les cycles de mort et de renaissance de Bubulle , ils en avaient construit un autre, devenu une malédiction géante anti-vie.
Ils continuaient, aveuglément, de vénérer les vestiges des croix géantes construites par leurs ancêtres. Ils se transmettaient toutes sortes de mythes à leur sujet, certains racontaient par exemple qu’il s’agissait de vestiges de merveilleuses machines magiques qui généraient de l’énergie gratuite pour tout le monde, un peu comme ce qui se passera sur Terre dans 10.000 ans : dans 10.000 ans, sur Terre, les survivants de notre humanité (s’il y en a) raconteront que ce qu’on appelle aujourd’hui des centrales nucléaires étaient de merveilleuses machines magiques qui généraient de l’énergie gratuite pour tous (Lol).

Mais les croix géantes, petit à petit, s’effritèrent, disais-je. Le vent, la pluie, les tremblements de terre, tout ça… Parfois même les descendants des Bâtisseurs eux-même démantelaient ces machines-formes en leur enlevant certains de leurs éléments-rouages-renforceurs pendant des fouilles archéologiques (ils enlevaient des squelettes-esprits de sacrifiés, des statuettes-formes-esprits…) ou en se servant des pierres des croix pour construire autre chose. Bubulle, à force de se débattre, finit aussi tout simplement par aller respirer plus loin, comme un bébé peut bouger dans le ventre de sa mère : il changea l’emplacement de ses « chakra », il alla respirer plus loin et il commença à reprendre des forces.
Ainsi, nourries par son regain d’énergie, des descendantes du Clan de l’Oeuf retrouvèrent aussi du souffle et du cœur et des mains pour donner et de la mémoire pour se souvenir, elles reprirent les danses et les soins à l’œuf cosmique. Les descendants des Bâtisseurs les appelaient des hippies, parfois des « réacs », des « ésotéro-flyés », des « gourous », des « néo-ruraux » ou juste des « hystéro bobo écolo », c’était un clan disséminé un peu partout sur la planète, un clan qui aimait marcher pieds nus dans l’herbe, faire ce que les humains appelleraient du « yoga » ou du « qi-gong », c’était un clan qui aimait apprendre à faire plein de trucs archaïques comme cultiver un potager, faire sécher des fruits, de la viande et des plantes médicinales, pêcher, chasser, coudre des vêtements, tanner des peaux, transformer de la laine de mouton en pulls, en matelas et en bonnets et ce clan aimait vivre au grand air en pleine nature dans des tentes ou des maisons rondes avec des sols en matériaux poreux (comme les tomettes en terre cuite), qui laissaient passer le souffle-énergie de Bubulle.


Source de l’image: BBC Maison

Petit à petit, donc, Bubulle reprit de plus en plus de forces, il commença à se sentir à l’étroit dans sa coquille et il advint ce qui devait arriver.

Morale de l’histoire : si vous avez des pyramides chez vous, maintenant vous savez ce qu’il vous reste à en faire ! Si vous avez des pyramides en pierre naturelle, brisez-les en demandant pardon à la pierre-esprit qui la constituait et libérez cette pierre-esprit en la rendant à la terre (faites d’abord tremper les morceaux dans de l’eau salée, puis smudgez-les avec de l’encens en grain ou de la sauge blanche, puis enterrez-les très respectueusement, et placez des cailloux en spirale sur la « tombe » ou bien, après les avoir ainsi purifiés, dispersez les morceaux dans des rivières), ou bien transformez la forme de la pyramide en autre chose d’arrondi (sans vous blesser!!), ou, au minimum, gravez des spirales sur ses faces et sa base !!

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Quelques vraies références-sources-inspirations (non-fictives) :

Livres :
Le Serpent Cosmique – Jeremy Narby
La nourriture des dieux – Terence McKenna
La médecine Psychédélique – Dr Olivier Chambon
Gluten, comment le blé moderne nous intoxique – Julien Venesson
Paléo Nutrition – Julien Venesson
Comment se protéger des ondes électromagnétiques – David Bruno
Plantes et encens de purification – Arnaud Thuly
Connectez-vous à la terre – Ober, Sinatra, Zucker
Médecine de l’habitat – Jacques La Maya
L’agriculture énergétique – Eric Petiot

Web-sites-pdf :
Pour que la roue tourne
Vivre! 
Naturopatypique 
Mission Sacrée (pdf) – Matteo Tavera
Geotellurique 
Navoti 
The Earthing Institute
Old Norse mythology, The mermaid and the Mead (pdf) – Maria Kvilhaug
The Legacy of Seiðr
MAPS 
Online Etymology Dictionary
Cours de géophysique de l’université de Lausanne

Videos-interviews-podcasts :
En français :
Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 -2/21- Le Psycho Chamanisme INTRO-L’Alchimie de l’Evolution
Claude Traks & Laurène Dartiailh 2017 – 6/21 – Psycho Chamanisme – Comment Faire Une Cérémonie?
Down to Earth (documentaire sous-titré en français, 15mn)
Les Sentiers du Réel – Jérôme Maury – L’eau de la Pyramide
Un esprit sain dans un corps sain avec Alain Djouad Guibert Hygiéniste
Thierry Casasnovas – Régénère
Nicolas Pezeril – Guide du Néo Rural – et Permaculture
Chaîne youtube de Jacob Karhu
Lynx Vilden, une femme bushcraft

En anglais :
Life changing magic mushroom (psilocybin) experience – Paul Stamets
051: Water, Light, Magnetism, Mitochondria & Biohacking Podcast with Dr. Jack Kruse
Dr. Jack Kruse – Blue Light Toxicity, Mitigating 5G & Mitochondrial Health
Master Kai Ying Tung performing Tai Chi Chuan
Signs out of time, the story of archeologist Marija Gimbutas
PBS Documentary 2016 ~ Teotihuacan’s Lost Kings Secrets of the Dead Weekend Special Documentary
Food is not the only source of nourishment – How To Nourish Yourself Energetically
Shiva Rea on yoga and Juil earthing footwear
Hands on history

 

Seidr – Le chamane et la punk


Cheers! A la bonne votre!
Croquis d’une amulette, femme avec une corne à boire, via le site de Maria Kvilhaug.

 

Extrait d’un échange avec un correspondant:

Moi: (…) « De mon côté mon déménagement/emménagement dans le Morvan est plein de surprises et de rebondissements et de retards en tous genres.
C’est « compliqué » de faire remettre le téléphone, c’est « compliqué » de trouver un plombier, etc…. Je vais finir par m’auto-nommer chamane rien que pour pouvoir me désenvoûter moi-même, parce que ça finit par être un peu pénible, « lol »! »

Lui:  » On ne peut se proclamer soi même chaman… »

Moi: « Je sais bien qu’on ne se proclame pas soi-même « chamane », c’était une boutade! 😉

Quoi qu’à vrai dire, entre ce que je lis de la tradition chamanique scandinave (le Seidr, qui remonte à une époque pré-Viking) depuis quelques mois, et les informations sur lesquelles je tombe dans le cadre de ma pratique, je commence à me poser des questions.
Après tout, c’est potentiellement très occidental (donc biaisé), très propre au patriarcat, de décréter qu’une fonction ne peut s’acquérir et se pratiquer que si elle a été dûment transmise et validée par une autorité. Ex: on est médecin uniquement si l’on a fait des études de médecine et obtenu le diplôme. Mon opinion en matière de médecine sera considérée comme nulle et non avenue, parce que je n’ai pas le bon diplôme.
Récemment un psychiatre spécialisé en autisme (le Dr N., à E.) m’a écrit pour me complimenter sur mon mémoire de naturo, que j’ai consacré à l’autisme, en me demandant s’il peut le partager sur son site pro. De la part d’un médecin, c’est une démarche extrêmement inhabituelle, atypique (qui fait chaud au coeur) et qui me conforte dans l’idée qu’on peut acquérir des connaissances (et compétences) très valables, hors cursus « académique », sans avoir eu le « bon » prof, sans avoir obtenu la bonne « validation ».
D’après les informations qu’on a sur le Seidr (textes historiques appuyés par quelques découvertes archéologiques, ex: http://freya.theladyofthelabyrinth.com/?page_id=258 ), certains pensent que la praticienne du Seidr (pas toujours une femme mais souvent) était considérée comme une sorte de réincarnation de la praticienne originelle, ou bien comme une émanation d’elle. On pourrait dire que la fonction était considérée comme pré-existante à tout apprentissage et qu’elle se transmettait un peu comme un gêne ou un virus se transmet, mais en se dupliquant autrement que les gênes et virus, d’une façon qui échappe à nos perceptions ordinaires, à travers l’espace-temps. Par exemple, les textes (les Edda) racontent que la praticienne (völva) se « souvient » de temps immémoriaux. Elle pouvait avoir 50 ans et se « souvenir » de choses qui s’était produites des centaines d’années auparavant. Elle pouvait  « voir » le passé comme l’avenir, comme si elle y avait été, sans y avoir été, et après tout, parait que le temps est un truc « relatif »…
Après tout, la fonction chamanique n’est absolument pas propre à une culture, elle semble propre à l’humanité, un peu comme si elle n’avait demandé à personne la permission de se créer, de se perfectionner au fil du temps et de se transmettre, comme si elle n’avait absolument pas besoin de diplôme ni de professeur humain pour exister et pour se transmettre à travers les âges et par delà les océans.
Dans la tradition Seidr, c’est la déesse Freyja qui fait office de première praticienne, d’aïeule universelle à toutes les praticiennes humaines. Une déesse n’a pas besoin de la permission de quelqu’un pour créer quelque chose ni pour le transmettre à qui bon lui chante. Elle ne délivre pas de diplôme. Elle est un peu une punk, du point de vue du patriarcat.
Et je commence à avoir la nette sensation que des choses préexistent, encryptées quelque part, peut-être dans la « mémoire « de la Terre, dans son champ électromagnétique, que sais-je…, de l’information est là à disposition, pour qui sait y accéder (via la transe et les différentes méthodes pour y accéder).
Et dans la société patriarcale actuelle, c’est pile poil ton rôle de mec diplômé de me dire « nan, t’as pas le droit de… »! (re-boutade).
Alors que d’après mon expérience de femme punk non-diplômée, la cérémonie chamanique (autant que la fonction, forcément) semble bel et bien préexister, exister à travers l’espace-temps, sans l’autorisation de personne, et elle est pour ainsi dire en licence « creative commons » (sans copyrights). On la retrouve façon puzzle dans l’imaginaire collectif (l’inconscient collectif de Jung), avec le bâton de sorcier de Gandalf ou le « haut siège » de l’Amon Hen sur lequel s’assoit Frodon à la fin de la Communauté de l’Anneau, dans le Seigneur des Anneaux (Tolkien était un grand fan des Edda, des langues et de la mythologie scandinave) , la baguette magique d’Harry Potter, les fantômes des films fantastique…
Et c’est bien embêtant quand on tombe sur certaines « informations » (ou information potentielle, en fonction de l’interprétation qu’on en fait) pendant une cérémonie et qu’on ne peut pas la vérifier parce que poser certaines questions par email serait franchement inconvenant.
Aux USA (entre autre), il y a des études cliniques qui sont menées sur le potentiel thérapeutique des psychédéliques, entre autre dans le cadre de la fin de vie, particulièrement en cas de cancer en phase terminale. Les patients qui ont participé aux essais cliniques racontent que c’est comme de faire 20 ans de thérapie en l’espace de 2 ou 3 sessions (dans un cadre thérapeutique bien défini, non récréatif!). L’étude en question a été menée avec de la psilocybine: http://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0269881116675513
J’ai cru remarquer que, en occident, les gens qui se consacrent à « l’esprit » ont tendance à laisser leur corps en arrière, à considérer que ce n’est qu’un vaisseau, une coquille de noix, et même quand ils s’intéressent aux médecines traditionnelles, ils vont s’intéresser à l’acupuncture sans prêter aucune attention à la nutrition préconisée par la médecine chinoise, s’ils se passionnent pour le massage ayurvédique, ils négligeront la pharmacopée, etc… L’approche reste marquée par l’esprit capitaliste et patriarcal, c’est à dire foncièrement individualiste, réfractaire à la notion de coopération inter-espèces: coopération entre les humains et les autres « esprits », comme les plantes (et les champi), entre autre. A la rigueur, on coopère entre humains (massage, apprentissage au près d’une « autorité »…) mais pas avec d’autres espèces considérées comme « inférieures ». On doit tout obtenir tout seul à la force du poignet, sans jamais prendre une plante, uniquement via la pratique de ceci cela (méditation, qigong…). On peut manger bio ou du mcdo, ce sera plus ou moins comme du pareil au même, ça ne nous impactera que si on y « croit », ce n’est pas réellement important, ce qui compte c’est bien d’avantage la pratique de ceci cela… Et puis on est très influencé (contaminé) par la psychanalyse et l’on considère nos ancêtres comme d’éternels sources de trauma, plutôt que de chercher à obtenir leur bénédiction… On se coupe ainsi de nombreux alliés, de nombreuses « réponses » à force d’individualisme et de méfiance vis à vis des trucs et des gens non validés par les « autorités », non-validés par des autorisations de mise sur le marché ou par des diplômes!! »

Journal de transition – Juin

Thèmes majeurs :

augmentation des perceptions
diète naturopathique/chamanique
électrosensibilité
connexion à la terre (voir aussi un article sur le sujet sur mon site pro)
matières nobles et naturelles / matières synthétiques et perverties
travail du bois

 

Mardi 6 juin 2107, 8h30, Haute-Savoie.
Journée relâche, ou à peu près.

Thème du jour : l’augmentation des perceptions sensorielles et comment les gérer.

Mercredi dernier, le 31 mai, en fin de journée, j’ai été prise d’une sorte de rage anti-plastique qui m’a conduite à user d’un cuter pour taillader le lino du chalet, pour l’enlever. J’ai découvert, dessous, du moisi. On sentait bien que le sol avait pourri à certains endroits, sous le lino, ça gondolait, mais on ne se doutait pas du moisi.

Impossible de reculer, faut faire dégager tout ça. La moisissure noire, c’est vraiment mauvais pour la santé.

Et comme le moisi empestait dans le chalet et que la brume montait dehors et que la température chutait partout, j’ai réalisé que ce ne serait pas le soir idéal pour inaugurer le camping sous le haut-vent. Donc je suis partie, un peu plus tôt que prévu (j’avais prévu de partir le jeudi, surtout pour m’occuper de mes impôts, avant la date limite). Je suis partie plus tôt que prévu, aussi un peu poussée par le bobo que je m’étais fait le matin même et qui nécessitait quelques soins et précautions.

Je me suis écrasé et bien abîmé l’ongle du petit doigt gauche en remuant une très grosse pierre : l’ongle est fendu dans la longueur, et décollé, un bout de peau a été comme cisaillé, et un bout de la matrice est à vif, du coup je ne peux pas faire ce que je veux avec mes mains. C’est handicapant, ça fragilise.


Le doigt, le 21 juin, après 3 semaines de soins (onction quotidienne d’huile essentielles de lavande ou immortelle mélangée à de l’huile végétale ou application d’une huile de massage maison avec ciste et vétiver, because why not).

Je me suis attelée au démantèlement de ce sol avant-hier et hier (4-5 juin) : c’est très laborieux. Les visses, qui tiennent les plaques de contreplaqué sur des lambournes sont soit rouillées, soit quand elles tournent encore, elles tournent dans le « vide » et ne se dévissent pas, elles restent dans leur trou. Soit j’arrive à soulever la plaque au pied de biche (avec l’aide d’un gros marteau qui peut aussi faire levier au besoin), les visses avec, soit faut un peu creuser au ciseau à bois autour de la visse pour ensuite l’extraire avec une pince, ou du moins essayer. Et à force, j’ai réussi à enlever une grande plaque de contreplaqué.
Une.
Un peu moins de 2m2 de dégagé, isolant à la con par en-dessous en prime, en 3H de temps et d’efforts laborieux.
Ca va peut-être devenir plus rapide après, une fois que j’aurai pris le coup de main, où bien ce sera encore plus laborieux, vu que la plaque enlevée fait partie des plus abîmées, donc des plus faciles à arracher.

 

J’appelle ça du travail de sagouin, ce sol. Quand on fait quelque chose, on devrait le faire en pensant à la façon dont on va pouvoir s’en débarrasser une fois que ce sera usé, une fois que ça aura fait sa vie (les centrales nucléaires, le plastique…). On devrait penser non seulement à l’impact environnemental du matériau mais aussi à son démontage. Là, le démontage à la main est franchement dur. Ou alors faudrait des outils électriques. Ou être un homme costaud. Ou avoir des potes costauds et dévoués. Mais ça ne devrait pas être comme ça. De la belle ouvrage, ça devrait être beau même dans son démantèlement.

J’apprends donc à manier le pied de biche et le ciseau à bois. J’aime bien apprendre, heureusement.

 

La rage anti-plastique, je ne peux pas vraiment expliquer comment elle m’est venue, exactement. Je ne peux pas dans le détail, en tout cas. C’est en partie privé !

Disons que, depuis longtemps, j’ai horreur des matériaux « modernes ». Je déteste le synthétique.

Déjà quand j’étais gosse je préférais les mouchoirs en coton aux mouchoirs en synthétique (oui, à l’époque il n’y avait pas de mouchoirs en papier! mon dieu, je suis vieille !). J’aime la laine, la soie, le cuir, le coton, la pierre… Sans savoir pourquoi, je les aime, c’est tout.

On va dire simplement que, depuis des années, je suis très activement occupée à améliorer mes perceptions. La qualité de nos perceptions dépend de l’état de fonctionnement de notre corps.
A la base, je ne cherchais pas spécialement l’augmentation des perceptions, je cherchais juste à aller mieux. Maintenant, j’ai compris que c’est difficile d’aller vraiment mieux, de se diriger vers ce qu’il y a de bon pour nous, sans perceptions au taquet, du moins sans un minimum d’instinct fonctionnel.

Mieux le corps fonctionne…
– … mieux il élimine ce qu’il a besoin d’éliminer (via les poumons, les intestins, les reins, la peau, le foie), c’est à dire les déchets que son métabolisme génère naturellement ainsi que les déchets contenus dans la nourriture, l’air, l’eau… (pollution, pesticides, additifs, « « « médocs » » », métaux lourds…),
– … mieux il fonctionne (cercle vertueux),
– … mieux les « énergies » circulent (impulsions électriques, hormones, neurotransmetteurs, sang, oxygène, nutriments…),
– … mieux on perçoit : mieux on se perçoit soi-même (envies, besoins, valeurs…), mieux on perçoit notre environnement (ce qui est bon pour nous ou pas, les goûts, les couleurs, les gens et qui ils sont vraiment…).

C’est ce que mon prof de taï-chi m’a dit en septembre dernier. J’ai repris les cours avec lui après 8 ans de hiatus. Huit ans que je n’avais pas pratiqué (4 ans de pratique entre 2004 et 2008).
« Maintenant, tu es là pour travailler la circulation des énergies », m’a-t-il dit.
Bah voilà.
Les conséquences.

J’en suis arrivée à percevoir le synthétique comme une matière morte, fausse, comme une note qui sonne faux, comme un bout de bois pourri qui sonne creux, comme une cloche fêlée qui ne tinte plus, comme un corps sans vie ou gravement malade.
J’en suis arrivée à percevoir les matières naturelles comme des matières « vraies », vivantes, qui portent, transmettent, protègent la vie (autrement dit le Qi/Chi). Ca respire, ça vibre, c’est chaud, c’est doux, ça ronronne au coin du feu.
Non seulement je perçois la qualité de ces matières, mais en plus, je commence à percevoir l’effet qu’elles ont sur mon corps. Parce que oui, se tenir sur un sol plastique, ou se tenir pieds nus dans l’herbe, ça a un effet sur le corps, et ce n’est pas du tout pareil.

Les sols isolants électrique pourrissent l’énergie du corps (fatigue, déprime, esprit brumeux, confusion, troubles de la mémoire, sensation d’oppression, irritabilité, hyperactivité, troubles du sommeil… l’effet dépend des forces et fragilités de chacun).
Les sols « conducteurs » préserve l’énergie du corps.

Ca s’explique sur le plan électro-magnétique. Le synthétique (et le caoutchouc) est un isolant électrique. Les matières naturelles ne le sont pas ou peu ou moins. Le cuir est relativement isolant s’il est parfaitement sec mais il est rarement parfaitement sec vu qu’il peut faire éponge et capter l’humidité de l’air, ou du sol ou de la peau, et s’il est légèrement humide, il devient un peu conducteur.
Un corps humain et son champs électro-magnétique vont se comporter différemment, selon que le corps est isolé, ou pas, de l’environnement, de la terre, qui a elle aussi son propre champ électro-magnétique.
Sur le plan électro-magnétique, le corps humain est fait pour interagir avec son environnement. C’est comme ça qu’il a été créé et qu’il a évolué : au contact du sol.
Il est adapté à l’interaction électro-magnétique avec la terre. Il n’est pas fait pour en être isolé. Il souffre quand il en est isolé. Il fonctionne moins bien. Il souffre sur un sol plastique, il souffre dans des chaussures aux semelles plastique/caoutchouc. Il respire à l’aise quand il est pieds nus sur la terre.

Et c’est assez terrible de sentir ces différents effets de l’interaction « électrique » (ou absence d’interaction) entre le corps et le sol, c’est comme d’être électro-sensible. Et les électro-sensibles semblent plébisciter la mise à la terre : ça réduit l’impact nocif des ondes.

Tout le monde est électro-sensible, à vrai dire. Tous nos organes sont des organes qui fonctionnent à l’énergie électrique (énergie du système nerveux) et tous ont un champ électro-magnétique, et le corps entier a son propre champ électro-magnétique, comme la planète.

Par exemple, la barrière hémato-encéphalique, cette barrière sensée protéger notre cerveau des substances néfastes, est bien influencée par les téléphones portables et le wifi : elle s’ouvre d’avantage et elle laisse passer d’avantage de choses pas catholiques quand elles s’ouvre de façon anormale. C’est comme ça pour tout le monde, sauf que tout le monde n’en perçoit pas les conséquences. La plupart des gens sont comme anesthésiés sous le poids des toxiques qui empêchent le bon fonctionnement de leur corps et de leurs perceptions. Seuls les plus « sensibles » sont capables de sentir les conséquences néfastes des « ondes » et s’en plaignent. Et on les prend pour des fous. Les anesthésiés les prennent pour des fous. Merci bien.

Le bon côté de cette augmentation des perceptions, pour moi, c’est que ça me permet donc de comprendre les gens qui parlent d’électro-sensibilité, comme des énergies d’un lieu : « je me sens bien ici, je respire ! » ou « il y a de mauvaises énergies ici, j’étouffe ! ».

Comment est-ce que j’en suis arrivée là ?

Beaucoup d’alimentation vivante (aliments crus, séchés, fermentés…), aliments bio, alimentation hypotoxiques et anti-inflammatoire (paléo, quasi sans céréales, quasi sans laitages…), activité physique douce (adaptée à mon état de santé), bains au sel d’epsom et nigari, plantes médicinales (adaptogènes, plantes hépatiques, rénales…), lavements, yoga, taï-chi, prière, beaucoup de temps passé seule dans la nature.
En Occident, on peut appeler ça une cure naturopathique.
Ailleurs, on peut appeler ça une diète chamanique.

Je précise que je ne mentionne pas tout ce qui figure au programme de ma cure perso. C’est en partie privé, mais j’accepte dans discuter « en vrai » avec les gens bienveillants et curieux d’esprits.

Chez un autiste asperger, les perceptions sensorielles sont en général déjà accentuées naturellement par rapport à la moyenne (les psy appellent ça des « troubles » de la perception sensorielle).

Un aspie bien au fait de ses particularités sensorielles me dira « mais t’es fou ! Tu cherches à augmenter tes perceptions ??!!! Mais je ne peux déjà pas supporter le moindre bruit, j’ai aucune envie que ça empire ! Je vais aller me goinfrer de hamburgers, je veux m’anesthésier !! ».
Lol.
Sauf que non, ça ne marche pas comme ça.

On peut devenir capable de « gérer » nos perceptions. Entre autre en prenant du magnésium glycinate. On reste sensible mais on gère mieux, on supporte mieux, on est beaucoup plus zen, sans efforts.
Le magnésium, c’est magique (par exemple celui en poudre de chez Doctor’s Best, le magnesium « chelate »).
Tout le monde est obsédé par le calcium pour les os.
Tout le monde ferait mieux de prendre du magnésium pour les nerfs, il y aurait moins de guerre et d’attentats et d’agressivité en général !!!
Le repos, aussi, a de merveilleux effets anti-stress. Plus on est reposé, plus on supporte le bruit, les gens, l’agitation.

L’alimentation paléo, anti-inflammatoire, hypotoxique a aussi de merveilleux effets apaisants, via son apports en micronutriments essentiels et en favorisant le bon fonctionnement des fonctions éliminatives (via les fibres des fruits et légumes, les anti-oxydants, les micro-nutriments…).

Donc oui les perceptions peuvent augmenter, s’affiner, et on peut réussir à « gérer », à vivre avec.

Avec l’augmentation des perceptions, on devient bien plus conscient de plein de choses.
D’avantage de perceptions, c’est d’avantage de conscience et de responsabilités.
On parle beaucoup de l’augmentation du « niveau de conscience », dans le milieu new age, comme dans le milieu « alternatif »/hors système (naturo, écolo, permaculture, etc…).
L’augmentation du niveau de conscience passe donc par l’augmentation des perceptions.

Cleansing the doors of perceptions…

– – –

Jeudi 8 juin 2017, 16h10 ; Haute-Savoie.

Passage à la MDPH ce matin : mon dossier de demande d’AAH est aux mains d’une équipe, pas moyen d’avoir ne serait-ce qu’une évaluation du temps d’attente restant. Au moins, il n’est plus au fond d’une pile, mais toujours pas de date de passage en commission (10 mois ½ après avoir déposé la demande, hein, faut être sacrément patient, quand on est handicapé en France, et surtout pas dans une situation d’urgence vitale, hein). La date de clôture des inscriptions en fac de psycho est le 20 juin. Je ne sais pas si je vais m’inscrire au culot et advienne que pourra, ou attendre d’avoir la réponse de la MDPH…

Hier, au chalet pour la journée, j’ai été rejointe l’après-midi par un artisan du coin et son apprenti.

Ils ont fait en 2 heures, avec les mêmes outils que moi, le boulot qui m’aurait pris 4 ou 5 jours seule.
D’après l’artisan, le plancher était très bien fait.
On n’a décidément pas le même point de vue…

La dalle est merveilleusement nue quasi partout, il ne reste plus de contreplaqué que dans le WC-cagibis. J’étais époustouflée et très admirative et reconnaissante, ils ont été appelé le matin et ils se sont décidés au pied levé. Chance qu’ils aient été dispo.

Ensuite La Pessière est passé, et là c’est moins bon, il sont très réticents à l’idée de faire des travaux (garantie de résultat impossible), trop à faire, trop pourri, ça s’affaisse déjà, ça ne pourrait être que conservatoire et non pérenne… A la limite, à les entendre j’avais l’impression que le chalet allait s’écrouler demain.

En tout cas, ce n’est donc pas habitable à l’année. Il reste à demander un 2ème avis, on doit bien pouvoir faire faire 2-3 choses pour que ça ne s’écroule pas tout de suite.

J’ai fini par me demander si ce ne serait pas ce plancher en contreplaqué, au contact des madriers, qui aurait contribué au pourrissement de la structure ? Les madriers prenaient l’eau, le contreplaqué faisait éponge à l’intérieur, bien isolé entre l’isolant mousse et le lino, et comme il était à l’intérieur à l’ombre, il retenait cette humidité longtemps, plus longtemps que les madriers ne l’auraient retenue s’ils avaient été uniquement au contact de l’air.
Bon, au moins, les gars de La Pessière m’ont dit que j’avais eu une bonne idée d’avoir « décaissé » autour du chalet (rabaissé le sol). C’est déjà ça.

Mardi, je suis partie en quête de chaussures à semelles en cuir. J’ai trouvé des Tropéziennes qui me plaisent bien. Portées ce matin en ville, le cuir frotte un peu ici et là mais ça reste relativement confortable, j’en ai pris un modèle qui tient plutôt bien au pied, sans être affublé d’une lanière entre les orteils. Le talon est recouvert d’un morceau de caoutchouc, mais ça va, c’est juste le talon et ça permet d’éviter de glisser.

Ce matin à Annecy, partie en quête de chaussures pour temps humide/froid, également à semelles en cuir, j’ai visé le magasin de vêtements d’occasion un peu chic près de l’Hôtel de Ville, j’ai eu la chance d’y trouver une paire de bottes Mexicana à ma taille (presque 4 fois moins chères que des neuves, pour une paire en bon état, essayée avant achat, nickel). La aussi, talon caoutchouc antidérapant mais vaut mieux ça que de risquer de se vautrer toutes les 5 minutes.

Dire que j’ai mis 3 jours à découvrir que les chaussures à semelles en cuir existent toujours… Ca me donne la sensation d’avoir une mentalité de pauvre : habituée que je suis à acheter mes chaussures dans des grands magasins qui respirent le plastique, faute de pouvoir m’offrir mieux… Bon, chez Besson, à Epagny, j’ai quand même trouvé des babouches sympas… Mais 2 fois plus chères qu’en ligne et peut-être avec un molleton synthétique à l’intérieur de la semelle cuir.

Je suis soulagée d’avoir récupéré cette dalle béton. C’est mille fois plus sain comme ça. Va falloir que je trouve des tapis, un minimum sains et épais, comme à Maison du Monde : tapis en jute ou lanières de cuir, ou encore des peaux de moutons, ce genre de choses, parce que c’est sûr que ça rafraîchit bien les pieds ! Dans un Bricomachin, j’en ai trouvé un en jute, mais recouvert d’un antidérapant en caoutchouc côté sol. J’ai gratté 2-3 millimètre carrés de ce revêtement à la con, pour voir, ça doit être enlevable.


Mes chaussons en laine, sur la dalle en béton. Je les ai acheté en décembre, pas encore lavés depuis, donc forcément ils commencent à avoir un peu la même couleur que la dalle.


Cadeau pour ma mère.

Je pense regrouper dans un article quelques publications scientifiques sur la réalité des bienfaits de la connexion à la terre —> Mon 1er article sur le sujet ici . Je me rends compte que j’ai l’air d’une hystérique, à vouloir revoir ma garde-robe des pieds à la tête (cuir au pied, fibres 100% naturelles aussi pour les fringues, peut-être manteau imperméable en cuir, etc…)…


Couverture 100% laine…


Pull d’occasion 100% laine (vive ebay!)

… à préférer une dalle béton nue toute froide plutôt qu’un plancher isolant thermique, mais voilà, le plastique/synthétique c’est juste plus possible et j’ai envie de cultiver ma sensibilité et mes capacités à reconnaître ce qui est bon pour moi (instinct) plutôt que de les anesthésier.

J’ai même déjà investi dans un kit pour voiture : pour réduire l’électricité statique qui s’accumule quand on roule : un tapis qu’on met sur le siège sous les fesses, en caoutchouc carbonisé (« carbonised », en anglais, j’ignore comment ça se traduit)… Comme quoi il y aurait donc du caoutchouc conducteur, j’avoue que j’ai du mal à comprendre, me faudrait un cours de physique-chimie, là… Bref, un tapis conducteur connecté par un fil et pince croco à la structure métallique du siège (donc de la voiture) et une bande de caoutchouc carbonisé sous la voiture, fixé à la structure métallique, et en contact avec le sol. Je suis toute fière d’avoir réussi la fixation de cette bande sous la voiture. J’avais tellement peur que ça se barre au bout de 100m ou de 2-3 kilomètres… Je me suis servie d’une pince à couper du fil de cuivre pour serrer les visses, par manque de tenaille ou de clé adaptée, mais ça tient. Va aussi falloir que je me confectionne une caisse à outil, décidément…
Et oui j’ai acheté du fil de cuivre tout fin dans un magasin de loisirs créatifs, avec une pince. Je vais essayer de me faire des bracelets en cuivre. J’hésite à acheter des semelles de cuivre, ou des chaussettes de cuivre (tissu « enrichi » d’ions cuivre, va savoir comment ils font ça…).

Une vraie hystérique…

Ca fait une semaine que je dors par terre ici en Haute-Savoie, sur un sol aux qualités conductrices douteuses mais meilleures que du plastique pur. Je dors sur un tapis en laine, deux nattes en paille, deux couvertures en pure laine pliées en 3, ça reste très « ferme » et pourtant en une semaine je n’ai fait qu’une insomnie et je me réveille plutôt bien reposée. Ca va. J’envisage quand même l’achat d’un futon de voyage. Ou de quelque chose de plus pratique, de plus léger, mais je ne sais pas trop quoi.

J’aimerais bien qu’il y ait des salons habitat bio tous les mois un peu partout, ce serait pratique !

J’ai aussi changé l’ordi de place pour éviter de stationner des heures dans le bureau, sur un parquet flottant synthétique, posé sur un isolant synthétique. Ca me donne la sensation d’être sous l’eau en apnée quand je suis sur ce genre de sol.

Ce matin à Annecy, rue de la République, j’ai lorgné une vitrine à laquelle je n’avais jamais trop prêté attention : un magasin de vente de peaux (moutons, vache…). Ca me fait sacrément envie.
De la matière vraie ! Ils avaient aussi un plaid en patchwork de peaux de lapin. Limite j’en bave d’envie. Je pense aussi à la peau de bison que j’ai vue dans l’entrée de l’auberge des Bisons, à la Pesse, limite j’ai envie d’aller les voir et de leur demander s’il font de la vente directe, comme pour la viande séchée.
Voilà, ma quête de « vrai » est lancé.

Si un jour je me fais construire un chalet, je saurai quoi demander, quoi bannir.

Vive le vrai !

Rue Perrière, j’ai aussi découvert un merveilleux magasin d’artisanat local de grande qualité : de la maroquinerie elfique (Terre de cuir), des pulls angora beaux à tomber par terre, de l’ébenisterie avec un petit côté steampunk… Et c’est du local, et c’est de la vraie matière et c’est du beau raffiné. Je devais avoir des étoiles dans les yeux, tellement j’étais au paradis.

Ca me donne envie de faire une formation en maroquinerie ou de travail de la laine ou de devenir bottière elficopunk ou quelque chose comme ça.

– – –

Lundi 12 juin 2107, 8h30, Haute-Savoie.

Hier matin, j’ai fini d’enlever le plancher dans le chalet. J’adore la dalle toute nue. Ca fait très propre.

Démarrer des travaux comme ça, ça nécessite de faire des allées-venues pour débarrasser les lieux des déchets et autres encombrants.

Du coup, parfois je doute de réussir à déménager un jour. Je constate que je dois me nomadiser au maximum, augmenter ma capacité à me déplacer en cas de besoin, à être autonome autant que possible, même en déplacement, que ce soit en terme de nourriture, d’habillage, de couchage…
Je dois être capable d’emmener plus ou moins tout ce dont j’ai besoin partout où je vais, ce qui implique de viser un certain minimalisme, peut-être une nouvelle voiture (d’occasion) de type fourgonnette aménagée.
Pour le couchage, le processus d’équipement est en cours. Natte ou tapis de sol en matière naturelle, couvertures laine. Impossible de me contenter de matières isolantes synthétiques modernes pas chères.


Natte en laine de chez Revolana

J’ai testé le couchage sur carton samedi soir : je me suis endormie à moitié, laborieusement, et j’ai émergée 1h après m’être couchée en ayant mal au dos et mal au ventre. Mix de sensations complètement inédit. Alors j’ai viré le carton et je l’ai remplacé par un sommier à latte : juste le cadre métallique du sommier, les lattes en bois, posés à même la dalle en béton du chalet, le tout recouvert de ce que j’avais mis sur le carton : un tapis 100% laine, mes 2 couvertures laines pliées en 3 et là je me suis endormie, sans plus aucune douleur. J’étais légèrement en suspension au-dessus du sol, mais pas séparée par quoi que ce soit d’autre que de la laine et un peu d’air. Impeccable.

Je cherche des matières « efficaces » naturelles, à la fois épaisses et aussi légères que possible. Pas facile avec la laine, qui a tendance à être assez lourde, mais je ne connais rien de naturel qui soit aussi chaud, sinon peut-être la fourrure, avec les peaux de bêtes ?

De mes travaux d’hier, j’en ai des courbatures partout. Il ne restait plus que le plancher dans les WC mais ça m’a donné du fil à retordre. En tout, rangement compris, ça m’a pris 3h30 pour une surface de 2m2 environ, dont environ 2h pour sortir la plus grosse des plaques de contre-plaqué (environ 1,5m2). J’ai utilisé le cric de la voiture pour la soulever. Ces plaques étaient non seulement vissées sur des lambournes, les visses ayant rouillé, mais les lambournes étaient vissées à la dalle (à travers le contre-plaqué), les pas de vis en plastique ayant été installé bien profond dans la dalle. Du coup j’en ai bien chié, le cric a été mon héro du jour, et après beaucoup de grognements et de maudissements, voilà, la belle sal$*perie a été virée du chalet.

Oui, pardon, ce fut pénible.

Après, j’ai fini par réaliser que ce n’est pas de la « saloperie », c’est de la belle matière noble (bois) don tl’esprit a été complètement perverti par l’homme (comme les Uruk-haï du Seigneur des Anneaux). Et là je dis bien l’homme, le mâle, qui est bien le responsable de la fabrication de matériaux aussi pervertis. Et c’est triste à pleurer, de la belle matière réduite à ça.

J’ai bien le côté minimaliste de l’installation du moment. Il manque juste des rangement pour la nourriture et les vêtements, des planches ou des barres où suspendre les tapis de sol et les couvertures pour leur éviter l’humidité.

Même pas envie de remettre le canapé. Je vais peut-être le ramener en Haute-Savoie. Ca encombre beaucoup et j’ai envie de place. Et maintenant j’aime bien dormir par terre, à la japonaise ou à la toungouse…, ce genre de couchage traditionnel. Et puis sur le sommier, faudrait un autre matelas que le matelas en mousse synthétique (ou pas de matelas du tout, si c’est juste pour moi). Faudrait un futon ou un matelas de tapissier de récupération/occasion. J’ai vu un vieux lit une personne en métal, avec un matelas comme ça, en vente pas loin sur leboncoin, pour 100 euros. C’est raisonnable.

Donc le canapé et la table de berger sont sous le haut-vent, avec les plaques de contre-plaqué, trop grandes pour ma voiture. Je commence à envisager la location d’une fourgonnette pour débarrasser, mais j’aurais besoin de quelqu’un pour m’aider à porter tout le bordel.

Vu la gymnastique que j’ai faite hier pour arracher ce putain de plancher, j’ai peut-être encore gagné un ou deux millimètres d’épaules, mais quand même, y a des limites.

J’aimerais bien récupérer le haut-vent pour en faire un espace camping. J’ai commencé à y enlever les pierres et les cailloux, pour que ce soit plus confortable d’y marcher pieds nus.

La chaleur fait un peu morfler mes plantations. Samedi midi quand je suis arrivée, un de mes rosiers commençait à piquer du nez. C’est pas normal, autant de sécheresse pendant aussi longtemps.

– – –

23 juin 2017, Haute-Savoie, 7h30.

J’ai bien réussi à remettre à l’intérieur du chalet les meubles qui étaient sous le haut-vent, toute seule comme une grande.

Avant:

Pendant:

J’ai traîné la table de berger sur un angle de sa longueur, sur l’herbe, soulevé, tiré, poussé. Le cadre du canapé était tout léger, je pouvais le porter en me mettant à l’intérieur du cadre.
J’ai trouvé un crapaud sous la plaque de contre-plaqué sur laquelle était posé le bordel.

Je voyais bien que le sol ne séchait pas après le gros orage de… euh, je ne sais plus quand, il y a deux semaines ? Le bordel faisait couvercle. L’esprit du lieu, si je puis dire, était devenu humide. J’ai emmené le crapaud ailleurs à l’ombre.

J’ai ratissé, encore enlevé pas mal de cailloux. Ca sèche très vite par ce temps, sans le bordel.

Dormi là pour la 2ème fois.

Il faisait 15° au réveil. Pas de problème d’humidité, grâce à mon merveilleux sommier en osier. Il a juste fallu que je m’équipe d’une deuxième couverture en cours de nuit et que je vire une couche d’osier, plutôt bien dormi.

La natte en laine entre le drap et la natte en paille, elle vient de chez La Chouette Couette.

J’ai été en vadrouille ces derniers jours : une nuit à Oyonnax, deux nuit à Bourg-En-Bresse, une nuit au chalet. Dormi sur ma natte en laine, posée sur une natte en paille. C’est raide mais je dors quand même. A Oyonnax, il y avait plein de couverture en laine dans la chambre, alors j’ai pu dormir sur du rembourré, sur un vieux sol en carrelage en rez-de-jardin, c’était limite du luxe.

J’ai découvert les abords du monastère royal de Brou, à Bourg en Bresse : l’allée de tilleuls qui borde la rue et le parking était en fleurs, dans le petit vent chaud, parfum divin.

Je n’ai toujours aucune nouvelle de la MDPH. Je vais peut-être écrire à la secrétaire d’Etat chargée des Personnes Handicapées, pour le plaisir de râler, puisque sur son profil facebook, elle invite les gens à lui écrire pour lui exposer leurs problèmes.

Lire ou ne pas lire?

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Dans une de mes dernières vidéos youtube, j’ai raconté que j’ai commencé à lire des livres sur les psychédéliques et sur les recherches médicales qui sont menées sur le sujet.

Là: https://www.youtube.com/watch?v=9wPl9vl3DtA

Le lendemain de la mise en ligne de la vidéo, l’un de mes « contacts » (que j’aime bien par ailleurs, mais là j’avoue il m’a un peu contrariée) m’a écrit pour me dire – pardon je caricature un peu – « bouh, c’est pas bien, c’est dangereux, c’est de la manipulation, la science n’en a rien à faire du Vivant, elle n’est que manipulation et recherche de profit, l’être humain peut se guérir tout seul comme un grand grâce à l’homéostasie, etc… ». Bref, autrement dit « on n’a besoin de rien, surtout pas de la science, on est tout puissant, on n’a besoin de rien pour relancer les processus d’homéostasie (même quand ils sont en rade tellement on est épuisé) comme certains psyché semblent pouvoir le faire, non, même en état d’épuisement total, de dépression, de stress post-traumatique, etc…, il suffit d’attendre et de prier et tout ira bien, parce qu’on le vaut bien. 
Les plantes, les champignons, de toute façon, c’est forcément très en-dessous de nous tout ça. » … Alors que du point de vue de l’évolution, les plantes et les champi, ce sont ni plus ni moins que nos ancêtres, ou nos frères et sœurs, vu qu’ils utilisent les mêmes neurotransmetteurs que nous pour communiquer au niveau cellulaire, par exemple, mais on s’en fout.

Mon contact a ensuite admis qu’il n’a jamais rien lu sur les psyché.

Et ce n’est pas la première fois que je vois ce genre de phénomène se produire, du genre « Ah, t’as lu ça dans un bouquin? Mais tu gobes vraiment n’importe quoi, toi! »… Du coup je finis par avoir un peu l’impression qu’on vit dans un pays fantastique où, à partir du moment où tu lis des livres, tu es pris pour un crétin.
Bah oui, si tu as besoin de lire des livres sur un sujet, c’est que tu reconnais ton ignorance sur le dit-sujet, donc tu reconnais que tu es bête, en tout cas plus bête que ceux qui « savent » sans avoir jamais rien lu parce qu’ils sont tellement intelligents qu’ils peuvent savoir plein de choses sans ouvrir un livre, ils « savent », sans trop savoir comment mais ils « savent », donc les gens qui n’ont jamais rien lu sur le sujet sont en droit de te parler comme à un débile mental, comme à une petite chose écervelée qui croit qu’elle va apprendre des trucs dans les livres alors que tous les gens réellement intelligents savent déjà tout spontanément sur ceci cela. Parce que c’est ça l’intelligence, la vraie, c’est l’omniscience, tu vois, la génération spontanée, l’esprit sain qui te tombe dessus parce que t’es l’élu, tu vois, tout ça tout ça.

Tout le monde sait que les psychédéliques c’est dangereeeeeux, et que des recherches médicales sur le sujet ne peuvent être que manipulées par les grands méchants labos assoiffés de profits (alors qu’en vrai ils se font peut-être beaucoup de soucis à l’idée que les psyché soient dépénalisés parce que ça ferait nettement baisser leur chiffre d’affaire, tu vois, mais bon bref)!!! Faut être vraiment très très bête pour « croire » des livres qui, eux, racontent tout à fait autre chose que les légendes urbaines, autre chose que les textes de lois écrits par les « élus » de nos urnes, si purs de cœurs et d’esprit, eux, c’est sûr.
Les livres sont des fourberies, des attrapes-nigauds, tout le monde le sait.

Donc je suppose que plus personne ne lit quoi que ce soit, si ce n’est les « rats de bibliothèque » tous poussiéreux qui n’ont pas d’amis, ou bien quelques pauvres réacs moisis qui continuent à lire du Saint-Exupéry, du Junger ou du Colette pour faire « genre », pour faire croire qu’ils sont éduqués alors qu’ils sont tout juste bon à mettre à la poubelle, avec leurs livres tous moisis.
L’homme moderne n’a pas besoin de livre, lui, non, il sait. C’est qu’il fait confiance à son tout puissant « ressenti », lui. Il est infoutu de faire la différence entre un ressenti et un préjugé, entre un ressenti et une projection, mais bon, on s’en fout, c’est moderne de parler de « ressenti » à tord et à travers, donc il n’y a plus que ça qui vaille, le « ressenti », l’émotion, la larme à l’oeil, tout ça…
Les livres on s’en fout.

Bref, tant pis si ça me fait passer pour une réac ou une imbécile, mais moi j’ai choisi de m’informer, en + de cultiver mon « ressenti ».

Voici donc quelques extraits d’un livre génial, pour s’instruire tout plein tout plein:

Des news, du cul, de la drogue…

Voici quelques news perso bien terre à terre, pour ceux qui suivraient encore un peu le feuilleton.
Promis je parle bien de cul et de drogue pour de vrai un peu plus loin.

Je suis en ce moment en prise avec un micmac administratif sans nom. Tous les employés des administrations que j’appelle au téléphone, ou encore l’assistante sociale que j’ai vue ce matin me le disent: « je ne comprends pas, en principe ce n’est pas possible, je ne sais pas vous expliquer pourquoi blabla, je ne sais pas ».

Il semble y avoir eu plusieurs bugs, à différents niveaux, dans différentes administrations.
Résultat pour faire court: j’en suis à mon 6ème mois sans revenu, je n’ai plus de sous, plus d’économie, encore heureux que j’ai une mère qui m’aide et qui m’héberge (= qui fait le boulot de solidarité du Conseil Général de Haute-Savoie), et ma demande de RSA est ajournée parce qu’il me manque des justificatifs que je devrais avoir depuis des mois et que je n’aurai que dans un mois ou deux, on ne sait pas quand exactement.

Je pourrais ou je devrais au moins essayer de me trouver un petit job alimentaire au minimum pour passer le temps mais je suis bien trop occupée à essayer de résoudre le micmac pour avoir de l’énergie à faire quoi que ce soit d’autre d’aussi compliqué que chercher un emploi.

J’ai fait l’effort d’aller à une formation à l’accompagnement sexuel des personnes handicapées en Alsace du 17 au 20 mars (organisée par l’APPAS: http://www.appas-asso.fr/) parce que ça, ça me botte immensément. J’ai la motivation pour ça, vu que, contrairement à beaucoup de féministes quelque peu en guerre avec le sexe, moi personnellement ça va très bien merci, le sexe est mon ami.
Je suis capable de passer des mois sans voir un ami et je suis contente quand je le vois. Pas de soucis. Je peux faire « ceinture » pendant des mois ou « hop là! » repartir comme en 40 quand j’en ai l’occasion, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Ni addict ni coincée, juste tranquille dans mes baskets à paillettes et dans ma culotte (vraiment très culottée), si je puis dire.
Et j’ai d’avantage d’affinité avec les handicapés qu’avec les « valides », vu que j’en suis une, d’handicapée.

Certains pensent qu’il vaudrait mieux dire « personne en situation de handicap », mais pour l’heure je me dis volontiers « handicapée » comme je me dis « autiste », pas de soucis… Mais, bon, le vocabulaire, je m’en fout un peu à l’heure actuelle, ou bien c’est trop compliqué ou bien c’est un trop petit détail minuscule comparé à l’énormité de l’absurdité que je vis en ce moment pour que je daigne m’en soucier…

Bref, je poste des petites choses, des petits statuts sur la situation via mon profil facebook, comme là ce matin. Je réalise que c’est un peu parce que je poste des trucs sur facebook, que j’écris des commentaires parfois un peu longs sur d’autres profils et autres groupes de discussions que je poste un peu moins qu’avant sur mes blogs.
C’est un profil public (https://www.facebook.com/caroline.vigneron.10), n’hésitez pas à y jeter un oeil, je poste aussi parfois des trucs plus franchement fun sur les psychédéliques et leurs vertus thérapeutiques. Oui « thérapeutiques », il n’y a pas de coquille. C’est très sérieux, comme le site de l’asso américaine Maps.
Je m’intéresse décidément à plein de choses illégales, une vraie petite punk…

Donc, le post facebook de ce matin:

« Je reviens tout juste de ma « première fois » avec une assistante sociale, une personne charmante, compétente et empathique. Ca vaut la peine de le dire!
J’ai appris que « avoir un statut d’autoentrepreneur » + « faire une demande de RSA » = « vous êtes dans la case la plus compliquée! ».
Je vais peut-être tenter une demande de AAH. Temps de traitement de la demande d’AAH = environ 6 mois, pour une issue très aléatoire.
Une demande d’aide d’urgence va être faite, si c’est accepté (maintenant je sais qu’avec le conseil général il vaut mieux douter de tout), donc SI c’est accepté j’obtiendrai 150 euros dans 10 jours.
Ca tombe bien: je suis au-delà de l’urgence, dans le no man’s land du grand n’importe quoi où plus rien n’a vraiment d’importance.
Du coup je vais aller passer 2-3 jours dans ma cabane du Jura, ça m’aidera à patienter en toute quiétude.
Tant que j’ai de l’essence, autant que j’en profite. »

Mémoire

Mon mémoire est en ligne depuis le lundi 1er février.

Un ami a écrit qu’il l’a « dévoré ».

Le mémoire serait donc comestible, du moins lisible, en dépit de sa longueur.

Je sais qu’il est bancal, imparfait, à corriger. Merci de m’y aider, si le coeur vous en dit.
Ca parle d’autisme, de psychanalyse, de nutrition, d’écologie, de microbiote, de système nerveux entérique, de phytothérapie, de sexualité (un chouilla, si si!), de psychédéliques, de chamanisme, de politique… Bref, de plein de choses.

Si vous avez aimez le film « Demain », ce mémoire devrait vous plaire, et inversement.

Le mémoire est ICI.

Abstract:
Ce texte présente l’autisme comme une condition développementale du corps entier, condition évolutive et modulable.
On a longtemps cru que l’autisme était une maladie mentale, puis cette croyance a été remplacée par une autre : à présent l’autisme est souvent considéré comme une différence neurologique qui n’a rien à voir avec le reste du corps, comme une condition neurodéveloppementale d’origine génétique, que rien ne peut altérer ni améliorer – en dehors de quelques méthodes comportementales. On dit « neurologique » aujourd’hui comme on disait « mental » hier, l’encéphale étant toujours considéré comme le siège exclusif de la conscience et de ses « troubles ».
Mais la recherche avance et vient de plus en plus invalider cette position. On découvre que dans le corps humain, tout est lié, tout interagit avec tout, et qu’il n’y a pas de « cerveau atypique » sans système gastro-intestinal atypique, sans système immunitaire atypique, etc. Quand il y a autisme, c’est tout le corps qui est concerné, qui est rendu hyper perceptif et hyper réactif à son environnement, « environnement » au sens très large, en particulier au sens écologique du terme.
Ce travail est un effort d’information en matière d’autisme et de santé, un acte militant d’une autiste pour la valorisation de la neurodiversité, un encouragement à améliorer la santé des autistes et des non-autistes de façon à leur permettre de réduire leurs troubles, d’améliorer leurs compétences, et de s’épanouir au quotidien.