Déménagement

 

Voilà environ 2 mois 1/2 que je prépare un déménagement.
J’ai encore du mal à dire « mon déménagement ».
Voilà 2 mois que je trie, je range, je jette, je donne.
J’efface au maximum toutes les « traces » de mon passage dans un maximum de pièces.
Je brasse de la poussière, des vieilleries, je fais des choix.
Je commence à fatiguer. Encore.
On a vidé un grenier. On a fait des allées-retour à la déchetterie.
Je fais largement tenir tout ce qui m’appartient, tout ce qui compte le plus pour moi, tout ce dont j’ai besoin dans une pièce d’environ 12m2, quoi que ce soit sans compter la bouffe, l’extracteur de jus ou le blender.
Le premier carton que j’ai fait, c’est celui des paperasses administratives. Le second, ça a été ma collection de parfums.
Je mets plein de musique sur une clé usb, à écouter dans la voiture.
Dans un premier temps, je n’aurai pas de stéréo, pas d’électricité, faut que j’achète une petite radio solaire.
Dans un premier temps, pas mal de choses devront rester ici en attente, en Haute-Savoie.
Après on verra.
Je regarde les prix des chalets en bois, les prix de l’immobilier dans la région d’Annonay, le prix des poêles à bois.
J’ai la sensation d’être une fusée installée sur son pas de tir, avec tous les imprévus que cela peut inclure: annulation, retard, incidents techniques… Comme la panne de voiture de vendredi dernier, où j’ai découvert que le changement d’un bouchon peut coûter 200 euros, et que si le bouchon casse un vendredi soir, faut compter 3 jours pour le changer.

Il y a peu de temps, quelqu’un m’a envoyé un sms pour me demander si j’allais bien.
J’ai répondu « tu es qui? » et on m’a répondu à peu de choses près « blabla si tu vas bien c’est le principal ».
Ah, donc le fait que je sois capable de répondre à un sms prouve que je vais bien?
Si ça se trouve je suis à l’hôpital avec un cancer en phase terminal mais mon cerveau et mes petits doigts peuvent encore se servir d’un téléphone donc ça va. Ah, ok.

Beaucoup de gens, souvent, ne font pas vraiment attention à ce qu’on écrit. Ils ne lisent pas vraiment, tout comme ils n’écoutent pas vraiment. Ils sont peut-être trop fatigués, toujours plus ou moins à moitié endormis. Ca m’arrive forcément, parfois.
Mais beaucoup veulent qu’on leur parle ou qu’on leur écrive juste pour le « bruit » de fond que ça fait, comme une berceuse, pour la sensation de compagnie que ça génère.
Mais ils n’écoutent pas vraiment, ils ne lisent pas vraiment, non.
Ils interprètent, ils supposent.
Ils ne connaissent vraiment pas les accords toltèques, et s’ils les « connaissent », ils ne les ont pas vraiment lus, encore moins intégrés.
Et après, ils confondent leurs interprétations de la réalité avec la réalité elle-même , et ils sont tout surpris quand vous vous foutez en rogne en leur disant qu’ils ne « comprennent rien ».
Ils pourraient très bien comprendre, si seulement ils prenaient réellement en considération ce que vous dites, ce que vous écrivez, mais ils se sentent tellement au-dessus de vous dès le départ, que…, hof, à quoi bon.

Selon l’échelle du stress Holmes & Rabe:

Modification de la situation financière: 38
Changement de conditions de vie: 25
Modifications des habitudes personnelles: 24
Déménagement: 20
Changement de loisirs: 20
Changement d’activités sociales: 18
Changement du rythme des réunions de famille ou des habitudes alimentaires: 14
Total:  159

Au delà de 150, on a 50% de risque d’être sujet à une maladie.
Alors, en sachant que je suis plus sensible au stress que la moyenne, ça fait 2 mois que je me dis que ma plus grande ambition dans les mois à venir, c’est d’éviter un ènième burn-out.

Heureusement, je ne me contente pas d’espérer que ça se passe bien.

Je m’en remets au tai-chi, je me boost à la vitamine C, au magnésium, à la maca, etc…, j’ai aussi commandé 200g de feuille d’ortie en poudre… Je dis merci aux quelques amis et membres de la famille qui m’offrent leurs soutiens divers et variés, et même à Myprotein, Buywhoolefoodsonline et à l’Herboristerie du Valmont pour leurs prix friendly…
Je suis loin d’être sans ressources en matière de connaissances en hygiène de vie, et heureusement pour moi, j’ai tendance à prendre en considération ce que je dis en la matière: s’efforcer de cultiver de la gratitude pour ce qui marche, ce qui aide, ce qui va bien, ce qui est joli, ce qui fait vibrer, ce qui respire, ce qui fait sourire…, et s’efforcer d’avoir une attitude pro-active vers le mieux, plutôt que de se contenter de « laisser faire ».

Alors peut-être que je ne vais vraiment pas trop mal, étant donné les circonstances.

 

 

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Toujours plus

Plus tu vas loin, plus tu iras loin.
Plus tu t’entraînes, plus tu réussis.
Plus tu forces, plus tu te renforces.
Plus tu gagnes, plus c’est bon.
Plus tu fais d’efforts, plus ça devient facile.
Blablablablabla…

Dans certains cas, ce genre de rengaine peut être vrai. C’est vrai.
Comment vient-on à bout d’une phobie? En s’exposant progressivement au facteur phobogène. Plus tu t’exposes à l’araignée, moins tu as peur de l’araignée. Du moins quand c’est bien fait, au rythme du phobique, petit à petit, en douceur, en commençant par l’observation d’une mini araignée, voir d’une mini araignée morte, à bonne distance, d’abord on observe l’araignée, de plus en plus près, de plus en plus longtemps, puis on monte en puissance en s’approchant d’araignées un peu plus grosses, puis on prend dans sa main la mini araignée morte, puis éventuellement une mini araignée vivante, puis petit à petit, on devient capable de virer l’énorme araignée noire et toute poilue en plein milieu du salon, en posant tranquillement une boîte dessus, puis en glissant un carton sous la boîte puis on met le tout dehors sans hurler, tout ça, sans avoir fais de crise de panique ni rien. Fièrement, quasi nonchalamment. On a viré l’araignée et la phobie, à force. Youpie.

Oui, il y a des situations où le « toujours plus » peut avoir son utilité.
Et puis il y a des situations où le « toujours plus » ne sert à rien d’autre qu’à s’épuiser.
Tout sportif a ses limites, par exemple: même le meilleur marathonien du monde ne peut courir 3 marathons par jour tous les jours pendant 50 ans d’affilé. Non.
Moi, mes marathons, c’est le temps passé en société.

Le « toujours plus », c’est la collectionnite aiguë, la « gagne » maladive, c’est le trouble obsessionnel compulsif, plus on en a mieux c’est, c’est la logique capitaliste, carriériste… De l’argent, de la bouffe, des bisous, des caresses…, toujours plus, il nous en faut toujours plus.
Alors certes, on peut aimer accumuler les vieilles chaussettes trouées, on a le droit, mais il y a un jour où il va falloir acheter une nouvelle maison pour continuer à accumuler les vieilles chaussettes trouées, à moins qu’on finisse enfin par prendre la sage décision d’arrêter d’accumuler les vieilles chaussettes trouées.

En général, les gens pensent que plus je vais pratiquer les interactions sociales, plus je vais avoir de facilitées à pratiquer les interactions sociales, moins ça va être fatigant, et puis un jour à la longue, la pratique des interactions sociales ne me fatiguera plus du tout. A force. Faut donc que je me force, à fond. Tant que ça me fatigue, c’est que je ne me suis pas encore assez forcée et faut donc continuer à forcer. Toujours plus.
C’est ce que je pensais aussi, avant, avant d’avoir beaucoup essayé.
C’est beau l’espoir. C’est aussi très fatigant.

C’est comme de penser qu’à force d’entraînement, un paraplégique va finir par trouver ça super facile de monter tous les escaliers à la force des bras.
C’est oublier un petit détail: le handicap, le handicap qui ne disparaîtra jamais, même « à force », même à gros et nombreux coups de « toujours plus » de force.
A force, le paraplégique prendra du muscle, certes, mais il sera tout le temps fatigué, à force, et puis surtout, c’est ballot, il restera paraplégique et ça finira peut-être un peu par le faire chier qu’on l’empêche de prendre l’ascenseur, pour son bien, pour qu’il se fasse violence, qu’il fasse des efforts, qu’il se bouge le cul…, comme tout le monde, quoi!

Un autiste peut – selon son « niveau », améliorer ses habiletés sociales, à force de pratiques douces et répétées, à son rythme, petit à petit, il peut devenir capable de communiquer, de s’exprimer, d’identifier et de défendre son opinion, de demander l’heure à un inconnu dans la rue, de discuter tranquillou en tête à tête avec un ami, puisque oui, à la longue, à force d’essais-erreurs et de moults efforts, il pourra avoir réussi à se faire un ou deux amis. A force.
Un autiste peut vaincre sa phobie sociale, à force de s’exposer avec raison et mesure aux facteurs phobogènes, il le peut, petit à petit, soutenu et encouragé par ses proches, par un praticien en TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale), petit à petit, à force d’oser approcher ses semblables et à force d’oser leur dire deux mots par ci, deux mots par là, à force d’apprendre à gérer son stress, à faire de la méditation, du tai-chi, à force de nutrition anti-inflammatoire, à force de respiration, de relaxation, à force, il peut réussir à vaincre sa peur et à rester zen en société.

Mais peut-on vaincre, annihiler, annuler, faire disparaître des troubles du traitement de l’information sensorielle, à force d’abnégation, à force d’essai-erreurs, à force d’efforts, à force de… A force de quoi? Quelqu’un aurait-il une idée?
Quelqu’un qui a l’oreille absolue, qui est daltonien, va-t-il pouvoir abolir sa différence à force de quoi que ce soit?
Une blonde peut sembler devenir brune, à force de colorations chimiques, mais elle restera blonde en vrai, n’en déplaise à Schwarzkopf. Et elle devra continuer à faire ses colorations jusqu’à la fin de ses jours pour espérer tromper son monde. A force, elle ne deviendra jamais brune, même à force de tout ce que vous voulez.
La politique du « A force » et du « Toujours plus » ne marchera pas, ni pour la blonde, ni pour mes troubles sensoriels.

Les interactions sociales sont une masse colossale d’échange d’informations sensorielles, une masse colossale d’informations sensorielles (voix, mouvement du corps, intonation, diction, sourires…) noyée elle-même au milieu d’une autre masse colossale d’informations sensorielles (paysage, température, texture des fringues, consistance du sol, odeurs, vitesse de déplacement si on est en mouvement, etc, etc). Il ne peut en être autrement, c’est comme ça et filtrer toutes ces informations sensorielles – c’est à dire faire un gros effort de concentration sur l’information utile à traiter et faire abstraction du reste, pendant que je réfléchis au sens de ce qu’on est en train de me dire, pendant que je réfléchis à ce que j’en pense et à ce que je pourrais bien y répondre, tout ça pendant que des trains passent, que des vaguelettes frappent incessamment la berge, que les feuilles des arbres s’agitent, que des gens passent, que mon pied glisse sur un caillou, que de la sueur me dégouline de partout, que des fleurs surgissent autour de moi (je fais une fixette sur les fleurs, faut pas que je regarde les fleurs sinon je ne pense plus qu’à ça, oh, tiens, justement! une fleur que je n’avais jamais vue! oh une autre… nan faut pas que je pense aux fleurs, aux parfums, aux huiles parfumées, à la tubéreuse, à la rose, à… voilà petite fixette, faut que je fasse un gros effort pour ne pas y penser, c’est malpoli de penser « FLEURS » pendant qu’on nous parle d’autre chose, oublions les FLEURS… FLEURS FLEURS FLEURS… faudrait que je fasse des sorties botaniques, moi, pas autre chose, là ce serait adapté de penser aux FLEURS FLEURS FLEURS…)…

Ce texte vous épuise?
Moi aussi. Tout cela m’épuise et tout cela continuera de m’épuiser, j’en ai bien peur, jusqu’à la mort, jamais aucune coloration ou décoloration permanente ne me rendra hypo-perceptive, même à force, même en accumulant toujours plus d’efforts pour… Euh, hein, quoi? Pour faire quoi déjà?
Tout ça pour quoi?

Ffffffatiguée…

 

 

 

 

Lire ou ne pas lire?

hermione_opt

 

Dans une de mes dernières vidéos youtube, j’ai raconté que j’ai commencé à lire des livres sur les psychédéliques et sur les recherches médicales qui sont menées sur le sujet.

Là: https://www.youtube.com/watch?v=9wPl9vl3DtA

Le lendemain de la mise en ligne de la vidéo, l’un de mes « contacts » (que j’aime bien par ailleurs, mais là j’avoue il m’a un peu contrariée) m’a écrit pour me dire – pardon je caricature un peu – « bouh, c’est pas bien, c’est dangereux, c’est de la manipulation, la science n’en a rien à faire du Vivant, elle n’est que manipulation et recherche de profit, l’être humain peut se guérir tout seul comme un grand grâce à l’homéostasie, etc… ». Bref, autrement dit « on n’a besoin de rien, surtout pas de la science, on est tout puissant, on n’a besoin de rien pour relancer les processus d’homéostasie (même quand ils sont en rade tellement on est épuisé) comme certains psyché semblent pouvoir le faire, non, même en état d’épuisement total, de dépression, de stress post-traumatique, etc…, il suffit d’attendre et de prier et tout ira bien, parce qu’on le vaut bien. 
Les plantes, les champignons, de toute façon, c’est forcément très en-dessous de nous tout ça. » … Alors que du point de vue de l’évolution, les plantes et les champi, ce sont ni plus ni moins que nos ancêtres, ou nos frères et sœurs, vu qu’ils utilisent les mêmes neurotransmetteurs que nous pour communiquer au niveau cellulaire, par exemple, mais on s’en fout.

Mon contact a ensuite admis qu’il n’a jamais rien lu sur les psyché.

Et ce n’est pas la première fois que je vois ce genre de phénomène se produire, du genre « Ah, t’as lu ça dans un bouquin? Mais tu gobes vraiment n’importe quoi, toi! »… Du coup je finis par avoir un peu l’impression qu’on vit dans un pays fantastique où, à partir du moment où tu lis des livres, tu es pris pour un crétin.
Bah oui, si tu as besoin de lire des livres sur un sujet, c’est que tu reconnais ton ignorance sur le dit-sujet, donc tu reconnais que tu es bête, en tout cas plus bête que ceux qui « savent » sans avoir jamais rien lu parce qu’ils sont tellement intelligents qu’ils peuvent savoir plein de choses sans ouvrir un livre, ils « savent », sans trop savoir comment mais ils « savent », donc les gens qui n’ont jamais rien lu sur le sujet sont en droit de te parler comme à un débile mental, comme à une petite chose écervelée qui croit qu’elle va apprendre des trucs dans les livres alors que tous les gens réellement intelligents savent déjà tout spontanément sur ceci cela. Parce que c’est ça l’intelligence, la vraie, c’est l’omniscience, tu vois, la génération spontanée, l’esprit sain qui te tombe dessus parce que t’es l’élu, tu vois, tout ça tout ça.

Tout le monde sait que les psychédéliques c’est dangereeeeeux, et que des recherches médicales sur le sujet ne peuvent être que manipulées par les grands méchants labos assoiffés de profits (alors qu’en vrai ils se font peut-être beaucoup de soucis à l’idée que les psyché soient dépénalisés parce que ça ferait nettement baisser leur chiffre d’affaire, tu vois, mais bon bref)!!! Faut être vraiment très très bête pour « croire » des livres qui, eux, racontent tout à fait autre chose que les légendes urbaines, autre chose que les textes de lois écrits par les « élus » de nos urnes, si purs de cœurs et d’esprit, eux, c’est sûr.
Les livres sont des fourberies, des attrapes-nigauds, tout le monde le sait.

Donc je suppose que plus personne ne lit quoi que ce soit, si ce n’est les « rats de bibliothèque » tous poussiéreux qui n’ont pas d’amis, ou bien quelques pauvres réacs moisis qui continuent à lire du Saint-Exupéry, du Junger ou du Colette pour faire « genre », pour faire croire qu’ils sont éduqués alors qu’ils sont tout juste bon à mettre à la poubelle, avec leurs livres tous moisis.
L’homme moderne n’a pas besoin de livre, lui, non, il sait. C’est qu’il fait confiance à son tout puissant « ressenti », lui. Il est infoutu de faire la différence entre un ressenti et un préjugé, entre un ressenti et une projection, mais bon, on s’en fout, c’est moderne de parler de « ressenti » à tord et à travers, donc il n’y a plus que ça qui vaille, le « ressenti », l’émotion, la larme à l’oeil, tout ça…
Les livres on s’en fout.

Bref, tant pis si ça me fait passer pour une réac ou une imbécile, mais moi j’ai choisi de m’informer, en + de cultiver mon « ressenti ».

Voici donc quelques extraits d’un livre génial, pour s’instruire tout plein tout plein:

Mémoire

Mon mémoire est en ligne depuis le lundi 1er février.

Un ami a écrit qu’il l’a « dévoré ».

Le mémoire serait donc comestible, du moins lisible, en dépit de sa longueur.

Je sais qu’il est bancal, imparfait, à corriger. Merci de m’y aider, si le coeur vous en dit.
Ca parle d’autisme, de psychanalyse, de nutrition, d’écologie, de microbiote, de système nerveux entérique, de phytothérapie, de sexualité (un chouilla, si si!), de psychédéliques, de chamanisme, de politique… Bref, de plein de choses.

Si vous avez aimez le film « Demain », ce mémoire devrait vous plaire, et inversement.

Le mémoire est ICI.

Abstract:
Ce texte présente l’autisme comme une condition développementale du corps entier, condition évolutive et modulable.
On a longtemps cru que l’autisme était une maladie mentale, puis cette croyance a été remplacée par une autre : à présent l’autisme est souvent considéré comme une différence neurologique qui n’a rien à voir avec le reste du corps, comme une condition neurodéveloppementale d’origine génétique, que rien ne peut altérer ni améliorer – en dehors de quelques méthodes comportementales. On dit « neurologique » aujourd’hui comme on disait « mental » hier, l’encéphale étant toujours considéré comme le siège exclusif de la conscience et de ses « troubles ».
Mais la recherche avance et vient de plus en plus invalider cette position. On découvre que dans le corps humain, tout est lié, tout interagit avec tout, et qu’il n’y a pas de « cerveau atypique » sans système gastro-intestinal atypique, sans système immunitaire atypique, etc. Quand il y a autisme, c’est tout le corps qui est concerné, qui est rendu hyper perceptif et hyper réactif à son environnement, « environnement » au sens très large, en particulier au sens écologique du terme.
Ce travail est un effort d’information en matière d’autisme et de santé, un acte militant d’une autiste pour la valorisation de la neurodiversité, un encouragement à améliorer la santé des autistes et des non-autistes de façon à leur permettre de réduire leurs troubles, d’améliorer leurs compétences, et de s’épanouir au quotidien.

 

 

 

Illégal, so what?

Samedi soir, dans le train, il y avait un métalleux. Tout tatoué, cheveux longs, blouson en cuir, pantalon façon treilli, marteau de Thor et tête de mort à la ceinture, tout l’attirail, sauf pour les chaussures: des dolce & gabbana, là j’ai pas trop compris, j’avoue, je ne savais pas que D&G c’est « rock’n roll », bref. J’ai hérité des 3 albums 33 tours qu’il a oublié en descendant à Aix Les Bains. Si vous avez un pote métalleux tête en l’air à aix les bains, on ne sait jamais, ça pourrait l’intéresser.

Bref, tout ça pour dire que ce métalleux m’a rappelé qu’à une époque j’écoutais du Metallica, du Tool et du Nine Inch Nails et que je regardais les émissions « métal » sur les chaînes TV du « câble » tard le soir. Je n’aimais pas trop les trucs du style craddle of filth, les trucs vraiment « death » ou « black », mais bon, bref, un des plus grands moments de télé que j’ai eu l’occasion de voir en direct live à l’époque, c’est la performance de Metallica aux MTV Music Awards en 1996. A l’époque, MTV commençait à « biiiper » les gros mots dans les chansons, les interviews… Et voilà Metallica qui débarque, je crois me souvenir qu’ils avaient donné une setlist bidon à la production et donc à la surprise générale, et pour le plus grand plaisir jubilatoire de tous les métalleux et rock’n rolleux , ils ont joué ça:

So What? Une chanson punk passablement, euh, vulgaire, disons, pleine de fuck, fuck, so fucking what?!

Le métalleux du train, il m’a rappelé tout ça, que j’ai un petit côté métalleux qui remue encore un peu en moi. Un petit côté punk.
J’écoute beaucoup moins de métal qu’avant, par contre je m’intéresse concrètement de plus en plus à des trucs qui sont interdits, illégaux.
L’accompagnement sexuel des personnes handicapées, ça fait parti de ces trucs actuellement illégaux en France, mais « reconnus » ailleurs, qui moi me « parlent » énormément.
C’est en parti ces intérêts pour des trucs illégaux qui m’amène à commencer à envisager l’expatriation, d’ailleurs. L’autre raison c’est que j’ai de plus en plus envie de soleil, de beaucoup de soleil, façon soleil du désert d’Arizona, ce genre de soleil-là. A la rigueur la Corse pourrait peut-être faire l’affaire sauf que ça reste la France, ou alors la Sardaigne, ou l’Espagne?… Mais bon, on verra.
L’accompagnement sexuel des personnes handicapées, je m’y intéresse parce que la sexualité selon moi est un outil de développement psycho-émotionnel majeur et que les personnes handicapées sont susceptibles d’y avoir encore moins accès que la moyenne. Parce qu’un fauteuil roulant sur meetic, c’est loin d’être tendance, par exemple et que faire appel à des « prostituées », ce n’est pas franchement ce qu’il y a de plus valorisant (à moins qu’on ait les moyens de faire appel à des professionnelles « haut de gamme », peut-être? Mais avec l’AAH, comment dire…).
Je me base bien sûr en partie sur mon expérience de personne souffrant d’un « handicap social », d’une part, et de mes expériences pro au près de personnes handicapées d’autre part.
Mais bon à la limite, ce n’est pas ça le sujet central. Je m’intéresse à tout ce qui peut faciliter l’épanouissement de soi, tout ce qui peut fertiliser notre croissance en tant qu’être humain qui se tienne debout – et le « fertilisant », justement, ce n’est pas toujours tout beau tout propre et aseptisé, hein, bref, et une certaine rage me prend quand je vois que des outils de facilitations de cet épanouissement sont considérés comme « illégaux », diabolisés, mis au rebut par des gens qui ont réussi à se débrouiller tant bien que mal sans trop de mal ou bien au contraire qui sont tellement ratatinés recroquevillés dans leur coin qu’il leur est intolérable que des gens puissent vouloir se sentir bien dans leur basket, un peu plus qu’eux n’y parviennent.
Non dans la vie il faut être malheureux, il faut en chier, et plus tu en chies mieux c’est, plus c’est noble et valorisant (surtout pour ton égo), bref, morale judéo-chrétienne à fond, et les athées matérialistes ne sont pas les derniers à la promouvoir.
Ou à la rigueur, on a le droit de se bourrer la gueule, de fumer, de se gaver de bonbons, bref de s’intoxiquer pour « oublier » ou « atténuer » les peines, de se mitonner de bons petits cancers, parce que ça c’est légal, ça va, ça reste « dans les clous » (de la crucifiction)?!
Bref, dans la vie je pense qu’on en « chie » tous plus ou moins. Ok. C’est la vie, comme on dit. Soit on s’y fait, on tente d’y trouver rime et raison, de trouver une interprétation valorisante à tout ce schmilblick – accepter d’en chier pour l’honneur, en somme, ou bien en martyre, bref se résigner, soit on finit par fatiguer et par en avoir un peu ras la casquette d’en baver autant. Personnellement, c’est mon cas: ça me pèse de plus en plus tout ça, cette peine, ce labeur, ce « tout ça pour ça » et ces conseils pourris qu’on se permet de me donner, du genre « tu devrais retourner voir un psy, visiblement 8 ans et dix mille euros de thérapie, non, ça t’a pas suffit, va falloir que t’en remettes une couche, va donc faire un emprunt à soffinco: ils financent les terroristes, pourquoi pas les névrosés? ».

 

Alors bien sûr, la discipline a du bon, la sueur qu’on verse à « travailler sur soi » fait pousser de jolies roses et à force de pratique acharnée, même les métalleux peuvent finir par réussir à jouer avec des orchestres symphoniques…

Mais la discipline et l’effort ont leurs limites.
Aux USA, des gens acceptent de « jouer » les cobaye pour des thérapies facilitées par les psychédéliques. Certains de ces volontaires sont en fin de vie, rongés par le cancer, certains expliquent qu’une ou deux sessions de ce genre équivaut largement à plusieurs années de psychothérapie « normale » sans « facilitant ».
Et il faudrait leur dire, à ces personnes qui sont sur le point de casser leur pipe, que leur technique est illégale, donc caca boudin, donc qu’ils devraient plutôt mourir malheureux dans l’angoisse, histoire de rester dans les clous de la loi?
Et ce sont des gens bedonnants payés plusieurs milliers d’euros par mois pour faire la sieste à l’assemblée qui le disent, donc ça doit être vrai, juste et bon?

Pardon mais… Comment dire… J’ai un cerveau.

Bonne nouvelle

glitter

C’est les soldes et j’ai des envies de paillettes.

Ceci dit, la vraie bonne nouvelle, c’est que je vais mieux.
J’ai un peu moins une tête de déterrée.

jura2

Là dans le Jura il y a environ 8 jours, au coucher du soleil, genre « tard », quoi!
Je commence même à pouvoir de nouveau me coucher après 22h, comme dans ma jeune jeunesse, c’est un genre de miracle.

Bon, ça reste un peu poussif et très fatigable, mais je retrouve petit à petit une capacité de « travail », de concentration et de réflexion décente. Je retrouve de l’initiative et l’énergie de faire un peu plus de toutes ces choses que j’ai envie de faire ou l’obligation de faire, comme rédiger mon rapport de stage.

Il a fallu en passer par l’arrêt des céréales en octobre dernier. Maintenant quand je mange du riz ou de la glace végétale à base de riz, je sens très rapidement la congestion monter au niveau du nez.
J’ai arrêté les légumineuses en mars, il me reste un peu de miso non-pasteurisé et de tamari sans gluten, je ne sais pas si je vais en racheter (le tamari peut-être, pour la cuisson des courges et courgettes, c’est quand même très sympa).
J’ai augmenté la consommation de lipides, assez fortement, surtout via l’huile de coco et les avocats, un peu l’huile de colza aussi et en ce moment c’est huile de lin.
J’ai diminué la conso de fruits à coque (amandes, purée d’amande, noix du Brésil, etc…) depuis la mi-avril: au lieu d’en manger tous les jours ce n’est plus qu’un jour sur deux.
Après l’arrêt du soja en mars j’ai vu une nette amélioration de l’état de ma peau, faut bien le dire et à nouveau mi-avril quand j’ai diminué les fruits à coque, idem, à nouveau belle amélioration.
Ca me laisse penser à un problème d’hyperperméabilité et d’inflammation intestinale qui persiste même avec l’arrêt du gluten, donc si ce n’est pas le gluten, c’est au moins en partie la dysbiose, sans parler de l’influence du système nerveux et de l’inflammation via le stress (d’une rupture). Dans mon esprit, c’est encore un peu confus le pourquoi du comment de tout ça mais l’huile essentielle d’origan compact en interne (1 à 2 gouttes le soir au coucher mélangée à beaucoup d’huile végétale), pas forcément tous les soirs mais régulièrement, ça, ça calme bien l’alien qui remue parfois (quand je viens de m’allonger, en particulier) au niveau de mon cæcum et qui m’enquiquine bien depuis le début de novembre dernier. Ca a commencé environ 15 jours après la fameuse rupture, du coup j’expérimente bien comment le facteur stress peut bien bousculer le ventre au moins autant que tel ou tel aliment, merci.
Oui parce que depuis le début du mois de novembre dernier, j’ai un alien (à défaut d’un amoureux), en plus d’avoir un chat et maintenant des chaussures à paillettes… Et un nouveau chat depuis hier, enfin celui-là c’est ma mère qui l’a voulu donc ça va être le sien.

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C’est une toute petite photo parce que c’est un tout petit chat.
Ou c’est une fille, on n’a pas encore enquêté de trop près. Va falloir s’occuper de lui acheter de la nourriture adaptée, l’emmener faire un check-up chez le véto, tout ça… Et tenter l’acclimatation avec mon chat chef des lieux. Heureusement qu’il est castré sinon je crois qu’il n’y aurait aucune chance, le petit chat ferait office de grosse souris et croque!

Ah et cela me fait penser qu’en matière d’alimentation j’ai « expérimenté » à la fin de l’année dernière et encore en juin: j’ai testé la re-consommation de protéines animales pour voir si ça pouvait booster ma convalescence, on va dire. Donc les oeufs à la coque c’est niet, de préférence plus jamais. Par contre le jambon cru, la truite fumée et le fromage au lait cru ça passe très bien niveau digestif. Ca n’a pas boosté grand chose niveau vitalité, ou il aurait fallu que j’en consomme d’avantage et ça, je ne pouvais pas m’y résoudre. Mais bon, ça m’a permis de constater certaines choses au niveau digestif, c’est déjà ça et maintenant, voilà ce que j’en dis:
Quand on (essaye de vous faire peur) vous dit qu’il ne faut pas complètement arrêter de manger ceci cela parce que sinon vous allez devenir « intolérant », « parce que le corps – ce gros ballot fainéant, arrête définitivement de produire les enzymes nécessaires à la bonne digestion de ce qu’on cesse de manger blabla », je pense que c’est grosso modo des bêtises. Je pense que si je ne tolère plus le riz par exemple, c’est d’avantage une histoire de modification de microbiote que d’enzymes, que c’est notre microbiote qui nous permet de nous dépatouiller à peu près (ou pas) des céréales et des légumineuses (et des oeufs?!). Quand j’ai testé le jambon cru en décembre, ça faisait plus de deux ans que je ne mangeais plus de viande. Si je continue à pouvoir digérer de la viande, je pense que c’est parce que la capacité du corps à la digérer est encrée loin, loin, loin dans les racines de ma physiologie.
Pour les oeufs j’ai un doute. Si je m’imagine en train de vivre en « sauvage » dans la nature sans élevage de poules, d’oies, de pigeons…, je me dis que ma seule chance de trouver des oeufs ce serait à l’époque de la ponte des oiseaux sauvages, donc quelques semaines par an, à tout « casser ». Donc je me dis que ça ne devait pas être un aliment de base, les oeufs, si j’essaye d’adopter un mode de pensée « paléo », n’est-ce pas, donc que ce n’est pas forcément un aliment auquel on est super adapté.
Oui parce que j’ai lu le bouquin de Julien Venesson sur le régime paléo en juin et il est très bien, je suis décidément fan de Venesson.
Bref, donc oui, je vais bien. J’ai testé la « viande » et je me considère toujours comme végétalienne.
Je ne serais pas en train de faire des études de naturo, je n’aurais peut-être pas testé mais le fait de me préparer à devenir professionnelle de la santé me confère d’emblée un soucis d’éthique et pas seulement d’éthique personnelle en matière de cause animale, mais aussi d’éthique professionnelle en terme de santé humaine (l’humain, cet animal un peu étrange…): je me dois de faire des expériences pour pouvoir parler de choses que je connais dans ma « chair », et pas juste de choses que j’ai lues.

Donc si je vous dis que par soucis d’éthique je me dois d’expérimenter blabla et que je vous dis que je m’intéresse au chamanisme, aux plantes et donc forcément aux « enthéogènes », vous comprendrez que les chaussures à paillettes, c’est bien entendu dans l’unique but de pouvoir expérimenter les trucs psychédéliques sur moi, n’est-ce pas.

 

 

 

 

Faire la vache

agriates

 

Il y a quelques jours, j’ai entendu dire à la télé qu’il existe un désert en Corse: les Agriates. J’ai cherché des images sur google et voilà. Je suis tout de suite tombée amoureuse et moi aussi, maintenant, je veux aller faire la vache sur une plage des Agriates.
Mais comme je ne suis pas une vache et que je n’ai pas de sous, je me fais bronzer à domicile, sans la mer, sans le sable fin, mais avec du vrai soleil, c’est déjà ça.
Quoi qu’au moment où j’écris ces lignes, le ciel est passablement voilé et nuageux mais bon, ces derniers jours j’ai bien commencé à bronzer, à reprendre des couleurs, un peu la couleur de la vache, là, sur la photo, c’est déjà ça.
Cette expression de « faire la vache », je la tiens d’un praticien en médecine chinoise qui a donné une mini-conférence sur la médecine chinoise aux Académies de la Naturopathie, à Aix-Les-Bains, le mois dernier. J’étais là-bas pour participer à l’organisation, en tant qu’élève-bénévole (Natur’Alpes, l’institut où j’étudie, co-organisait l’événement), mais j’ai quand même pu assister à une bonne partie des interventions.
Donc ce brave homme, Frédéric Breton, nous a conseillé de « faire la vache », plusieurs fois par jours, histoire de nous détendre, de reposer notre système nerveux: rester là sans rien faire, sans cogiter, juste en regardant le paysage. Le thème c’était la gestion du stress… Le bonhomme avait un petit côté rock’n roll qui m’a bien plu: ça changeait de l’attitude un peu « coincée du petit doigt en l’air » qu’on trouve souvent en naturo…
Un autre truc qu’il a dit et qui m’a marquée c’est que, selon lui, à la racine de la plupart des pathologies, on trouve la rancoeur. Et selon lui, à la racine des plus grosses pathologies les plus fatales, on trouve l’absence de piété filiale.
La psychanalyse ayant bien fait son oeuvre en Occident, on y parle plus guère de piété filiale, c’est un truc complètement has been. Maintenant, pour être un adulte, il faut cracher sur ses parents et plus on crache loin et fort sur notre lignée, plus on est un mec, un vrai, ou une femme, une vraie.
Et c’est un fait que, pendant ce temps, les hôpitaux se remplissent bien.
Perso, je me sens plus proche des païens et des « primitifs » avec leur notion de respect des anciens. C’est peut-être aussi mon petit côté réac… Enfin c’est plutôt que les réacs ont ce petit côté païen, « primitif »… « lol ». (oui, tous les réacs ne sont pas d’affreux cathos tradi)
Je ne dis pas qu’il s’agit de cirer les pompes de nos vieux lorsqu’ils nous traitent comme des chiens, mais d’avoir un minimum de respect pour eux, à distance si nécessaire, mais du respect (on peut traiter un ennemi avec respect, c’est ce qui s’appelle avoir la classe).
J’ai souvent entendu dire que ce qu’il y a de plus dur dans la vie, c’est le boulot de parents. Parait qu’on ne s’en aperçoit pleinement que lorsqu’on devient parent soi-même. Perso, je veux bien le croire sur parole. Je doute que j’aurai à le vérifier par moi-même un jour et à vrai dire je préférerais éviter d’avoir à le vérifier par moi-même. Je doute que j’y survivrais: mettez un bébé en train de hurler à côté de moi 5 minutes et je suis déjà au bord de la dépression nerveuse, donc voilà, je préférerais éviter.

Bon, je relis et je me dis « mais c’est quoi ce texte? ».
J’ai du mal à me reconnaître. C’est que je n’écris plus guère et quand ça arrive, il sort des trucs que je n’aurais pas suspecté d’être là… Enfin ça, ça arrivait aussi avant mais pas des trucs comme ça… Ou alors j’ai oublié…

Mais pour pouvoir traiter nos parents avec respect, il faut avoir une source de respect en soi. Si notre coeur est une plaie béante qui suppure de colère, de haine et de peur, bah c’est sûr qu’on va avoir du mal avec le respect… D’où l’intérêt de se soigner, de soigner nos plaies béantes, à coup d’auto-compassion et de psychothérapie s’il le faut. Parce qu’évidement, je tape sur la psychanalyse mais psychanalyse n’est pas synonyme de psychologie.
En ce moment je lis « Psychothérapie et chamanisme », du Dr Chambon, un psychiatre: c’est top.