A quoi je pense pendant le sexe? Tantra et sexe sans consentement

Chinnamasta

« « Tantra » est synonyme d’extrême discipline. » – Sadhguru

Prologue :

Cet article est inspiré par celui-ci: « Ces hommes incapables d’entendre un « non » féminin, ou la culture de l’insistance ».
Si vous n’aimez pas lire les mots « pénis », « vagin », pénétration », l’article ci-dessous n’est pas pour vous !
C’est potentiellement l’article le plus trash que j’ai écrit.
Si vous êtes un « mec », un « vrai », que vous visez « toujours plus haut », comme Tina Arena, que vous cherchez à vous améliorer en permanence, alors l’effet de ce texte pourrait être stimulant.
Sinon je vous préviens, vous allez juste vous vexer.
Dans ce texte je m’adresse à « vous », les hommes. Non pas que je m’attende à ce que 12000 personnes lisent ce texte, mais l’écrire m’aide à réfléchir. Et oui, je m’adresse aux hommes en général : désolée, mais vous avez tendance à tous vous ressembler sur certains points. Il existe peut-être des exceptions…. Mais oui, je généralise éhontément. Je suis chez moi, je fais ce qui me plaît.
Et le plaisir, c’est important, n’est-ce pas ?
Si « vous » pouviez essayer de répondre à la question en fin d’article, de préférence après avoir lu au moins les deux derniers paragraphes, ce serait cool (y répondre, ne serait-ce qu’en votre fort intérieur).
« Je », ne fais bien sûr référence qu’à moi, femme hétéro de 42 ans, ça vaut ce que ça vaut, mais quelque chose me dit que beaucoup de femmes pourraient plus ou moins se reconnaître dans ce petit « je ».

– – –

J’ai souvent « consenti » à un rapport sexuel par pure gentillesse, par pure bonté d’âme, en bonne Mère Theresa du sexe, en ayant la sensation que je donnais le sein à un bébé famélique, parce qu’un homme avait beaucoup insisté, parce qu’il semblait que sa vie en dépendait – et la mienne peut-être aussi.
J’exagère à peine.
Je ne me suis jamais sentie franchement physiquement en danger avec mes amants, non, pas avec mes amants en particulier, juste avec les hommes en général. Face à un homme, je suis toujours extrêmement consciente d’être la moins forte physiquement. Je suis toujours extrêmement consciente qu’un « non » peut me valoir une réponse cinglante, un mépris anéantissant, une mise en disgrâce éternelle, une gifle, ou pire, même de la part d’un homme qui m’aime et que j’aime, je l’ai appris très tôt, et beaucoup d’hommes s’appliquent à le prouver à travers le monde entier, au quotidien, depuis des millénaires.
Et parfois, moi aussi je pète les plombs. Ca m’est arrivé de frapper l’un de mes chats à l’occasion d’une crise de rage, alors que j’aime mes chats et que je suis une personne plutôt douce en général (les crises de rage ont cessé de se produire depuis que j’ai arrêté le gluten en 2011, jdis ça, jdis rien). Je sais qu’un être humain peut péter les plombs et devenir violent – et pas seulement physiquement, devenir violent sans prévenir et que ça peut faire mal, et pas seulement physiquement.
Donc je synthétise ce paragraphe : même quand je n’ai aucune envie de sexe, je peux dire « oui », par générosité, par « gentillesse », par noblesse d’âme, de cœur, de cul, autant que par peur (peur à minima du rejet, de la gifle verbale, du mépris…). « Les deux mon capitaine ! », « en même temps », comme dirait Emmanuel Macron. Oui, l’âme humaine, c’est compliqué. Je peux même ajouter « par lassitude » (« Comme ça, il arrêtera de me soûler »), « par j’men foutisme, fatigue ou faiblesse de caractère » (« Hof, ça ou autre chose ») et/ou « par orgueil » (« Même pas peur, même pas mal! »), parfois tout cela vraiment plus ou moins « en même temps ».

Le sexe, et plus précisément l’accès à celui des femmes, vous semble toujours tellement crucial, à vous, les hommes hétéro (ou bi ou pan, du moins ceux que j’ai eu connu), comme si vos revenus en dépendaient. Vous ressemblez un peu tous à des geeks accro à un jeu vidéo qui ne pensent qu’à une chose : attendre le niveau suivant de leur jeu préféré. Le niveau suivant, c’est toujours le prochain vagin et/ou clitoris, et, si vous avez une partenaire régulière, alors vous avez besoin d’avoir accès à son vagin, ou au moins à sa vulve, aussi souvent que possible, de préférence plusieurs fois par jours, ou au moins plusieurs fois par semaine, comme un bébé le sein de sa mère, c’est véritablement la sensation que ça me donne.
A défaut du vagin ou de la vulve, vous vous contenterez éventuellement d’une bouche ou d’un rectum, et si tous ces organes vous restent inaccessibles pour une raison ou une autre, alors il vous faudra éjaculer quelque part sur le corps d’une femme, un peu comme un chien doit absolument marquer son territoire à chaque fois qu’il sort.
Même les hommes adeptes du « Tantra », j’ai très envie de dire « prétendument » adeptes du Tantra…. « Prétendument », parce qu’ils finiront par m’expliquer que finalement, dans le « Tantra », on y met ce qu’on veut, alors que non, c’est une pratique très ancienne qui vise uniquement à la pleine Réalisation de l’Être, et qui n’implique d’éventuels rapports sexuels qu’après de longues années de disciplines spirituelles diverses et assez arides, l’un des couples « tantriques » les plus célèbres ayant été Padmasambhava – le fondateur du bouddhisme tibétain et auteur du Bardo Todhol, et Yeshe Tsogial, rédactrice du Bardo Todhol, couple qui passa des années en ermites dans des grottes au Tibet.
Sérieusement, si les « stages » de Tantra consistaient à passer plusieurs années d’affilées à méditer dans une grotte en haute-montagne, sans rien du confort moderne et sans aucun rapport sexuel, qui y aurait-il pour en parler en Occident ?
Le Tantra, en vrai, est une ascèse, pas une baise-partie, une ascèse à visée transcendantale, qui ressemble assez, dans le fond, à ce que je m’efforce de faire de mon quotidien depuis que j’ai environ 16 ans… Bref, même les adeptes du pseudo-Tantra, en dépit de tous leurs beaux discours sur la sexualité soit-disant respectueuse de l’Être dans sa globalité et non-génito-centrée, semblent rester relativement obnubilés par l’accès a mon vagin ou bien à mon clitoris, ou bien à mon anus, « s’te plait ! ».

Pénétrer à tout prix semble être, encore et toujours, l’enjeu majeur. Pas le dérèglement climatique, pas la 6ème extinction de masse, pas l’autonomie alimentaire, pas la sécheresse qui devient chronique, non. L’accès au vagin, l’accès au corps de la femme, à la femme nue, et surtout à l’intérieur du corps de la femme.
Mettre au minimum le bout de vos doigts entre mes lèvres, celles du haut ou du bas, et votre langue dans ma bouche ou dans ma vulve, voilà l’essentiel en ce bas monde.
Pénétrer. Ca, ça vous fait planer, ça semble vous rassurer et vous mettre en joie autant qu’un compte en banque bien garni dans les îles Caïmans.

Une fois que c’est fait, vous êtes aussi rassurés sur votre sort que si vous veniez d’atteindre le sommet de l’Evrest. Ca y est, vous êtes les rois du monde. Vous pouvez souffler, vous êtes arrivés, et si vous avez atteint le fond de mon vagin en réussissant à me faire crier (parc que, oui, c’est con, mais en vrai ça peut faire mal! Et petite précision, pour votre érudition : quand une femme crie, ça ne veut pas forcément dire qu’elle a un orgasme, et inversement ! Un orgasme peut être parfaitement silencieux, et le clitoris n’est pas au fond du vagin ! ), alors là, plus rien ne vous arrête, d’ailleurs certains iront jusqu’à me le dire : « Je suis le meilleur » (« sic », comme on dit).

Moi, quand un homme cherche à me pénétrer de façon très insistante (ou l’air de rien : « Oups, j’avais pas vu ! »), je pense à ma vaginose chronique, à mes pertes vaginales pâteuses, occasionnellement verdâtres, qui sentent – au mieux, le plâtre frais.
Tu as faim ?
Tu aimes le fromage ?
Tu veux refaire tes murs?
Je pense transmission de Candida albican, de mycose, de sida, de syphilis, d’hépatite, de co-infections de la maladie de Lyme, je pense cystite et grossesse indésirée.
J’échoue à comprendre pourquoi un homme cherche à mettre son pénis dans mon vagin, et donc potentiellement son sperme, alors qu’ils ne veut pas d’enfants avec moi, « surtout pas ! ».
Je ne comprends pas comment un homme peut dire « Je sais me contrôler » quand on sait qu’une goutte de sperme suffit à féconder un ovule malencontreusement de passage, quand on sait qu’on peut être, en toute ignorance, porteur sain de tout un tas d’infections plus ou moins sévères non dépistées en routine par les médecins généralistes, quand on sait que même notre propre flot salivaire, non, on ne le maîtrise pas, tout comme je ne maîtrise absolument pas ma vaginose, ni ma cave à fromage.
Quand je constate qu’un homme est encore en train d’essayer de me pénétrer sans capote, alors que j’ai juste dit « oui » à un « massage », je me dis que je suis encore tombée sur un homme atteint du syndrome de Superman, qui se croit immunisé contre toutes les maladies sexuellement transmissibles, parce qu’il me baise avec « respect » (dit-il) et que le respect, c’est forcément plus efficace qu’une capote ou qu’un antibiotique.
C’est un Superman, il a pris une douche, il est parfaitement propre, aussi stérile qu’un scalpel dans un bloc chirurgical, il n’a pas de microbiote (flore microbienne) génital, non, ça c’est pour les autres, pour ceux qui ne connaissent pas le mot « Tantra », peut-être ?
Rétrospectivement, je réalise aussi que ces hommes qui se permettent de pénétrer une femme qui a juste dit « oui » à un « massage » confondent malencontreusement silence, immobilité (et, éventuellement, « mouille ») avec consentement et que c’est une des base de la culture du viol, et même de la définition du viol (« acte de pénétration sexuelle commis sur une victime avec violence, contrainte, menace ou surprise »), mais j’y reviendrai plus loin (oui, ça va être long, et plus c’est long, plus c’est bon, non?).

Quand j’accepte d’essayer de « pratiquer » avec un prétendu adepte du Tantra – tant qu’on n’a pas testé, on ne peut pas vraiment savoir s’il s’agit d’un « vrai » adepte ou pas, non ? – j’attends toujours de pouvoir entrer en méditation à deux, peau à peau, souffle à souffle, pour voir jusqu’où il est possible d’aller comme ça.
Peut-être jusqu’à l’activation pleine et entière de tous nos chakras, de notre « corps de lumière » ? Oui, le corps humain émet réellement des biophotons, soit dit en passant.
Pour le moment, j’ignore encore jusqu’où il est possible d’aller comme ça, puisque je n’ai jamais trouvé qui que ce soit pour aller dans cette direction là, puisque mes partenaires semblent toujours plus intéressés par mon vagin que par un quelconque état méditatif.
Alors que votre état méditatif ne se situe absolument pas là.
D’où l’idée que vous n’êtes que de prétendus adeptes du Tantra, au mieux des victimes du marketing des psy et autres thérapeutes psychanlysants modernes, qui vendent leur sexothérapie sous l’étiquette « tantra », parce que c’est vendeur, parce qu’ils ont tendance à pervertir tout ce qu’ils touchent (puisque l’ancêtre de leurs formateurs à tous, Freud, s’y connaissait bien en appropriation et perversion d’appropriation, le charlatan N°1 du 20ème siècle !)…
Parce que soit vous utilisez vous aussi le terme de « Tantra » alors que vous n’en avez rien à branler de la transcendance (quel est le titre de ce blog, déjà?), et vous l’utilisez sciemment pour faire du tantrawashing, et c’est malhonnête, soit en toute innocence vous ignorez de quoi vous parlez, même après avoir fait plein de stages hors de prix, mais si je dis ça, vous allez vous vexer.
Si vous êtes restés jusque là.
Puis vous me rétorquerez : « Et toi, qu’est-ce que tu en sais, de ce que c’est, le Tantra ? ».
Je vous répondrai que j’ai lu des livres, que je me suis initiée à 2-3 disciplines apparentées au Tantra ou qui en font parti intégrante (yoga, taï-chi…), et vous me rétorquerez que je suis vraiment trop crédule.

En effet.

En effet, je « crois » toujours que si un homme qui m’est sympathique insiste vraiment beaucoup pour avoir un rapport sexuel avec moi, c’est que je devrais peut-être accepter, que s’il dit qu’il s’y connaît en Tantra, c’est que c’est peut-être la vérité.
Trop curieuse, et trop crédule, en effet. Trop influençable, comme n’importe quel autre autiste (oui, pour info, j’ai un handicap, je suis autiste, pour de vrai! Et les autistes sont plus influençables que la moyenne). Trop gentille, trop souvent prête à accorder le bénéfice du doute.

Et puis l’homme « désirant » est toujours très doué pour me suggérer d’une façon ou d’une autre que si je refuse, c’est que je suis une coincée, une blessée, une gourde, une prude, une banquise, une méchante, une névrosée, une conne, une salope, une pute, une allumeuse, une fille qui ne sait pas ce qu’elle veut, une fille qui ne sait pas ce qu’elle loupe, etc, etc… Au choix, selon l’humeur.

C’en est un peu à se demander pourquoi vous me désirez, exactement, au final ?
Peut-être est-ce que, justement, ce n’est pas moi que vous désirez, c’est la pénétration, fourrer votre pénis ou au moins l’un de vos doigts quelque part dans un corps de femme.
Et puis à force, je finis parfois par en avoir marre de me faire basher : « Ah bon, si je dis « non » c’est que j’ai un problème ? Tu vas voir ça, si j’ai un problème ! ».
Eh oui, moi aussi, j’ai ma fierté. Comme les mecs, moi aussi j’aime montrer mes « muscles » et que je suis « cap » et même à moi, il m’arrive d’avoir envie de jouer à « qui pisse le plus loin ».
Un peu comme les gars, le samedi soir, qui jouent à celui qui boira le plus de shots d’alcools forts, sans rouler sous la table.
Après tout, moi aussi, je suis un mec comme les autres.
Le dénigrement fonctionne parfois, d’une façon ou d’une autre, qu’il actionne le levier de la peur, de la colère, de l’orgueil… Oui, il peut fonctionner.
Oui, vous pouvez prendre un autre verre, et puis un autre, et puis votre voiture après, même pas peur ! C’est crétin, mais ça peut marcher.

J’ai appris que si je ne vous donne pas ce que vous voulez, une fois que je suis en tête à tête avec vous, vous pouvez devenir extrêmement méprisant, blessant, et me traiter littéralement comme de la merde. Comme ça, tout à coup, ça va vous prendre comme une envie de pisser, ça partira sans prévenir, comme une paire de claques, par forcément à plein poumon, juste quelques mots bien incisifs qui me rabaisseront plus bas que terre. Pas sympa. Même franchement moche.
J’ai appris que, dans « l’intimité », même les hommes qui se prétendent intello de gauche – très propres sur eux, anti-FN et autres « votez utile », plus ou moins « esthètes », épicuriens (mot compte triple), avec un bon niveau socio-professionnel, qui vivent dans une maison où le ménage est toujours bien fait, eux aussi peuvent être aussi infectes qu’un facho (voir bien pire), quand je ne leur donne pas accès à mon vagin ou à ma bouche.
Moi, en 2012 : « Si je ne lui donne pas ce qu’il veut, je vais encore repartir de chez lui en chialant, le cœur brisé, et je resterai prostrée de chagrin pendant six mois. »
Moi, en 2022 : « Et puis peut-être que celui-là sera le bon, celui que je pourrai présenter à ma famille, qui restera à mes côtés même quand je serai vieille et que j’aurai une descente d’organe ? »

Et après tout, qu’est-ce que cela me coûte de vous laisser me doigter ? De vous laisser me pénétrer, à partir du moment où vous vous êtes lavé les mains, où vous avez mis une capote ?
Honnêtement, cela finit par me coûter autant qu’une auscultation par la doctoresse qui fait mon suivi gynéco.
Suffit de penser à autre chose, de respirer, de se détendre et d’attendre que ça passe. Ce n’est qu’un organe comme un autre, ce n’est guère plus qu’une poignée de main un peu gluante.
J’attends que ça passe, j’attends de voir si, peut-être, vous pourriez être « le bon », à la longue, à force de générosité, de magnanimité, de fierté, de je ne sais plus trop quoi….

Se laisser faire quand on n’a pas envie, certains appellent ça « se faire violer » (référence : Je suis un homme victime de viol conjugal — Témoignage), hein, tout de même, alors que moi j’appelle ça «céder pour avoir la paix». Peut-être ne devrais-je pas autant relativiser?
Parce que, de fil en aiguille, je lis que « céder n’est pas consentir » et que donc, oh my god, ce dont je parle, là, ce serait de viols à la chaîne ?!!!
Youpie !
Mais je vous rassure : si l’ont peut être victime de viol sans le savoir et commettre des viols sans le savoir non plus, c’est juste à cause de la culture du viol, et de la « zone grise » (un peu comme la Zone 51, où personne ne sait vraiment ce qui se passe), c’est juste à cause d’un biais culturel : « Les garçons apprennent qu’il est normal d’avoir l’initiative, les filles qu’il est normal d’y céder. Et là est le coeur du problème : céder n’est pas consentir. »
Autrement dit, dans cette zone grise pleine de non-dits, ou de pas-assez-dits, de pas-assez-écoutés, de trop-interprétés, tout le monde croit être en train de faire quelque chose de « normal », alors que non, du moins pas dans une relation réellement « respectueuse » (de l’autre et de soi).
Et moi qui ai toujours du mal à m’exprimer à l’oral, parce que je suis autiste (je vous l’ai déjà dit?), et que le langage oral n’est pas du tout ma langue natale, ça n’arrange pas mon cas (j’écris beaucoup plus et mieux que je ne parle).
(Référence : Culture du viol, consentement et « zone grise »).

« Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », aurait dit le Christ.
Je suppose que je vais chanter ça en chœur avec lui, hein, sur un petit air de Jimmy Sommerville, avec un petit pastis pour faire glisser.
C’est con, je n’ai plus de sous pour aller en parler à un psy.
Le consentement, c’est compliqué. A la question « est-ce que tu as envie de ceci cela ? », consentir devrait donc être uniquement un total enthousiasme : « Carrément, je suis à fond !! Qu’est-ce que tu attends ?! », alors que d’autres vous diront que, parfois, consentir c’est répondre mollement : « Bah non mais si ça te fait plaisir alors ok, parce que j’ai envie de te faire plaisir, mais vite fait, hein, parce que j’ai sommeil ».
Compliqué.

Pendant le « sexe », il m’est souvent arriver de penser au café que je préférerais être en train de prendre en terrasse.
Ca m’est souvent arrivé de penser aux parfums que j’ai senti récemment en parfumerie ou ailleurs.
Ca m’est arrivé de voir des fleurs dans ma tête, comme les films qu’on diffuse dans les avions pour que le voyage semble moins long.
Ca m’est arrivé de réfléchir à ce que j’aurai à faire après, de calculer le temps que j’aurai après pour faire ceci ou cela.
Ca m’est arrivé de calculer le nombre d’heure de sommeil que ça me coûte, le nombre de jours dont j’aurai besoin pour m’en remettre.
Ca m’est arrivé de penser à un autre homme que je préfère, que je trouve plus sexy, que je désire bien plus, juste histoire de pouvoir passer un meilleur moment.
Ca m’est arrivé d’essayer d’atteindre mon propre état méditatif, en moi, en mon cœur, de rester là, juste là, présente, ici et maintenant, de respirer, d’observer, comme on fait en cours de méditation pleine conscience ou en stage de shiatsu.
Observer, même les trucs pénibles et désagréables, cultiver mon self-control.
Toi aussi, tu aimes avoir des secrétions vaginales dans tes cheveux ?
Après tout, les vrais tantrika sont sensés pouvoir méditer sur des sites de crémation…
Chercher à atteindre un état méditatif, quand un cadavre brûle à côté de toi ou pendant un rapport sexuel avec un partenaire aussi excité qu’un gosse sur sa Switch, c’est peut-être un peu kif kif bourricot…
Sauf que pendant un rapport sexuel, le partenaire n’est pas sur une Switch, sur un objet, il est sur un être vivant qu’il est sensé « respecter », tout comme les rituels de crémation, en Inde, sont des rituels religieux pratiqués dans le plus grand respect de la vie et de ses cycles.
Être respectée comme une « Switch »… L’un des points culminants de la vie de l’enfant moderne, c’est lorsqu’on lui offre une Switch, qui devient « sa » Switch, sa possession la plus précieuse, source inépuisable d’excitation, de fascination, d’adrénaline et de fun.
Serait-ce là toute l’idée que les hommes se font du « respect » qu’ils doivent à une femme, à une partenaire sexuelle, à une femme dans le cadre d’une relation sexuelle vaguement « tantrique » ?
De la même façon qu’un gosse « respecte » sa Switch au point de ne jamais la jeter par terre, de ne jamais l’oublier dans le train ? Si vous m’accordez autant de respect qu’un ado en accorde à une Switch, alors devrais-je m’estimer comblée et n’aurais-je à me plaindre de rien ?

J’écris ce texte parce que j’en ai marre de me faire doigter comme si votre survie en dépendait, alors que non, vraiment non.
Je crois que les hommes ne savent même pas pourquoi le vagin des femmes les obsède autant.
Je pense que c’est un trouble obsessionnel compulsif, comme une tradition familiale qu’on se transmet de père en fils, sans savoir pourquoi ni à quoi ça sert.

A cela, vous me répondrez : « Mais le plaisir, ma petite chérie, c’est important, il faut savoir se lâcher dans la vie, blablabla ».
Et remarquez comment mon plaisir devrait toujours être celui d’assurer le votre, comment mon plaisir devrait toujours être identique au votre, sinon, c’est que j’ai un problème, vous en éternel « étalon » de ce qu’il convient de considérer comme plaisir ou déplaisir.
Comme si vous ignoriez, très naïvement, que je n’ai aucun besoin de vous pour avoir un orgasme.
Peut-être êtes vous réellement mal informés, au point de croire qu’une femme est incapable d’avoir un orgasme sans vous?
Et puis quel plaisir ?
Et si je n’en ai pas envie, du plaisir, du moins pas du même plaisir que vous? Ou plutôt, si votre conception du plaisir était à l’opposé de la mienne ? Si mon envie, mon plaisir à moi, c’est l’ascèse, la discipline et un petit coup de pastis de temps en temps, et un orgasme en toute autonomie de temps en temps, on fait quoi ?
Si mon plaisir, c’est justement la discipline, la frugalité, un corps et une sensorialité à la fois exaltés, maîtrisés et dépassés, telle un diamant dont l’intérêt est surtout dans la lumière qu’il magnifie, toutes ces choses propres au « vrai » Tantra, celles avec lesquelles je m’efforce de tisser mon quotidien, de plus en plus, depuis des années. Si c’est ça mon plaisir, on fait quoi ?
Si mon plaisir c’est la quête du « vrai » Tantra, de la transcendance à deux, on fait quoi ?
Le Meetic de la transcendance, de la Réalisation au sens réellement « tantrique » du terme, est-ce que ça existe ?

Bref, pourquoi chercher à « fourrer » à tout prix ?
Si seule la quête de plaisir vous anime, alors pourquoi être autant attaché à la pénétration (quelque soit le type d’organe pénétrant et pénétré) et à l’éjaculation, puisqu’en plus d’être des pratiques risquées (maladie, paternité non désirée…), elles n’ont techniquement rien d’indispensable à votre plaisir ?
Les journaux devraient peut-être en faire leur gros titre : un homme peut avoir un orgasme ailleurs qu’à l’intérieur d’un être vivant, et il peut même avoir un orgasme sans éjaculer ! Ca s’appelle être autonome sur le plan sexuel, c’est un peu comme de savoir se faire à manger, ça s’appelle aussi la « continence sexuelle », et c’est aussi de l’hygiène – éjaculer sous la douche plutôt que dans les gens, c’est comme de savoir pisser dans des WC plutôt que sur un trottoir.
Pourquoi considérer la pénétration et l’éjaculation comme aussi quintessencielle – ainsi qu’éventuellement me faire jouir (quand vous vous en préoccupez), comme si cela devait vous garantir une sorte d’immunité à vie de ma part, comme si cela devait vous rendre indispensable à mes côtés, comme si cela allait vous valoir un 13ème ou un 14ème ou un 15ème mois et une retraite aux Seychelles ?!

Alors que non. A chaque fois que vous me blessez, je prends quand même note, à chaque fois que vous exprimez une opinion à l’antipode des miennes, je prends quand même note et je vous présente l’addition lorsque j’en ai assez de vous faire crédit, ce qui arrive souvent, puisque plus je vous fais crédit, plus vous avez tendance à me traiter comme un open-bar… Et aucune cagnotte ne gonfle à chaque fois que vous me pénétrez ou que vous me faites jouir et, vu que je suis « grande fille », une femme qui s’assume (relativement), libérée (je pense que ce texte l’illustre largement), relativement « autonome » comme vous aimez (c’est à dire surtout pas à votre charge, financièrement) alors je sais me faire jouir moi-même, à l’infini si ça me chante (quand ma libido est d’humeur), je n’ai aucun besoin de vous pour ça, et plus vous « fourrez », plus vous fourrez, c’est tout, vous n’allez jamais « plus loin », ça ne vous rapporte strictement rien, cela soulage peut-être momentanément une petite angoisse existentielle passagère, mais ça ne vous mène à rien, à ma connaissance.
A force, pour moi, de mon point de vue, cela devient juste lassant, ennuyeux, rébarbatif, fatigant, voir douloureux.
Non, vraiment, cela ne va pas sauver le monde, cela ne vous rendra pas immortel, ni très riche, ni très célèbre, cela ne me mettra pas non plus à vos pieds jusqu’à la fin des temps.

Alors pourquoi diantre fourrer?
Je vous le demande vraiment : pourquoi ?

 

 

Quelques références :
SexNegative ?
Enthousiasme vs consentement
La « zone grise » du consentement, un concept « très dangereux »
Documentaire: Sexe sans consentement – Infrarouge
Qu’est-ce que le consentement féminin dans l’hétérosexualité ?
Consentement 2.0 = enthousiasme
Vidéo The unfinished story of yes

Dénoncer les violences sexuelles sur les femmes autistes: « Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch « leur difficulté à identifier les comportements violents, à comprendre la notion de consentement, à s’opposer et à se défendre, exposent les femmes autistes à un risque jusqu’à dix fois plus élevé ». (…) Chez les femmes autistes, sidération et dissociation sont particulièrement marquées, explique la psychiatre Muriel Simona : « Elles peuvent tomber dans un sentiment d’étrangeté, avec une impression d’être spectatrice. Cela peut aller jusqu’à l’amnésie traumatique ». »

Illustration de la culture du viol en politique: « « Qu’il avait beaucoup de maîtresses, qu’il consultait des sites, que des filles étaient amenées à l’hôtel à la fin de ses conférences, qu’il en invitait à se déshabiller, que certaines résistaient et qu’il pouvait devenir violent et agressif, ça oui. Mais je n’ai jamais entendu parler de viols. J’en suis abasourdi. » (…)
Que Bernard Godard se dise « abasourdi » par les accusations des victimes présumées en dit long sur l’aveuglement, y compris des autorités françaises, sur le personnage Ramadan. Mais aussi, plus généralement, sur l’absence criante de conscience face à ce qui ressemble à des agressions sexuelles avérées ». –   « Le « Monsieur islam » français savait tout d’un Tariq Ramadan « violent et agressif » sexuellement… et pourtant » – Marianne (oct. 2017).

Consent, it’s a piece of cake : « If you say, ‘Thanks, but I don’t think so’, and they convince you to change your mind, that’s also consent. It doesn’t matter how many times you said no. It doesn’t matter if your friend was being an obnoxious, guilt-tripping, sulky, passive-aggressive pest. (Well, it matters. It may be a reason to reconsider your friendship. But it’s certainly not a reason to go to the cops.) As long as you were free to refuse the cake without risking some tangible harm, it’s up to you to grow a spine. »

– – –

Quelques notes et références en désordre sur le Tantra :

tradition spirituelle, serait apparue il y a 7000 ans, fonctionne sur la base de la transmission d’enseignements, d’un maître à un disciple. C’est une pratique ésotérique qui vise à l’extension et à la libération de la conscience, à l’union avec « Dieu »/la pure conscience, à la réalisation de l’Etre, à être pleinement.
Mais quand on énonce tout cela, beaucoup entendent « l’exultation du petit moi moi moi », et non l’union du « petit moi » avec le Grand Esprit : la dissolution du petit moi dans la Totalité.
On entend aussi plus facilement « connaître tout » que « sentir tout », car être pleinement conscient, ce n’est pas « tout savoir », c’est plutôt sentir tout pleinement, le sentir et pourtant être capable de s’en détacher, comme une feuille morte se détache de l’arbre. Car tout passe.

« Tantra means extreme discipline »… learning to use the body and mind like an instrument… Tantra means a technic or a technology… learning to use the body and mind like a tool, like a computer… it takes enourmous discipline… it’s talking about the body, and because they’re talking about the body, they think sex, because they only think about a few body parts, they forget about the brain!… spiritual growth, reaching to its ultimate nature… no « tantra »/technology = no guru (guru: can do for us something we cannot do for ourself) – Sadhguru, Tantra is not about sex https://www.youtube.com/watch?v=DuVsPLOGz14

ascending of the Kundalini to the highest chakras, for the transformation of the crown chakra, so that it may become « enlightened », turned into a blazing light of illumination, awakening.
Awakening of the astral body – astral body: energy field, biofield (measurable), unconsious, Tantra aims at that field to become conscious, for humans to become fully aware of their whole being (and not just of a few organs)

Dr. Thomas Daffern https://www.youtube.com/watch?v=n8a7xY_flT4
Yoga is a form of practicing tantra
yoga : « to reunite » the soul essence with its devine source
embrace sexual extasy as a vehicle to enlightenment
druidery : celtic version of tantra, same for seidr and other old european traditions, alchemy…
tantra : weaving male/compassion and female/wisdom principles as One.
Use the mundane to achieve the super-mundane
requires a guru
not about sex,
about transcending sex
in hindouism focus on divine play of shakti/female & shiva/male deities, universe : manifestation of divinge energy
tantra seeks channeling that energy within the human realm and unifiy with cosmic consciousness
in bouddhism : no cosmic consciousness idea, buddhism focuses on union of male-compassion/female-wisdom principles
tantra rejected social normes of vedic traditions : rule about dress->go naked, no alcool, no drug->drink alcool, use drugs, no meat-> eat meat, sexual restriction-> sex part of the rituals = similarities with hippies, and the forest « anarchy ».

the divine feminine part 5 – tantra https://www.youtube.com/watch?v=nbCYAWjDKwc

L’arnaque du « féminin sacré »

 

Dans les milieux « alternatifs » du « développement personnel », du « New-Age », ou du « néo-chamanisme », on parle beaucoup de « féminin sacré », ou en anglais « sacred feminine » ou « divine feminine ».
Trouver une définition précise et universelle de ce concept, c’est compliqué. Il pourrait s’agir d’une « énergie », de ce qu’on appelle le « yin » en Taoïsme, d’une « voie », peut-être de ce que Jung appelait l’anima…, on ne sait pas trop, ça change toujours un peu d’un article à l’autre.

En français, « féminin » est un adjectif ; « le féminin » fait aussi référence à un genre grammatical (le féminin/le masculin).
En anglais, « feminine » est aussi un simple adjectif.
En grammaire, un adjectif n’a pas de genre, pas de sexe.
Un adjectif est sensé servir à définir quelque chose et, en français, il s’accorde ensuite à cette chose (masculin/féminin-singulier/pluriel).
Ici, qu’est-ce qui est défini par cet adjectif, qu’est-ce qui est « féminin »?
Rien, rien de spécifiquement nommé.
Ici l’adjectif est utilisé comme un nom (en mettant « le » devant), c’est un « néologisme » qui, quand on y réfléchit, ne désigne rien de spécifique, juste un vague concept très nébuleux.
Un quelque chose d’indéfinissable, d’insaisissable, de mystérieux… Et pour les francophones, il s’agit d’un quelque chose de masculin, puisqu’il s’agit d’un truc « féminin », pas d’une chose « féminine », puisqu’on parle de « féminin sacré », pas de « féminine sacrée ».
Ajouter un second adjectif, « sacré », à ce premier adjectif « féminin », ne fait toujours rien de sacré, rien de féminin, puisque ce qui est défini est… « rien ».

Ecrire des articles ou des livres, ou faire des conférences, sur « le féminin sacré » revient à faire des conférences sur « le grand sacré » ou « le petit sacré ».
Le grand quoi? Le petit quoi?!
On ne sait pas trop.
Bref, ça ne veut rien dire!
Quand on dit « le féminin sacré », on ne dit « rien »! Quand on parle de féminin sacré, on ne parle de rien.

Car il ne suffit pas d’aligner des mots au hasard pour faire des phrases, comme il ne s’agit pas d’aligner des sons au hasard pour faire des mots, ou des notes de musique pour faire une chanson.

Apposer un adjectif à « rien » revient à ne parler que de ce rien.
Pourtant, tout ceux qui parlent de « féminin sacré » cherchent bel et bien à parler de quelque chose.
Ils ont pourtant bel et bien une idée, une pensée, une chose à coeur, une chose qu’ils cherchent à verbaliser. Visiblement, ils ne savent pas trop quoi, ou bien ils n’osent pas? Ils sont timides, peut-être?
Et ils sentent qu’il s’agit d’une chose femelle, qui a trait à la féminité, d’une chose qui n’est pas mâle.
Mais nous vivons dans une société patriarcale qui sanctifie Le Père, le Fils, le Saint Esprit, Jésus, Allah, Yahvé, Mahomet, Bouddha, Lao Tseu… Ce sont eux les « Dieux », les prophètes, les êtres les plus sacrés, les plus vénérables. La Sainte Vierge, elle est bien gentille, mais elle passe très en second.
Après des millénaires de monothéisme patriarcal, l’intellect humain a tant de mal à conceptualiser qu’une femme, qu’un être femelle puisse être un être suprême, qu’il s’interdit même de conceptualiser qu’une simple chose « femelle » puisse être « sacrée ».

Les êtres « suprêmes » femelles, ça existe au cinéma, comme dans le « 5ème Élément » de Luc Besson, dans « Lucie » de Luc Besson, dans Alien… Quoi qu’on notera que ces films ont, somme toute, été réalisés par des hommes.
Un être suprême femelle au cinéma, ok, à la rigueur, mais alors uniquement conçu par des mecs, ok? Sinon, c’est le souk.
Ainsi, les historiens ont baptisé « déesse de la fertilité » ou « Vénus » les sculptures du néolithique représentant des figures féminines (comme celle en tête d’article). Ils ne les ont pas appelées « Déesse Suprême », ni « La Déesse », non, pour eux il ne pouvait s’agir que d’une déesse parmi d’autres. Envisager qu’un peuple puisse avoir eu une déesse unique plutôt qu’un dieu unique, c’était impossible dans leur tête d’hommes de culture judéo-chrétienne (sur le sujet de la « great goddess », voir les interviews de Maria Gimbutas sur youtube, comme celle postée plus bas).

Et la langue française est encore plus restrictive que l’anglaise, en matière de genre, puisque, en matière de « féminin sacré », le français qualifie ce truc sacré de « féminin ». S’il est « féminin », c’est qu’il est de genre masculin, donc mâle!
En anglais, quand on dit « sacred feminine », ou « divine feminine », cela reste grammaticalement « agenre », neutre, ni mâle ni femelle, contrairement au français qui masculinise le truc.
Parce qu’en français, si cela est « féminin », alors c’est qu’il s’agit d’un truc, d’un machin, d’un bidule, d’un être, d’un shmilblick mâle « féminin », mais pas d’une chose ni d’une fleur ni d’une maison ni d’une déesse ni d’une chose femelle « féminine ».
Ainsi on pourrait dire de Dieu qu’il est ce « féminin sacré », par contre il serait impossible de dire que Vénus ou Gaia incarnent ce « féminin sacré ». Puisque, elles, en français, sont « fémininEs » et « sacréEs », pas « féminin » (vous me suivez?).
Mais un être femelle ET sacré, au sein d’une société patriarcale, ça ne se peut pas, ça ne se conceptualise même pas, alors ça ne se dit pas, « ça ne se fait pas », et le blocage socio-psycho-spirituo-culturel se manifeste – autant qu’il s’enracine, dans la langue et jusque dans l’esprit des personnes à la spiritualité soit-disant « alternative », des « newageux » qui parlent en boucle de ce vague « truc » qui serait féminin et sacré, sans oser le personnifier, sans oser le nommer, par exemple en parlant franchement de « la Grande Déesse », de « la Déesse Mère », de « Gaïa » ou de « La Vie ».

Déjà, parce que personnifier quelque chose de sacré, de fil en aiguille, ça fait trop animiste, païen, primitif, inculte, ignare, stupide, passéiste, réac, facho (oui, de fil en aiguille, de nos jours, on va vite très loin!).
Et puis, personnifier quelque chose de sacré, c’est avoir une démarche religieuse et, c’est bien connu, de nos jours, il ne faut surtout pas être « religieux », parce qu’être religieux, c’est devenu synonyme d' »extrémiste » et puis « extrémiste » est quasi devenu synonyme de « terroriste ».
Alors non, il ne faut surtout « rien » personnifier et il faut se contenter de parler d’un « truc » indéterminé, d’un machin sacré, voir d’un rien sacré.
En matière de spiritualité, certains athées un peu plus aventureux que d’autres, comme Onfray, daignent parler de l’existence en eux d’un « sentiment océanique » qui ressemble un peu à ce que les religieux appellent « la foi » (le terme « sentiment océanique » vient d’une lettre de Romain Rolland à Freud). Mais les athées préfèrent éviter cette chose femelle – la foi, et préfèrent des concepts, des trucs masculins bien plus indéterminés.
Du point de vue de l’intellectuel Occidental moderne, un nihilisme qui ne dit pas son nom, qui se cache derrière un athéisme vaguement laïque, ça fait toujours plus cool et pacifiste qu’une vague spiritualité plus ou moins religieuse.
Et dans le domaine de la spiritualité « moderne », au final on ne va guère plus loin que les athées: il faut parler d’un truc qui serait « féminin », mais ce truc n’est ni personnifié, ni femelle. On parle à la rigueur d’énergie féminine, comme Onfray parle de « sentiment océanique ». Au final, personne ne sait vraiment de quoi on parle, personne ne met le doigt dessus et s’exclame « ah mais c’est bien sûr, c’est la…! ». Non, on tourne autour, on fait de longs discours (encore plus long que cet article) et blablabla, dans 5000 ans on y sera encore, à ce compte-là, à tourner autour et on ne sera toujours pas plus avancé (si on a survécu à la 6ème grande extinction de masse qui est en cours).
Au final,  ce féminin sacré reste un truc féminin très évanescent, autrement dit ça reste un « pas grand chose », surtout dans un système patriarcal.

On se refuse à franchir le pas de donner un nom au truc, un nom propre, à le personnifier. C’est qu’il y a aussi le problème du genre, aujourd’hui, qui se rajoute au reste. Un être sacré, une déesse femelle, de nos jours serait peut-être carrément perçue comme une déesse transphobe. De nos jours, pour être « cool », une « grande » déesse se devrait au minimum d’être hermaphrodite, androgyne, agenre, voir franchement asexuée, et non éhontément purement femelle, sans cela, elle serait politiquement incorrecte, réac, fasciste, nazi. Aujourd’hui il est de bon ton de dire qu’on est tous un peu homme, un peu femme, un peu autiste, un peu handicapé, un peu hétéro, un peu bi « dans le fonds », « quelque part »… Mais affirmer « je suis une femme » ou « je suis un homme », et juste cela, et seulement cela, ouha la la!! C’est déjà limite sexiste, passéiste, réac, facho, nazi…
Bientôt les gens en arriveront à traiter la Nature de facho, puisqu’elle a créé des sexes, donc de l’inégalité. La Nature est souvent cis-genre: elle attribue des rôles, des fonctions biologiques très précis aux mâles et aux femelles, des rôles non-interchangeables, elle attribue certaines compétences aux uns et pas autres, elle est donc promotrice d’inégalités, la méchante, et puisque la nature rend impossible l’échange d’un chromosome X en Y ou vice versa, c’est qu’elle est transphobe, la vilaine méchante pas belle!!

De nos jours, une grande déesse femelle qui affirmerait que son corps/yoni/sexe/utérus est sacré, n’aurait aucun droit de citer. Elle serait traitée avec autant de mépris que les pires néo-nazi.
Vous n’y pensez pas?! Une femelle sacrée?! Dans un monde d’homme! Dans un monde ou rien ni personne ne doit être religieux, puisqu’un religieux c’est méchant et puisque rien de sacré ne doit être personnifié sinon c’est primitif, ringard, passéiste, réac, donc facho et puis une femelle cis-genre fière de son yoni/sexe c’est encore pire, une sorte de point culminant du néo-fascisme!!

Et voilà comment on en arrive à ce que le « système » annihile la Grande Déesse Mère, la Vie, Gaïa, la planète… Puisqu’elles n’ont pas le droit de citer, elles n’existent pas, du moins pas vraiment en tant qu’être, même la Planète Terre ou la Vie ne sont que des choses dont on dispose plus ou moins bien. L’hypothèse Gaïa de Lovelock n’est que cela: une hypothèse, pas un être pour de vrai.
Dieu, ça va, on peut en parler en tant qu’être déterminé. Et d’ailleurs on ne peut qu’en parler, on ne peut ni le voir ni le sentir ni le polluer, ça va, il est tout là-haut dans les nuages (ou bien « partout », mais pourtant jamais visible), au-delà de l’atmosphère et des gaz à effet de serre, loin, et puis c’est un mec, un vrai, alors il endure tout…
On peut vénérer un truc inconsistant, mais surtout pas un truc matériel. On peut vénérer un truc mâle mais, une chose qui serait à la fois femelle et vénérable: ça, ça n’existe tout simplement pas.
Il n’y rien de femelle qui puisse être vénéré, « sacré ». Dans l’esprit des humains occidentaux « moderne », il ne peut exister qu’un vague truc mâle « féminin sacré », même pour les humains soit-disant « alternatifs » qui veulent sortir du système patriarcal.
Après tout, de nos jours, un homme a le droit de dire qu’il est « femme », même quand il a un pénis, une prostate et des testicules, comme une femme a le droit de dire qu’elle est un homme, même quand elle n’a aucun pénis, prostate, testicule, pas le moindre petit bout de spermatozoïde…
Donc si un homme peut être femme et vice versa, alors un « rien » peut bien être féminin et sacré, tant qu’on y est.

Dans l’esprit de l’humain spirituel moderne, pacifiste et donc anti-réac, « anti-fa », anti-transphobe, etc… Seul un truc mâle peut être à la fois féminin et sacré. Même des féministes auront du mal à dire qu’ils vénèrent « la grande déesse » ou au minimum « la Vie », parce que de nos jours, être « pro-Vie », c’est être considéré comme anti-avortement, n’est-ce pas, donc, de fil en aiguille: passéiste, réac, facho, nazi… Donc on s’interdit de dire qu’on vénère la Vie et on s’interdit de le faire, à moins d’être vraiment très courageux et de ne pas craindre d’être traités de païen facho.
Voilà où l’on en est.

Donc, d’un point de vue pratico-pratique, si la notion de « féminin sacré » vous « parle », s’iou plaît, arrêtez de parler de « féminin sacré »!!
Mettez-vous franchement à dire « la Vie » ou « Mère Nature »!
Ce que veut dire le « féminin sacré » c’est que la Vie est sacrée. En vous, en moi, autour de vous, la vie qui grouille sous vos pas quand vous marchez en forêt… Elle est sacrée.
Quand vous marchez sur la terre, que vous êtes assis dans l’herbe, vous êtes assis à même la peau d’une « Big Mama », sur une « Bonne Mère ».
Pensez-y la prochaine fois que vous faites du yoga ou du qigong: est-ce que vous avez vraiment besoin de vous protéger de votre mère en mettant des chaussures ou en utilisant un tapis en plastique? Il est possible de trouver des endroits dans la nature propices à ces pratiques pieds-nus. Un sol un peu moussu, de l’humus, une prairie, un bord de rivière sablonneux…, sont naturellement « élastiques » et amortissant.
Un bébé ne cherche pas à se protéger de sa mère en s’emmitouflant dans du plastique pour éviter de toucher la peau de l’être qui lui a donné la vie.
Un bébé ne déclare pas que sa mère est « sale », il n’a pas peur de la toucher peau à peau. Avoir un peu de terre sur nos pieds, ce n’est pas être « sale », c’est être vivant, enfant de la terre, à notre place, incarné!
Les astronomes racontent que nous sommes des poussières d’étoiles, et, certes, si l’on remonte suffisamment loin dans le temps, ok, nous sommes des poussières d’étoiles. Ça, ça plait bien au mental, à l’intellect, là-haut dans les hautes sphères, ce concept de « poussière d’étoile », c’est poétique, céleste, pur…, et très désincarné.
Mais, avant d’être des poussières d’étoiles nous sommes d’abord le fruit de la planète Terre, son enfant, nous sommes de la glaise qu’elle anime de son propre souffle, cet air qu’elle fabrique et que nous respirons, nous sommes fait de sa substance, de son carbone, de son azote…, et nous avons beaucoup d’ADN en commun avec l’herbe que nous foulons. Il n’y a pas à s’en « protéger », tant que la météo est clémente et les cailloux pas trop nombreux!

Marija Gimbutas, citée plus haut, raconte que lorsqu’elle était enfant, dans les coins reculés de Lituanie, subsistait un vieux rituel que certaines personnes âgées pratiquaient encore avant la seconde guerre mondiale: tous les matins, ces personnes âgées sortaient embrasser la terre (voir la vidéo postée ci-dessous, à partir de 4’45). Cela évoque la prière des musulmans ou la posture de l’enfant en yoga. Pratiquer la posture de « l’enfant », à même la peau de « la Grande Mère », ça a quand même plus de gueule que de faire ça sur un bout de plastique!
En yoga, on pourrait aussi dire qu’embrasser la terre est une forme de mudra. Un mudra n’est pas un symbole, c’est une façon de connecter un méridien, un nadi à un autre, de façon à modifier la circulation de l’énergie dans ces méridiens/nadi et au final dans tout le corps (ce qui peut modifier aussi l’état de conscience, soit dit en passant).
Embrasser la terre c’est se connecter à elle. Embrasser un tapis en plastique, c’est embrasser du plastique, un « pas grand chose » sur le plan énergétique. C’est peut-être parce que les « alternatifs » passent trop de temps sur des tapis de yoga en plastique et sur des coussins de méditation rembourrés de synthétique, qu’ils ne font plus la différence entre matière synthétique et matière vivante, matière naturelle, matière tissée par la Vie? Ils ne sentent plus la différence parce que, comme tout le monde, ils passent le plus clair de leur temps sur du synthétique (chaussures, asphalte, tapis de yoga, matelas, béton, carrelage, etc…), et qu’ils ne prennent même plus la peine de comparer entre synthétique et naturel, ils ne prennent pas la peine d’envisager qu’il puisse y avoir une différence.
Entre parenthèse, plastique et éthique sont juste anti-nomique à la base. Du plastique, même recyclé et vegan ne pourra jamais être éthique, c’est trop toxique pour l’environnement, ce n’est pas du tout recyclable à l’infini, ce n’est ni réellement biodégradable, ni renouvelable, sans parler des coûts environnementaux de production, avec un bilan carbone forcément déplorable.
Bref, avoir une telle pratique: embrasser la terre tous les jours, ou ne serait-ce qu’une fois de temps en temps, l’embrasser pour de vrai comme on embrasserait une bonne « grand-mère gâteau » ne peut que rendre écolo: on ne peut pas souiller quelque chose qu’on embrasse tous les jours. On ne peut pas se sentir séparé de quelque chose qu’on embrasse tous les jours. On ne peut pas embrasser « rien ». On embrasse quelque chose qui existe, quelque chose de réel, de vibrant, ce qu’on aime, ce qui est sacré pour nous.
La Vie est sacrée, la Terre est sacrée, la Vie en vous et moi est sacrée, voilà ce que veut dire « le féminin sacré ».
La Vie est sacrée, et ça, ça veut dire quelque chose. Cela veut dire même beaucoup de choses, les implications sont infinies… Mais cet article est déjà assez long comme ça!

 

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Ce texte a été développé à partir d’une page de mon journal intime (sur un cahier, pas sur ordi!), datée du 19 juillet 2018:

« Faire de chaque journée, de chaque minute, une cérémonie.
Une courbe et une durée, sacrées, vivantes, vibrantes, ordonnées, joyeuses, pleines d’amour, de paix, d’harmonie, de joie.
Le « féminin sacré » doit être aussi dans la parole, et donc cela ne peut être « féminin », cela ne peut être « le », cela ne peut être masculin!
La femme, « ça crée ». La femme est féminine. « Female » (en anglais). Elle contient le « mâle », comme la croûte terrestre contient la flamme.
Parler de « féminin sacré » est déjà une offense faite à la femme. La femme ne peut être « féminin ».
Elle est féminine, ou plutôt femelle, pas du tout « mini », minime, mais créatrice, puissante étoile, planète, galaxie. Elle contient, elle trace courbe et durée et porte la flamme, sacrée, en elle, sous sa croûte, sa peau, jusque dans sa moelle.
Elle se réapproprie la parole, sacrée, qui est à tous. Elle se réapproprie la langue, libère la voix. La parole dite résonne et se propage, sonne comme la cloche dans la vallée que toute la communauté entend, toute la famille, ensemble.
Aini j’écris avec une « plume » d’aujourd’hui, avec une encre qui ancre ma pensée sur la page qui traverse les époques, qui tient la durée. Et je rêve de pouvoir écrire assise sur une chaise dont la fibre n’aurait été traitée qu’à l’huile de lin et à la térébenthine, avec une huile et une essence. Une huile de plante, de graine, de fleur, de prairie, une essence d’une autre plante venant de la forêt.
Il est plus facile d’écrire en usant de la langue anglaise, qui ne scinde pas tant les choses en genre, en mâles et femelles… »


 

Quelques nouvelles

Voilà un moment que je n’ai rien écrit ici. Le temps file. Je me sens comme une blogueuse toute rouillée.
En trois mois, des petites choses se sont mises en place.

J’ai commencé à m’initier au massage avec un ami qui fait autant le prof que le cobaye, j’ai commencé à aimer masser, j’ai découvert que mes avant-bras, et pas seulement mes mains, aiment bien masser. Du coup une formation en massage « lomi-lomi », ce sera bien, quand j’aurai des sous.

J’ai repris les cours de tai-chi, avec le même prof qu’en 2004-2008. J’avais complètement occulté l’existence de la forme « rapide » du tai-chi (et je crois que j’ignorais tout du « family set » – style Yang, famille Tung). Mon prof ne l’enseignait pas encore vraiment en 2004-2008. Je découvre donc que le « rapide », ce n’est pas du tout pareil que le « lent », que c’est franchement une galère notoire pour moi. Du coup j’ai expliqué mes petits troubles sensori-moteurs développementaux au prof, par email fleuve. Du coup il va s’adapter, et du coup une heure et demi par semaine je vais désormais avoir la sensation de vivre dans une société inclusive, ça va être cool.

L’essentiel de ma vie sociale consiste à passer un peu de temps, de temps en temps, avec un couple d’amis ou avec des cousins et leur famille.
Depuis l’été 2015, je me suis beaucoup recentrée sur ma famille. Après avoir passé des années à courir partout pour essayer de me construire une vie pro, une vie perso, ici ou ailleurs, après avoir perdu de vue une bonne partie des gens avec lesquels je m’étais plus ou moins liée au cours de mes péripéties, je me suis rendue compte que les gens qui « restent », quoi qu’on fasse, ce sont surtout les gens de la famille. Je les ai beaucoup négligé entre 2005 et 2015. Je les retrouve avec un plaisir certain. Je passe un peu de temps à « crapoter » avec tel cousin, ou à ramasser des légumes bio chez telle cousine. Je découvre que j’aime crapoter le cigare, ou ramasser des légumes bio, même quand il fait froid et qu’il bruine.

J’ai renouvelé mon assurance pro pour mon activité de naturopathe que je peine lamentablement à faire démarrer. J’ai des cartes de visite depuis environ un mois seulement, et je n’ai pas encore trouvé le tonus pour aller les déposer dans des magasins bio. Mais bon, je ne désespère pas, je vais bien finir par y arriver, un minimum. Ca doit être un gros trac. Un petit découragement. Je ne sais pas trop. Une bouderie? C’est le seul gros bémol du moment, le truc qui peine à prendre forme.

Ah et j’ai commencé à observer sérieusement mon cycle menstruel. Le truc super crucial à raconter, vraiment. Une naturopathe accompagnante sexuelle incapable de dire quand elle ovule, je commençais à trouver que ça ne faisait vraiment pas sérieux. Donc j’ai assisté à une après-midi « symptothermie » (pour 10 euros, ça je pouvais me l’offrir) et je me suis aussi offert un thermomètre pour prendre ma température basale, le matin au réveil. Je me suis fait un petit tableau, je fais mes petits relevés d’apprentie météorologue hormonale. Je trouve ça passionnant.

L’approche de mon quarantième anniversaire me « travaille » un peu. Je vais m’offrir du magnésium et des vitamines B, de la vitamine C, de l’huile de massage, une séance chez l’ostéo, peut-être le livre sur les principes de la purification en magie d’Arnaud Thuly, ou un bouquin d’Ayurveda qui explique les indications et contre-indications des plantes en fonction des différents tempéraments…, ce genre de chose.

Bref, sur ces bonnes paroles, je vous laisse avec l’un des profs de mon prof de tai-chi.

 

 

 

 

 

Des news, du cul, de la drogue…

Voici quelques news perso bien terre à terre, pour ceux qui suivraient encore un peu le feuilleton.
Promis je parle bien de cul et de drogue pour de vrai un peu plus loin.

Je suis en ce moment en prise avec un micmac administratif sans nom. Tous les employés des administrations que j’appelle au téléphone, ou encore l’assistante sociale que j’ai vue ce matin me le disent: « je ne comprends pas, en principe ce n’est pas possible, je ne sais pas vous expliquer pourquoi blabla, je ne sais pas ».

Il semble y avoir eu plusieurs bugs, à différents niveaux, dans différentes administrations.
Résultat pour faire court: j’en suis à mon 6ème mois sans revenu, je n’ai plus de sous, plus d’économie, encore heureux que j’ai une mère qui m’aide et qui m’héberge (= qui fait le boulot de solidarité du Conseil Général de Haute-Savoie), et ma demande de RSA est ajournée parce qu’il me manque des justificatifs que je devrais avoir depuis des mois et que je n’aurai que dans un mois ou deux, on ne sait pas quand exactement.

Je pourrais ou je devrais au moins essayer de me trouver un petit job alimentaire au minimum pour passer le temps mais je suis bien trop occupée à essayer de résoudre le micmac pour avoir de l’énergie à faire quoi que ce soit d’autre d’aussi compliqué que chercher un emploi.

J’ai fait l’effort d’aller à une formation à l’accompagnement sexuel des personnes handicapées en Alsace du 17 au 20 mars (organisée par l’APPAS: http://www.appas-asso.fr/) parce que ça, ça me botte immensément. J’ai la motivation pour ça, vu que, contrairement à beaucoup de féministes quelque peu en guerre avec le sexe, moi personnellement ça va très bien merci, le sexe est mon ami.
Je suis capable de passer des mois sans voir un ami et je suis contente quand je le vois. Pas de soucis. Je peux faire « ceinture » pendant des mois ou « hop là! » repartir comme en 40 quand j’en ai l’occasion, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Ni addict ni coincée, juste tranquille dans mes baskets à paillettes et dans ma culotte (vraiment très culottée), si je puis dire.
Et j’ai d’avantage d’affinité avec les handicapés qu’avec les « valides », vu que j’en suis une, d’handicapée.

Certains pensent qu’il vaudrait mieux dire « personne en situation de handicap », mais pour l’heure je me dis volontiers « handicapée » comme je me dis « autiste », pas de soucis… Mais, bon, le vocabulaire, je m’en fout un peu à l’heure actuelle, ou bien c’est trop compliqué ou bien c’est un trop petit détail minuscule comparé à l’énormité de l’absurdité que je vis en ce moment pour que je daigne m’en soucier…

Bref, je poste des petites choses, des petits statuts sur la situation via mon profil facebook, comme là ce matin. Je réalise que c’est un peu parce que je poste des trucs sur facebook, que j’écris des commentaires parfois un peu longs sur d’autres profils et autres groupes de discussions que je poste un peu moins qu’avant sur mes blogs.
C’est un profil public (https://www.facebook.com/caroline.vigneron.10), n’hésitez pas à y jeter un oeil, je poste aussi parfois des trucs plus franchement fun sur les psychédéliques et leurs vertus thérapeutiques. Oui « thérapeutiques », il n’y a pas de coquille. C’est très sérieux, comme le site de l’asso américaine Maps.
Je m’intéresse décidément à plein de choses illégales, une vraie petite punk…

Donc, le post facebook de ce matin:

« Je reviens tout juste de ma « première fois » avec une assistante sociale, une personne charmante, compétente et empathique. Ca vaut la peine de le dire!
J’ai appris que « avoir un statut d’autoentrepreneur » + « faire une demande de RSA » = « vous êtes dans la case la plus compliquée! ».
Je vais peut-être tenter une demande de AAH. Temps de traitement de la demande d’AAH = environ 6 mois, pour une issue très aléatoire.
Une demande d’aide d’urgence va être faite, si c’est accepté (maintenant je sais qu’avec le conseil général il vaut mieux douter de tout), donc SI c’est accepté j’obtiendrai 150 euros dans 10 jours.
Ca tombe bien: je suis au-delà de l’urgence, dans le no man’s land du grand n’importe quoi où plus rien n’a vraiment d’importance.
Du coup je vais aller passer 2-3 jours dans ma cabane du Jura, ça m’aidera à patienter en toute quiétude.
Tant que j’ai de l’essence, autant que j’en profite. »

Mémoire

Mon mémoire est en ligne depuis le lundi 1er février.

Un ami a écrit qu’il l’a « dévoré ».

Le mémoire serait donc comestible, du moins lisible, en dépit de sa longueur.

Je sais qu’il est bancal, imparfait, à corriger. Merci de m’y aider, si le coeur vous en dit.
Ca parle d’autisme, de psychanalyse, de nutrition, d’écologie, de microbiote, de système nerveux entérique, de phytothérapie, de sexualité (un chouilla, si si!), de psychédéliques, de chamanisme, de politique… Bref, de plein de choses.

Si vous avez aimez le film « Demain », ce mémoire devrait vous plaire, et inversement.

Le mémoire est ICI.

Abstract:
Ce texte présente l’autisme comme une condition développementale du corps entier, condition évolutive et modulable.
On a longtemps cru que l’autisme était une maladie mentale, puis cette croyance a été remplacée par une autre : à présent l’autisme est souvent considéré comme une différence neurologique qui n’a rien à voir avec le reste du corps, comme une condition neurodéveloppementale d’origine génétique, que rien ne peut altérer ni améliorer – en dehors de quelques méthodes comportementales. On dit « neurologique » aujourd’hui comme on disait « mental » hier, l’encéphale étant toujours considéré comme le siège exclusif de la conscience et de ses « troubles ».
Mais la recherche avance et vient de plus en plus invalider cette position. On découvre que dans le corps humain, tout est lié, tout interagit avec tout, et qu’il n’y a pas de « cerveau atypique » sans système gastro-intestinal atypique, sans système immunitaire atypique, etc. Quand il y a autisme, c’est tout le corps qui est concerné, qui est rendu hyper perceptif et hyper réactif à son environnement, « environnement » au sens très large, en particulier au sens écologique du terme.
Ce travail est un effort d’information en matière d’autisme et de santé, un acte militant d’une autiste pour la valorisation de la neurodiversité, un encouragement à améliorer la santé des autistes et des non-autistes de façon à leur permettre de réduire leurs troubles, d’améliorer leurs compétences, et de s’épanouir au quotidien.

 

 

 

Psychanalyse et sexo

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Nouvelle illustration de la catastrophe ambulante qu’est la psychanalyse (à ne pas confondre avec la psychologie – la psychanalyse est une vieille branche pourrie de la psychologie):

Hier, dans Allô Docteur sur France 3, c’est la minute « sexo » avec UNE psychanalyste (le service public aime bien les psychanalystes: en général, si un « psy » est invité à la télé, c’est un psychanalyste).
Une téléspectatrice écrit: est-il « normal » qu’elle n’ait jamais d’orgasme avec son mari mais uniquement quand elle se masturbe?
Et LA psychanalyste de démarrer tout schuss sur l’intérêt qu’il y aurait à explorer les raisons de ce blocage, de ce manque de confiance, de cette difficulté au lâcher prise blablabla, BLABLABLABLA…

Pas une seconde LA psychanalyste n’émet l’hypothèse que la téléspectatrice est peut-être mariée à un amant lamentable.
Pas une seconde ELLE n’explique que les hommes qui ne savent pas faire jouir une femme, ça existe (mais, bonne nouvelle: ils peuvent apprendre!).
Que les hommes qui ne se préoccupent que de leur propre plaisir, ça existe.
Que les hommes qui croient dur comme fer que seule la pénétration vaginale peut faire jouir une femme, ça existe.
Que les hommes (et les femmes) qui ignorent tout du rôle crucial des préliminaires pour une femme, ça existe.
Qu’une femme qui jouit systématiquement lors d’une pénétration vaginale, c’est rare.
Que la pénétration vaginale est loin d’être la façon la plus efficace de permettre à une femme d’avoir un orgasme.

Une illustration de plus que la psychanalyse est une forme de pensée foncièrement misogyne, même lorsqu’elle est maniée par une femme.

Asexuelle et puis quoi encore?

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C’est au cours d’une discussion sur un groupe facebook que j’ai commencé à réfléchir à ça, l’asexualité.
Je réalise que lorsque j’ai commencé à avoir une vie sexuelle, ce n’était pas motivée par un désir de sexe, c’était parce que ne pas avoir de vie sexuelle commençait à devenir pesant en société, handicapant.
Jusqu’à un certain âge, n’avoir aucune vie sexuelle peut être considéré comme mignon, mais plus le temps passe, plus cela devient louche. Passé un certain âge, si on n’a pas de vie sexuelle, c’est forcément qu’on a des blocages, des inhibitions, des névroses, des phobies. C’es du moins la pensée dominante.
Je réalise que vis à vis du sexe, j’avais les mêmes appréhensions  que vis à vis de la conduite avant de commencer à prendre des cours de conduite. A l’époque j’avais des niveaux de stress et d’anxiété bien plus élevés que maintenant mais je réalise qu’au fond, après tout, c’est relativement naturel d’avoir un minimum d’appréhension la première fois qu’on se retrouve au volant d’une voiture, surtout quand on sait qu’on n’est pas très dégourdi manuellement, qu’on a des petits problèmes de coordination, par exemple.
Bref, j’avais des appréhensions, surtout parce que je me connaissais plus sensible et vulnérable que la moyenne mais ce n’était pas ces appréhensions qui freinaient. Il n’y avait guère de frein, vu qu’il n’y avait guère d’élan.
J’avais une libido, j’avais des amours, des affinités, mais de là à avoir envie de sexe, ouh la! Il y avait tout un canyon!
Alors je me refais le film de ma vie et je tente de me souvenir, de décrypter…

Je réalise par exemple que je n’ai jamais compris pourquoi des gens sortent le soir pour aller « pécho » dans les bars. Tout ça pour ça? Se préparer, se faire beau, séduire, payer des verres, ramener quelqu’un chez soi (ou pas), dans son intimité, devoir dormir avec quelqu’un d’autre ou partir une fois son coup tiré en plein milieu de la nuit, avoir une nuit pourrie en somme, tout ça juste pour… Euh… Du sexe!?
C’est ça, avoir envie de sexe?!
Mais c’est quoi avoir envie de sexe?
Avoir envie d’un orgasme? A ce moment-là, pourquoi se donner tout ce mal, tout ça au final pour un résultat assez aléatoire, pour se retrouver avec quelqu’un de pas forcément doué ou avec qui ça ne va pas forcément bien se passer… Alors qu’en restant chez soi, cette envie d’orgasme, on peut la satisfaire en quelques minutes. Et c’est gratuit et garanti sans embrouilles ou drame ou déception, capote qui craque ou que sais-je…
Non, en toute bonne logique, s’il y a des gens motivés à ce point pour aller « pécho », ce doit être pour autre chose qu’un orgasme. Ce doit être pour… Bah, du sexe. Ah.
Moi, si ça m’arrive d’avoir envie de « sortir » c’est pour voir des gens et discuter avec eux, pour passer du temps avec des gens que j’apprécie, voir même pour passer du temps avec des gens que j’aime.
Après, il est tard et je vais me coucher.
Mais dans notre culture, en général, il ne semble pas y avoir d’entre deux: soit on est ami et ne se touche pas soit on « couche » et c’est de l’amour ou du cul. Pour le commun des mortels, ça semble toujours plus ou moins étrange quand il se passe un truc entre les deux, « étrange » dans le sens « pas normal », c’est à dire suspect, louche.
Alors que si j’y réfléchis, avec quelqu’un qui m’attire, c’est justement tout ce qu’il y a entre l’amitié et le cul qui me plait le plus: les câlins, grosso modo tout ce qu’on peut faire en gardant le pantalon, l’intimité peau à peau avec une personne qui me plait sacrément ou que j’aime carrément et que je désire. Mais c’est cette personne que je désire, pas le sexe en soi, parce que oui, j’ai bien l’impression qu’il est possible de dissocier l’un de l’autre.
Désir, attirance, envie de contact et d’intimité physique n’est pas forcément envie de sexe.

Si je me concentre encore plus sur les souvenirs que j’ai de ce que j’ai ressenti en présence d’êtres aimés, je crois que je peux aller jusqu’à dire que c’est leur simple présence qui me fait planer sur le plan énergétique (?), ou en tout cas sensoriel. Je peux me « baigner » dans la présence de l’autre comme je peux me plonger dans un bon bain chaud. Et je peux complètement dissocier ça de la génitalité.
Mon corps semble avoir sa vie propre, à certains moments il semble pouvoir prendre le dessus, si je puis dire et chercher sa propre satisfaction mais je ne suis pas limitée à mon corps et l’orgasme au final n’est qu’un détail.

A une époque, si je compare la sexualité à la conduite d’une voiture, ce que je cherchais dans les «  » »rencontres » » » c’était l’opportunité de prendre une leçon de conduite.
Maintenant que je sais conduire à peu près décemment, je n’ai plus d’appréhension vis à vis de la conduite (sauf après mon tête à queue d’il y a un an, là pendant plusieurs mois après j’ai à nouveau eu un peu peur au volant, j’avoue, et puis c’est passé). Maintenant il m’arrive même de prendre du plaisir à conduire mais je pourrais passer ma vie sans toucher à un volant. Ça m’arrive d’avoir de bonnes sensations quand je suis au volant, surtout quand la voiture a du répondant, mais ça ne m’arrive absolument jamais de me dire « tiens, j’irais bien conduire un peu, faire une virée, juste pour le plaisir de conduire ».
Jamais.

Ce qui peut me manquer, parfois, c’est le dépaysement, et il peut m’arriver d’avoir besoin d’aller quelque part et j’ai l’impression que ma vision du sexe c’est ça: une vision très pragmatique. Le sexe est un moyen de communication entre deux êtres, comme la voiture est un moyen de transport.
D’ailleurs ne dit-on pas d’un amoureux qu’il nous « transporte »!?…
Bref. D’ailleurs ce n’est même pas le sexe en lui même, ce qui permet cet échange, cette communication, c’est d’avantage le reste, tout ce qu’il y a autour, ce qu’il y a avant et après, en somme la mise à nu de soi et de l’autre, l’intimité peau à peau.
Le sexe peut aussi me servir de monnaie d’échange: je troc du sexe contre la présence de celui avec qui j’ai envie d’être. Si cette personne est très motivée pour du sexe avec moi et pas grand chose d’autre, ok, allons-y pour du sexe. Un peu comme on accepte d’accompagner un ami en randonnée en montagne, parce que c’est sa passion, c’est ce qui le motive, c’est ce qu’il nous propose, et on accepte parce qu’il connait de bons coins adaptés à notre niveau et qu’on sait qu’avec lui ça va être agréable, sympa, l’occasion de passer un bon moment avec lui mais on n’ira jamais faire une rando tout seul et on n’ira pas non plus avec des gens qui nous indiffèrent, vu qu’on n’en a rien à foutre de la rando, à la base. Mais avec un ami qui apprécie la chose, par contre, on sait qu’on va pouvoir passer un moment tout de même agréable, il y aura un beau paysage, du grand air, des discussions intéressantes, etc…, donc on y va et donc ce sera sympa voir carrément génial.

Et le tantrisme, dans tout ça? Parce qu’il m’arrive volontiers de parler de tantrisme…
Eh bien, grosso modo, le tantrisme a pour vocation l’éveil de la Kundalini et si cette Kundalini a son « siège » au niveau de notre génitalité, elle n’a pas pour vocation d’y stagner et encore moins d’aller « pécho » dans les bars. Comme la sève d’un arbre a pour vocation d’irriguer toutes les branches et chaque feuille de l’arbre, la Kundalini est destinée à alimenter tous nos centres énergétiques, à les « éclairer » de façon à ce que tout l’Etre irradie, pas seulement notre cul.